Textes poétiques et d'actualité -nulle part ailleurs !

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Et si l’ombre … – ( RC )

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Photo Christophe Loiseau

Et si l’ombre te tient dans ses bras,
chaque jour, et chaque nuit..
         Regarde bien  au sol,
         elle épie tous tes gestes .

Jamais tu ne peux la saisir :
elle t’accompagne partout,
—       jusqu’à la fin de ta vie ,
                  où elle t’engloutit …


RC –


Une maison hantée, habitée par soi-même – ( RC )

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L’ombre  garde la maison,
On ne sait si elle est protectrice,
Et si elle est au bout,
D’un labyrinthe,
Dont la sortie reste à trouver .

Une maison de cœur,
Aux hiéroglyphes indéchiffrables
Tapissée d’un épais crépi,
D’où s’enfuir est peut-être,
La seule issue .

S’enfuir, si le corps fait défaut,
S’enfuir de soi-même,
A se rompre ses propres veines,
Vers un ailleurs, toujours ailleurs,
Et qu’on ignore .

Toujours vêtu d’ombre,
Indissociable de l’être,
Comme si l’on transportait
Sa carapace :   une maison hantée,
Habitée par soi-même, et dont on ne sort pas.


RC-  dec 2014


Debout devant la fenêtre – ( RC )

 

 

centre G Pompidou  -  expo cubisme  P Mondrian.JPG

 

peinture:       Piet Mondrian

 

Je vais rester debout
devant la fenêtre,
scotché contre la vitre,
à attendre      je ne sais quoi,
regarder la rue terne,
striée d’obliques pluies .

Des copeaux de lumière
pénètrent encore dans la pièce ,
mais l’ombre gagne du terrain.
L’attente s’allonge de même.
Mon souffle a fait de la buée sur le verre
je pourrais tracer avec mon doigt

quelque chose:         un signe,
une formule magique ,
une jolie fleur ,    un coeur,       ou bien,
simplement,                        ton prénom,
pour que tu reviennes…
( on se sait jamais ) .

Mais le jour a fini par sombrer,
corps et biens,
il ne sert plus à rien
de regarder dehors:
l’horizon s’est bouché .
Tout est indistinct.

Indistinct aussi
ce qui se passe en moi,
–  autant il est difficile de trier
entre colère, tristesse et remords .
C’est pourquoi je reste debout,
à la fenêtre ,           condamné .

— jusqu’à ce que l’amour s’en suive …
( s’enfuie…)


RC – sept 2017


C’est l’aube, et je ne le sais pas – ( RC )

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peinture : Edward Munch –  mort de la mère, et l’enfant    1898

 

Il y a comme les ailes lourdes du sommeil.
Elles s’abattent sur moi, même les yeux ouverts ,
L’océan gronde ses vagues naissantes.
L’obscurité palpite à mes pieds :
ce sont les doigts de la mort ,
battant comme le ressac.


C’est l’aube et je ne le sais pas .

Mon ombre se confond avec mon corps :

il y a de la nuit dans mon regard ,

qui contemple le soleil,

comme une ombre noire  .


RC – mars 2018

 

(  d’après un texte  de Al Pizarnik : « comme les doigts »  )


Un peu de mémoire emportée – ( RC )

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peinture: Maurice Denis

Les ombres des frênes
laissent leur ombre de givre,
sur l’herbe, où le temps se fige.

Les échos s’assourdissent,
mais le vent laisse libre cours
au passage des nuages.
C’est un peu de mémoire emportée
arrachée de mon coeur ,
lui qui reste gravé
sur le tronc, avec nos initiales,
bientôt illisible.

Ce frêne dont la blessure a saigné,
et qui se referme,
lentement recouverte de lichens.


RC – janv 2017


Dieu écoute la confession du vent – ( RC )

photographe  non identifié,  doc  extrait du site urbexground

 

Un ciel étoilé
s’est affaissé dans l’église .
Des morceaux de plâtre,
sont venus blanchir les dalles,
et les chaises renversées .
                            Les colonnes s’ennuient.

La lumière , pourtant, persiste,
à traverser les voiles blanches
des toiles d’araignées .
Elles tentent de colmater,
     comme elles le peuvent,
             les vitraux ébréchés.

