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lumière dedans

peinture acrylique  sur toile non tendue…  grand  format  1,50x 1,70m

technique: superposition de couches  de couleurs acryliques  en transparence

scan 30

A Sète, la mer attend que le soir se pose – ( RC )

Le cimetière marin de la ville de Sète - YouTube

Tout en haut de la ville de Sète,
la mer attend que le soir se pose,
elle ressemble à un mur qui se dresse .

Il n’y a plus d’ailleurs.
Le soleil se rapproche des vagues,
et ce sont des milliers d’yeux qui clignotent.

Il y a sans doute aussi, de même,
des bouches, des lèvres et des murmures,
qui se prolongent sur le port .

Les ombres des croix
du cimetière marin s’allongent sur le sol .
On dira bientôt que le jour dort.

Mais il n’est jamais mort: chaque jour le matin revient
à peu près à la même heure :
le désir ne meurt pas de sitôt .

RC- nov 2020

Je n’ai pas gravé d’alphabet dans l’argile – ( RC )

 

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Je n’ai pas gravé d’alphabet dans l’argile,
ma mémoire se croise
avec d’autres langages
et peut-être les pétrit à sa façon.

Mes gestes n’ont pas laissé de trace,
et parfois leur sens m’échappe,
entrecoupés de ceux que j’ai apprivoisés
dont la provenance ne m’est pas connue.

Je ne sais pourquoi, à l’instant,
me revient en pensée la Victoire de
Samothrace: comme une figure de proue;
elle n’a pas de tête mais des ailes immenses.

Traversant les siècles,
elle est pourtant énigmatique,
mais davantage déchiffrable
que les écritures oubliées.

Une vie ne suffirait pas
pour savoir où elle nous conduit,
ni savoir de quoi elle est née.
C’est que celui qui l’a sculptée n’a pas laissé de traces.

Pas davantage que la trace de ses doigts dans l’argile,
ni le reflet des étoiles dans ses yeux.
La puissance créatrice a grandi démesurément
en effaçant le souvenir même,      du créateur.

Après l’insurrection – ( RC )

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peinture : Maximilien Luce

 

Je suis des yeux,
ces oiseaux fusées
striant la lumière orangée
aux nuances de feu:

c’est un crépuscule
sous la valse du vent
sombrant lentement,
comme le sang coagule
au pied des barricades
de la Commune de Paris :

le jour s’est évanoui
aux derniers échos de la fusillade :

ce sera bientôt le silence
la ville assujettie,
s’apprête à retourner dans la nuit,
dans la somnolence,
où les songes d’espoir
et de liberté
se sont envolés, désertés
pour se faire cauchemars.

Il n’est pas certain,
qu’un jour nouveau se lève
le lendemain ,  sur les rêves
et sur le genre humain .


RC

Comme ces statues de plâtre, de Giacometti – ( RC )

gravure:         le vent : Cl Weisbuch

Des passants progressent;
ils ont relevé leur col
et se pressent
courbés contre le vent.

Ces hommes attachés au sol,
semblent vouloir le combattre
et la sculpture de leurs corps,
a cet aspect des statues de plâtre
de Giacometti.

Peut-être le vent souffle-t-il encore
éternellement.
Le temps s’est arrêté :
je peux le voir figé
sur la photographie.

RC – mars 2020

traces persistantes – ( RC )

Anaelle Vanel  -  expo Mende   passe  rocheuse1.jpg

photo – repro de photo  d’Anaelle Vanel

J’ai gardé de toi quelque chose,
                                  une trace;
quant à savoir si cette trace te correspond,
maintenant avec tant de décalage,
rien n’est sûr, au long cours des années :
c’est comme si je croyais que la photographie
conserve à jamais les choses, ne jaunit pas,
que le matin préservé ne se change jamais en crépuscule.
             A défaut d’oubli, cette trace est en moi,
et je ne peux la recouvrir par aucune autre, plus récente.

Ce sont des réminiscences feutrées qui m’habitent,
d’encres et de fusain, modelant ton image
dans un dessin, qui peut-être, n’a plus grand chose à voir
avec le modèle .
                      Je repense à tout cela comme d’un songe,
                      qui fructifie les routes des rêves,
mais nourri seulement d’imaginaire ,
                     une plante qui jamais ne s’étiole
et ne grandit pas au flux de vents et pluies ruisselantes,
alors que tu es devenu chêne
dans un quelque part ,       restant pour moi inconnu .


