Textes poétiques et d'actualité -nulle part ailleurs !

photographie

J’irai où le printemps m’attend – ( RC )

montage perso 2021

Au voyage de l’hiver,
la neige s’accroche partout:
elle recouvre de silence
le pays endormi,
sauf les corbeaux
qui me guettent de là-haut.

J’irai là, où le printemps m’attend
et au bord de l’eau
je les peindrai en blanc :

ce seront des mouettes
qui me feront la fête,
la neige sera un lointain soupir
emporté par le vent
et les corbeaux se sont enfuis
dilués par la nuit .


RC – nov 2019


La rose du bar – ( RC )

La Malène rose de bar 02

photo perso – bar de la Malène – ( 48 )

 

Rose de bar,
   un murmure,
       un soir,
    la nudité du mur,
un convive de pierre,

une médaille de soleil,
dissimulée par le lierre,
petit oeil vermeil,
portant robe de soie :

– rien de commun
avec celle du bégonia –
        habillée d’un parfum
       et parée de lumière,
celle qui la sculpte et la frôle :

Existe-il sur terre
un ange dont l’auréole
reste visible ?
Fi de la pesanteur du noir :
        paisible,        s’exhibe
            ma rose de bar….

 

RC – août  2020


L’encre de la mémoire – ( RC )

chr -- cry p

montage  perso

Dis moi que le sang
a séché au soleil,
que ma blessure a oublié
jusqu’à ton sourire …

Dis moi qu’autant
la douleur se délaye,
moi qui ai prié
pour pouvoir mourir …

Si les années
ont trépassé,
je reste esclave de mon passé
qui est emprisonné.

Ce n’est pas que je le craigne,
car le ciel a répandu son baume,
mais il arrive que saigne
ma cicatrice, mon anémone…

Son sang est un sang noir
qui revient de temps en temps

comme la marée d’un océan
portée par la mémoire.

RC – avr  2020


Je ne veux pas éteindre, ce qui est de lumière – ( RC )

Sun And Clouds Wallpaper | PixelsTalk.Net

Je ne sais pas éteindre le feu .
Perçant les nuages brodés d’or,
il a brûlé au soir d’été,
comme un cri
combattant la nuit .

On ne sait qui des deux
sortira vainqueur,
ou même si le soleil
finira par incendier l’obscur
pour l’effacer à jamais.

Je ne veux pas éteindre,
ce qui est de lumière :
c’est ton âme qui la porte
comme une torche,
et m’embrasera aussi.


RC – nov 2017


What a wonderful world – ( RC )


l

Remembering the King of Jazz, on the anniversary of his death aged 69.

La voix de Satchmo
traverse le temps,

Le ciel bleu et les nuages blancs :
lui qui voit le monde si beau
et merveilleux .
Des sourires sur les gens qui passent
et leurs yeux
qui rêvassent.

Les images sont belles,
et suaves,
comme l’ arc-en-ciel
de sa voix grave.
C’est un monde en couleurs
qui, sans la séparation entre blancs et noirs ,
a celle de l’espoir.
Elle ne comporte ni vaincu, ni vainqueur.

Chantant les jours clairs et bénis,
où l’humanité de demain
sera peut-être réunie :
asiatiques et africains
dans le concert des nations,
la vie américaine
sans la ségrégation
la douleur et la peine.

Louis Armstrong, -puisque c’est de lui
dont il s’agit –
sème, avec ses chansons
les graines de rédemption
qui sont peut-être encore aujourd’hui
une grande utopie,
mais si l’avenir lui sourit :
tout lui sera permis .

Il faut bien que quelqu’un fasse le premier pas
vers la Concorde :
«  What’s a wonderful world »
sans avoir de sourire béat ,
mais plutôt l’optimisme
qui permet de voir le monde meilleur
à travers le prisme
de son cœur.


Fixe dans une absence – ( RC )

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photo Ay.ashok Saravanan      – Ganesha

 

Quelle vague sera assez puissante,
pour fermer le regard de la statue ?

