Textes poétiques et d'actualité -nulle part ailleurs !

Uncategorized

Une mer vide d’éternité – ( RC )

Résultat de recherche d'images pour "horizon mer orage"

Assis au bord  du temps,
Il y a devant moi ,
Une mer  d’ éternité ,
Et la mer est vide,
Aucun voilier ne vient ,
Jamais,
En déchirer l’horizontale.

Elle se perpétue ,
Comme le serait la souffrance ,
Vague après vague :
Elle  vient, dans un ressac
Toujours renouvelé ,
Brasser les sables ,
Et le quotidien de l’absence …

Les saisons sont un cycle,
Qui se répète,
Sans aucun printemps ,
Ni mouvement .
Le manque s’installe à demeure .
Un soleil s’est voilé,
Au passage des heures ;

Je connais la surface plate,
D’une mer plongée dans la brume ;
L’amour est parti trop loin,
Pour être encore mien .
Je n’en ai que le souvenir ,
Clos et étanche .

Je l’emporterai avant de mourir  .


RC- nov  2014

Publicités

La moisson des aubes et des fleurs – ( RC )

0The artists body - hiding place 2.jpg

Il y a tes bras tendus,
et la moisson des fruits,
les aubes et les fleurs,
et le ciel, retient son souffle.

La montagne te regarde,
elle pèse derrière mon dos,
de tout son poids
de roche et de neige.

L’éternité est
lourde et froide
et regarde avec indifférence
les jours qui s’allongent:

le lent écoulement
du fleuve des jours,
la valse du soleil,
qui suit obstinément sa courbe.

Je cueille ton sourire,
et le vent peut,
de nouveau, chuchoter,
répandre les graines

que fera éclore le printemps,
comme celui
de la parole vivante :
celle qui me parvient,

quand tu m’appelles
de l’autre bout du champ.


RC – fev 2017


Je suis encore là, mais on ne me voit pas – ( RC )

Résultat de recherche d'images pour "liu bolin"

art: Liu Bolin

 

Je suis encore là, mais on ne me voit pas.
C’est sans doute que je me confonds avec le mur.
Les portes s’ouvrent et battent sur moi.
La lumière m’évite, je suis scellé dans le silence .
Je pourrais parler, mais cela ne franchit pas ma bouche.
L’air est même un obstacle, d’une épaisseur insoupçonnable
aux yeux des autres.

C’est sans doute ce qui me fait inventer un monde,
creuser des tunnels, découvrir que l’espace existe,
et s’agrandit sans cesse.
Il y a des cathédrales gigantesques et des forêts vierges,
des soleils prolifèrent…

Viens que je t’emmène les explorer :
un seul mot de ta part me fera exister ;
pas besoin de formules et de magie .
Donne moi ta main…


RC – avr 2017


Leçons de ténèbres – ( RC )

la_tour      Madeleine  repentante.jpg

( d’après Madeleine  de Georges de la Tour )

 

Avec la course du soleil,

les couleurs changent,

et   ce sont bientôt

des ombres horizontales,

           sur la terre rouge,

avant qu’elle ne vire à la nuit

J’écoute les            « leçons des ténèbres »

où les voix s’entrecroisent

sous les voûtes de la chapelle :

                      Il y a les quinze flammes

que l’on éteint une à une
,
alors,          après complète extinction

l’ombre et le froid fusionnent.

Le chant résonne encore dans le silence.
 
                   Il attend sa résurrection


Si comme en Islande, la glace s’étend ,

on sait bien que les gisants peuvent se dresser :

Il y a bien des volcans sous la banquise.

 


RC – mai 2017

 

ce texte  a été  écrit pendant l’écoute des « leçons des ténèbres  » de F Couperin,  dont voici le lien pour  l’écoute, ( cette version – de Montserrat Figueras & Maria Cristina Kiehr – est précisément celle  qui a été utilisée dans le film « tous les matins du monde ), Alfred Deller, et Gérard Lesne en présentent  des versions  très différentes, mais aussi émouvantes…


Rebelle à la poussière – ( RC )

Poézique-zique, tique et pique- mots et grammes

photo: Drozner

Rebelle à la lumière,
La poussière recouvre tout,
Elle laisse en gris, tout ce qui existe,
Même tes violences,
Même ma douceur,
De sa fadeur uniforme,
A en oublier la beauté.

Je n’ai même plus, idée de la distance,
Où portent mes pieds,
Où s’ouvre la porte d’un ciel,
Dont on peut douter de la présence.
Une pluie de particules,
S’empare même en tourbillons,
De la tendresse.

Mais si, dans la tourmente,
Lumière bue,
Le fade s’infiltre partout,
Il y aura toujours un vent,
Pour laisser passer un sourire,
Et que la graine,cachée sous la poussière,
Un jour, germe.


RC – 8 octobre 2013

( variation sur « Poussière » de Astrid Waliszek ).

A W  est l’auteur, entre autre du roman « Topolina »  paru chez Grasset

View original post


La camp vide – ( RC )

Cernés par une horde d’oiseaux noirs,
et , naturellement , des chiens,
tout un peuple, attend,
debout, en hardes, dans le froid,
et, même s’ils n’ont pas la place de se remuer,
ne peuvent réchauffer, ni leur esprit,
ni leur corps,
juste coupables d’être.

