Textes poétiques et d'actualité -nulle part ailleurs !

dessin

Tirer un fil en travers du chemin – ( RC )

statuette  ss tête  au geste.jpg

dessin perso           d’après une  statuette de la Grèce Antique

J’ai tiré un fil
en travers du chemin .
Je l’ai attaché aux arbres  :
je comptais arrêter le ciel bas,
comme le font les araignées,

et, comme elles, j’aurais attendu,
        que la lumière
se dissolve dans les flaques,

       que l’écriture me propulse,
tel le vent dans les feuilles,
bien au-delà d’où portait mon esprit.

Et s’il faut attendre longtemps,
je la sentirai peut-être secouer mes cheveux,
– s’il en reste – et même,     qu’ils soient blancs.

Je ne compte pas suivre la foule des gens,
qui ne croient plus en la parole,
même la leur, et poussent leur valise,      le dos courbé,
à la façon du rocher de Sisyphe,                  obstinés,
mais pas étonnés de faire chaque fois le même parcours.

J’ai tiré un fil en travers du chemin,
et l’espace s’est dénoué .
Je l’ai saisi ,         ou bien quelque chose
a guidé ma main, pour traduire en mots
ce dont je n’avais aucune idée          l’instant d’avant :

une sorte de funambule          mesurant la distance
         entre les nuages,
et le fracas assourdissant du silence…


RC – mai 2016


Sol immobile d’hiver – ( RC )

escarg 01.png

dessin perso –  fev 2017

 

Au delà des bosquets,
De la mousse sur les murs,
des escargots réfugiés sous la bordure,
quelques pas sur les allées

et le sol immobile  d’hiver,
je crois te voir, à portée de mains,
–  même  s’il n’y a personne dans ce jardin.
Pousseras-tu un jour la grille  de fer  ?

Car dans mon esprit  tu vas  survivre,
Je patienterai, avec le retour des feuilles,
Tu mettras de nouvelles couleurs à mon deuil,

J’ouvrirai une  nouvelle page  du livre.
Un chapitre en sera le témoin :
le temps  d’une  saison,      je te rejoins .

 

 

RC – mars 2016

en écho à un texte  de Béatrice  Douvre  « le jardin »


Ce qu’on ne voit plus – ( RC )

Image: Stephane Perraud- Galerie de Roussan

 

Si tu voyages  sur ma page blanche,

Tu y percevras  toute  l’épaisseur  des phrases,

Qui s’y sont déposées,

Au fil des années,

Et que j’ai inscrites,

d’encre sympathique  ;

 

L’écriture retournant sur elle-même,

Se recouvrant et s’effaçant,

Au fur et à mesure,

Comme de nouvelles vagues,

Posant leur trace  sur le sable,

Effacent le souvenir des anciennes.

 

Bien sûr la page n’a pas de mémoire.

Tu ne feuillèteras  qu’un cahier vierge,

A la marge un peu diluée,

d’une  buée rosée.

 

L’expression nous dit,

Qu’il faut lire entre les lignes.

 

C’est  sans  doute possible,

Mais  si tu n’y vois rien,

Tu pourras juste supposer,

que l’essentiel est ailleurs,,

Que les paroles  s’envolent,

Et les  écrits  …  aussi.

 

RC –  juin  2014


L’ange au détour d’une rue – ( RC )

 

Si tu rencontres l’Ange,
Au détour d’une rue,
Le bar du commerce,
Fera très bien l’affaire,

C’est autre chose que ceux en plâtre,
Qui sont toujours pâles,
Ou bien dont la peinture s’écaille.
Mais c’est une Ange,

Il n’ y a pas besoin d’en douter,
– d’ailleurs à quoi bon relancer le débat,
sur le sexe des anges ? –
Elle a donc choisi.

De fréquenter un peu la terre,
De voir de plus près
De quoi il retourne.
( On ne peut parler que ce qu’on connaît. )

Est-elle en service actif ,
Sa mission consiste-t-elle,
A repeupler les églises,
Pleines de courant d’air ?

