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Des arbres dans la neige – ( RC )

 

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Les arbres courent dans la neige,

s’éloignent à la mesure de nos pas,
puis se fondent dans la brume,
à la façon du temps
dont le souvenir s’estompe :
je ne garde que l’instant présent en mémoire,
les flocons en font de même,
déja recouvrant mes traces.


RC – janv 2018


La lente houle de l’inquiétude – ( RC )

Au-delà du cercle, un peu plus lumineux,
( mais à peine ) ,        de la clairière,           la nuit venue,
c’est comme se poster à la lisière du monde.

Les arbres se confondent entre eux,
ils s’associent, solidaires, blocant l’intrusion
de la plus petite lueur, noirs sur anthracite,
car le ciel se distingue par une neutralité plate,
bouché par les nuages, que même la lune ne peut franchir .

On dirait que la mémoire du monde s’est absentée,
qu’il n’y a rien au-delà des robes d’ombre,
une perte, où seuls les feuillages mêlés,
et les troncs, se rappeleraient du jour lointain.

Va-t-il revenir ? On se le demande.
Faut-il progresser à travers la forêt?
Mais alors ce seraient des murailles
impénétrables au regard si on s’aventurait
en dehors de la clairière.

Il n’y a pas d’autre choix que rester sur place,
et de s’habituer à l’obscurité comme au commencement
d’un autre monde, où finalement on se guiderait aux sons.

Ceux des animaux, les déplacements furtifs dans les herbes hautes,
le balancement des fougères, le frottement des ramures,
les cris ponctuels des chouettes se répondant par-delà les espaces.

Des espaces qu’il ne nous seraient pas donnés de connaître,
nous interdisant d’évaluer les distances, reliés ,de plus
( si malgré tout on pouvait , par hasard, distinguer un peu les formes ),
par des écharpes de brumes, paresseuses.

Inversement, des yeux de braise peuplent les branches,
courent au ras du sol .
On se sent observé, dans l’oscillation de la meute végétale.

On frissonne, – de froid, comme d’effroi –
c’est comme si on vivait pour de vrai, un mauvais rêve,
débarqués à l’improviste dans un pays dont on ne connaît pas le langage.

La tête prise dans les filets de l’humidité,
qui se dépose lentement,
on se sent intrus dans la force obscure de la nuit
dépossédé de l’assurance que donne le jour aux hommes.

Comment s’étonner alors que tout semble receler une menace,
ne serait-ce que , si on risque quelques pas,
se prendre les pieds dans une racine,
se heurter la tête avec une branche basse.

Privés de repères,
il ne reste qu’à espérer le retour des heures,
qui se concrétise par la lueur de l’aube .

L’inquiétude a cours.
Elle se prête alors au retour des légendes et contes de l’enfance .
C’est une lente houle qui nous enveloppe, et déferle, immobile , sur nous.


RC – sept 2016


Oublier les éclats – ( RC )

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Blessé dans ses étoiles,
mon reflet se disperse ,
et je ne peux le retenir,
          dans ses éclats …
et si j’en attrape un
avant qu’il ne s’éteigne ,
j’oublierais les autres ,
comme des morceaux de mémoire ,
brisés,             comme le miroir

quand la pierre atteint sa surface .

RC – juin 2017


Une toute petite armoire – ( RC )

art- Sophie Calle

 

C’est une armoire un peu bizarre ,
où se cachent plein d’histoires,
des souvenirs d’enfance,
de petits objets
que conservait ma mère
dans sa boîte de couture,
une boucle de cheveux blonds,
dans du papier de soie,
des bandes de papier
avec mon écriture tremblée
décrivant la grille du jardin,
les escargots qui se cachaient
sous le rebord du mur.

Comme on peut le deviner,
un secret reste un secret .
Il y en a de terribles
cadenassés à triple tour,
enfouis au fond de la mémoire,
qu’on s’efforce d’effacer,
mais qui reviennent
tôt ou tard,
à la surface.
Rassurez-vous
ce ne sont les miens .

Il y a , …. il y a
plein de choses encore,
tant qu’on pourrait s’étonner
que cela prenne place
dans cette petite armoire .
– Je ne ferai pas une liste :
– d’ailleurs à quoi bon ? –
elle n’a pas de fond,
car elle s’ouvre sur l’infini
et la course des étoiles .
Si vous l’ouvrez
( car je n’ai pas de clef )
vous n’y verrez rien
de particulier .

Je suis seul à savoir ce qu’il y a dedans…


RC – mai 2017


Un peu de mémoire emportée – ( RC )

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peinture: Maurice Denis

Les ombres des frênes
laissent leur ombre de givre,
sur l’herbe, où le temps se fige.

Les échos s’assourdissent,
mais le vent laisse libre cours
au passage des nuages.
C’est un peu de mémoire emportée
arrachée de mon coeur ,
lui qui reste gravé
sur le tronc, avec nos initiales,
bientôt illisible.

Ce frêne dont la blessure a saigné,
et qui se referme,
lentement recouverte de lichens.


