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lumière dedans

peinture acrylique  sur toile non tendue…  grand  format  1,50x 1,70m

technique: superposition de couches  de couleurs acryliques  en transparence

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La larme de tes yeux enneigés – ( RC )

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Cette larme quitte tes yeux enneigés,

D’un léger vent,             balayée,

Egarée au creux de l’oreiller,

…. Et l’air qui veille,                 si léger.

 

Qu’il pourrait au fond,

Tout dissimuler,   cacher … faire semblant

Broyer , comme   d’autres, font au   noir ;     du blanc,

Sous la multitude  des flocons

 

Le temps long,        chavire, sur ce qui s’étire,

Et les pleurs compressent ton espace,

( Une neige avant de fondre,       muée en glace  ) .

La perle blanche alors,   partie s’évanouir –

 

Au milieu des cristaux,

Quitte son poids de plume,

Et se jette dans l’écume,

  •        De ton propre ruisseau.

 

 

RC-  avril 2014

 

 

Une douceur attentive, au mouvement des pensées. – ( RC )

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Dans ma poche, une feuille de papier pliée en quatre ou peut-être davantage,
Je prévoyais d’envoyer un message, un pont dans le futur,
Que j’écrirai peut-être:        Je m’écrirai à moi-même.
Ce seraient des mots alignés, puis des remords, biffés,
des paragraphes reliés par des flèches, des expressions qui les supportent,
et qu’on déplace comme on le ferait d’une assiette posée sur une table.

Et si j’écris, même si celà ne prend pas la forme d’un poème,
il y aurait là la trace laissée par ma main, qui suit les méandres des idées .
Et , oubliée un temps insoupçonné dans la poche,
la feuille me remémorerait, fidèle, ce que je lui ai confié ,
conservant aussi les plis et la légère courbure de la poche.
C’est bien ça: un message adressé à moi-même :
Mais il faut que je lui « parle », d’abord.

La peau blanche du papier,
toujours d’une douceur attentive
au mouvement des pensées,
reste pour l’instant pliée dans la poche.
Elle a toutes les apparences d’un terrain favorable,
comme celui où il suffit de jeter des graines,
pourqu’il en sorte des pousses vigoureuses.


RC – dec 2015

La moisson des aubes et des fleurs – ( RC )

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Il y a tes bras tendus,
et la moisson des fruits,
les aubes et les fleurs,
et le ciel, retient son souffle.

La montagne te regarde,
elle pèse derrière mon dos,
de tout son poids
de roche et de neige.

L’éternité est
lourde et froide
et regarde avec indifférence
les jours qui s’allongent:

le lent écoulement
du fleuve des jours,
la valse du soleil,
qui suit obstinément sa courbe.

Je cueille ton sourire,
et le vent peut,
de nouveau, chuchoter,
répandre les graines

que fera éclore le printemps,
comme celui
de la parole vivante :
celle qui me parvient,

quand tu m’appelles
de l’autre bout du champ.


RC – fev 2017

Etoiles et éblouissements – ( RC )

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Dessin perso, par rapport  à deux oiseaux  gravés  sur un vase grec

( exposition la femme  dans la Grèce Antique   – vieille Charité,  Marseille )  –

 


J’ai vu tant de choses
au long de mon voyage
que je garde en mémoire
l’éblouissement .

Ce sont les harmonies
d’une symphonie,
les sculptures torsadées
dans les chapiteaux romans .

Ce sont ces artistes
qui ont donné leur âme,
à l’humanité
et semé des étoiles.

Pourtant,en suivant leur route ,
beaucoup gardent la vue
rivée sur le sol,
et cherchent une voie qu’ils ne trouvent pas .

La route que choisit l’oiseau
s’appuie sur le ciel,
beaucoup moins entravée .
Son horizon est plus élargi.

Sans prétendre être un oiseau,
et dominer le monde,
on gagnerait sans doute,
pour guider son chemin

à mieux regarder les étoiles.

RC – dec 2016

Je suis encore là, mais on ne me voit pas – ( RC )

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art: Liu Bolin

 

Je suis encore là, mais on ne me voit pas.
C’est sans doute que je me confonds avec le mur.
Les portes s’ouvrent et battent sur moi.
La lumière m’évite, je suis scellé dans le silence .
Je pourrais parler, mais cela ne franchit pas ma bouche.
L’air est même un obstacle, d’une épaisseur insoupçonnable
aux yeux des autres.

C’est sans doute ce qui me fait inventer un monde,
creuser des tunnels, découvrir que l’espace existe,
et s’agrandit sans cesse.
Il y a des cathédrales gigantesques et des forêts vierges,
des soleils prolifèrent…

Viens que je t’emmène les explorer :
un seul mot de ta part me fera exister ;
pas besoin de formules et de magie .
Donne moi ta main…


RC – avr 2017

Leçons de ténèbres – ( RC )

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( d’après Madeleine  de Georges de la Tour )

 

Avec la course du soleil,

les couleurs changent,

et   ce sont bientôt

des ombres horizontales,

           sur la terre rouge,

avant qu’elle ne vire à la nuit

J’écoute les            « leçons des ténèbres »

où les voix s’entrecroisent

sous les voûtes de la chapelle :

                      Il y a les quinze flammes

que l’on éteint une à une
,
alors,          après complète extinction

l’ombre et le froid fusionnent.