Ses membres ont beau être brisés,
les plis de ses habits ensablés

l’écume enrage de ne pouvoir dissoudre
le sourire, qui s’adresse aux cieux

fixe, comme dans une absence
peint dans une présence

où on imagine que l’image des dieux
contemple l’éternité au-delà de l’humain.

 

 


RC – sept 2017

prendre appui – ( RC )

MARAIS POITEVIN barque coulée - la Garette

photo perso – La Garette   – Deux-Sèvres

 

Les mots reprennent
le mouvement de la vie.

Ils flottent à la surface de l’étang
sans s’y enfoncer

à l’inverse de la barque
qui a chaviré

Je peux prendre appui
sur la base du reflet des nuages

juste le temps que les idées
s’accordent un répit

entre le ciel changeant
et le poème en devenir.

RC- juin 2020


Et si l’ombre … – ( RC )

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Photo Christophe Loiseau

Et si l’ombre te tient dans ses bras,
chaque jour, et chaque nuit..
         Regarde bien  au sol,
         elle épie tous tes gestes .

Jamais tu ne peux la saisir :
elle t’accompagne partout,
—       jusqu’à la fin de ta vie ,
                  où elle t’engloutit …


RC –


Des arbres dans la neige – ( RC )

 

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Les arbres courent dans la neige,

s’éloignent à la mesure de nos pas,
puis se fondent dans la brume,
à la façon du temps
dont le souvenir s’estompe :
je ne garde que l’instant présent en mémoire,
les flocons en font de même,
déja recouvrant mes traces.


RC – janv 2018


La lente houle de l’inquiétude – ( RC )

Au-delà du cercle, un peu plus lumineux,
( mais à peine ) ,        de la clairière,           la nuit venue,
c’est comme se poster à la lisière du monde.

Les arbres se confondent entre eux,
ils s’associent, solidaires, blocant l’intrusion
de la plus petite lueur, noirs sur anthracite,
car le ciel se distingue par une neutralité plate,
bouché par les nuages, que même la lune ne peut franchir .

On dirait que la mémoire du monde s’est absentée,
qu’il n’y a rien au-delà des robes d’ombre,
une perte, où seuls les feuillages mêlés,
et les troncs, se rappeleraient du jour lointain.

Va-t-il revenir ? On se le demande.
Faut-il progresser à travers la forêt?
Mais alors ce seraient des murailles
impénétrables au regard si on s’aventurait
en dehors de la clairière.

Il n’y a pas d’autre choix que rester sur place,
et de s’habituer à l’obscurité comme au commencement
d’un autre monde, où finalement on se guiderait aux sons.

Ceux des animaux, les déplacements furtifs dans les herbes hautes,
le balancement des fougères, le frottement des ramures,
les cris ponctuels des chouettes se répondant par-delà les espaces.

Des espaces qu’il ne nous seraient pas donnés de connaître,
nous interdisant d’évaluer les distances, reliés ,de plus
( si malgré tout on pouvait , par hasard, distinguer un peu les formes ),
par des écharpes de brumes, paresseuses.

Inversement, des yeux de braise peuplent les branches,
courent au ras du sol .
On se sent observé, dans l’oscillation de la meute végétale.

On frissonne, – de froid, comme d’effroi –
c’est comme si on vivait pour de vrai, un mauvais rêve,
débarqués à l’improviste dans un pays dont on ne connaît pas le langage.

La tête prise dans les filets de l’humidité,
qui se dépose lentement,
on se sent intrus dans la force obscure de la nuit
dépossédé de l’assurance que donne le jour aux hommes.

Comment s’étonner alors que tout semble receler une menace,
ne serait-ce que , si on risque quelques pas,
se prendre les pieds dans une racine,
se heurter la tête avec une branche basse.

Privés de repères,
il ne reste qu’à espérer le retour des heures,
qui se concrétise par la lueur de l’aube .

L’inquiétude a cours.
Elle se prête alors au retour des légendes et contes de l’enfance .
C’est une lente houle qui nous enveloppe, et déferle, immobile , sur nous.


RC – sept 2016


Dans un morceau d’infini – ( RC )

 

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C’est une barque portée par les flots,
Ainsi,         contre ton cœur,
Il y a la douceur de ton reflet .
      Il embrasse ton visage,
Comme tu le fais de tes vagues,
avec le mien.