RC – juin 2019

L’encre de la mémoire – ( RC )

chr -- cry p

montage  perso

Dis moi que le sang
a séché au soleil,
que ma blessure a oublié
jusqu’à ton sourire …

Dis moi qu’autant
la douleur se délaye,
moi qui ai prié
pour pouvoir mourir …

Si les années
ont trépassé,
je reste esclave de mon passé
qui est emprisonné.

Ce n’est pas que je le craigne,
car le ciel a répandu son baume,
mais il arrive que saigne
ma cicatrice, mon anémone…

Son sang est un sang noir
qui revient de temps en temps

comme la marée d’un océan
portée par la mémoire.

RC – avr  2020

La fenêtre s’ouvre sur le monde – ( RC )

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dessin- Marc Chagall  » l’oiseau dans l’atelier »

                C’est un matin
où la fenêtre s’ouvre sur le monde,
encore obscur.
Les volets s’appuient sur la brume,
issue des dernières heures de la nuit .

Des oiseaux m’ont rendu visite,
– enfin presque – .
Ils étaient sur la rambarde
mais n’ont pas osé rentrer,
même quand je les ai invités.

        Qui sait s’ils n’étaient pas
        porteurs d’un message,
        que je n’ai pas su déchiffrer :
le matin s’ouvre sur ton monde ;
les oiseaux ne faisaient que passer

Peut-être les as-tu vu aussi,
les mêmes, ou leurs semblables :
avec un message non écrit
que je leur ai confiés ,
           les sensations partagées ,

          que nous soyons
          au bout du pays,
          ou la main dans la main :
nous avons aussi des ailes,
et chantons au matin .


RC – avr  2019

Je ne veux pas éteindre, ce qui est de lumière – ( RC )

Sun And Clouds Wallpaper | PixelsTalk.Net

Je ne sais pas éteindre le feu .
Perçant les nuages brodés d’or,
il a brûlé au soir d’été,
comme un cri
combattant la nuit .

On ne sait qui des deux
sortira vainqueur,
ou même si le soleil
finira par incendier l’obscur
pour l’effacer à jamais.

Je ne veux pas éteindre,
ce qui est de lumière :
c’est ton âme qui la porte
comme une torche,
et m’embrasera aussi.


RC – nov 2017

What a wonderful world – ( RC )


l

Remembering the King of Jazz, on the anniversary of his death aged 69.

La voix de Satchmo
traverse le temps,

Le ciel bleu et les nuages blancs :
lui qui voit le monde si beau
et merveilleux .
Des sourires sur les gens qui passent
et leurs yeux
qui rêvassent.

Les images sont belles,
et suaves,
comme l’ arc-en-ciel
de sa voix grave.
C’est un monde en couleurs
qui, sans la séparation entre blancs et noirs ,
a celle de l’espoir.
Elle ne comporte ni vaincu, ni vainqueur.

Chantant les jours clairs et bénis,
où l’humanité de demain
sera peut-être réunie :
asiatiques et africains
dans le concert des nations,
la vie américaine
sans la ségrégation
la douleur et la peine.

Louis Armstrong, -puisque c’est de lui
dont il s’agit –
sème, avec ses chansons
les graines de rédemption
qui sont peut-être encore aujourd’hui
une grande utopie,
mais si l’avenir lui sourit :
tout lui sera permis .

Il faut bien que quelqu’un fasse le premier pas
vers la Concorde :
«  What’s a wonderful world »
sans avoir de sourire béat ,
mais plutôt l’optimisme
qui permet de voir le monde meilleur
à travers le prisme
de son cœur.

Réincarnation – ( RC )

Résultat de recherche d'images pour "sarcophage egyptien musée  lyon"

repro:

Ainsi se ferment les cieux,
l’amour et l’ombre:
la pluie qui tombe
couvre les chant des adieux.
Il est trop tard
pour sortir les mouchoirs…

La nuit est passée par là:
on se passe de discours
pour un voyage sans retour
à moins que l’au-delà
ne fasse que somnoler
si le temps s’arrête :

– on connait bien des momies
qui défont leurs bandelettes
              et l’eau qui a gelé
              reviendra à la vie
( ainsi croit-on
à la réincarnation ).

Qui voudra tourner la page
          revenir en arrière
         les pieds sur la terre?
S’il suffit d’un sarcophage
           et de le vouloir
pour le pouvoir …

Un tour de manivelle
– que les horloges tournent à l’envers –
>  les poupées gigognes répondent à cet appel
           s’enfantant d’elles-même,
sortant de la poussière :
–      je vois que tu connais le stratagème…