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lumière dedans

peinture acrylique  sur toile non tendue…  grand  format  1,50x 1,70m

technique: superposition de couches  de couleurs acryliques  en transparence

scan 30

Jean-Claude Izzo – Plage du prophète

Plage du Prophète à Marseille

ils se sont arrêtés.

D’abord la fille aux yeux gris verts

des mers du Nord

et au sourire mûri sur les berges du Nil

L’ami ensuite

le poète des Hauts Pays

attentif aux murmures des passeurs

sur les sentiers arides des exils

Le plus âgé enfin

homme aux semelles de vent

tantôt Afghan, tantôt Mongol

porté par des mondes d’hier entrevus

Plage du Prophète

ils ont porté leurs pas

vers le soleil couchant

Une vague est venue lécher leurs pieds

Bénédiction du Prophète

Prophète anonyme

de ceux qui croient

aux vérités de la beauté.

Plage du Prophète

Du Prophète.

 

Ce texte  a  été mis  en chanson par le chanteur italien Gianmaria Testa ( lien )

 

cacher quelque part ,la chair pâle, l’habit sombre – ( RC )

photo: Ekaterina Grigorieva

Vois-tu à travers les  feuilles ?
Comme dans un verre grossissant ?
Une envolée de l’être,
Qui se dresse au milieu des fougères,
Au point de se                       confondre,
Avec la végétation.
Dans les sous-bois humides.

La salsepareille progresse,
Et ses larges coupelles,
Sont autant d’occasions,
Pour cacher       quelque part,
La chair pâle,
L’habit sombre,
Et peut-être            les abandonner      …

Comme  si l’humain s’enracinait,     de même
Dans le limon du sol,
A rester  debout,
Attentif au mouvement des saisons,
Aussi discrètement         que le peuvent,
Les plantes,
Allant  chercher  la lumière.


RC- avr  2015

 

(texte  directement créé à partir de la photo jointe )

Pour que résonnent les archipels du silence – ( RC )

Dina%2520Bova%2520-%252020.jpgmontage – \Dina  Bova
.

Ce n’était pas la peine,
de longer les années,
de lire tous ces livres,
d’exercer cette mémoire,
à en perdre le goût du jour,
et la caresse du vent du large,
pour                    ( dira-t-on )
écrire deux ou trois strophes
avec                   si peu de mots .

On en oublie les récits,
les grands succès de librairie,
placés en tête de gondole,
pour se contenter
de quelques lignes,
qui se jouent
de l’épaisseur des pages,
et dialoguent dans les marges,
comme aussi     entre les mots.

Juste ce qu’il faut,
pour que résonnent
les archipels du silence,
la lente croissance des plantes,
la lumière posée sur un mur,
l’ombre de l’absente,
le coeur qui s’aventure
si l’on que l’on fait sienne
l’écriture du poème …

RC – fev 2016

 

 

( en écho à un court texte  de Sylvie Durbec visible ici)

Une confiture de figues – ( RC )

Afficher l'image d'origine

Que le jour décline,
et se teinte de pourpre,
l’encens de ton regard,
associe le reflet du cuivre :
une flamme qui perdure,
au parfum sirupeux
des figues se fondant,
et le goût du miel  .


…Le tien aussi se mêle,
à la forêt nocturne,
de tes jambes d’ébène,
une saveur douce
dérobée au jour.


Comme la confiture
encore tiède après la cuisson,
dont le coeur
toujours plein de présence solaire,
distille son élixir…


RC – dec 2015

 

Afficher l'image d'originepeinture: Luis Melendez

Pour ouvrir le soleil – ( RC )

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Je ne sais pas
quel signe
il faut faire
pour ouvrir le soleil:
une part,
même petite :
une tranche lumineuse,
comme si j’ouvrais ton coeur,
et je sais bien,
que cela ne passe pas
par des mots.
Mais si les étoiles se croisent
au-dessus de mon destin,
et que les nuages laissent passer
les rayons du bonheur :
c’est peut-être
que tu m’auras entendu,
et je les laisserai m’inonder
de ta lumière.