Elle convaincrait facilement,
Les gens pour être convertis ,
Elle est mignonne et bien remplie,
De quoi me donner le tournis .

Elle semble m’avoir à la bonne,
Le regard brillant,
Et toutes ses dents,
Ya pourtant quelque chose qui m’chiffonne

C’est la question des ailes,
Ca change évidemment d’allure,
– Maintenant ils en font des miniatures,
Qui se replient sous l’aisselle.

J’aurais bien vu ses dessous,
Je suis toujours curieux,
Des nouvelles — des cieux….
( A portée de main, les rêves les plus fous )

Regardant la courbe de son cou,
La chute de ses hanches,
Ca vaut bien quelques plumes blanches,
Allez, ….on va discuter le coup,

Entre un déca,              et un demi,
Faut y aller doucement,           car
C’est la première fois qu’elle s’égare,
Dans ce genre d’endroit, paraît-il,

Y a pas de buvette au paradis,
–        Voilà c’qu’elle me dit,
De toute façon pour me saoûler,
C’est pas là que j’comptais aller.

–                          A la tienne !
Elle me sort son contrat,
T’as plus qu’à signer là,
Et je serai ton ange gardienne.

Et bien comme çà,  ça l’fait,
Et cochon qui s’en dédit !
Bon,   le service n’est pas gratuit,
On peut t’accorder un délai.

C’est pas tous les jours que tu décroches la lune,
Que t’as une option pour le ciel, comme on dit,
Il faut juste les numéros de ta carte de crédit,
Qu’aurais tu fait, sinon, de ta petite fortune ?

Maintenant que t’as signé,
C’est un supplément d’âme …
Ne t’inquiète pas pour ma lame,
Je vais juste un peu te saigner…

Je vais aller        te bercer,
Dans me bras          pâles…
L’amour vaut bien un râle,
Je ferai attention de ne rien renverser.

 

 

RC – mai 2014

 

 

 

 

 


D’étranges plumes à la fenêtre – ( RC )

dessin perso  -  croquis  à partir  de boutique d'antiquité parisienne.

dessin perso – croquis à partir de boutique d’antiquité parisienne.

On garde bien au creux de son esprit,

Les chants d’amour qu’on y fait naître

De somptueuses couleurs au fond du nid,

Et d’étranges plumes            à la fenêtre.

A ne pas oser les chanter,

Et les laisser dans la maison close,

L’absence d’air va les éventer,

Aussi longtemps     qu’ils reposent…

Comment ces oiseaux sont-ils nés ?

Nul pour l’instant, ne sait y répondre…

Ce serait une génération spontanée,

Apparue sans qu’on ait à pondre…

Alors plutôt que les décrire,

J’ouvre la fenêtre            sur l’été,

En laissant la chaleur envahir,

Et donner aux chants, leur liberté.

La chair et le sang se sont faits verbe,

Et s’envolent avec ferveur,

Parmi les arbres et les herbes,

Prenant                         de la hauteur.

Il faut aussi que tu me dises,

La mélodie de ton livre,

Des chapitres à gourmandises,

Qui te rendent aussi, un peu ivre.

Les oiseaux de l’écrire,

Sont en mouvement .

…   Ils quittent les figures de cire,

Pour rejoindre le firmament.

It keeps well in the crook of his mind,
Songs of love that gives birth
Sumptuous colors at the bottom of the nest,
And strange feathers to the window.

Not to dare them singing ,
And leave them in the closed house ,
The absence of air the fan will ,
As long as they rest …

How these birds are born?
Nobody for now, no one knows answer …
It would be a spontaneous generation ,
Appeared without having to lay …

So rather than describe ,
I open the window on summertime
Leaving the heat invade
And give the songs , their freedom.

Flesh and blood are made verb,
And fly away with fervor
Among the trees and grasses ,
Taking the pitch.

We also need you to tell me ,
The melody of your book
Chapters of delights ,
That  also makes you      a little drunk.

Birds of writing ,
Are in move.
…They leave  wax figures ,
To reach the firmament.

