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lumière dedans

peinture acrylique  sur toile non tendue…  grand  format  1,50x 1,70m

technique: superposition de couches  de couleurs acryliques  en transparence

scan 30

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Les arbres bleus – ( RC )

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Sur terre, il y a des arbres bleus,

Qui se penchent,

Comme les pensées des vieux,

Jouant dans leurs  têtes blanches.

Il y a dans leurs folles branches,

Suffisamment  d’espace ,

Pour que les oiseaux passent,

Se posent  et puis s’élancent.

Sur la colline, il y a une maison

Habitée de bleu,

Assez,    pour y vivre heureux,

Comme dit la chanson.

C’est sous un bol d’azur,

Une bulle  d’air  recyclé,

Qui n’a plus besoin de clé,

Ni de serrures.

Ses portes restent ouvertes,

en signe  de bienvenue    ;

ceux qui naviguent  à vue,

de là-bas, voient la mer verte.

Elle  s’étend si loin,

que les plus gros navires,

partis dans un soupir,

ne sont plus que points…

Ceux qui naviguent à vue ,

ont leurs yeux bus,

jusqu’à la dentelle de leurs cils ,

contournant les îles,

Ils saisissent  dans leurs mains,

des mouettes, les plumes ,

et des  rubans  de brume,

dont ils habilleront  demain…

Et,  au futur  étanche   ,

au balcon des dieux  ,

des anges  gracieux

se cachent en  robes blanches,

Des corbeilles de fruits .

ces champs aux  arbres  bleus,

d’un temps encore frileux,

… où nos rêves  s’essuient.

RC

Debout devant la fenêtre – ( RC )

 

 

centre G Pompidou  -  expo cubisme  P Mondrian.JPG

 

peinture:       Piet Mondrian

 

Je vais rester debout
devant la fenêtre,
scotché contre la vitre,
à attendre      je ne sais quoi,
regarder la rue terne,
striée d’obliques pluies .

Des copeaux de lumière
pénètrent encore dans la pièce ,
mais l’ombre gagne du terrain.
L’attente s’allonge de même.
Mon souffle a fait de la buée sur le verre
je pourrais tracer avec mon doigt

quelque chose:         un signe,
une formule magique ,
une jolie fleur ,    un coeur,       ou bien,
simplement,                        ton prénom,
pour que tu reviennes…
( on se sait jamais ) .

Mais le jour a fini par sombrer,
corps et biens,
il ne sert plus à rien
de regarder dehors:
l’horizon s’est bouché .
Tout est indistinct.

Indistinct aussi
ce qui se passe en moi,
–  autant il est difficile de trier
entre colère, tristesse et remords .
C’est pourquoi je reste debout,
à la fenêtre ,           condamné .

— jusqu’à ce que l’amour s’en suive …
( s’enfuie…)


RC – sept 2017

Une voix, la mienne, la tienne…- ( RC )

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Une voix, la mienne, la tienne…

le tout enfermé dans des mots .

Ceux qu’on peut lire, parlent tous seuls
( je ne sais pas avec quel accent ).

Une voix, la tienne, la mienne

le tout enfermé dans des lettres qu’on ne lira pas :
peut-on dire malgré tout qu’ils parlent en silence ?

RC – nov 2017

Le cahier clos – ( RC )

Image associée

Celui chante là quand toute voix se tait
Si c’est le silence, alors

Tu l’a celé,
De ton écriture,
Tels sont les écrits ;
Couchés sur le papier
Dont tu n’ajouteras aucun chapitre ;

Un cahier plein de murmures,
Où je peux relire,
Les lettres de ton souffle :
Tu es tout près,
Cachée derrière les feuilles.

Et le cahier est fermé
pour toujours.
La lumière éteinte,
pourtant, ne cesse de briller.
chaque jour où je l’ouvre.

Un frisson
qui parcourt le dessin de l’écriture,
jusqu’à planer quelque part en moi :
Une voix intérieure me parcourt,
Même si je tais les mots

évadés du champ de la page ,
L’envol d’un invisible oiseau .

