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lumière dedans

peinture acrylique  sur toile non tendue…  grand  format  1,50x 1,70m

technique: superposition de couches  de couleurs acryliques  en transparence

scan 30

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La Tour Eiffel est une île qui dérive – ( RC )

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image –  montage perso

 


Je suis monté au sommet de la tour la plus haute,
Cette tour,           c’est mon immeuble ;
il y a aussi d’autres barres de béton,
parallèles,    avec chacun leur parking,
et les autos bien alignées,
qui luisent au soleil déclinant,
comme de gros mollusques.

Je me suis vu         comme dans un phare,
affrontant vents et tourmentes…
le ressac brassant les algues,
le sable      se disputant aux rochers noirs.

        Plus de pigeons picorant dans la résidence,
mais des mouettes blanches ,
aux ailes étendues…

L’impasse a basculé sous les rochers,
les voitures,         aux étranges carapaces,
flottent au petit bonheur .
La marée montante a recouvert le Mc Do.
La lune dialogue avec les vagues
dont l’écume rejaillit sur les murs .
La Tour Eiffel est une île,          qui dérive .


RC – oct  2017

Un peu de mémoire emportée – ( RC )

Résultat de recherche d'images pour "ombre arbres pissarro"

peinture: Maurice Denis

Les ombres des frênes
laissent leur ombre de givre,
sur l’herbe, où le temps se fige.

Les échos s’assourdissent,
mais le vent laisse libre cours
au passage des nuages.
C’est un peu de mémoire emportée
arrachée de mon coeur ,
lui qui reste gravé
sur le tronc, avec nos initiales,
bientôt illisible.

Ce frêne dont la blessure a saigné,
et qui se referme,
lentement recouverte de lichens.


RC – janv 2017

Reines de France – Scarabées – ( RC )

Anselm Kiefer

sculpture –  Anselm Kiefer ( dans la suite de sa série  « les reines de France » )


Le quadrillage régulier des salles du palais
s’enlumine         de celui des fenêtres hautes.
           Le pied emprisonné sous la bottine
risque un déplacement prudent
sous le manteau noir
ceint d’hermine  .
          La robe de plomb
sertie d’opales et rubis,
ne protège pas du froid .

Cuirassée  d’ élytres.

Il faut déplacer
         cette pesanteur rigide
sur le carrelage muet
à la façon d’un automate
bien que le corps
         ambitionne
l’audace du soleil
ses rayons enveloppant
ta  blanche jambe de rousse .

Un bourdon dans sa cage.

( On ne court pas ,        légère
dans les allées du parc
          en habits de coton
après avoir laissé
au vestiaire
         l’habit d’apparat ) .
Le protocole impose
le maintien,       la tête haute .
Les gardes sont en armure.

Scarabées.

Le domaine est clos
les arbres étendent leurs ombres,
bouchent l’horizon,
            les murailles hautes .
On n’attend plus le prince charmant .
Une chambre étroite dans la tour nord,
            un sombre plafond à caissons .
Une lourde bible pèse sur la tête .
On ne la voit plus .

On a trouvé un insecte  séché  dans une  boîte  d’allumettes .


RC – sept 2016

Dieu écoute la confession du vent – ( RC )

photographe  non identifié,  doc  extrait du site urbexground

 

Un ciel étoilé
s’est affaissé dans l’église .
Des morceaux de plâtre,
sont venus blanchir les dalles,
et les chaises renversées .
                            Les colonnes s’ennuient.

La lumière , pourtant, persiste,
à traverser les voiles blanches
des toiles d’araignées .
Elles tentent de colmater,
     comme elles le peuvent,
             les vitraux ébréchés.

Une pluie d’éclats de couleurs,
participe au silence
de la journée qui s’étire :
                    elle se pose sur les statues de saints,
désaffectées,        attendant des jours meilleurs,
les yeux au ciel.

L’édifice est vide dans son ombre,
le soleil et peut-être Dieu aussi,
patientant dehors ,
   dans un autre décor
   que celui des hommes,
>       écoutant la confession du vent.


RC – mai 2016

la pièce vide – ( RC )

Je suis revenu dans la maison vide.
J’y ai vécu il y a longtemps,
et mes chaussures parcourent la grande pièce,
il y a des graviers venus d’on ne sait où,
et des corps d’insectes morts s’effritant sous mes pas.
Je suis peut-être à la recherche de quelque chose,
une atmosphère, qui s’est dissoute,
et que j’essaie de restituer,
question de lumière,
du grain des murs,
et sans doute des yeux dissimulés derrière,
attendant mon retour,
comme ceux de portraits d’ancêtres,
enlevés, partis vers d’autres univers,
mais dont les cadres ont laissé
leur empreinte pâle.
Leurs fantômes ont fui le soleil,
et ont saturé l’air,
dispersés à la manière de bulles de savon,
invisibles, légeres,
essayant de me dire quelque chose.


RC – avr 2017

Une main sur le mur, puis l’autre, à tâtons – ( RC )

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                                                                     Photo  –  Dorothee Lange  –

Une main sur le mur
et puis l’autre, à tâtons,
je cherche quelque chose
entre les pierres    :
ce sont mes doigts
qui regardent,
et suivent le dessin
d’une faille,          un creux,
une ancienne porte
                          scellée.