Du camp, gardé par les barbelés,
et de solides barrières de bois,
parvenaient dans la rue voisine,
psalmodies , lamentations,
et l’odeur putride
que répand la peur.
Elle étend ses tentacules,
et règne, misérable, et flasque.

Du camp, gardé par les barbelés,
et de solides barrières de bois,
ne parvient aujourd’hui, que le silence.
Un peu de vent, des papiers sales,
qui volètent ça et là .
Il n’y a plus personne,
et la porte de bois bat,
dans l’air humide et froid .

Les empreintes des pneus des camions,
et celles des bottes
incrustées dans la boue.
Quelques loques abandonnées
épousent le forme des pavés.
Parmi elles, on distingue vaguement,
encore, souillé,

un motif à fleurs…

RC – avr 2016


écrit issu du visionnement du film  » Certificat de
naissance », de Stanislaw Rozewicz-
http://www.cinebaseinternational.com/ensavoirplus56/c
ertificat.


Des paroles que je n’ai peut-être même pas prononcées. – ( RC )

sables  l'Espencier01.JPG

Il est des temps
où la mémoire s’enfouit :
les pas sur le sable
s’effacent avec les vagues,
et c’est comme si,
de la parole des choses,
peu de traces demeurent.

Le pot de terre
à peine visible sous les herbes,
et la jungle végétale        ;
le temple bâti pour l’éternité,
dont les pierres sont englouties
par les racines,
et mes paroles, aussi
parties au gré du vent.

Qui sait s’il me les rendra.
Je ne les ai peut-être
même pas prononcées.
D’autres les recouvrent.

Le soleil est soluble
dans un verre d’eau,
et les années, bien peu de chose
en regard de l’éternité.
L’immobilité tourne les pages :
rien ne la trouble.
Rien n’a jamais existé.


RC – juill 2016


Un cerf volant – ( RC )

Korean Kite Festival:

Tu tiens ton propre destin,
par un fil.
Relié à ta main,
un cerf volant que tu essaies
malgré la brise et les vents de toutes sortes,
de faire s’appuyer sur le ciel.

Un jour celui-ci pourrait t’ emporter,
tellement haut, si tu souhaitais
voyager dans les airs,
côtoyer les oiseaux,
et souhaiter être différent,
de ce que tu es sur terre .

Car le cerf volant serait à ton image ,
…. mais lui, – inversement ,
regarde vers la terre,
En fait… te perdre dans les airs,
si jamais la main lâchait la corde ,

te fait tellement peur,
( on ne sait jamais ):
non pas la crainte de la chute,
mais de s’élever dans la stratosphère,
saturé de lumière,
au point de ne pouvoir respirer.

Que tu restes semblable
à ce que tu es,
et laisse s’envoler les rêves :
un renoncement, à moindre risque,
somme toute – confortable.

RC – mars 2016


Une salle d’attentes – ( RC )

fo-tfglia .jpg

 

Comme  la trace  des mains  négatives,
où la couleur cerne la présence,
En creux , le sillon de la mort,
le vide ,tracé,      de l’absence,

Une chambre des échos,
où se perdent les pensées,
celles d’une immobilité
jamais voulue,

cartes postales jaunies,
buée opaque sur la vitre
où apparaissait ton visage,
sans même  songer aux pourquoi,

.. mais juste  ce froid… :
C’est une salle  d’attentes
aux fenêtres jamais ouvertes.
Aucun train ne s’arrête pour moi.


RC – nov 2015


Fragments de marbre de Gortyne – ( RC )

734k5 Gortyne, olivier âgé de 1600 ans et colonne

photo  Thierry Jamart photo  Thierry Jamart  ( Gortyne –  Crète )

Je suis encore trop loin
pour entendre le fracas des étoiles .

D’autres, par delà les siècles l’ont-il perçu ?
Des volcans se sont réveillés,
ont tout balayé sur leur passage.

Des gestes sont restés suspendus,
Des temples se sont écroulés.

On se dit que les temps sont morts,
la vie ayant déserté les villes.

On trouve encore fréquemment
des tronçons de colonnes dans les champs.

Les oliviers, eux, se souviennent,
des tragédies grecques , du voyage d’Ulysse.

Certains sont millénaires.
Ils tiennent dans leurs racines
des morceaux de statues de marbre.

Les regards sereins, enfouis sous la terre
ont tout le temps de capter les récits des héros,
et de surprendre l’éternité :

celle qui reste sous l’empliement des strates.

L’aubier de la jeunesse de ces arbres,
contient peut-être encore
la trace de l’incendie,

se nourrit aussi des cendres
et les vénèrent ainsi.


RC – juin 2016

 

( Gortyne est un site très ancien au centre-sud de la Crète, célèbre notamment  par  son « code de Gortyne », grande inscription encore visible…

voir  aussi  l’extrait  du texte  de Lambert Savigneux,  visible ici:

 » le regard et sourire amasse le fracas des étoiles que je sens dans tes gestes quand tu t’actives dans nul autre but que de prendre le temps de vitesse et surprendre la mort enfermée dans les troncs que tu dessines »