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lumière dedans

peinture acrylique  sur toile non tendue…  grand  format  1,50x 1,70m

technique: superposition de couches  de couleurs acryliques  en transparence

scan 30

Etoiles et éblouissements – ( RC )

oiseaux -  dcor  grec.jpg
Dessin perso, par rapport  à deux oiseaux  gravés  sur un vase grec

( exposition la femme  dans la Grèce Antique   – vieille Charité,  Marseille )  –

 


J’ai vu tant de choses
au long de mon voyage
que je garde en mémoire
l’éblouissement .

Ce sont les harmonies
d’une symphonie,
les sculptures torsadées
dans les chapiteaux romans .

Ce sont ces artistes
qui ont donné leur âme,
à l’humanité
et semé des étoiles.

Pourtant,en suivant leur route ,
beaucoup gardent la vue
rivée sur le sol,
et cherchent une voie qu’ils ne trouvent pas .

La route que choisit l’oiseau
s’appuie sur le ciel,
beaucoup moins entravée .
Son horizon est plus élargi.

Sans prétendre être un oiseau,
et dominer le monde,
on gagnerait sans doute,
pour guider son chemin

à mieux regarder les étoiles.

RC – dec 2016

Je suis encore là, mais on ne me voit pas – ( RC )

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art: Liu Bolin

 

Je suis encore là, mais on ne me voit pas.
C’est sans doute que je me confonds avec le mur.
Les portes s’ouvrent et battent sur moi.
La lumière m’évite, je suis scellé dans le silence .
Je pourrais parler, mais cela ne franchit pas ma bouche.
L’air est même un obstacle, d’une épaisseur insoupçonnable
aux yeux des autres.

C’est sans doute ce qui me fait inventer un monde,
creuser des tunnels, découvrir que l’espace existe,
et s’agrandit sans cesse.
Il y a des cathédrales gigantesques et des forêts vierges,
des soleils prolifèrent…

Viens que je t’emmène les explorer :
un seul mot de ta part me fera exister ;
pas besoin de formules et de magie .
Donne moi ta main…


RC – avr 2017

Leçons de ténèbres – ( RC )

la_tour      Madeleine  repentante.jpg

( d’après Madeleine  de Georges de la Tour )

 

Avec la course du soleil,

les couleurs changent,

et   ce sont bientôt

des ombres horizontales,

           sur la terre rouge,

avant qu’elle ne vire à la nuit

J’écoute les            « leçons des ténèbres »

où les voix s’entrecroisent

sous les voûtes de la chapelle :

                      Il y a les quinze flammes

que l’on éteint une à une
,
alors,          après complète extinction

l’ombre et le froid fusionnent.

Le chant résonne encore dans le silence.
 
                   Il attend sa résurrection


Si comme en Islande, la glace s’étend ,

on sait bien que les gisants peuvent se dresser :

Il y a bien des volcans sous la banquise.

 


RC – mai 2017

 

ce texte  a été  écrit pendant l’écoute des « leçons des ténèbres  » de F Couperin,  dont voici le lien pour  l’écoute, ( cette version – de Montserrat Figueras & Maria Cristina Kiehr – est précisément celle  qui a été utilisée dans le film « tous les matins du monde ), Alfred Deller, et Gérard Lesne en présentent  des versions  très différentes, mais aussi émouvantes…

Tirer un fil en travers du chemin – ( RC )

statuette  ss tête  au geste.jpg

dessin perso           d’après une  statuette de la Grèce Antique

J’ai tiré un fil
en travers du chemin .
Je l’ai attaché aux arbres  :
je comptais arrêter le ciel bas,
comme le font les araignées,

et, comme elles, j’aurais attendu,
        que la lumière
se dissolve dans les flaques,

       que l’écriture me propulse,
tel le vent dans les feuilles,
bien au-delà d’où portait mon esprit.

Et s’il faut attendre longtemps,
je la sentirai peut-être secouer mes cheveux,
– s’il en reste – et même,     qu’ils soient blancs.

Je ne compte pas suivre la foule des gens,
qui ne croient plus en la parole,
même la leur, et poussent leur valise,      le dos courbé,
à la façon du rocher de Sisyphe,                  obstinés,
mais pas étonnés de faire chaque fois le même parcours.

J’ai tiré un fil en travers du chemin,
et l’espace s’est dénoué .
Je l’ai saisi ,         ou bien quelque chose
a guidé ma main, pour traduire en mots
ce dont je n’avais aucune idée          l’instant d’avant :

une sorte de funambule          mesurant la distance
         entre les nuages,
et le fracas assourdissant du silence…


RC – mai 2016

Paroles ténues – ( RC )

Image associée

peinture: Mary Cassatt

 

J’ai tenu tes paroles ,

Comme l’on cueille

une eau précieuse ;

De peur qu’elle s’évapore .

J’ai refermé les doigts sur elles…,

C’était peu de chose

Ces quelques lignes dansantes

Et pourtant ouvrant grand

L’espace de douceur…

Je les ai tenues,

Entre le pouce et l’index .

Une feuille légère,

palpitant dans le vent,

Et à la promesse de l’aube.