RC – February 2014

RC-   février 2014


La neige a quitté l’hiver … – ( RC )

dessin perso: nu - Bordeaux  2012

dessin perso:            nu –                 Bordeaux 2012

Il faut laisser les rêves et les cauchemars s’en aller tout seuls,

Ou bien plonger au dedans

Le temps d’un oubli,

D’un désir d’oubli,

Ou d’un désir tout court,

Je vais recouvrir tes orteils,

La couverture a glissé,

Les petits monstres sont partis,

Ils ont eu peur de l ‘aube.

Je vais me lever préparer le café.

Puis je reviendrai arranger les coussins,

Finalement, je me glisse au chaud,

Au creux de tes mouvements lents,

Personne n’a coupé tes mains,

>                Tu t’aimes….

Et je caresse avec toi tes songes,

Ils ont une douceur de mousse

Blanche,

…. La neige a quitté l’hiver,

Pour t’habiller de tiède.

RC   –  décembre  2013

en réponse à un  texte  de Geneviève L’Heureux


Reconquérir le silence ( RC )

illustration: Giger
illustration: Giger

S’il n’est pas  sûr que le temps s’éternise,
Et se maintienne en ciels de carte postale
Bien sûr d’un parfum indécis dans l’air,

On n’attend pas d’orage, ni de tempête,
Et pourtant elle vient un jour,
Emportant tout sur son passage,

Ainsi le souvenir des soupirs,
Le fracas de la guerre,
Les pas de géant couchant ,

Indifférent, les arbres et les blés,
Crimes et souillures
Dans le pays dévasté.

Plus de futur insouciant,
Plus de paradis immobiles,
Et pourtant,        des ondées

ayant lavé le sol à grande eau
Et arraché, des blocs de racines
De géants centenaires

Reviennent ,  sporadiques,
Etonnés de se savoir encore là,

Les chants des oiseaux,
Qui reconquièrent patiemment  le silence.

RC    – 21 janvier 2013


Installé sur ton arbre (RC)

art:       Pierre Alechinsky

Comme  je  voletais  de ci de là
J’ai trouvé l’espace libre et je m’y suis mis
Installé  sur ton arbre, la branche amie
Elle  était douce, moelleuse comme matelas

L’automne  avait déserté le deuil
Les couleurs  étaient en tapis de peinture
Autour de ton tronc, belle garniture
Le vieux  chêne  gardait quand même quelques feuilles

J’irai prendre un verre de whisky,
Et pour qu’un peu, je me penche,
Sur les veines de tes branches,
–     Les encres d’Alechinsky   –

Adossé à la baie  vers le port
Au mystère  d’écriture je te lirai
Et d’un grand orage je m’enivrerai
Aux pages feuilletées, j’en ferai bonheur.

 

RC-     29 novembre 2011,         modifié septembre 2013

 

En réponse à  « cette nuit… »,  le poème d’Adeline  que l’on peut  lire ici…


Leo Hamalian – C’est Arshile Gorky qui vous parle

peinture: Arshile Gorky  et sa mère - 1933

peinture:  (par A Gorky):  Arshile Gorky et sa mère – 1933

LEO HAMALIAN,

Gens de Turquie, c’est Arshile Gorky qui vous parle,

le fils de Sedrak et Shushanik Adoian.

Ecoutez-moi !

Par mon dernier souffle, je vous pardonne .

Je vous pardonne pour avoir conduit Shushanik et ses enfants à travers le désert,

pour avoir ferré mon voisin Sarkis comme un cheval,

pour avoir mangé les bébés arméniens parce que vous aviez faim,

pour avoir brûlé les enfants arméniens qui se défendaient,

pour avoir violé Vartoosh avec votre bites épaisses.

Votre pays était en guerre et ces actes étaient nécessaires.

Maintenant, vous possédez notre maison près d’Aghtamaryou ,

Vous êtes riches et bien établis en Arménie ,

Chaque jour, vous obtenez de plus en plus de voitures, de radios

et de dollars americains.