RC – juin 2015

 

( la première ligne  est empruntée à un écrit  de Philippe Jaccottet )

Comme un orgue, et la lumière d’or – ( RC )

 

Comme un orgue,
où la lumière d’or,
jaillit d’entre les fûts,
        accord souverain,
toccata des sommets,
filtrée des feuillées…
brume aérienne
d’une forêt magique,
haute futaie
sur son tapis de mousse,
prélude et fugue,
j’aurais embrassé ses troncs
pour te retrouver
et parcourir ses sentiers .

 

RC – août 2017

Avril aura les doigts agiles – ( RC )

 

Tout ce qu’il faut pour façonner,

L’ambre de ta peau frissonnée…,

Si tu te découvres  d’un fil,

Avril aura les doigts agiles…

 

Je ne vois plus ton regard qui brille,

Mais juste tes bas résille,

Qui forment un dessin,

Jusqu’à la pointe de tes seins.

 

Si de l’ombre  tu es prisonnière,

Je vais défaire tes lanières,

Et te donner toute entière,

A la grâce de la lumière ….

 

 

mars 2014  –

 

 

(  variation sur une  photo de TKKim )

Oublier les éclats – ( RC )

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Blessé dans ses étoiles,
mon reflet se disperse ,
et je ne peux le retenir,
          dans ses éclats …
et si j’en attrape un
avant qu’il ne s’éteigne ,
j’oublierais les autres ,
comme des morceaux de mémoire ,
brisés,             comme le miroir

quand la pierre atteint sa surface .

RC – juin 2017

Cadenassés – ( RC )

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Photo:           Emmanuelle Gabory

Tu connais beaucoup de gens,
qui se claquemurent , derrière les serrures
et les barreaux.
C’est comme un tombeau
        où ils s’enferment.
On ne sait si ils dorment
sur un matelas d’or .

Mais ils ne t’ouvrent pas leurs portes,
et leur esprit semble,
de même , cadenassé .
On ne sait d’ailleurs , s’ils ont égaré la clef,
ou quel lourd secret       ils gardent .
Ils sont dans un abri bétonné ,
       clos dans leur coquille.

Dans leur ciel, pas d’étoile ,
et dans leur regard,
       rien ne brille .
S’ils prennent la mer :
       pas de brise dans leurs voiles :
Comment découvrir des îles ,
       dans un voyage immobile ?


RC – mai 2017

L’énigme résiste à l’analyse – ( RC )

Image associée

Si on improvise,
– comme un chant dans la nuit ;
sans suivre une recette -,
se risquant            sur un fil,
avec le vide           en-dessous,

Chaque parcelle ,
semble créée d’un nouveau langage ,
issu d’un chaudron,
où les ingrédients
partagent leur saveur .

Toi, tu le vois un peu
          à la façon d’ un chimiste
assemblant les phrases,
comme il le ferait
en mélangeant les produits.

Quelle intuition faut-il au poète
pour que des images naissent ,
d’une rencontre fortuite
et         engagent le rêve
en quelques lignes brèves ?

C’est                  d’un intervalle,
entre le sens et l’inconscience,
où l’étincelle créative
s’élève d’un écrit incertain,
         et jette ses feux .

Comment les atomes de carbone,
façonnent-ils un diamant ?
Comment la musique de l’âme
s’échappe-t-elle        de quelques mots
imprimés sur une page ?

C’est une sorte d’énigme :
Elle résiste à l’analyse
et conserve son secret
au plus profond de l’esprit :

qui voulait donc changer le plomb en or… ?


RC – janv 2017

C’est l’aube, et je ne le sais pas – ( RC )

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peinture : Edward Munch –  mort de la mère, et l’enfant    1898

 

Il y a comme les ailes lourdes du sommeil.
Elles s’abattent sur moi, même les yeux ouverts ,
L’océan gronde ses vagues naissantes.
L’obscurité palpite à mes pieds :
ce sont les doigts de la mort ,
battant comme le ressac.


C’est l’aube et je ne le sais pas .

Mon ombre se confond avec mon corps :

il y a de la nuit dans mon regard ,

qui contemple le soleil,

comme une ombre noire  .


RC – mars 2018

 

(  d’après un texte  de Al Pizarnik : « comme les doigts »  )