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Archives de février, 2012

Hannah Arendt : extraits de « La Crise de la culture »

peinture perso: détail de "In a sentimental Mood" d'après la musique de D Ellington

Le site  de blablart, qui  rassemble  beaucoup d’aspects critiques  par  rapport  aux  positions  concernant l’art contemporain,  a  édité  cet article  de la philosophe,  que je fais suivre…

(Citations, L’avant-garde contre la bourgeoisie?)
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« La question de la culture de masse surgit d’abord d’un problème tout autre et plus fondamental, à savoir : le rapport hautement problématique de la société et de la culture. Il n’est besoin que de rappeler dans quelle mesure tout le mouvement de l’art moderne commença par une rébellion véhémente de l’artiste contre la société en tant que telle (et non contre une société de masse encore inconnue) pour comprendre à quel point ce rapport antérieur a dû laisser à désirer, et devenir méfiants à l’égard de la facile nostalgie qu’ont tant de critiques de la culture de masse pour un Age d’or de la bonne société policée. Cette aspiration est beaucoup plus répandue aujourd’hui en Amérique qu’en Europe, pour la simple raison que l’Amérique, quoiqu’elle ne connaisse que trop bien le philistinisme barbare des nouveaux riches, n’a qu’une connaissance incertaine du philistinisme culturel et cultivé, non moins ennuyeux, de la société européenne, où la culture a acquis une valeur de snobisme et où c’est devenu une affaire de position sociale que d’être assez éduqué pour apprécier la culture (…) ».

« La culture concerne les objets et est un phénomène du monde ; le loisir concerne les gens et est un phénomène de la vie. Un objet est culturel selon la durée de sa permanence ; son caractère durable est l’exact opposé du caractère fonctionnel, qualité qui le fait disparaître à nouveau du monde phénoménal par utilisation et par usure (…). La culture se trouve menacée quand tous les objets et choses du monde, produits par le présent ou par le passé, sont traités comme de pures fonctions du processus vital de la société, comme s’ils n’étaient là que pour satisfaire quelque besoin ».

« Seul ce qui dure à travers les siècles peut finalement revendiquer d’être un objet culturel. Sitôt que les ouvrages immortels du passé devinrent objet du raffinement social et individuel, avec position sociale correspondante, ils perdirent leur plus importante et leur plus fondamentale qualité : ravir et émouvoir le lecteur ou le spectateur par-delà les siècles », La Crise de la culture, 1968, trad. fr. 1971.


LES IMPREVISIBLES – BRICE MARDEN

LES IMPREVISIBLES: BRICE MARDEN

 

: R Dauxois, nous propose ses articles, souvent en lien avec l’art ou des tendances artistiques —

 

R Dauxois a une écriture remarquable, que je vous conseille de parcourir , et a fait à plusieurs reprises l’objet de publications de ma part dans  http://ecritscrisdotcom.wordpress.com/:

  il s’associe  souvent  avec Nicolas Vasse
l’image présentée  est un montage  personnel

L’art africain – suite – le Congo

L’art  traditionnel au Congo, présente  des facettes  très diverses, du fait de la multiplicité  des ethnies…

L’exposition de Bordeaux  » voir  l’invisible« ,

montrait justement  plusieurs  des facettes  de cet art,  que  je présentais   dans la statuette Hemba, avec mes  croquis,  ( l’humanité commence par le nombril)

en voila  d’autres, témoignant de cette diversité

 

avec les  fameuses  coiffes  Mangbetu, dont  voici une  photo  ( par  ailleurs  la galerie  flickR  de ggnyc, d’où est extraite cette photo, comporte nombre  de reproductions intéressantes  et détaillées)

Masque Salampasu – Kasanga

—  pour mieux  voir les croquis  à la  « taille  réelle »,  cliquer  directement  sur les images,  vous les verrez en  plus grand  format

—-

L’ensemble des croquis  perso a été fait sur place (environ 80 )