Le chant résonne encore dans le silence.
 
                   Il attend sa résurrection


Si comme en Islande, la glace s’étend ,

on sait bien que les gisants peuvent se dresser :

Il y a bien des volcans sous la banquise.

 


RC – mai 2017

 

ce texte  a été  écrit pendant l’écoute des « leçons des ténèbres  » de F Couperin,  dont voici le lien pour  l’écoute, ( cette version – de Montserrat Figueras & Maria Cristina Kiehr – est précisément celle  qui a été utilisée dans le film « tous les matins du monde ), Alfred Deller, et Gérard Lesne en présentent  des versions  très différentes, mais aussi émouvantes…

Tirer un fil en travers du chemin – ( RC )

statuette  ss tête  au geste.jpg

dessin perso           d’après une  statuette de la Grèce Antique

J’ai tiré un fil
en travers du chemin .
Je l’ai attaché aux arbres  :
je comptais arrêter le ciel bas,
comme le font les araignées,

et, comme elles, j’aurais attendu,
        que la lumière
se dissolve dans les flaques,

       que l’écriture me propulse,
tel le vent dans les feuilles,
bien au-delà d’où portait mon esprit.

Et s’il faut attendre longtemps,
je la sentirai peut-être secouer mes cheveux,
– s’il en reste – et même,     qu’ils soient blancs.

Je ne compte pas suivre la foule des gens,
qui ne croient plus en la parole,
même la leur, et poussent leur valise,      le dos courbé,
à la façon du rocher de Sisyphe,                  obstinés,
mais pas étonnés de faire chaque fois le même parcours.

J’ai tiré un fil en travers du chemin,
et l’espace s’est dénoué .
Je l’ai saisi ,         ou bien quelque chose
a guidé ma main, pour traduire en mots
ce dont je n’avais aucune idée          l’instant d’avant :

une sorte de funambule          mesurant la distance
         entre les nuages,
et le fracas assourdissant du silence…


RC – mai 2016

Paroles ténues – ( RC )

Image associée

peinture: Mary Cassatt

 

J’ai tenu tes paroles ,

Comme l’on cueille

une eau précieuse ;

De peur qu’elle s’évapore .

J’ai refermé les doigts sur elles…,

C’était peu de chose

Ces quelques lignes dansantes

Et pourtant ouvrant grand

L’espace de douceur…

Je les ai tenues,

Entre le pouce et l’index .

Une feuille légère,

palpitant dans le vent,

Et à la promesse de l’aube.

RC – fev 2015

Rebelle à la poussière – ( RC )

Poézique-zique, tique et pique- mots et grammes

photo: Drozner

Rebelle à la lumière,
La poussière recouvre tout,
Elle laisse en gris, tout ce qui existe,
Même tes violences,
Même ma douceur,
De sa fadeur uniforme,
A en oublier la beauté.

Je n’ai même plus, idée de la distance,
Où portent mes pieds,
Où s’ouvre la porte d’un ciel,
Dont on peut douter de la présence.
Une pluie de particules,
S’empare même en tourbillons,
De la tendresse.

Mais si, dans la tourmente,
Lumière bue,
Le fade s’infiltre partout,
Il y aura toujours un vent,
Pour laisser passer un sourire,
Et que la graine,cachée sous la poussière,
Un jour, germe.


RC – 8 octobre 2013

( variation sur « Poussière » de Astrid Waliszek ).

A W  est l’auteur, entre autre du roman « Topolina »  paru chez Grasset

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La camp vide – ( RC )

Cernés par une horde d’oiseaux noirs,
et , naturellement , des chiens,
tout un peuple, attend,
debout, en hardes, dans le froid,
et, même s’ils n’ont pas la place de se remuer,
ne peuvent réchauffer, ni leur esprit,
ni leur corps,
juste coupables d’être.

Du camp, gardé par les barbelés,
et de solides barrières de bois,
parvenaient dans la rue voisine,
psalmodies , lamentations,
et l’odeur putride
que répand la peur.
Elle étend ses tentacules,
et règne, misérable, et flasque.

Du camp, gardé par les barbelés,
et de solides barrières de bois,
ne parvient aujourd’hui, que le silence.
Un peu de vent, des papiers sales,
qui volètent ça et là .
Il n’y a plus personne,
et la porte de bois bat,
dans l’air humide et froid .

Les empreintes des pneus des camions,
et celles des bottes
incrustées dans la boue.
Quelques loques abandonnées
épousent le forme des pavés.
Parmi elles, on distingue vaguement,
encore, souillé,

un motif à fleurs…

RC – avr 2016


écrit issu du visionnement du film  » Certificat de
naissance », de Stanislaw Rozewicz-
http://www.cinebaseinternational.com/ensavoirplus56/c
ertificat.