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lumière dedans

peinture acrylique  sur toile non tendue…  grand  format  1,50x 1,70m

technique: superposition de couches  de couleurs acryliques  en transparence

scan 30

Des paroles que je n’ai peut-être même pas prononcées. – ( RC )

sables  l'Espencier01.JPG

Il est des temps
où la mémoire s’enfouit :
les pas sur le sable
s’effacent avec les vagues,
et c’est comme si,
de la parole des choses,
peu de traces demeurent.

Le pot de terre
à peine visible sous les herbes,
et la jungle végétale        ;
le temple bâti pour l’éternité,
dont les pierres sont englouties
par les racines,
et mes paroles, aussi
parties au gré du vent.

Qui sait s’il me les rendra.
Je ne les ai peut-être
même pas prononcées.
D’autres les recouvrent.

Le soleil est soluble
dans un verre d’eau,
et les années, bien peu de chose
en regard de l’éternité.
L’immobilité tourne les pages :
rien ne la trouble.
Rien n’a jamais existé.


RC – juill 2016

Une enveloppe invisible au jour – ( RC )

maison  bois  mauvais état  _Peaceful.jpg

Imagine la chambre close sur ton sommeil:
Tu serais sous paroi épaisse
et une histoire sans fin
qui s’enroule avec ta mémoire
et agite les soubresauts du passé .
Les pensées en seraient prisonnières .
C’est comme un sac en plastique,.
Il aurait la couleur des nuits,
et même celle des nuits blanches.
Des cauchemars ne pouvant s’en échapper.

C’est une enveloppe étanche
et pourtant invisible au jour,
dans laquelle tu te démènes,
sans en trouver l’issue.
Seul, le rêve du présent
peut t’ouvrir les yeux.
C’est comme si celui-ci
de la fente des paupières,
pouvait pénétrer dans la conscience,
et chasser les ombres.

D’un rêve éveillé tu vivras au présent,
et ceux de la nuit, découpés en morceaux,
flasques témoins d’une parole emmurée,
que tu arrives à dépasser.

RC – août 2016

 

 

( réponse à un texte  de Marlène Tissot ):En attendant la fin de l’histoire sans fin )

Un cerf volant – ( RC )

Korean Kite Festival:

Tu tiens ton propre destin,
par un fil.
Relié à ta main,
un cerf volant que tu essaies
malgré la brise et les vents de toutes sortes,
de faire s’appuyer sur le ciel.

Un jour celui-ci pourrait t’ emporter,
tellement haut, si tu souhaitais
voyager dans les airs,
côtoyer les oiseaux,
et souhaiter être différent,
de ce que tu es sur terre .

Car le cerf volant serait à ton image ,
…. mais lui, – inversement ,
regarde vers la terre,
En fait… te perdre dans les airs,
si jamais la main lâchait la corde ,

te fait tellement peur,
( on ne sait jamais ):
non pas la crainte de la chute,
mais de s’élever dans la stratosphère,
saturé de lumière,
au point de ne pouvoir respirer.

Que tu restes semblable
à ce que tu es,
et laisse s’envoler les rêves :
un renoncement, à moindre risque,
somme toute – confortable.

RC – mars 2016

Sol immobile d’hiver – ( RC )

escarg 01.png

dessin perso –  fev 2017

 

Au delà des bosquets,
De la mousse sur les murs,
des escargots réfugiés sous la bordure,
quelques pas sur les allées

et le sol immobile  d’hiver,
je crois te voir, à portée de mains,
–  même  s’il n’y a personne dans ce jardin.
Pousseras-tu un jour la grille  de fer  ?

Car dans mon esprit  tu vas  survivre,
Je patienterai, avec le retour des feuilles,
Tu mettras de nouvelles couleurs à mon deuil,

J’ouvrirai une  nouvelle page  du livre.
Un chapitre en sera le témoin :
le temps  d’une  saison,      je te rejoins .

 

 

RC – mars 2016

en écho à un texte  de Béatrice  Douvre  « le jardin »

Une salle d’attentes – ( RC )

fo-tfglia .jpg

 

Comme  la trace  des mains  négatives,
où la couleur cerne la présence,
En creux , le sillon de la mort,
le vide ,tracé,      de l’absence,

Une chambre des échos,
où se perdent les pensées,
celles d’une immobilité
jamais voulue,

cartes postales jaunies,
buée opaque sur la vitre
où apparaissait ton visage,
sans même  songer aux pourquoi,

.. mais juste  ce froid… :
C’est une salle  d’attentes
aux fenêtres jamais ouvertes.
Aucun train ne s’arrête pour moi.


RC – nov 2015

Fragments de marbre de Gortyne – ( RC )

734k5 Gortyne, olivier âgé de 1600 ans et colonne

photo  Thierry Jamart photo  Thierry Jamart  ( Gortyne –  Crète )

 

Je suis encore trop loin
pour entendre le fracas des étoiles .

D’autres, par delà les siècles l’ont-il perçu ?
Des volcans se sont réveillés,
ont tout balayé sur leur passage.

Des gestes sont restés suspendus,
Des temples se sont écroulés.