D’autres renseignements  sur mes  articles  par  rapport à l’art Africain

voir mon rapport  avec l’art africain, consulter

aussi https://ecritscris.wordpress.com/2012/01/09/lart-africain-au-burkina-faso/

https://ecritscris.wordpress.com/2011/11/05/r-et-lart-africain-02-eklablog/

https://ecritscris.wordpress.com/2011/11/05/r-et-lart-africain-03-la-terre-cuite-du-ghana/

https://ecritscris.wordpress.com/2011/11/05/r-et-lart-africain-04-le-cavalier-et-la-figure-assisedogon/

https://ecritscris.wordpress.com/2011/11/05/r-et-lart-africain-05/

https://ecritscris.wordpress.com/2011/11/05/71/

https://ecritscris.wordpress.com/2011/11/05/r-et-lart-africain-07-croquis-musee-des-arts-premiers/

et aussi  pour certaines  figurines,  la  stylisation extrème des formes:  voir  la tête  de cette  statuette  Yanda

ou cette  statuette  Zande, qui en a les mêmes  caractéristiques


Monique Atoch – poème à l’étranger

texte  extrait  du recueil   « dans tous le sens « .

Poèmes à l’étranger

Plus de pain

plus de miel

terre promise arrachée

collines crochues

qui lacèrent les serments

maison qui se reruse

terrasses arides

plats ébréchés

qui n’offrent rien

ouragan d’acide

vitriol au visage.

Le verdict est vomi :

pas d’étrangère ici.Image


Jacques Reda – l’Union pour la Préservation des Terrains Vagues

Dans les  « Ruines de paris », Jacques Reda, le poète  et fin connaisseur  du jazz,  semble ironiser sur les espaces inoccupés

dessin: Alphonse Liébert

Appuyé dans cette attitude pensive à mon guidon, je me propose de créer l’Union pour la Préservation des Terrains Vagues. L’U.P.T.V.
Ce poème (si c’en est un) lui servirait de manifeste ou plutôt de préambule, puisque moi je n’entreprendrai rien, ne pouvant être à la fois dans les rues et dans les bureaux de cette ligue. Qu’elle demeure donc une sorte de confrérie elle-même assez vague, sans statuts,
sans cotisations, afin que ni les journaux ni les politiciens ne la dévoient, en dépit de leur utilité pour réfréner les promoteurs. Et au besoin les faire mettre en cabane, chaque fois qu’un de leurs chantiers attaque un ancien terrain vague ou en ouvre un nouveau.

C’est pourtant le seul aspect positif de leurs ravages : entre l’écrasement opéré par les bulldozers et l’érection de ces Résidences qui semblent sortir d’un vieil album à la gloire de Lyautey (si bien que des hectares entiers du Quinzième réalisent l’idéal de béton
colonial de Fès ou de Rabat), un temps quelquefois assez long s’écoule, pendant lequel, à travers les barrières qui se déchaussent, on voit la végétation vigoureuse des ruines qui recroît. Je n’exigerai certes pas qu’on préserve tous les terrains vagues, parce qu’il faut prendre en charge des foules d’errants et d’expulsés, mais je constate que dans certains cas (peu nombreux à vrai dire) on y aménage des succédanés de squares ou de jardins.

Or voilà contre quoi je m’élève, contre quoi proteste le fond insoumis de l’âme de l’homme et sans nul doute du chat. Une moitié au moins de ces espaces devrait être laissée à l’abandon. Avec le danger que représentent ces tasde planches et de plâtre, parfaitement, et l’insalubrité de ces épandages d’immondices et d’eaux sales. Faites à tout hasard piquer vosenfants contre le tétanos, la typhoïde, ils ne s’enhardiront jamais trop. D’ailleurs on aura soin de ne pas abattre les palissades, en tôles et madriers capables de résister cent ans.

Car quelque agrément qu’on éprouve quand on y rôde, le terrain vague se déploie d’abord, entre ces interstices, comme un plan de méditation. La leçon tient dans sa seule présence de sauvagerie maussade, et mieux vaut s’abstenir d’en tirer une doctrine ou de l’art […]. Terrain vague de l’âme et Dieu sait ce qui peut s’y produire, s’y glisser en fait d’ingénus poètes et de criminels. Ainsi travestir le terrain vague en cour de pouponnière, c’est risquer d’offusquer dans l’être la liberté du dieu, négligeant qu’il enseigne, autant qu’une obscure espérance, la solitude et l’effroi de la mort. Point. […]

Cet espace de latence  que souligne  Réda,  est aussi –  sérieusement –  l’espace préservé  de certaines  sociétés,  qui ne voient pas  la nécessité  de surproduire,  de sur-travailler…

du coup ,  je cite un autre passage         du même J Reda

Car plus encore que son aïeul enfoui dans les cavernes, l’homme de l’informatique redoute l’inutilisé.

