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Archives de mai, 2015

Le ballet des convenus – ( RC )

collage - Elsa von Freytag-Loringhoven - Portrait "dada" de Berenice Abbott

collage – Elsa von Freytag-Loringhoven – Portrait « dada » de Berenice Abbott

 

Nos soleils meurent dans la brume,
Comme plongés dans la mine ;
La servilité se répand et enfume
La conscience se fige et s’abîme,
Agenouillée  sur l’autel de l’ officiel:
L’expression , sur tout  sujet  ,reste muette,
et se contente d’ouvrir son missel
( – « Restez en rang, je ne  veux voir  qu’une  tête  !  » – )

On se demande s’il existe encore une pensée
Avec le convenu, les convenances
progressant  – si on peut dire ! – au pas cadencé,
Si le conforme est l’évidence…
A aller tous dans la même  direction,
Saluons la putain respectueuse…
L’inverse est un délit  d’opinion…
Alors,  Vive les pensées  creuses  !

Secouons l’encensoir
des paroles vertueuses…
L’anti-conformisme mène à l’abattoir.
La société  y conduit ses brebis  galeuses  .
Pour celles  qui ont eu le malheur
de s’écarter  de la raison,
et du règlement intérieur,
On leur indique la prison ;
L’échantillon des peines
mis à leur  disposition,
L’épaisseur  des chaînes,
la mise en condition  :
Les joies des goulags ou bien celles de l’exil…
En commençant à faire un tri
Avec les hautes murs  de l’asile,
Et un verdict de psychiatrie…

Qui parle  de révolution ?
( séparer le bon grain de l’ivraie:
Il n’y a que ça  de vrai ):
C’est toujours la solution,
Pour corriger nos erreurs,
A coups de trique   :
Nos chers dictateurs,
Préparent  notre auto-critique…

RC – avril 2015


Le dessin blanc – texte 2 – Cheval du Wiltshire – ( RC )

Art préhistorique – âge du bronze :           cheval de Cherhill ( Wiltshire, England)

Le dos  tourné  au miroir,
les images  se reconstituent,

Au détour une vallée;
Le train s’obstine,

sur  sa voie  étroite,     à voguer
au sein de paysages paisibles .

L’éprouvante chape  des nuées  ,
se pose toujours
 
sur les collines du Wiltshire .

Sa sombre autorité,
cède parfois au tracé blanc,
>     une découpe  de craie,

Où un cheval s’est posé,
étourdi  du destin  :

La marque imprimée des hommes
Garde le mystère intact,

d’une chose plus ancienne,
que le passage du temps.

s’il fallait suivre les crètes
Observées du ciel,
Comme  le font les oiseaux,

Ce serait le défilé des siècles,
inscrit  dans le mouvement,
Toujours suspendu

Des grands chevaux blancs…

Le train, lui,         vite disparu,
comme s’il n’avait jamais existé.

RC- mars 2015


Celui qui vole, détaché du monde – ( RC )

photo David Maisel

                         photo          David Maisel

 

Pour celui qui vole,

L’esprit détaché du monde,

La terre est un jardin,

Aux champs bien peignés,

Les rivières dessinent,

Des méandres sympathiques,

Les autoroutes, s’amusent

avec des échangeurs en boucles,

Les voitures sont des puces,

progressant péniblement…

On ne distingue plus les détails,

Ont-ils une importance,

Au regard de la distance ?

 

C’est peut-être aussi la brume,

Ou les fumées des usines,

Une carte se déroule,

Une vue du ciel aplanit tout  :

Le soleil pourchasse les reliefs,

Et pourtant souligne les formes,

Mais mélange les ombres,

Je ne vois plus très bien ….

C’est peut-être que la vue faiblit,

Je devrais commander une paire de lunettes,

Pour y voir davantage.

 

Mais là n’est pas ma passion,

Les satellites espionnent bien mieux que moi,

Je préfère m’occuper d’autres planètes,

Elles aiment me confier leurs secrets,

Leurs couleurs et leurs paysages,

Et guider mes pensées.

 

Un jour je débarquerai,

Sur une planète vierge

De la mémoire lourde des hommes ,

Où tout sera à construire.

Alors, je rangerai mes ailes …

Mais il me faudra un certain temps encore.

Les chemins de l’univers présentent

bien des détours

et des surprises,  encore.

RC-  fev 2015