Textes poétiques et d'actualité -nulle part ailleurs !

Bienvenue en parcours

Nouveau

lumière dedans

peinture acrylique  sur toile non tendue…  grand  format  1,50x 1,70m

technique: superposition de couches  de couleurs acryliques  en transparence

scan 30

Pour aborder la nuit – ( RC )

peinture: Paul Delvaux –  Le paysage aux lanternes, 1958

D’un grand chemin              vers l’immobile,
les ombres bleues s’étendent, et les heures défilent :
La lune blanche semble montrer la voie ,
et ton visage reste froid.

S’il demeure ton image,
quelque chose a quitté son rivage,
sans bruit,
pour aborder la nuit .

C’est ainsi,              et c’est la loi .
Ce qui reste n’est plus tout à fait toi
C’est bien la conséquence
de ton absence .

S’il s’agit de te survivre,
sache que je ne peux te suivre,
dans ton voyage solitaire ,
étant encore attaché à la terre

à mon corps défendant,
puisque c’est bien le corps pesant,
qui me retient ,       à présent ,
mais s’use doucement…

quels que soient l’heure et le lieu,
le départ est fastidieux :
avancé ,     sans qu’on n’en sache la raison,
retardé         pour qu’on termine l’oraison.

Du programme , on ne connaît pas le détail ,
l’âme profitera        de la moindre faille
                          pour fausser compagnie
tant elle aspire à l’infini …


RC – fev 2018

D’aube en aurore, ma mort provisoire – ( RC )

Cette image a un attribut alt vide ; le nom du fichier est coeur-rouge-sur-fd-vignes-chez-j.jpg

Montage – RC

D’aube en aurore,
mille fleurs de soleil à éclore,
l’espérance , valse les petits matins,
ivres encore de ses attentes

sels et sables d’une mer inachevée,
stature immobile des rocs,
dents acérées des écueils,
et le désir qui s’étire,

ciboire de vin de jade
entre tes mains
avides de vendange,
et d’impatience

autant les âmes se perdent
dans la pulsation du jour.
J’ai scellé mon destin
dans ce chant en suspens

juste avant mon trépas
– provisoire – .

RC- sept 2020

une soif d’encre – ( RC )

D’après  » le singe de l’encre » de J L Borgès. voir https://booknode.com/le_livre_des_etres_imaginaires_01398324/extraits

 

Year of the Monkey (猴年) | Patrick Siu Chinese Calligraphy ...

Quand je saisis le pinceau,
vient se poster derrière moi,
parfaitement immobile,
le singe au poil noir.

C’est un noir profond,
son poil est long et flexible,
ses yeux sont bruns,
pailletés de jaune.

Il attend que je prenne mon élan
et que je lance des arabesques
en traçant ces calligraphies
qui jouxtent les couleurs fragiles
des fleurs de printemps.

La feuille en est vibrante,
comme si déjà un vent frais
agitait branches et pétales.

Quand j’estime avoir fini,
le singe saute sur mon épaule,
puis sur la feuille,
où il boit l’encre, avant qu’elle ne sèche.

Maladresse ou malice,
il prend la peine
de tremper sa patte
dans l’encre de Chine,

La trace qu’il laisse est
comme une main humaine
mais miniature,
que l’on observe à chaque dessin.

Puis il revient s’asseoir
à côté du bureau,
et ne tarde pas à s’endormir,
le museau encore barbouillé d’encre.

On n’en voit pas la différence
avec l’obscur de son pelage.
C’est peut-être à force d’en boire
qu’il est devenu aussi noir.

Fixe dans une absence – ( RC )

29660093121.jpg

photo Ay.ashok Saravanan      – Ganesha

 

Quelle vague sera assez puissante,
pour fermer le regard de la statue ?

Ses membres ont beau être brisés,
les plis de ses habits ensablés

l’écume enrage de ne pouvoir dissoudre
le sourire, qui s’adresse aux cieux

fixe, comme dans une absence
peint dans une présence

où on imagine que l’image des dieux
contemple l’éternité au-delà de l’humain.

 

 


RC – sept 2017

prendre appui – ( RC )

MARAIS POITEVIN barque coulée - la Garette

photo perso – La Garette   – Deux-Sèvres

 

Les mots reprennent
le mouvement de la vie.

Ils flottent à la surface de l’étang
sans s’y enfoncer

à l’inverse de la barque
qui a chaviré

Je peux prendre appui
sur la base du reflet des nuages

juste le temps que les idées
s’accordent un répit

entre le ciel changeant
et le poème en devenir.