Nous sommes portés,
      par une étendue si vaste :
Que la conscience se dissout,
      bien au-delà du regard …
Et j’apprends à me perdre,
              dans un morceau d’infini…


RC – mars 2015


Une voix, la mienne, la tienne…- ( RC )

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Une voix, la mienne, la tienne…

le tout enfermé dans des mots .

Ceux qu’on peut lire, parlent tous seuls
( je ne sais pas avec quel accent ).

Une voix, la tienne, la mienne

le tout enfermé dans des lettres qu’on ne lira pas :
peut-on dire malgré tout qu’ils parlent en silence ?

RC – nov 2017


Comme un orgue, et la lumière d’or – ( RC )

 

Comme un orgue,
où la lumière d’or,
jaillit d’entre les fûts,
        accord souverain,
toccata des sommets,
filtrée des feuillées…
brume aérienne
d’une forêt magique,
haute futaie
sur son tapis de mousse,
prélude et fugue,
j’aurais embrassé ses troncs
pour te retrouver
et parcourir ses sentiers .

 

RC – août 2017


Avril aura les doigts agiles – ( RC )

 

Tout ce qu’il faut pour façonner,

L’ambre de ta peau frissonnée…,

Si tu te découvres  d’un fil,

Avril aura les doigts agiles…

 

Je ne vois plus ton regard qui brille,

Mais juste tes bas résille,

Qui forment un dessin,

Jusqu’à la pointe de tes seins.

 

Si de l’ombre  tu es prisonnière,

Je vais défaire tes lanières,

Et te donner toute entière,

A la grâce de la lumière ….

 

 

mars 2014  –

 

 

(  variation sur une  photo de TKKim )


Oublier les éclats – ( RC )

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Blessé dans ses étoiles,
mon reflet se disperse ,
et je ne peux le retenir,
          dans ses éclats …
et si j’en attrape un
avant qu’il ne s’éteigne ,
j’oublierais les autres ,
comme des morceaux de mémoire ,
brisés,             comme le miroir

quand la pierre atteint sa surface .

RC – juin 2017


C’est l’aube, et je ne le sais pas – ( RC )

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peinture : Edward Munch –  mort de la mère, et l’enfant    1898

 

Il y a comme les ailes lourdes du sommeil.
Elles s’abattent sur moi, même les yeux ouverts ,
L’océan gronde ses vagues naissantes.
L’obscurité palpite à mes pieds :
ce sont les doigts de la mort ,
battant comme le ressac.


C’est l’aube et je ne le sais pas .

Mon ombre se confond avec mon corps :

il y a de la nuit dans mon regard ,

qui contemple le soleil,

comme une ombre noire  .


RC – mars 2018

 

(  d’après un texte  de Al Pizarnik : « comme les doigts »  )


Capture des ombres – ( RC )


Tu tires vers toi les lignes du jour,
tout le temps nettes ,           et elles dansent
singeant la forme des êtres ,   leur contour
mais qui n’ont pas de consistance ,
et          sur lesquelles on n’a pas de prise .

Tu voudrais bien en capturer une, la prendre par surprise
l’immobiliser,          la happer au passage,
mais elle est toujours plus leste,
et s’effarouche         au moindre geste …
peut-être en es-tu simplement l’otage ?.

Une des méthodes pour les voir disparaître ,
est d’attendre l’arrivée du soir,
                          jusqu’à ne plus rien voir :
la nuit recouvre tout de son voile noir,
endeuillant tout,     sans rien omettre .

Les ombres auraient-elles disparu pour autant ?
Ou bien au contraire   débordent-elles ,
pour tout occuper,       en s’étendant ,
profitant de l’éclipse du jour :         une brèche
avant son retour :                              le parapluie

de l’étendue de la nuit ,
à la façon d’une chauve-souris :          ses ailes
sont-elles l’ombre , elle-même ?
Ainsi jouant de l’extinction du soleil,    le stratagème,
identique à celui            d’encre noire de sèche .