Vous prenez des vacances au bord de la mer…

Et moi, Arshile Gorky je suis le point de me foutre en l’air…

je vous pardonne pour tout.

Leo Hamalian

 

LABELS: LEO HAMALIAN,

dessin: Arshile Gorky - -study-for-summation

dessin:          Arshile Gorky – -study-for-summation

 

People of Turkey,

this is Arshile Gorky speaking to you,

the son of Sedrak and Shushanik Adoian.

Listen to me !

With my last breath, I forgive you.

I forgive you for driving Shushanik and her children across the desert,

for shoeing neighbor Sarkis like a horse,

for eating Armenian babies because you were hungry,

for burning Armenian children in self-defense,

for violating Vartoosh with your thick cocks.

Your country was at warand these acts were necessary.

Now you have our house near Aghtamaryou are rich with Armenian real-estate and every day you get more and more cars, radios, and American dollars.

You take vacations at the seashore.

And I, Arshile Gorky,about to leap out of this life,forgive you for everything.

 ——————-

This poem has appeared in the Summer 1997

issue of Ararat Quarterly and in the Summer 2004 

 


Sous la chemise ( RC )

art: dessin perso

art:            dessin perso   2001

Quand il y a de la place pour un

Y en a pour deux,

Dit-on,

 

Et sous la chemise

Tu es douce

De tous tes rêves,

 

Qui rebondissent,

En deux seins dressés,

Ils appellent mes mains,

 

Avec toi, le seul témoin,

D’amour, ce parcours

> C’est la chemise.

 

Je m’y suis glissé,

Quand il y a de la place pour un

Y en a pour deux,

Dit-on,

 

Tu es petite,

Il y a de l’espace,

Pour moi

Sans y être à l’étroit,

 

Quand je t’enlace

Sous la chemise,

Et ta chaleur ronde,

En pentes.

 

Que nous gardons

A l’abri des courants d’air…

Il n’empêche,

Que tu frissonnes ,

 

Alors si je mets un bras

Dans ta manche,

On est parés pour l’automne,

 

Et, des nuages de coton,

Je sers d’oreiller,

Pour tes hanches,

 

Belles comme celles

Que peint Amedeo..

 

Une chemise n’est pas faite

Pour deux,

Ou alors c’est le chandail,

 

Pour les amoureux

Que chante Juliette,

 

Et qui relâche ses mailles,

Devenu trop grand,

Avec le temps…

 

Au début, elle serrait un peu

Quand je suis venu chez toi,

 

Petit prince ou jeune roi,

Le bienheureux…

 

Notre chemise est un bateau,

Nous en gonflons les voiles,

Restés bien au chaud

Partis en pleine mer,

 

Affronter l’hiver,

En tête à tête,

Echangeant des baisers,

En guise de tempêtes,

 

En comptant les étoiles,

Puisque j’avais soufflé,

Si fort ,                        que le bateau,

Au ciel est parti,   bien loin de l’eau…

Ce texte fait suite à celui d’Astrid Waliszek, « le peignoir »: https://www.facebook.com/notes/astrid-waliszek/le-peignoir/384940408194336

et se réfère à la chanson de Juliette Greco : « le pull-over »

RC-  15 août 2013

peinture: Amedeo Modigliani: nu couché

peinture:           Amedeo Modigliani:      nu couché


Pardonnez à ceux qui nous ont offessés ( RC )

image dessin de Manara -
————————                                   image  dessin de Manara         – de   » l’art de la fessée »

                    Après la faute,              le confessionnal,

           Pardonner à ceux qui nous ont offensés,

          Quoi de plus normal,

Oui, mais grâce à la fessée…

 

Et pour répondre au blasphème,

         Et laisser faire les menottes,

                   C’est résoudre le problème,

                                  Que tomber la culotte.

 

                    C’est ainsi que nous, réunis,

              Alignons les fesses neuves,

         Juste avant l’épreuve,

Puisque je suis puni.

 

Où que les doigts frappent,

     Ils agacent         ( plus qu’ils ne massent)

           Il se peut même           qu’ils dérapent,

                                             ( où qu’ils passent )

 

          Ce parcours hasardeux,           de ta main,

                                   …D’un nouvel acte,

          Ne laissent pas intact

L’animal instinct.