 

RC – fev 2016

Je ne perçois plus rien du passé – ( RC )

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photo perso    juill  2016             Aubrac-  Lozère

Si je ne perçois plus rien du passé,
Je ne sais plus la distance
qui me sépare de ma conscience.

Une période fixée – trépassée

J’ai oublié le langage.
Aucun écho ne revient en partage.

Car les lèvres sont scellées,
Et la parole s’est gelée.

Le sable ne s’écoule plus,

Le temps a entamé son reflux,
En repliant ses ailes .

Si tu étais immortelle,
Il se peut que le coeur désespère,
Dans la traversée du désert,

A former des mots ou des lettres,
Si je ne peux te reconnaître …

J’ai oublié d’où je viens,
Egaré tous mes biens,
Quelque part dans le noir :

L’ombre de la mémoire,
Ponctué d’éclairs
Désincarne même la chair ;

Je me tiens droit,
Entre les silhouettes, un jour livide,
Mais rien entre les doigts

Le présent décharné, et l’esprit vide .


RC – oct 2014

Peut-être n’es-tu pas encore née … – ( RC )

Liu-Bolin Toulouse  fondation Ecureuil.jpg

                                       Art:       Liu Bolin –             Toulouse

 

 

 

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Un sol, que rien n’hérisse – ( RC )

peinture:       Anselm Kiefer

 

Comme  sous  le couteau  du peintre,
Un gris dense plombe  un ciel,
Juste  strié  d’ailes noires,
Envol furtif au coeur du froid ;

Les signes dessinés des branches,
Patientent, immobiles,
Attendant un frémissement  de la terre,

Elle  qui se cache
Sous une  couverture  blanche,
Mate comme sont les bruits,
Vite absorbés par le silence.

Même les voix ne semblent plus oser,
Franchir l’espace immaculé.
De connivence avec le gris ,

Les nuances  sont  de lumière;
Et à part les chemins,
Qui rayent , de lignes fines
Champs et collines

Il semble  que tout soit uni,
Sous la laine  de l’hiver,
Toutes différences  abolies,

Des nuages  diffus traversent
Monts  et vallées
Et sans effort,  glissent,
Au-dessus du sol, que rien n’hérisse.

Les barbelés, délimitant les surfaces,
Ont été  gommés, en une nouvelle  naissance,
Les pentes sont redevenues vierges.

Les couleurs  se sont englouties,
Les pays ne connaissent plus de frontières …
De la terre, la neige  s’est faite  complice
La saison tisse doucement, le manteau lisse.

peinture: Charles Daubigny Neige près de Valmondois

Traduire la douceur – ( RC )

 

 

 

 

photo: Severine C

photo: Severine C

Comment  dire  la douceur , juste au bord de soi,
qu’on enjambe ( comme un grand pont, la rivière).

C’est un rai de lumière, qui traverse la table  du jardin,
c’est la brise agitant les premières feuilles  tombées,

ce sont les petites  rides  autour de ton sourire,
la verticale  d’une chair  pâle échappée d’un secret,

et tes doigts  serrés  sur les miens…,
qui la traduisent mieux  que la chanson des mots .

RC – sept 2015

Ce qui tremble en moi – ( RC )

002floraltete-silh005 swesign-vector-i-                                               mixage image  perso  –

Je n’ai pas conscience de ce qui tremble en moi,

Peut-être une horloge, au balancier d’argent,

Un feu consumerait  lentement l’églantier,

Qui y est planté.

Peut-être que remuent des noyaux de cerise,

Déposés là par des oiseaux de passage, pendant mon sommeil.

Il y a aussi en moi, un enfant,

qui pêche le soleil,     tombé dans une flaque d’eau

pas plus grande que ça,

mais cela suffit à réchauffer le corps :

Je laisse tout çà à l’abri.

Les idées s’y bousculent.

Chacune y trouve sa place, même si le tirage,

Comme au loto, s’y fait dans le désordre.

Il n’y a pas d’endroit très précis ,

Dans lequel je me retrouve ;

Puisqu’ aussi bien en janvier, qu’en juillet ,

Je parcours les nuages, qui traversent ma tête.

RC –  juillet  2015