Une pluie d’éclats de couleurs,
participe au silence
de la journée qui s’étire :
                    elle se pose sur les statues de saints,
désaffectées,        attendant des jours meilleurs,
les yeux au ciel.

L’édifice est vide dans son ombre,
le soleil et peut-être Dieu aussi,
patientant dehors ,
   dans un autre décor
   que celui des hommes,
>       écoutant la confession du vent.


RC – mai 2016


Le rideau de brume – ( RC )

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gravure: Gustave Doré

 


Je me rappelle de la brume :
tu t’es peu à peu fondue dedans,
et elle a fini par t’avaler .

Bien sûr, j’ai espéré que le rideau se déchire,
que la durée retombe : l’espace entre les pointillés ,
–  comme un habit dont on peut se passer ,

pour que le corps s’en dégage,
et rayonne, de sa puissance,
de sa joie, avec sa présence palpable .

Mais il en est comme d’une toile de fond,
où la limite en serait la courbe de la terre,
reculant à mesure que l’on avance.

A quel moment passerait-on à travers cette toile,
qui , justement n’existe que par
notre incapacité à voir derrière ?

Je me rappelle de la brume :
Tu t’es embarquée sur un navire ,
en suivant l’itinéraire inscrit sur les cartes.

Sans doute d’autres ports l’ont accueilli,
toujours plus lointains et improbables ,
mais il a disparu des yeux.

On peut se passer des yeux .
Le rideau de brume peut se percer
avec un appel, une lettre aux timbres exotiques

Mais il retombe, dans les intervalles,
comme un mur de silence, de plus en plus dense,
et la parole se décolore .

Elle se porte, mais uniquement dans le présent.
La lumière t’entoure. Elle éclaire sans doute
d’autres ports qui s’éveillent, encore obscurs .

L’imagination ne suffit pas à trouer l’ombre.
La brume épaisse ne nous permet pas
de savoir où elle commence.

RC – sept 2016


Sculpteur d’un sourire – ( RC )

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Art:  Sculpture IFE  ( Nigeria )

 

Si tu dors encore,
je caresse le dessin de tes lèvres,
elles me chuchotent un sourire .
        Il est venu des profondeurs    :
de celles du sommeil et de la terre.
Je pétris l’argile humide,  à ton image.

Je peux te toucher:
il y manque  juste  ton souffle,
et mes yeux  sont une caresse :
     bientôt,    tu vas m’offrir  ton ombre .
Je vais l’enserrer et m’y fondre,
et    devenir glaise à mon tour .

RC  – nov 2016


La lumière en reddition – ( RC )

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                     photo:  Moreaki Boulders – New Zealand –  photographe  non identifié

J’étais allongé,
j’ai senti ton ombre.
Une ombre qui se mettait
en travers du soleil,
et son visage de bronze.

J’avais le corps posé sur le sol,
pas loin du rivage,
et tu as commencé à déposer
sur ma peau
des poignées de sable ,
par petits tas blonds et secs
qui dévalaient les reliefs.

Petit à petit tu m’as recouvert,
et c’est à peine
si on voyait encore
dépasser mes orteils,
mes genoux, puis ma poitrine,
le tout petit à petit
fondu avec le décor.

Ma respiration un peu plus lourde,
mes oreilles percevant des cris lointains,
des enfants, des mouettes,
et des paroles incompréhensibles,
emportées par le vent ,
mon regard pointé vers l’azur
et les formes incertaines
des nuages .

Je n’ai plus pu bouger,
sous le couvercle de matière
d’une modeste indifférence.
Finalement il y a eu mon livre
posé sur mon visage.

Puis la lumière a décliné,
encore perceptible sous les pages.

Tu n’étais plus là,
et c’est comme si
je m’étais fondu dans le sol,

plus à même de penser,

plus à même de bouger,
minéralisé,
voisin de coquilles vides,
d’où la vie
s’était retirée.

Alors, gardant les dents serrées,
et du même coup mes paroles idiotes,
j’ai attendu sans impatience
que la marée monte
et me recouvre.

La lumière portant aussi
sa reddition.


RC – juin 2016


Pour que résonnent les archipels du silence – ( RC )

Dina%2520Bova%2520-%252020.jpgmontage – \Dina  Bova
.

Ce n’était pas la peine,
de longer les années,
de lire tous ces livres,
d’exercer cette mémoire,
à en perdre le goût du jour,
et la caresse du vent du large,
pour                    ( dira-t-on )
écrire deux ou trois strophes
avec                   si peu de mots .