RC – mai 2017


Un rêve en couleurs – ( RC )

45.JPG

image – montage  perso

 

Tu peux prendre les craies,
dessiner à même le sol.
Le rêve que tu fis
s’est transformé en image,
celle-ci entre en toi, elle te poursuit,
comme une chevauchée du ciel,
que tu désires encore et encore.

C’est un rêve en couleurs,
qui te supporte .
Ainsi tu flottes à sa surface ;
tu n’en connaîtras jamais la profondeur,
même si tu explores neuf dixièmes d’inconnu,
à la façon d’un iceberg  :
il dérive lentement, et finit par se dissoudre.

As-tu trouvé les mots pour le dire,
la toile pour transmettre ce qui te hante ?
Beaucoup sont enroulées encore dans un coin de ta tête,
et ne verront pas le jour encore,
à vivre un peu éveillé entre le jour et la nuit.
Montrer une partie du monde,
juste avant que les années ne fondent .


RC – juin 2016


La maison de verre – ( RC )

maison-de-verre-Le-Cirva-au-Musée-Cantini-Marseille-slide.jpg

sculpture J-Luc Moulène –  » for birds » ( verre moulé et cage  – CIRVA  Marseille)

 

Et ce sera un sortilège,
la maison serait transparente,
donnant sur les prés
les branches qui se balancent ,
au-dessus du toit .
On verrait à travers elle :
de l’autre côté
se continue l’horizon.
Les plus hauts murs
et le fouillis des villes
m’ignorent .
Les pierres sont lourdes et tranchantes ,
le désert est ailleurs.

Le vent se lève et berce les étoiles,
mais je ne m’en aperçois pas .
Je suis dans la maison de verre :
elle voyage, lovée sur elle-même,
n’a que faire des pluies et
des écharpes de brume .
Les tempêtes n’arrivent pas jusqu’à moi.
La maison est close, les portes
ne s’ouvrent pas .
C’est un lieu à l’écart du monde,
une bulle, une fenêtre tout entière,
Malgré qu’elle n’ait pas de barreaux.

Je n’en sortirai pas.

RC – juill 2017


Dieu écoute la confession du vent – ( RC )

photographe  non identifié,  doc  extrait du site urbexground

 

Un ciel étoilé
s’est affaissé dans l’église .
Des morceaux de plâtre,
sont venus blanchir les dalles,
et les chaises renversées .
                            Les colonnes s’ennuient.

La lumière , pourtant, persiste,
à traverser les voiles blanches
des toiles d’araignées .
Elles tentent de colmater,
     comme elles le peuvent,
             les vitraux ébréchés.

Une pluie d’éclats de couleurs,
participe au silence
de la journée qui s’étire :
                    elle se pose sur les statues de saints,
désaffectées,        attendant des jours meilleurs,
les yeux au ciel.

L’édifice est vide dans son ombre,
le soleil et peut-être Dieu aussi,
patientant dehors ,
   dans un autre décor
   que celui des hommes,
>       écoutant la confession du vent.


RC – mai 2016


Une main sur le mur, puis l’autre, à tâtons – ( RC )

Afficher l'image d'origine

                                                                     Photo  –  Dorothee Lange  –

Une main sur le mur
et puis l’autre, à tâtons,
je cherche quelque chose
entre les pierres    :
ce sont mes doigts
qui regardent,
et suivent le dessin
d’une faille,          un creux,
une ancienne porte
                          scellée.

Peut-être l’entrée murée,
d’un couloir
qui conduit autre part.
S’il est possible
       de passer à travers
cette muraille,
       de rétrécir
pour se glisser
        dans les fentes,
et gratter,
        avec les ongles,
la poussière incrustée,

Respirer l’air
qui           – depuis des siècles,
    n’a pas connu la lumière –       ,
regarder d’une autre façon,
comme le serait
la vue d’yeux       clos,
dans des pièces
condamnées
          à tout jamais,
comme aussi seraient
ces tombeaux
où pourtant ce qui
a été demeure

Identique         mais figé
>     comme dans la glace,
l’encadrement écaillé
des portes,
le papier peint à motifs,
les crochets
suspendant la trace
pâle d’anciens tableaux
alors
ce serait comme
un espace voisin, d’où
inversement

un jour, quelqu’un
pourrait        avec ses doigts
qui regardent,
suivre le dessin
d’une faille,         un creux,
une ancienne porte
scellée,             et respirer
l’air          du siècle présent,
de la pièce    d’aujourd’hui
restée                 intacte,
identique      mais figée
>        comme dans la glace
.
Et si nos mains
se rencontraient
… à tâtons .