 

Un mouvement circulaire,

             Tracé dans l’espace,

         Provoque aussi son courant d’air

      Avant qu’il ne laisse chez moi,         une trace..

 

                        Ce n’est pas un effet de manches,

                        Quand l’impact fait « clac »

         Pas question que je flanche,

Quand tu passes à l’attaque

 

Ainsi me voila forcé,

–    D’admettre    que vive couleur,

                      Accompagne la douleur,

                                De méritée fessée…

 

>                                            Pour ceux qui abhorrent,

        Passer de la couleur saumon,         au vermillon,

                              Sur une partie de leur corps,

Un petit conseil, gardez votre pantalon !

 

 

RC – 5 et 8 septembre 2013


Gué de tes îles ( RC )

Gué de tes îles – ( RC )

1 Vote

 

dessin: Gustave Klimt

dessin:     Gustave Klimt

 

 

Traverse l’espace,

le gué des îles,

jetées sur le hasard,

Léchées par l’aube,

– Elle s’épanouit –

Sous mes mains en corolle,

Les vagues les entourent,

Et je vais,

Nu parmi les encres sèches,

Avant de retourner à la boue, *

Equilibre instable sur ce gué,

Oiseau des augures ayant perdu

Ses ailes,

A parcourir,

Sous ton regard liquide,

Les chutes du silence.

A l’air ne manque,

Que le souffle inverse

Qui m’aspirerait,

Comme il me dépossède,

Douceur et violence,

Aux îles

Basculées,

Tes courbes entre mes mains…

 

RC – 8 août 2013

* ces deux vers sont de Dominique Sorrente, dans « enjambées fauves »


Joël Bastard – Cataluna – extrait

poisson papillon

 

La rivière aliquote passera par les ouïes de la  truite sévère.

Son eau peignée de branchies comme pour le vent dans les genévriers.

Tout respire et défile. La rivière bue des roches.

L’haleine .

 

Le souffle des bêtes à travers le jour  construit de pierres sèches.

 

– JB

 


Retour dans un jardin d’eden ( RC )

dessin:  Hans Bellmer

 

C’est le retour dans un jardin d’eden
A l’écart des buissons, j’y ramasse des fleurs
Dont je ne vois rien,            sinon leur odeur
Me glissant sous une porte, capitonnée de laine.

Au voyage de l’obscur            … je n’y vois goutte
Il faudrait que je m’éclaire d’une bougie,
Te tenant par la main, toi,             aux joues rougies,
Quelques allers-retours, pour demander ma route…

C’est bien le chemin, je peux continuer,
Mais ne peux m’accrocher, tant les murs sont lisses…
En allant à tâtons – attention, ça glisse ! – ,
Les paroles n’ont plus cours, je vais rester muet.

Prisonnier de toi, je progresse encore
Dans un ciel, qui reste toujours obscurci,
Je me sens à l’étroit – peut-être ai-je grossi…
Je te dirai plus tard tout l’or de ton corps,

La chaleur que l’incendie parfume
La course des chevaux, que l’on monte à cru
Quand tu me presses ,          et que je rue,
Et l’océan,       de tout son poids d’écume..

Tout ce que j’ai ressenti d’un noir décor,
Eclatant d’étincelles,   bercé de tes soupirs,
Nous n’étions qu’un, lancés dans notre offrir,
A nous ruer, palpitants … en petite mort.

RC – 13 septembre 2012


Maintes mains ( RC)

maintes mains

Peinture – Picasso,

mainpeinture : Henry Mosler.