Les Anciens lui avaient accordé son statut et son code, le peuplant de dieux, et peut-être encombrant d’une autre manière un monde de moindre densité humaine,
mais où chaque étape s’assortissait de salamalecs, péages, bakchichs aux tyrans locaux des sources et des bois.

On subodore d’ailleurs encore leur existence, quand on a la manie de visiter – comme d’autres les églises – les terrains vagues et les chantiers. C’est là qu’en dernier recours se sont réfugiées ces puissances, dans un abrutissement adoucissant leur amertume et leur méchanceté, exaspérées par des siècles de persécutions et puis d’indifférence.


Fancy Cräker – Le Tigre n° VI

 

 

Extrait de la  désopilante  revue    Le Tigre  « cuisse de nymphe »…

 

que l’on peut  voir  en ligne ici

Fancy Cräker

Fancy Cräker

 

C’est chose impossible, mais essayez quand même, pour rire.

De lire une pre­mière fois ce texte sans regarder les images ci-contre.

 

Sans sucres ajoutés pour une gourmandise pleine de légère­té.

Mmmm… des céréales pour votre pe­tite femme?

Un pâté de canard light contre les poignées d’amour de votre canard?

 

Additionnés de savoureux gla­çages aux fruits et aux légumes. Un amuse-gueule surgelé permettant moult chauds-froids prescrits par le kamasu­tra?

Quoi qu’il en soit, les maîtresses se réjouissent. Des bonbons contre l’em­bonpoint, pour la dictée.

Une soustrac­tion de sucres et une addition de glaçages, pour les mathématiques. Le résultat, c’est les meilleurs KRÄCKER® destinés à vos compagnons à poils ou à plumes.

Il fut un temps où l’on disait, de son amoureux, mon compagnon, ma compagne. Mais ce qualificatif est dé­suet. Non, il faut se résoudre à l’évi­dence: cette publicité qui parle de délice gourmand et de savoureux glaçages s’adresse à la gent animale. Et plus exactement, à votre oiseau ou votre ron­geur. La classification des animaux est une science exacte. Et ce depuis la Bible.

Y’a qu’à lire la nouvelle traduction, pa-rue chez Bayard. Dans la Genèse tra­duite par F. Boyer et J. L’Hour, nous lisons:

Dieu dit Je vous donne enfin / … / Pour nourriture le vert végétal / à toute bête de la terre / à tout ce qui vole dans le ciel / à tout ce qui se déplace sur la terre / toutes les petites bêtes ras du sol. Mais le vert végétal pour votre bête qui vole ou votre bête qui rampe, ça ne le fait pas. D’où la supériorité du publici­taire sur le traducteur littéraire.

Ouvrez les yeux maintenant. Les pe­tites images, d’abord. Un demi-sucre rageusement barré d’une croix rouge. Puis des oranges, des groseilles, des prunes, des myrtilles — mais où sont les légumes, que diantre, où sont les lé­gumes? Tant pis. Le photographe a ou­blié les légumes.

 

Qu’importe: l’œil est attiré par les em­ballages entourés de ces petits ani­maux qui sont les vôtres. Le lapin a une plume d’Indien, tout comme la perruche. Le hamster a des lunettes de so­leil, tout comme le cochon d’Inde, le perroquet et le canari. Chose étrange, tous tirent la langue, comportement atypique dans le règne animal, comme pour faire une petite blague anthropo­morphique.

C’est bien simple, on a en-vie de les nourrir avec de l’amour et du fun. C’est d’ailleurs parce qu’on est fun et aimant qu’on les enferme dans une cage de 40 x 30 cm sur 25 cm de haut, [hamster, 80 cm pour le cochon d’Inde, 90 cm pour le lapin] avec pour exercice une roue dont le principe est en tout point similaire au tapis de course de Paris Hilton. Pourquoi cela?

