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Archives de avril, 2017

La camp vide – ( RC )

Cernés par une horde d’oiseaux noirs,
et , naturellement , des chiens,
tout un peuple, attend,
debout, en hardes, dans le froid,
et, même s’ils n’ont pas la place de se remuer,
ne peuvent réchauffer, ni leur esprit,
ni leur corps,
juste coupables d’être.

Du camp, gardé par les barbelés,
et de solides barrières de bois,
parvenaient dans la rue voisine,
psalmodies , lamentations,
et l’odeur putride
que répand la peur.
Elle étend ses tentacules,
et règne, misérable, et flasque.

Du camp, gardé par les barbelés,
et de solides barrières de bois,
ne parvient aujourd’hui, que le silence.
Un peu de vent, des papiers sales,
qui volètent ça et là .
Il n’y a plus personne,
et la porte de bois bat,
dans l’air humide et froid .

Les empreintes des pneus des camions,
et celles des bottes
incrustées dans la boue.
Quelques loques abandonnées
épousent le forme des pavés.
Parmi elles, on distingue vaguement,
encore, souillé,

un motif à fleurs…

RC – avr 2016


écrit issu du visionnement du film  » Certificat de
naissance », de Stanislaw Rozewicz-
http://www.cinebaseinternational.com/ensavoirplus56/c
ertificat.

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Des paroles que je n’ai peut-être même pas prononcées. – ( RC )

sables  l'Espencier01.JPG

Il est des temps
où la mémoire s’enfouit :
les pas sur le sable
s’effacent avec les vagues,
et c’est comme si,
de la parole des choses,
peu de traces demeurent.

Le pot de terre
à peine visible sous les herbes,
et la jungle végétale        ;
le temple bâti pour l’éternité,
dont les pierres sont englouties
par les racines,
et mes paroles, aussi
parties au gré du vent.

Qui sait s’il me les rendra.
Je ne les ai peut-être
même pas prononcées.
D’autres les recouvrent.

Le soleil est soluble
dans un verre d’eau,
et les années, bien peu de chose
en regard de l’éternité.
L’immobilité tourne les pages :
rien ne la trouble.
Rien n’a jamais existé.


RC – juill 2016