Textes poétiques et d'actualité -nulle part ailleurs !

Archives de septembre, 2016

Jean-Claude Izzo – Plage du prophète

Plage du Prophète à Marseille

ils se sont arrêtés.

D’abord la fille aux yeux gris verts

des mers du Nord

et au sourire mûri sur les berges du Nil

L’ami ensuite

le poète des Hauts Pays

attentif aux murmures des passeurs

sur les sentiers arides des exils

Le plus âgé enfin

homme aux semelles de vent

tantôt Afghan, tantôt Mongol

porté par des mondes d’hier entrevus

Plage du Prophète

ils ont porté leurs pas

vers le soleil couchant

Une vague est venue lécher leurs pieds

Bénédiction du Prophète

Prophète anonyme

de ceux qui croient

aux vérités de la beauté.

Plage du Prophète

Du Prophète.

 

Ce texte  a  été mis  en chanson par le chanteur italien Gianmaria Testa ( lien )

 

Publicités

cacher quelque part ,la chair pâle, l’habit sombre – ( RC )

photo: Ekaterina Grigorieva

Vois-tu à travers les  feuilles ?
Comme dans un verre grossissant ?
Une envolée de l’être,
Qui se dresse au milieu des fougères,
Au point de se                       confondre,
Avec la végétation.
Dans les sous-bois humides.

La salsepareille progresse,
Et ses larges coupelles,
Sont autant d’occasions,
Pour cacher       quelque part,
La chair pâle,
L’habit sombre,
Et peut-être            les abandonner      …

Comme  si l’humain s’enracinait,     de même
Dans le limon du sol,
A rester  debout,
Attentif au mouvement des saisons,
Aussi discrètement         que le peuvent,
Les plantes,
Allant  chercher  la lumière.


RC- avr  2015

 

(texte  directement créé à partir de la photo jointe )


Pour que résonnent les archipels du silence – ( RC )

Dina%2520Bova%2520-%252020.jpgmontage – \Dina  Bova
.

Ce n’était pas la peine,
de longer les années,
de lire tous ces livres,
d’exercer cette mémoire,
à en perdre le goût du jour,
et la caresse du vent du large,
pour                    ( dira-t-on )
écrire deux ou trois strophes
avec                   si peu de mots .

On en oublie les récits,
les grands succès de librairie,
placés en tête de gondole,
pour se contenter
de quelques lignes,
qui se jouent
de l’épaisseur des pages,
et dialoguent dans les marges,
comme aussi     entre les mots.

Juste ce qu’il faut,
pour que résonnent
les archipels du silence,
la lente croissance des plantes,
la lumière posée sur un mur,
l’ombre de l’absente,
le coeur qui s’aventure
si l’on que l’on fait sienne
l’écriture du poème …

RC – fev 2016

 

 

( en écho à un court texte  de Sylvie Durbec visible ici)