Dessin : Régine Chiesa

 

 

Si ces extensions en toucher,

au parcours des surfaces tièdes,

des frissons chair de poule,

sont tiens,

qu’ils capturent,

relâchent et agacent,

ce qui fait homme

je veux que les miens dessinent des reliefs,
en courbe contournent,
bondissent au lisse,
s’enfoncent en fronce,
en en plisse, s’unissent.
Sans doute dans leur hâte ,
fébriles, nos doigts tactiles,
donneront place au galbe des paumes,
d’un plus large parcours,
du poids victorieux des membres oublieux,
la géographie ombreuse,
d’ obscurités juteuses..
palpations, palpitations, et délectations…
Nos mains aussi au plus grand hasard
des chemins empruntés se rencontreront.
Et nous serons en addition.
RC    juillet 2011

L’art africain au Nigéria: les Yoruba

 

 

Sur les Yoruba (  ethnie  du Nigeria  et Bénin)..  vous  trouverez  de la documentation approfondie, chez “regard éloigné” ,  dont j’extrais ici, ce qui touche  au côté artistique…  et que j’illustre  de deux  croquis  que j’ai faits  récemment en regardant des masques  de ce pays,  de la fondation Pierre Guerre  à Marseille                 (  visibles au musée de la Vieille Charité)

dessin perso: masque Yoruba aux béliers. Encre de chine « graphique » avril 2012

La partie en bois du masque doit répondre à des critères formels et esthétiques, à la fois précis et variés. Placé sur la tête, siège de la sagesse de l’homme, il incarne l’esprit de l’ancêtre fondateur de la société. Ses pouvoirs sont renforcés par la personnalité du porteur et la qualité de sa famille, même si, en principe, les spectateurs ne connais­sent pas l’identité de l’homme sous le masque. Celui-ci doit danser à la perfection, car, à travers lui, c’est tout le prestige de la société qui est enjeu. Il doit également être aussi solide physiquement que moralement.

 

dessin perso masque Yoruba au « tambour »… 2001

 

 

Les traits du masque gèlèdè sont soulignés par des sca­rifications sur les joues et le front, caractéristiques de la civi­lisation yoruba ou nago, qui en compte des dizaines de variétés. Si l’aire culturelle yoruba a développé la culture du masque à scarifications, ces marqueurs culturels et identi­taires ne figurent pas sur tous les masques. Le Gèlèdè est le seul des deux classes de masques à en por­ter.. Les marques les plus courantes sur les masques gèlèdè sont le kpélé et surtout l’abaja. Le premier est constitué par trois traits verticaux sur chaque joue. Le second présente trois traits horizontaux, assez longs, sur chaque joue et trois autres, verticaux et plus courts, sur le front. Il faut noter qu’un grand soin est toujours apporté à leur parfaite et harmonieuse exécution. Les scarifications visibles sur les masques gèlèdè ou les figurines garnissant certaines tenues égun n’ont pas plus de signification que celles qui marquent les visages des hommes. Elles sont essentiellement un élément d’identi­fication et un critère de beauté pour les hommes et les femmes yoruba.

dessin perso – avril 2012 Masque Yoruba Bénin ( l’identique à celui qui a inspiré mon dessin en 2001), Fondation P Guerre. Marseille

Beaucoup d’interdits et de tabous entourent les masques. Ils sont plus nombreux et entraînent des sanctions plus sévères chez les Égun que chez les Gèlèdè. Ceci s’explique par le fait que les Égun constituent des sociétés secrètes. Toutefois, la loi du silence est fondamentale pour les deux organisations.

Si aucun mystère n’entoure l’identité du « porteur du bois », comme on appelle souvent l’homme qui revêt un masque gèlèdè, nul ne doit cependant l’interpeller ou l’ap­peler par son nom pendant sa « sortie ». Lui-même devra s’abstenir avant, pendant et après la danse, de mentionner, dénoncer ou critiquer les sorcières Il lui est également interdit, au cours de la danse, de faire tomber son masque ou de découvrir son visage, même si tout le monde connaît son identité.

Chaque  région du Nigéria possédant ses propres  coutumes, croyances,  ce pays  est riche  d’expressions  artistiques  diverses – dont les  Yoruba  sont  – un “exemple”.