On en oublie les récits,
les grands succès de librairie,
placés en tête de gondole,
pour se contenter
de quelques lignes,
qui se jouent
de l’épaisseur des pages,
et dialoguent dans les marges,
comme aussi     entre les mots.

Juste ce qu’il faut,
pour que résonnent
les archipels du silence,
la lente croissance des plantes,
la lumière posée sur un mur,
l’ombre de l’absente,
le coeur qui s’aventure
si l’on que l’on fait sienne
l’écriture du poème …

RC – fev 2016

 

 

( en écho à un court texte  de Sylvie Durbec visible ici)


La matière des suppositions – ( RC )

peinture: Maurice Brianchon

peinture: Maurice Brianchon

 

Il est  si difficile  de te trouver,
de dire  où tu es,
quelque part,
et d’ailleurs , puisque  le temps,
nous pousse un peu plus loin,
et d’abord  hors  de nous-même,
as tu seulement encore  quelque  chose,
de commun, avec celle  que tu étais ?

une flamme  vacille,
est-ce  la mémoire  qui flanche ?
ou est-ce elle  qui  tourbillonne,
lente,  diffuse  :
des ombres  se sont  détachées
de la musique  du monde :
Tout un monde lointain,
qui avale les journées.

Et l’absence,        ingrate,
elle,     se déplace pourtant, toujours  .
–    la boucle  d’un retour,
–    le poids d’une pierre,
qui pèse  sur le lac,
condamné à l’horizontale.
Peut-être vis-tu entre deux eaux,
des pensées parallèles…

Les univers seraient  clos,
le principe des vases communicants
n’auraient plus cours.
Il faut se contenter des ombres,
et des suppositions  .

RC – juillet  2015


Les ordures de l’actualité – ( RC )

0incendie Pakistan

 

Debout quelque part,
c’est dire la station verticale,
équilibre instable,
d’un pied sur l’autre;
mais on sait que c’est provisoire.

Des nouvelles à la radio,
on dirait que naturellement
prolifèrent
les incendies, les révoltes
et qu’ils gagnent du terrain.

C’est encore loin,
mais il y a des prémices,
et c’est comme un légume
qui pourrit,
dont les taches brunes s’étendent.

Là bas, on n’est plus debout,
on rampe, on se terre
on s’abrite où on peut,
on mange des rats,
– s’il y en a.

C’est un crépuscule,
les derniers soubresauts
d’une lueur
avant son effondrement .
On ne pourrait plus être …

Et si l’on a été,
cela se conjugue au passé,
maintenant l’ombre
se détache des choses,
et prend le dessus.

Dans quel monde a-t-on vécu ?
Déjà,            on ne s’en souvient plus …
la poussière soulevée
a tout envahi,
même jusque aux souvenirs .

Ou s’il y en a encore,
Il n’est pas sûr qu’au réveil,
il y ait encore un soleil.
Hier est du passé,
C’est comme s’il était mort.

On doit faire avec la peur,
et de drôles d’orages glacés,
sur des terrains arides
où se multiplient les ordures,
de l’actualité .


RC – janv 2016


Si l’ombre n’existe, aux yeux de personne – ( RC )

Tanguy, Yves  (1900-1955) - Indefinite Divisibility 3234668306

                                                                        Peinture: Yves Tanguy  

Peut-être c’est le temps,

Ou bien la lumière est fausse,

Elle rentre à l’intérieur d’elle même .

 

Personne ne me dit où je me trouve,

C’est peut-être une salle aux miroirs,

Où ils sont si nombreux,

Qu’on ne sait plus ce qu’ils reflètent .

 

On ne sait plus où regarder,

On a d’autres chats à fouetter.

 

Que diront tes yeux ?

Rien peut-être

Si l’ombre n’existe,

Aux yeux de personne,

Alors je suis cette ombre.

RC – mai 2015


Un envers de lumière – ( RC )

Installation: Christian Boltanski

Vers quelle fin, cela dessine au sol,

une dentelle d’images, qui danse avec le vent,

et révèle creux et reliefs ….

Audacieuse, elle envahit les arbres, les murs,

en se posant légère, comme un frisson d’encre,

sur tout ce qu’elle touche,    sans pour autant

laisser de trace durable.