Peut-être l’entrée murée,
d’un couloir
qui conduit autre part.
S’il est possible
       de passer à travers
cette muraille,
       de rétrécir
pour se glisser
        dans les fentes,
et gratter,
        avec les ongles,
la poussière incrustée,

Respirer l’air
qui           – depuis des siècles,
    n’a pas connu la lumière –       ,
regarder d’une autre façon,
comme le serait
la vue d’yeux       clos,
dans des pièces
condamnées
          à tout jamais,
comme aussi seraient
ces tombeaux
où pourtant ce qui
a été demeure

Identique         mais figé
>     comme dans la glace,
l’encadrement écaillé
des portes,
le papier peint à motifs,
les crochets
suspendant la trace
pâle d’anciens tableaux
alors
ce serait comme
un espace voisin, d’où
inversement

un jour, quelqu’un
pourrait        avec ses doigts
qui regardent,
suivre le dessin
d’une faille,         un creux,
une ancienne porte
scellée,             et respirer
l’air          du siècle présent,
de la pièce    d’aujourd’hui
restée                 intacte,
identique      mais figée
>        comme dans la glace
.
Et si nos mains
se rencontraient
… à tâtons .


RC – mai 2016

Faire de son image, le deuil – ( RC )

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Tout a un début, tout a une fin :
Je n’apprendrai à personne
Que, commençant par un beau matin
d’été, on se retrouve vite à l’automne…

Tu as beau tourner le miroir
dans tous les sens
Tu te vois entouré de noir :
c’est une présence

où le décor s’engloutit
dans un incendie sans flammes :
c’est peut-être ce qui embellit
une partie du drame ….

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Ce n’est pas ce que tu imagines :
Il ne suffit pas de déchirer les feuilles
du magazine,
pour faire de ton image, le deuil.

Dans cet incendie froid,
cette glace limpide,
que la glace soit à l’envers, à l’endroit,
ton visage reste le même, couvert de rides.

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Ce portrait trompeur
cette peau flasque ,
supportant son poids d’heurs :
c’est un masque

dont jamais tu ne te défais   :
tu ne peux le déchirer :
c’est un auto-portrait
qui ne fait qu’empirer .

Il n’y a pas de camouflage
dans les peintures de Rembrandt,
mais seules ,  les marques de l’âge
– quelque peu discordantes .

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Et un jour la mort,
( qui jouait la patience ),
s’extrait soudain du décor…
– en toute innocence…

Elle, qui restait discrète, enfin
prend toute la place :
Du miroir sans tain,
ton image s’efface…

RC- avr 2016

Alchimie patiente des mots – ( RC )

-parapluie

Peinture en duo avec J Hemery 1998

 

Assis au bord de son âme,

C’est une plongée dans le pourpre,

L’ombre, le sang

L’ âpreté des non-retours   ;

 

S’il faut chercher dans la succession des saisons,

De quoi fondre le secret des paroles,

Celles qui            quelques instants avant,

étaient tues…

>        Alors, de quelques pierres lourdes,

Et papiers froissés :

Faire naître les ors…

Alchimie patiente des mots ;

Ils se tissent les uns aux autres,

Restituent comme une naissance du jour,

Doigts de lumière posés sur le monde.

RC – juill  2015

L’autre côté de l’ombre – ( RC )

Image associée

 

Il y a le  feu  .
Peu à peu ,    il s’essouffle,
Et le creux de l’âtre  palpite,
D’ oranges  aux  bruns et rouges .

J’ai écrit  sur la lumière,
Et là, je vais le faire ,
Sur les ombres …
–   Petit à petit,
Elles vont  s’allonger  au plafond,
Les meubles s’y confondre  .

Les couleurs  s’épuisent  .
>  C’est une  chambre noire,
Comme celle  au fond
D’un appareil photo,

Et mes pupilles  dilatées,
Perçoivent le peu,
Les lueurs fugitives,
Parcourant l’âge de la nuit,
Ou,   une nuit sans  âge ;
Où tout s’immobilise  .

Tout,          sauf la pensée,
Restée  éveillée…
Quelque temps encore  …
L’occasion d’apercevoir,

Lové dans le creux  du lit ,
Le corps          de l’aimée,
Emergeant à peine du gris .
Un petit pinceau,
Dessine ,         en lisière de lumière ,
La colline        de son épaule ,

Découverte à la tiédeur,
Parallèle au souffle     de ses rêves .
Je lui tiens sa main ,
Et celle-ci me conduit sans peine,

De l’autre côté.

RC-  nov  2014

Nous étions les mêmes, mais le jour et la nuit – ( RC )

Image associée

J’ai aimé les jours,                    j’ai aimé la nuit.
J’ai brassé la matière, je me suis nourri du vent .

J’ai découpé l’ombre avec le couteau de lumière,
Celui-ci m’a perforé les paupières.

Et de leur fente,                   l’or dépensé
D’une nuée ardente,     alors je t’ai vue.

Tu embrassais la nuit, tu étais l’âme des jours .
Tu as pénétré la mienne,    suspendu le temps.

Nous avons chevauché       la peine et le sang
Et aussi les rayons du soleil.

Nous étions les mêmes,  mais le jour    et la nuit,
Ceux que tout oppose           mais se répondent,

Comme l’ombre à la lumière ,
justement .

RC – fev 2016


une sorte  de   » réponse », au texte de   Sophie Brassart     De peine et de sang

Un seul rayon de soleil /étrange sur les paupières
Sur le goudron fondu on marchait
On cherchait les fruits sur la mousse fine et
Tout l’or des pensées
Nuée ardente elle chantait
Elle hante
Feu sur la matière et feu sur le temps
apidaire
Elle goutte/ une phrase visqueuse de peine et de sang.