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musique

What a wonderful world – ( RC )


l

Remembering the King of Jazz, on the anniversary of his death aged 69.

La voix de Satchmo
traverse le temps,

Le ciel bleu et les nuages blancs :
lui qui voit le monde si beau
et merveilleux .
Des sourires sur les gens qui passent
et leurs yeux
qui rêvassent.

Les images sont belles,
et suaves,
comme l’ arc-en-ciel
de sa voix grave.
C’est un monde en couleurs
qui, sans la séparation entre blancs et noirs ,
a celle de l’espoir.
Elle ne comporte ni vaincu, ni vainqueur.

Chantant les jours clairs et bénis,
où l’humanité de demain
sera peut-être réunie :
asiatiques et africains
dans le concert des nations,
la vie américaine
sans la ségrégation
la douleur et la peine.

Louis Armstrong, -puisque c’est de lui
dont il s’agit –
sème, avec ses chansons
les graines de rédemption
qui sont peut-être encore aujourd’hui
une grande utopie,
mais si l’avenir lui sourit :
tout lui sera permis .

Il faut bien que quelqu’un fasse le premier pas
vers la Concorde :
«  What’s a wonderful world »
sans avoir de sourire béat ,
mais plutôt l’optimisme
qui permet de voir le monde meilleur
à travers le prisme
de son cœur.


Habillés d’ocelles – ( RC )

photo perso. Fête des lumières  - Lyon 2014

photo perso.               Fête des lumières – Lyon 2014

 

Les  tilleuls  se sont parés de jupes,
Virevoltent en musique,
Et, comme le font les fleurs  de lumière,
Unissent les  formes,

Du mobile  au statique,
Traversent ces méduses  fines
Ballottées de  courants  d’air.

On joue le « casse-noisette »,
Et il y a dans l’atmosphère,
Malgré le froid  qui pique, le ciel vert
D’une ambiance légère,

Les maisons changent de teinte,
Les fenêtres s’efforcent de sourire,
Les arbres évoluent sur les pointes .

Sur la piste tanguent les couples,
Comme ces papillons des îles,
Traversant la place, habillés d’ocelles,
Qui les quittent  aussitôt pour d’autres

J’ai perçu,          sur le visage de mon ange  du sud,
Changé par la traversée des couleurs  ,
Le fil ténu  du bonheur,   porté par ses yeux rieurs.


RC  déc 2014

 

papillon à ocelles: Diaethria neglecta


Sur la musique au tempo arrêté – ( RC )

photo:              Dersascha

 

Passant             à travers le toit ouvert,
Les chauves-souris,
Agitent leurs parapluies      d’ombres,
Sur la musique                au tempo arrêté .
Le matin s’est posé sur les instruments
Immobilisés
Du concert déserté.

Les chaises             habillées de velours ,
Ecarlates                      face aux pupitres,
Encore au garde-à-vous…
Et les partitions en désordre de feuilles,
A même le sol,
Répandues,         telles ailes de papillons,
Arrachées à leur destin.

Inutiles désormais,
Les portées       froissées,
Grouillant encore       de notes,
Répondaient       aux courants d’air,
Soulevant       les rideaux       aux fenêtres,
Restées ouvertes,
Cravachées par la pluie.

Les cuivres entassés,
Empilés à la hâte,
–        S’ essayant encore à rire
De leurs éclats jaunes,
Certains,              cabossés –     estropiés,
Voisins de formes             sombres,
Pouvant être des housses.

Déjà voilées de poussière,
Servant de repaire,
A une famille de rongeurs,
Qu’on voyait ,          très occupée,
A fureter            dans le vestiaire ;
Des habits en lambeaux,
Oscillant encore aux cintres.

Leur           cliquetis,
Seul,                      répond,
Aux           longues plaintes du vent,
Et de temps à autres,
Aux frissons                 du piano noir,
Lorsque se détachent de la voûte,
Quelques morceaux de plâtre.

RC – février 2014

photo: Emily Hill – sans doute accumulation de Arman, musée de Nice


Accords des souffles – ( RC )

photo:    Yusef Lateef, Cannonball Adderley

 

 

In a mellow tone,
Et la lune se pose,
Elle en est projecteur,
Sur le crâne luisant
Du trompettiste chauve.

In a sentimental mood,
Porte des espaces infinis,
Et peut-être la porte ouverte
Aux illusions,
Comme est la brillance du sax au noir.

Les bras  du bassiste,
Enserrent la silhouette de bois de
 » la grand-mère  »
Glissant sur les rails tendus,
Des cordes épaisses.

Il y a des rencontres,
Qui effacent en musique,
Le tangage des paroles,
Les rancoeurs des langages
Mal traduits.

Ici, les sons parlent
Aux silences,
Et le jazz se presse,
– pulsations cardiaques –
Sur notre coeur même.

La couleur des musiciens,
Importe peu.
Un miracle permanent,
Leur permet d’accorder
Leurs souffles.

Même dans le désespoir.

RC – 3 décembre 2013