Parce qu’on les aime et qu’on les commande.

 

Dieu dit / Faisons un adam / à notre image / comme notre ressemblance / Pour commander / au poisson de la mer / à l’oiseau

Ce sont les enfants qui ont des ham­sters et des lapins.

D’où les lunettes de soleil et le tirage de langue: un marketing misant tout sur l’anthropo­morphisme destiné aux enfants. Là où pour adultes, on aurait un chat qui se frotte aux bas de soie de sa maîtresse et qui mange du SH*** dans une as­siette de porcelaine, ici, on a des ron­geurs et oiseaux prenant des poses de peluches stupides et des KRÄCKER® co­lorés comme des boîtes de bonbons — un enfant étourdi pourrait facilement s’enfourner dans le bec le délice gour­mand glaçage au kiwi de son hamster. Pour autant, cette publicité, avec son FUN nourrir avec amour (dans un cœur!), ne s’adresse pas seulement aux enfants. Le vouvoiement (le délice gourmand pour votre oiseau…) en té­moigne.

Voilà donc une pub pour les 3­133 ans, de préférence un peu niais. La cerise sur le gâteau, ou le kiwi sur le glaçage, restant l’expression marquée sur l’emballage: funny fitness. Le monde est tellement funny que le fitness est funny, et qu’on apprend aux enfants à le savoir, en nourrissant leurs animaux de produits allégés. C’est la dinette moderne, avec du light dans les casse­roles des poupées.

Réduire sa teneur en sucres avec un message étatique qui défile en bas de chacune des publicités agroalimentaires qui ont engraissé des générations d’êtres humains, c’est fun­ny. Encore un effort, et sous les publi­cités alimentaires destinées aux chats obèses de nos villes, il y aura écrit: Pour la santé de votre cochon d’Inde, faites-le manger moins gras, moins sa­lé, moins sucré.

Pour la santé de votre canari, faites-le bouger plus.

Ce sera le triomphe de la prévention sanitaire. Même les animaux se sentiront cou­pables. Les chats rentreront leur ventre Dieu voit ce qu’il a fait / c’est vraiment bon. Nous, on a parfois des doutes.du ciel / aux bêtes et à toute la terre / à toutes les petites bêtes ras du sol.

 

 


Claude Minière – sur Anne Slacik

Claude Minière,  dont je  citais un extrait justement  en rapport  avec la peinture dans Art et tique et pique…, a aussi  écrit  quelques passages  où il parle  de la  reproduction  (mécanisée), par rapport aux oeuvres  d’art…
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« Dans les tableaux d’Anne Slacik, la porosité que j’évoque tient aux couleurs (« la tonalité bleu/vert ») et à la légère granulation de l’ouvrage. Ce n’est pas un dispositif iconographique, mais une nature d’instabilité de la matière même, et une dérive des continents de couleur qui animent de temps la toile, de passage du temps. C’est ce que permet la recherche « abstraite » : le premier plan de l’artiste se trouve imprégné de passage du temps.

La peinture, la peinture en secret et de manière unique résister à la reproductibilité technique. Elle le fait encore  »

peinture de Anne Slacik

aujourd’hui, au sein du XXIeme siècle, au moment où la reproduction technique des individus, sans doute bientôt ouverte, effectuée au grand jour, en masse, nous promet d’autres horreurs, hors de toute contemplation, quand l’action laborantine ne connaîtra plus de « temps morts ».

( texte  visible sur le site d’Anne Slacik)


Traces du futur en plans lointains (RC)

photo  vue  de Turquie  - Capadocce, sous la neige , photo Picasa

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Avec l’incitation de texte de Robert Louis Stevenson

 

de ces champs circulaires au Kenya, que je viens de trouver, on rapprochera ceux de l’ancien étang de Montady, vers Ensérune, vers Béziers…

à voir  aussi ici: http://www.tout-sur-google-earth.com/t8077-oppidum-d-enserune-herault-france

Et, au sujet  d’Ensérune lui-même  célèbre par son site archéologique où se sont  empilées les  civilisations…