RC – mai 2016


L’autre côté de l’ombre – ( RC )

Image associée

 

Il y a le  feu  .
Peu à peu ,    il s’essouffle,
Et le creux de l’âtre  palpite,
D’ oranges  aux  bruns et rouges .

J’ai écrit  sur la lumière,
Et là, je vais le faire ,
Sur les ombres …
–   Petit à petit,
Elles vont  s’allonger  au plafond,
Les meubles s’y confondre  .

Les couleurs  s’épuisent  .
>  C’est une  chambre noire,
Comme celle  au fond
D’un appareil photo,

Et mes pupilles  dilatées,
Perçoivent le peu,
Les lueurs fugitives,
Parcourant l’âge de la nuit,
Ou,   une nuit sans  âge ;
Où tout s’immobilise  .

Tout,          sauf la pensée,
Restée  éveillée…
Quelque temps encore  …
L’occasion d’apercevoir,

Lové dans le creux  du lit ,
Le corps          de l’aimée,
Emergeant à peine du gris .
Un petit pinceau,
Dessine ,         en lisière de lumière ,
La colline        de son épaule ,

Découverte à la tiédeur,
Parallèle au souffle     de ses rêves .
Je lui tiens sa main ,
Et celle-ci me conduit sans peine,

De l’autre côté.

RC-  nov  2014


Tirer un fil en travers du chemin – ( RC )

statuette  ss tête  au geste.jpg

dessin perso           d’après une  statuette de la Grèce Antique

J’ai tiré un fil
en travers du chemin .
Je l’ai attaché aux arbres  :
je comptais arrêter le ciel bas,
comme le font les araignées,

et, comme elles, j’aurais attendu,
        que la lumière
se dissolve dans les flaques,

       que l’écriture me propulse,
tel le vent dans les feuilles,
bien au-delà d’où portait mon esprit.

Et s’il faut attendre longtemps,
je la sentirai peut-être secouer mes cheveux,
– s’il en reste – et même,     qu’ils soient blancs.

Je ne compte pas suivre la foule des gens,
qui ne croient plus en la parole,
même la leur, et poussent leur valise,      le dos courbé,
à la façon du rocher de Sisyphe,                  obstinés,
mais pas étonnés de faire chaque fois le même parcours.

J’ai tiré un fil en travers du chemin,
et l’espace s’est dénoué .
Je l’ai saisi ,         ou bien quelque chose
a guidé ma main, pour traduire en mots
ce dont je n’avais aucune idée          l’instant d’avant :

une sorte de funambule          mesurant la distance
         entre les nuages,
et le fracas assourdissant du silence…


RC – mai 2016


Une enveloppe invisible au jour – ( RC )

maison  bois  mauvais état  _Peaceful.jpg

Imagine la chambre close sur ton sommeil:
Tu serais sous paroi épaisse
et une histoire sans fin
qui s’enroule avec ta mémoire
et agite les soubresauts du passé .
Les pensées en seraient prisonnières .
C’est comme un sac en plastique,.
Il aurait la couleur des nuits,
et même celle des nuits blanches.
Des cauchemars ne pouvant s’en échapper.

C’est une enveloppe étanche
et pourtant invisible au jour,
dans laquelle tu te démènes,
sans en trouver l’issue.
Seul, le rêve du présent
peut t’ouvrir les yeux.
C’est comme si celui-ci
de la fente des paupières,
pouvait pénétrer dans la conscience,
et chasser les ombres.

D’un rêve éveillé tu vivras au présent,
et ceux de la nuit, découpés en morceaux,
flasques témoins d’une parole emmurée,
que tu arrives à dépasser.

RC – août 2016

 

 

( réponse à un texte  de Marlène Tissot ):En attendant la fin de l’histoire sans fin )