On se dit que les temps sont morts,
la vie ayant déserté les villes.

On trouve encore fréquemment
des tronçons de colonnes dans les champs.

Les oliviers, eux, se souviennent,
des tragédies grecques , du voyage d’Ulysse.

Certains sont millénaires.
Ils tiennent dans leurs racines
des morceaux de statues de marbre.

Les regards sereins, enfouis sous la terre
ont tout le temps de capter les récits des héros,
et de surprendre l’éternité :

celle qui reste sous l’empliement des strates.

L’aubier de la jeunesse de ces arbres,
contient peut-être encore
la trace de l’incendie,

se nourrit encore des cendres
et les vénèrent ainsi.


RC – juin 2016

 

voir  aussi  l’extrait  du texte  de Lambert Savigneux,  visible ici:

 » le regard et sourire amasse le fracas des étoiles que je sens dans tes gestes quand tu t’actives dans nul autre but que de prendre le temps de vitesse et surprendre la mort enfermée dans les troncs que tu dessines »

Où es-tu ? – ( RC )

Falkenstein Claire  Gate  pour  le palais Venier 1963 Boston mus .JPG

Art: Falkenstein Claire  Gate  pour  le palais Venier 1963

Tu vois,   j’ai poursuivi un amour
comme  l’aurait fait un pêcheur,
à travers      les eaux  du silence .
Je n’avais pas de filet,
juste mes mains  nues,
et un corps qui dérive
au fil du courant.

Et c’est une  évanescence,
un éclat argenté,
la fulgurance  d’un instant
qui m’a approché.
Mais, comme on ne saisit pas les couleurs,
toi,      la femme-poisson
a filé d’entre mes doigts.

C’est un songe d’ eaux profondes ,
Une  sirène y habite,
le chant d’un printemps,
s’y est éternisé,
mais j’avais besoin de terre ferme ;
j’ai dû y retourner,
et quitter le rivage.

Les vagues lointaines
se poursuivent,
en étendues changeantes,
des glaces jusqu’aux tropiques;
Leur immensité
forme une  énigme ,
qu’interroge surtout la solitude .

RC – avr 2016

Henri Chabrière – l’azur du papillon

Afficher l'image d'origine

 

Un papillon me chuchota
de venir avec moi jusqu’à la rivière
Les azurs sont bleus par ici
chanta la belle musique du passereau.

Le papillon m’ a suivi
jusqu’au bord du ruisseau
butinant maintenant des lys,
que je rassemble alors dans un élan

et en très peu de temps
j’obtins un magnifique bouquet
tandis qu’un rossignol lançait des trilles
harmonieux sur sa branche

Mon amie rosissant des joues
acceptant mes azurs
de ces yeux bleus si étranges
l’amour , lui-même, a hoché sa tête .

 

 

 

J’ai  retrouvé  dans les  archives  de mon père,

ce texte écrit originellement  en espéranto,

dont  je livre ici mon interprétation.

Sculpteur d’un sourire – ( RC )

Afficher l'image d'origine

Art:  Sculpture IFE  ( Nigeria )

 

Si tu dors encore,
je caresse le dessin de tes lèvres,
elles me chuchotent un sourire .
        Il est venu des profondeurs    :
de celles du sommeil et de la terre.
Je pétris l’argile humide,  à ton image.

Je peux te toucher:
il y manque  juste  ton souffle,
et mes yeux  sont une caresse :
     bientôt,    tu vas m’offrir  ton ombre .
Je vais l’enserrer et m’y fondre,
et    devenir glaise à mon tour .

RC  – nov 2016

La lumière en reddition – ( RC )

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                     photo:  Moreaki Boulders – New Zealand –  photographe  non identifié

J’étais allongé,
j’ai senti ton ombre.
Une ombre qui se mettait
en travers du soleil,
et son visage de bronze.

J’avais le corps posé sur le sol,
pas loin du rivage,
et tu as commencé à déposer
sur ma peau
des poignées de sable ,
par petits tas blonds et secs
qui dévalaient les reliefs.

Petit à petit tu m’as recouvert,
et c’est à peine
si on voyait encore
dépasser mes orteils,
mes genoux, puis ma poitrine,
le tout petit à petit
fondu avec le décor.

Ma respiration un peu plus lourde,
mes oreilles percevant des cris lointains,
des enfants, des mouettes,
et des paroles incompréhensibles,
emportées par le vent ,
mon regard pointé vers l’azur
et les formes incertaines
des nuages .

Je n’ai plus pu bouger,
sous le couvercle de matière
d’une modeste indifférence.
Finalement il y a eu mon livre
posé sur mon visage.

Puis la lumière a décliné,
encore perceptible sous les pages.

Tu n’étais plus là,
et c’est comme si
je m’étais fondu dans le sol,

plus à même de penser,

plus à même de bouger,
minéralisé,
voisin de coquilles vides,
d’où la vie
s’était retirée.

Alors, gardant les dents serrées,
et du même coup mes paroles idiotes,
j’ai attendu sans impatience
que la marée monte
et me recouvre.

La lumière portant aussi
sa reddition.


RC – juin 2016