 

Au niveau  artistique,  cet article  sur les masques  indique  plus précisément  le lien avec l’art de Picasso

 

A  noter  que le musée  des civilisations  africaines, à Lyon, possède  aussi de belles  “pièces”  Yoruba

tabouret Yoruba, au musée de Lyon


L’art africain – suite – le Congo

L’art  traditionnel au Congo, présente  des facettes  très diverses, du fait de la multiplicité  des ethnies…

L’exposition de Bordeaux  » voir  l’invisible« ,

montrait justement  plusieurs  des facettes  de cet art,  que  je présentais   dans la statuette Hemba, avec mes  croquis,  ( l’humanité commence par le nombril)

en voila  d’autres, témoignant de cette diversité

 

avec les  fameuses  coiffes  Mangbetu, dont  voici une  photo  ( par  ailleurs  la galerie  flickR  de ggnyc, d’où est extraite cette photo, comporte nombre  de reproductions intéressantes  et détaillées)

Masque Salampasu – Kasanga

—  pour mieux  voir les croquis  à la  « taille  réelle »,  cliquer  directement  sur les images,  vous les verrez en  plus grand  format

—-

L’ensemble des croquis  perso a été fait sur place (environ 80 )

D’autres renseignements  sur mes  articles  par  rapport à l’art Africain

voir mon rapport  avec l’art africain, consulter

aussi https://ecritscris.wordpress.com/2012/01/09/lart-africain-au-burkina-faso/

https://ecritscris.wordpress.com/2011/11/05/r-et-lart-africain-02-eklablog/

https://ecritscris.wordpress.com/2011/11/05/r-et-lart-africain-03-la-terre-cuite-du-ghana/

https://ecritscris.wordpress.com/2011/11/05/r-et-lart-africain-04-le-cavalier-et-la-figure-assisedogon/

https://ecritscris.wordpress.com/2011/11/05/r-et-lart-africain-05/

https://ecritscris.wordpress.com/2011/11/05/71/

https://ecritscris.wordpress.com/2011/11/05/r-et-lart-africain-07-croquis-musee-des-arts-premiers/

et aussi  pour certaines  figurines,  la  stylisation extrème des formes:  voir  la tête  de cette  statuette  Yanda

ou cette  statuette  Zande, qui en a les mêmes  caractéristiques


l’art africain au Burkina Faso

l’art africain toujours intéressant dans ses formes et solutions pour combiner force et symbolisme est présent dans de nombreuses collections, en Suisse, en particulier, et aussi à la fondation « Guerre », située au musée de la Vieille Charité à Marseille c’est sur place – à la Vieille Charité – que j’ai fait ces croquis.

Le Burkina Faso, pays de l’Afrique de l’Ouest cotoyant le Niger, la Côte d’Ivoire, le Mali, le Ghana est resté enclavé et très traditionnel. La caracctéristique de son art est différente de cellle des autres pays.

dessin perso - fondation Guerre - Marseille

 

masques et objets comportent souvent un aspect polychrome à deux ou trois couleurs principalement; noir, blanc, ocre rouge, de même que les décorations symboliques de certaines maisons ou concessions du sud du pays, en particulier chez les Gourounsi.

 

 

 

Au niveau des usages artistiques, plusieurs ethnies composant le pays donnent chacune naissance à des formes particulières: les Baoulé, les Bobo,les Bwa, les Lobi, les Mosso, les Gurunsi, pour n’en citer que quelques unes… ils sont souvent en forme de « plaques » et peuvent atteindre des dimensions importantes.

 

 

l’art africain au Burkina Faso          masque « soleil »

 

 

 

l’habitat décoré est souvent  en rapport…   voir le palais royal  à Tiébélé —  et l’article  qui en parle sur eklablog

 

toujours à Tiébélé, peinture sur mur récente ( fin dec 2011), avec technique traditionnelle Tiébélé étant d’ailleurs connu pour son palais royal, dont je présente plus bas une photo perso

 

photo perso: Tiébélé

 

Une synthèse des principaux domaines artistiques et types d’art présents au Burkina,

est présentée, au musée privé de Manega, au nord ( 50km) de Ouagadougou, en particulier son intéressant « pavillon de la mort ». Lien sur le site du musée…

Beaucoup des masques tricolores étant justement une des spécialités des sculpteurs de la région de Tiébélé. l’art africain au Burkina Faso_ En « annexe » voir ma parution sur wordpress « Colonnes de mémoire »


R et l’art africain – 07- : croquis musée des Arts Premiers

croquis musée des Arts Premiers, quai Branly Paris




RC dit : Ces arts que l’on dit primitifs….

ces croquis ont été faits sur place – pinceau encre de chine et pilote, le 30 décembre 2009.