RC- juin 2020

Et si l’ombre … – ( RC )

Résultat de recherche d'images pour "ombre sur corps"

Photo Christophe Loiseau

Et si l’ombre te tient dans ses bras,
chaque jour, et chaque nuit..
         Regarde bien  au sol,
         elle épie tous tes gestes .

Jamais tu ne peux la saisir :
elle t’accompagne partout,
—       jusqu’à la fin de ta vie ,
                  où elle t’engloutit …


RC –

Une distance que l’on porte en soi – ( RC )

Ce qu'il y a entre nous...

photo  Catherine Loth – musée des moulages  –  Lyon

 

Ce qu’il y a entre nous
est quelque chose d’indéfinissable.
        Je me reconnais en toi,
comme si c’était un miroir:
tes yeux me le rappellent…,
mais j’ai beau me rapprocher,
te toucher,
        Tu ne seras jamais moi,
et jamais je ne verrai par ton regard.

Peut-être que son éclat
est l’image de tes pensées,
qu’elles aussi je ne peux saisir.
          Je ne serai jamais toi,
et dans sa limite la plus ténue,
même chair contre chair,
il y a toujours
cette distance infranchissable,
que l’on porte en soi.


RC – juill 2018

 

 

voir  aussi,  sur une  autre photographie  de Catherine Loth, cet autre texte, créé le même jour…

Rouille et poussière – ( RC )

Dust filled the air behind Amagansett's Main Street on Friday.

La lumière a ce quelque chose d’épais ;
cette matière laiteuse,
chargée de poussière..
Les rues s’enfoncent dans le lointain,
dans un flou incertain,
ce sont des portes vers le passé,
comme une prison indéfinie,
que les sons même,
ne peuvent pas franchir.

C’est comme le temps trépassé,
aux lignes brisées,
aux cris étouffés,
craignant le grand jour,
sur lequel on ne peut revenir.
Ce sont des sensations diffuses,
avec une alternance
de zones sombres et claires,
( et puis toujours cette poussière )…

C’est ainsi que tes pas se sont effacés,
car elle a tout recouvert
de son drap feutré.
Les pierres sur le chemin
ne sont plus visibles,
et je me heurte à elles à chaque instant
sur le boulevard déserté.
Les lampadaires sont des silhouettes fantômes,
et n’éclairent plus rien.

Si je me regarde,      de même,
avec cette âme silencieuse,
je vois ma peau rêche,
tendue sur les os,
eux-même, friables,
comme si,      d’un métal fatigué,
la rouille progressait inexorablement,
et ne me reconnais pas,
mes yeux envahis de poudre grise…

          Il faudrait un vent violent,
que le soleil déchire soudain
cette chape qui pèse
sur le paysage,
et que mon appel te parvienne.
Tu serais loin ,
mais en te voyant,    au bord de l’horizon,
je resterais dans l’espoir
que tu te retournes,  et reviennes à moi.


RC – nov 2019

Des arbres dans la neige – ( RC )

 

150057-wintertag-weiss-baum-dunkel-wald-schwarz-traurigkeit-schnee-photocase-stock-foto-gross.jpegphoto MMchen

Les arbres courent dans la neige,

s’éloignent à la mesure de nos pas,
puis se fondent dans la brume,
à la façon du temps
dont le souvenir s’estompe :
je ne garde que l’instant présent en mémoire,
les flocons en font de même,
déja recouvrant mes traces.


RC – janv 2018

Devant la penderie sombre – ( RC )

chemises  - chaussures.jpg


Personne ne m’a jamais dit
comment suivre le pas des hommes perdus.
Ils sont partis si loin,
qu’on ne les a jamais revus,
– des corps transparents , légers , sans doute nus -,
puisqu’il reste toujours
dans le placard sombre
les chemises repassées,
le costume,
et les chaussures,
moulant des pieds absents.

RC-  avr 2020

 

( variation sur ce texte d’ Emily Dickinson ) :

« Où partent les morts?/ On lui répond qu’ils sont partis en visite. / Très loin. Ailleurs. / Et moi qui ne suis plus petite mais presque vieille, / je ne connais pas de réponse à cette question. / Je vois la penderie et la chemise sur son cintre, / les chaussures rangées pour des pieds absents/ »

 

en relation étroite  avec ce texte,  l’ouvrage  de Sylvie Durbec