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Archives de mars, 2014

Stature d’oppresseur – ( RC )

 

homme tete de fumée

 

 
Debout encore, le visage mangé
Par un rideau de fumée,
Où vas-tu te dissimuler,
Sans qu’on ait à te chercher ?

Au fond des failles, les creux
De ceux qu’on allume,
Même au sein de la brume,
… Pas de fumée sans feu…

Celui-ci, lentement se consume,
Même si dehors, il gèle,
Que des oiseaux, des ailes,
Volètent encore des plumes,

Ou que le feu morde,
Serpente et s’insinue,
Le long des fibres ténues,
Que plus rien ne raccorde.

Es-tu encore quelque part,
Ou rongé du dedans ?
– détruit ou renaissant,
A l’intérieur de tes remparts …

Un corps assiégé et putride,
Vaine stature d’oppresseur,
N’ayant plus d’épaisseur,
Et n’entourant que du vide.

RC – mars 2014

 

image Euronews

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Les anges à la fenêtre – (RC )

          photo:     jhalfie

Venus  frapper  à ma fenêtre,
Les anges        –  ils m’ont fait signe …
Voulant passer de l’autre côté,
Du ciel

Découpé en rectangles,
Encadrés de rideaux,
Fixés sur la maison,
….  Une pure illusion.

Le ciel était juste debout,
Dressé de son reflet,
Avec même le sommet d’un arbre,
Pour s’y reposer.

…On ne se pose pas sur une image,
Même  si elle  est peinte,
On ne traverse pas sans risque,
Le décor  –  on glisse sur sa peau lisse…

La profondeur était surface,
Le miroir prolongeant l’espace,
Semble-t-il infiniment,
Avec son mur impalpable.

Ces anges ,    ces oiseaux,
Stoppés dans leur vol…,
Venues frapper du bec à la fenêtre,
Ce matin,     les mésanges.

RC –  mars 2014


Derrière les vitrines ( RC )

   photo:            lenouvelliste.ch

Les échantillons se succèdent,
Derrière les vitrines,
Il y a des pierres, il y a des ors,
Et de ces espèces précieuses,
Difficiles à trouver,
Extraites des profondeurs,
Comme ce diamant,
Jetant de ses facettes les feux.

Tenez-vous devant lui,
Imaginez sur votre chemisier,
Ce bijou hors de prix

Si facile à perdre,
Et objet de tant de convoitise…
Le concentré d’un travail obscur,
Dans les profondeurs de la terre,
Pour un cristal deluxe.
Les vitrines d’exposition,

Sont aussi celles d’animaux exotiques,
Ce seraient celles d’un poussiéreux musée
D’histoire naturelle…
s’il est naturel aussi
D’aligner les plus beaux papillons,
Cloués sur une planche,
Et les reptiles habitant les bocaux,
Flottant dans un liquide jaunâtre…

Les animaux du bout du monde,
Maintenus autoritairement,
Dans les parcs zoologiques,
Restent prisonniers à vie,
De cages étroites où se penche,
Un palmier en plastique,victimes
De leur condition d’espèce rare,
Dans quelques mètres carrés.

L’orang-outang passe de longues journées,
Désoeuvré, et attend à heures fixes sa pitance.
Les crotales s’enroulent autour de branches mortes,
Les oiseaux au plumage de feu, traversent
Leur espace au minimum vital,
Et progressent de grillage en grillage -allers-retours.
L’ours brun ne prend même plus la peine de se lever,
Et son voisin éléphant prend des rides de tristesse.

Le musée ainsi se fait pieuvre,
Qu’il ait l’aspect d’un zoo,
Ou d’une exposition temporaire.
Les objets rares et même les vivants,
Rendus toujours inaccessibles,
Par leur rareté, et souvent la valeur qu’ils symbolisent
Derrière des vitres blindées,
Ont l’apparence des reflets de mythe.

Mis en conserve, aseptisés,
Et coupés de leur milieu,
Le climat, l’effort qui les a révélés,
La vie – dont ils sont issus – ;
Ce sont bien des échantillons,
Mais d’espèces disparues, ou tout comme,
Plongés dans un bain artificiel,
Une dérive de l’esprit, une réalité…

Dont le filigrane a tout de la fausse monnaie.

RC  –  décembre 2013   et février  2014


Fleurs d’histoires – ( RC )

 

 

C’est à lire tes histoires,

Que viennent les couleurs,

Elles habillent tes fleurs,

Et s’extraient du noir.

Des fleurs que l’on assassine,

Mais , elles restent vivantes,

Tant que l’esprit les hante,…

Je leur donne une autre racine,

Tu ne veux pas qu’elles meurent…

Alors je les emmène en voyage,

Les lis et partage,

Et leur dessine une odeur.

Elle s’accrochent dans les plis,

De la mémoire,

Les méandres de ton histoire,

Sans tomber dans l’oubli.

Tu sais comme elles résonnent,

Prêtes à tout envahir,

–    Tu crois qu’on les déchire

…une fois lues, n’intéressant  plus personne.

Alors comment se fait-il

Que leur chanson me suive,

Et que cela arrive

Jusque sur mon île    …   ?

RC  –  décembre  2013


D’étranges plumes à la fenêtre – ( RC )

dessin perso  -  croquis  à partir  de boutique d'antiquité parisienne.

dessin perso – croquis à partir de boutique d’antiquité parisienne.

On garde bien au creux de son esprit,

Les chants d’amour qu’on y fait naître

De somptueuses couleurs au fond du nid,

Et d’étranges plumes            à la fenêtre.

A ne pas oser les chanter,

Et les laisser dans la maison close,

L’absence d’air va les éventer,

Aussi longtemps     qu’ils reposent…

Comment ces oiseaux sont-ils nés ?

Nul pour l’instant, ne sait y répondre…

Ce serait une génération spontanée,

Apparue sans qu’on ait à pondre…

Alors plutôt que les décrire,

J’ouvre la fenêtre            sur l’été,

En laissant la chaleur envahir,

Et donner aux chants, leur liberté.

La chair et le sang se sont faits verbe,

Et s’envolent avec ferveur,

Parmi les arbres et les herbes,

Prenant                         de la hauteur.

Il faut aussi que tu me dises,

La mélodie de ton livre,

Des chapitres à gourmandises,

Qui te rendent aussi, un peu ivre.

Les oiseaux de l’écrire,

Sont en mouvement .

…   Ils quittent les figures de cire,

Pour rejoindre le firmament.

It keeps well in the crook of his mind,
Songs of love that gives birth
Sumptuous colors at the bottom of the nest,
And strange feathers to the window.

Not to dare them singing ,
And leave them in the closed house ,
The absence of air the fan will ,
As long as they rest …

How these birds are born?
Nobody for now, no one knows answer …
It would be a spontaneous generation ,
Appeared without having to lay …

So rather than describe ,
I open the window on summertime
Leaving the heat invade
And give the songs , their freedom.

Flesh and blood are made verb,
And fly away with fervor
Among the trees and grasses ,
Taking the pitch.

We also need you to tell me ,
The melody of your book
Chapters of delights ,
That  also makes you      a little drunk.

Birds of writing ,
Are in move.
…They leave  wax figures ,
To reach the firmament.

RC – February 2014

RC-   février 2014