Ce « chapitre » présente des dessins par rapport à l’art Africain: masque Yohure de Côte d’Ivoire,

statuette du Bénin,

statue d’ancêtre Hemba (Congo ).

boîte avec couvercle poignée éléphant Lazi ( Zambie),

Chaque oeuvre de distingue par une constante invention de formes matières, qui montre la diversité et la richesse de chaque peuplade-ethnie…

La maternité Bamileke, grande statue assez récente,

est intéressante dans l’espace sous beaucoup d’angles, elle prend vraiment le volume comme quelque chose à trois dimensions, et autour duquel on peut tourner.


R et l’art africain – 06 – aquarelles

l’Afrique

et les aquarelles,

avec ces « reproductions » de masques….

en fait, pour moi l’art Africain traditionnel, est un art accompli,
et le vocabulaire des formes, très inventif,
à travers un thème comme le visage, ici , permet et soutient une attitude créative, qui rentre un peu dans un état parallèle

( à savoir comment rendre la concentration, la densité, et la spiritualité qui peuvent se dégager des masques et statues ),

d’innombrables chef-d’oeuvres dont j’ai déja fait l’écho dans mon port-folio sur le musée du Quai Branly.

les deux derniers sont des masques de l’ethnie Dan ( côte d’Ivoire)

(Toutes  aquarelles  créations  personnelles  )

R et l’art africain – 05 –

 

Aquarelle –  statue Bambara  ?
-des productions
dejà anciennes
mais dont certaines
n’étaient
pas encore
scannées…
Aquarelle:  personnage  ( Dogon)  assis   avec un serpent  sur la tête.
dessin aquarelle  d’après une  statue  sans doute  de Côte  d’Ivoire

et bien voila qui complète le « tableau »


R & l’art africain- 01 — l’humanité commence par le nombril

l’humanité commence par le nombril

Je suis humaine et pauvre de surcroît
Ma seule richesse est le fil de Soi
Que je n’ai pas encore coupé.                       ( texte  de constance 19)

J’ai bien lu cette maxime,
Inscrite sous le garçon unijambiste,
 » l’humanité commence parle nombril  »
Elle nous relie donc à la mère,Un murmure infime
Trajectoires, orbites, et tours de piste .
Je tiens ce fil de soi ,  si fragile,
Et pourtant solidement enraciné vers sa terre.

RC –  mars 2014
Ces croquis ont été produits très récemment début mai 2011 lors de l’exposition sur les arts africains au musée d’Aquitaine à Bordeaux…Ils sont tous – sauf le premier — statue « de force » ( fétiche) du Zaïre…)
issus de la même statuette du Congo, qui précise en légende: « l’humanité commence par le nombril » ethnie Luba Hemba
 cliquer  sur les reproductions  pour les  voir  à la taille  « originale »
le choix de cette statuette, et ces croquis parmi plusieurs dizaines réalisés, est dû au fait du « mystère » que me pose cette oeuvre, au sourire serein, presque Bouddha, que j’ai donc essayé de restituer à ma façon…



RC dit :

Arthémisia a dit…
…et les yeux clos sur son ventre, il regardait le monde…
8 mai 2011 14:25
fbd a dit…
j’aime beaucoup aussi la sculpture sacrée africaine!

Premiers travaux d’étudiant

Ainsi des jeux  de  lignes, qui ne sont pas  ruptures, inspirés  à l’époque ,  de ma découverte  du cubisme,  et de Marcel Duchamp

  et repris en peinture ici

Avec sa variation en couleurs