Née du jour, qu’elle contredit,       elle se joue des distances,

en mélangeant dans un même creuset,

le net et le flou…

Une prémisse à la nuit, une sorte d’envers du décor,

que sécrète pourtant la lumière,

quand elle rencontre, dans son élancement,,

l’écriture des formes.

Une face cachée des objets, indissociable à eux,

comme attachée à leur présence,

qui peut-être dialoguent de façon continue,

mais , personne ne les entend .

Ils projettent sur les autres leur peau d’ombre,

qui reste pour toujours insaisissable…

RC – avr 2015

(  en réponse  à un texte  de  Michèle  Dujardin   )


Au contre-jour des flammes – ( RC )

peinture: Jorge Castillo

peinture:   Jorge Castillo

 

Il y a une ombre.
Elle  danse,
Transcende
les formes,
selon le caprice du feu.

Des dents  s’en élancent,
illuminent l’âtre…
Une  coque ardente,
s’échappe des cendres.
On ne peut la saisir,
sans se brûler
les doigts.

Et aussi ton ombre,
insaisissable,
projetée sur les meubles,
agrandie  au mur,
mouvante.

Mais tu es là,
Au contre-jour
des flammes,
A portée de mains,
tiède, ondulante,
sculptée  de lumière
orange.

La joie y danse,
J’en suis les courbes,
les dessine avec mes mains,
sans me brûler …

…  quoi que   !

 

RC


Ombres confondues – ( RC )

projections lumières sur volume – Seoul

 

L’ombre de ton visage sur le mien,
Ne laisse pas de trace de nuit blanche
A mesure           qu’il se penche
Par-dessus mon destin.

Sa lueur ,           ne s’est pas éteinte;
Elle est quelque part,
Au-delà de mon regard,
Mais laisse son empreinte….

Qui saurait dire, le parcours de l’imagination ?
Il y a           toute ta présence,
pour franchir les distances
Conditionnant de toi, ma vision …

Nos voies étaient égarées….
Chacune ,      errant sur son chemin,
Depuis que je te tiens     la main,
>       Elles ne sont plus séparées,

A ceux qui doutent des anges,
Nous empruntons leur vol,
Et tu verras….          sur le sol,
Comme nos deux ombres se mélangent .

Après,     plus rien ne nous encombre…
Dans la traversée de l’air,
Les silhouettes sont légères,
Même pas               marquées de sombre…

On ne distingue plus ce qui t’appartient,
Adossés à la lumière qui s’élance…
Où est donc               la différence ?
–                        Ce qui est tien ou mien ?


RC – août 2014


Champ du blanc – ( RC )

 

 

 

photo:       Cristina García Rodero

CristinaGarciaRodero -silh  au drap susp

Egaré dans un champ vertical,
Tendu sur un fil,
Découpé en une forme,
Accrochée aux plis humides …

Le soleil se déplace et m’éblouit,
… Je serai bientôt bu par le blanc ,
Effacé aux yeux de tous,

Déjà ondulant,    et poussé par le vent,
Jusqu’à sortir de la toile,
Et perdant ainsi mon ombre.

RC – avril 2014


Masque – ( RC )

masque  Baoulé de     Côte d’Ivoire

La magie du masque,
Ne dit rien que son visage noir,
Le bois creusé, que l’on dirait
Moulé sur un corps,

Un abri, derrière lequel
Il se réfugie,           –
–    … Je suis en compagnie,
D’un esprit.

L’ombre d’une face,
L’épreuve du silence,
Laissant sa trace,
Au-delà des gestes  ;

Ceux de la danse,
Le lien vers un peut-être,
Sévère et magnifique,
De traduction magique

C’est une patine offerte,
Repoussant la lumière,
Happée vers l’intérieur,
Vers des mots d’une autre langue

Et qu’on protège  des regards,
Du commun des humains.
Les lignes de ses formes fondent sa force,
Son action saluée , bénéfique,

Quand le masque  est de sortie,
Chassant en conviction,
Les mauvais esprits,
Les mauvaises récoltes

Viens demain,
Sans lui, en habit de paille,
Remise-le dans l’ombre,
Les yeux fermés

La bouche ouverte,  …
Le masque sacré
Veille même sur la nuit
Et aussi notre destin.