RC – fev 2015

Rebelle à la poussière – ( RC )

Poézique-zique, tique et pique- mots et grammes

photo: Drozner

Rebelle à la lumière,
La poussière recouvre tout,
Elle laisse en gris, tout ce qui existe,
Même tes violences,
Même ma douceur,
De sa fadeur uniforme,
A en oublier la beauté.

Je n’ai même plus, idée de la distance,
Où portent mes pieds,
Où s’ouvre la porte d’un ciel,
Dont on peut douter de la présence.
Une pluie de particules,
S’empare même en tourbillons,
De la tendresse.

Mais si, dans la tourmente,
Lumière bue,
Le fade s’infiltre partout,
Il y aura toujours un vent,
Pour laisser passer un sourire,
Et que la graine,cachée sous la poussière,
Un jour, germe.


RC – 8 octobre 2013

( variation sur « Poussière » de Astrid Waliszek ).

A W  est l’auteur, entre autre du roman « Topolina »  paru chez Grasset

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La camp vide – ( RC )

Cernés par une horde d’oiseaux noirs,
et , naturellement , des chiens,
tout un peuple, attend,
debout, en hardes, dans le froid,
et, même s’ils n’ont pas la place de se remuer,
ne peuvent réchauffer, ni leur esprit,
ni leur corps,
juste coupables d’être.

Du camp, gardé par les barbelés,
et de solides barrières de bois,
parvenaient dans la rue voisine,
psalmodies , lamentations,
et l’odeur putride
que répand la peur.
Elle étend ses tentacules,
et règne, misérable, et flasque.

Du camp, gardé par les barbelés,
et de solides barrières de bois,
ne parvient aujourd’hui, que le silence.
Un peu de vent, des papiers sales,
qui volètent ça et là .
Il n’y a plus personne,
et la porte de bois bat,
dans l’air humide et froid .

Les empreintes des pneus des camions,
et celles des bottes
incrustées dans la boue.
Quelques loques abandonnées
épousent le forme des pavés.
Parmi elles, on distingue vaguement,
encore, souillé,

un motif à fleurs…

RC – avr 2016


écrit issu du visionnement du film  » Certificat de
naissance », de Stanislaw Rozewicz-
http://www.cinebaseinternational.com/ensavoirplus56/c
ertificat.

Des paroles que je n’ai peut-être même pas prononcées. – ( RC )

sables  l'Espencier01.JPG

Il est des temps
où la mémoire s’enfouit :
les pas sur le sable
s’effacent avec les vagues,
et c’est comme si,
de la parole des choses,
peu de traces demeurent.

Le pot de terre
à peine visible sous les herbes,
et la jungle végétale        ;
le temple bâti pour l’éternité,
dont les pierres sont englouties
par les racines,
et mes paroles, aussi
parties au gré du vent.

Qui sait s’il me les rendra.
Je ne les ai peut-être
même pas prononcées.
D’autres les recouvrent.

Le soleil est soluble
dans un verre d’eau,
et les années, bien peu de chose
en regard de l’éternité.
L’immobilité tourne les pages :
rien ne la trouble.
Rien n’a jamais existé.


RC – juill 2016

Une enveloppe invisible au jour – ( RC )

maison  bois  mauvais état  _Peaceful.jpg

Imagine la chambre close sur ton sommeil:
Tu serais sous paroi épaisse
et une histoire sans fin
qui s’enroule avec ta mémoire
et agite les soubresauts du passé .
Les pensées en seraient prisonnières .
C’est comme un sac en plastique,.
Il aurait la couleur des nuits,
et même celle des nuits blanches.
Des cauchemars ne pouvant s’en échapper.

C’est une enveloppe étanche
et pourtant invisible au jour,
dans laquelle tu te démènes,
sans en trouver l’issue.
Seul, le rêve du présent
peut t’ouvrir les yeux.
C’est comme si celui-ci
de la fente des paupières,
pouvait pénétrer dans la conscience,
et chasser les ombres.

D’un rêve éveillé tu vivras au présent,
et ceux de la nuit, découpés en morceaux,
flasques témoins d’une parole emmurée,
que tu arrives à dépasser.

RC – août 2016

 

 

( réponse à un texte  de Marlène Tissot ):En attendant la fin de l’histoire sans fin )

Un cerf volant – ( RC )

Korean Kite Festival:

Tu tiens ton propre destin,
par un fil.
Relié à ta main,
un cerf volant que tu essaies
malgré la brise et les vents de toutes sortes,
de faire s’appuyer sur le ciel.

Un jour celui-ci pourrait t’ emporter,
tellement haut, si tu souhaitais
voyager dans les airs,
côtoyer les oiseaux,
et souhaiter être différent,
de ce que tu es sur terre .

Car le cerf volant serait à ton image ,
…. mais lui, – inversement ,
regarde vers la terre,
En fait… te perdre dans les airs,
si jamais la main lâchait la corde ,

te fait tellement peur,
( on ne sait jamais ):
non pas la crainte de la chute,
mais de s’élever dans la stratosphère,
saturé de lumière,
au point de ne pouvoir respirer.

Que tu restes semblable
à ce que tu es,
et laisse s’envoler les rêves :
un renoncement, à moindre risque,
somme toute – confortable.

RC – mars 2016