RC – décembre 2013

masque africain- Afrique centrale

masque africain- Afrique centrale


La neige nue n’est jamais venue – ( RC )

La neige nue

N’est jamais venue,

Je n’ai pu y retrouver,

L’empreinte de tes pas gravée,

Le givre dessine aux fenêtres ,

Ce que tu pourrais être,

Je pourrais toucher du doigt,

Cette fantaisie du froid,

Le coucher sur du papier,

Et le recopier,

D’un crayon qui crisse,

Avant qu’elle ne s’évanouisse.

Car mon imaginaire

Au milieu d’un désert,

Vide et lisse,

Dessinerait un oasis.

Je sais que tu es transparente,

Mais aussi que tu chantes,

Ou murmure à voix basse,

Toi qui passes

Des minutes trop brèves,

A travers les rêves,

De ceux qui dérivent,

Et puis me poursuivent…

J’ai rêvé de la neige nue,

Elle n’est jamais venue,

Faire quelque détour,

A ce carrefour

Entourer tes pas,

Vertige d’un au-delà …

C’aurait été la revanche

D’une silhouette blanche,

Se détachant en blanc,

Très délicatement, :

L’inaccessible amour,

Que peut-être un jour,

Je verrai passer,

Un blanc léger caressé,

Un rayon de soleil,

Au sortir du sommeil,

Qu’aucun songe n’encombre…

Juste une légère ombre,

Un contour des sens,

Marquant ta présence.

Je saurai me taire,

Sur le chemin solitaire,

Et garder le secret,

Quand je te reconnaîtrai

Lèvres ouvertes, tu te penches… :

Le baiser du silence,

Sur mon cœur réverbère…

Confident de ta lumière.

RC  – décembre  2013


Aigle d’Atlas – ( RC )

 

photo Mike Heller

 

 

Oiseau au-dessus de l’Atlas,

Vois sa découpe…  Elle se prélasse

Et franchit sans ponts, ni viaducs, les vallées,

Puis se précipite dans les creux  – avalée…

Les pentes se bousculent en étendues brunes,

A cette distance, on dirait que se succèdent des dunes…

Avec peine, progresse le fil d’argent d’une rivière

Au milieu de terres altières….

Elles retiennent leur souffle,    agacées,

Et concèdent à regret un peu d’eau, lâchée,

Courant dans le pays, marqué ,

Comme  du papier froissé,

Cette eau précieuse, dont le soleil crée sa perte,

Miroite par endroit de  petites zones vertes…

 

—- Sois cet oiseau aux ailes de vent,

Appuyé sur l’air,  en s’élevant

A distance de son ombre,

Suivi par la lumière, avant qu’elle ne sombre,

Et passe derrière le couvercle,

Obstacle au jour perdu dans un cercle…

Il porte ailleurs sa cible,

Bien au-delà du visible,

Se confondent alors les blés et les seigles,

Saut à l’oeil aiguisé de l’aigle,

Et ses ailes ouvertes  tout grand,

En larges volutes  s’enivrant,

De larges espaces parcourus,

A nos propres sensations     celles de l’inconnu.

Bordant les infinis du désert,

Et l’Atlas, support de la terre…

RC – 22 et 31 octobre 2013


Astrid Waliszek – or

 

entre la nuit et l’aube

l’or des songes attend

en ce jardin d’ombres

 

 

25 mars 2012

 


Lucien Rainier – Nocturne

 

 

peinture:             Max Ernst

 

 

 

 

 

Ce soir, par cette lune éteinte, à voix couverte,
le vent léger, qui rôde au milieu des roseaux,
endort, en la frôlant, l’immobilité verte
des larges nénuphars qui sont au bord des eaux ;

qui sont au bord des eaux calmes de l’étang tiède,
pleins de charme attentif et d’ennui caressant ;
où mon coeur douloureux s’attarde, guérissant
son ancienne amertume à cet ancien remède.

L’ombre est dans le silence. Un oiseau fuit. La nuit
sur tout mal lentement descend consolatrice ;
Toi qui n’as pas sommeil dans le sommeil du bruit,
pourquoi te souvenir et gémir ?… L’heure glisse.

Mais, un astre paraît dans le stagnant miroir,
lointain comme un appel, imprécis comme un rêve,
et qui naît et grandit, comme naît et s’élève,
le beau scintillement, dans l’âme, de l’Espoir !