RC – janv 2017


Etoiles et éblouissements – ( RC )

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Dessin perso, par rapport  à deux oiseaux  gravés  sur un vase grec

( exposition la femme  dans la Grèce Antique   – vieille Charité,  Marseille )  –

 


J’ai vu tant de choses
au long de mon voyage
que je garde en mémoire
l’éblouissement .

Ce sont les harmonies
d’une symphonie,
les sculptures torsadées
dans les chapiteaux romans .

Ce sont ces artistes
qui ont donné leur âme,
à l’humanité
et semé des étoiles.

Pourtant,en suivant leur route ,
beaucoup gardent la vue
rivée sur le sol,
et cherchent une voie qu’ils ne trouvent pas .

La route que choisit l’oiseau
s’appuie sur le ciel,
beaucoup moins entravée .
Son horizon est plus élargi.

Sans prétendre être un oiseau,
et dominer le monde,
on gagnerait sans doute,
pour guider son chemin

à mieux regarder les étoiles.

RC – dec 2016


Des paroles que je n’ai peut-être même pas prononcées. – ( RC )

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Il est des temps
où la mémoire s’enfouit :
les pas sur le sable
s’effacent avec les vagues,
et c’est comme si,
de la parole des choses,
peu de traces demeurent.

Le pot de terre
à peine visible sous les herbes,
et la jungle végétale        ;
le temple bâti pour l’éternité,
dont les pierres sont englouties
par les racines,
et mes paroles, aussi
parties au gré du vent.

Qui sait s’il me les rendra.
Je ne les ai peut-être
même pas prononcées.
D’autres les recouvrent.

Le soleil est soluble
dans un verre d’eau,
et les années, bien peu de chose
en regard de l’éternité.
L’immobilité tourne les pages :
rien ne la trouble.
Rien n’a jamais existé.


RC – juill 2016


Pour que résonnent les archipels du silence – ( RC )

Dina%2520Bova%2520-%252020.jpgmontage – \Dina  Bova
.

Ce n’était pas la peine,
de longer les années,
de lire tous ces livres,
d’exercer cette mémoire,
à en perdre le goût du jour,
et la caresse du vent du large,
pour                    ( dira-t-on )
écrire deux ou trois strophes
avec                   si peu de mots .

On en oublie les récits,
les grands succès de librairie,
placés en tête de gondole,
pour se contenter
de quelques lignes,
qui se jouent
de l’épaisseur des pages,
et dialoguent dans les marges,
comme aussi     entre les mots.

Juste ce qu’il faut,
pour que résonnent
les archipels du silence,
la lente croissance des plantes,
la lumière posée sur un mur,
l’ombre de l’absente,
le coeur qui s’aventure
si l’on que l’on fait sienne
l’écriture du poème …

RC – fev 2016

 

 

( en écho à un court texte  de Sylvie Durbec visible ici)


Je ne perçois plus rien du passé – ( RC )

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photo perso    juill  2016             Aubrac-  Lozère

Si je ne perçois plus rien du passé,
Je ne sais plus la distance
qui me sépare de ma conscience.

Une période fixée – trépassée

J’ai oublié le langage.
Aucun écho ne revient en partage.

Car les lèvres sont scellées,
Et la parole s’est gelée.

Le sable ne s’écoule plus,

Le temps a entamé son reflux,
En repliant ses ailes .

Si tu étais immortelle,
Il se peut que le coeur désespère,
Dans la traversée du désert,

A former des mots ou des lettres,
Si je ne peux te reconnaître …

J’ai oublié d’où je viens,
Egaré tous mes biens,
Quelque part dans le noir :

L’ombre de la mémoire,
Ponctué d’éclairs
Désincarne même la chair ;

Je me tiens droit,
Entre les silhouettes, un jour livide,
Mais rien entre les doigts

Le présent décharné, et l’esprit vide .


RC – oct 2014


La pièce blanche – ( RC )

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C’est une pièce blanche ,
Dont je n’ai pas la clef.
Le lit chromé aux bords arrondis,
Le sol aux carreaux blancs,    aussi .

Je ne sais ce qu’on attend de moi.
Rien ne sort d’ici,
Même pas la vue,
Compressée           par de hauts murs .

Les fenêtres qu’on ne peut pas atteindre,
Trop hautes et closes d’opaque,
Fermées aussi sur la mémoire,
Sous des néons blafards .

Les jambes lourdes et fatiguées,
De cent pas                dans l’immobilité,
J’ai laissé des souvenirs se dissoudre,
Dans un placard à pharmacie .

Je pourrais compter,
Pour déjouer         un sommeil vain,
Comme on compte les moutons,
Les voitures qui circulent.

Attachées dans leur mouvement,
Au goudron d’une avenue proche,
Engluées         comme des oiseaux,
Dans la marée noire de leur nuit.

Je ne peux secouer la mienne,
Pour retrouver mon enveloppe,
Et réapprendre mon nom,

 Qu’avec des barreaux blancs.

RC – sept 2014

photo  transformation perso

photo transformation perso


Porté sur la face claire des nuits – ( RC )

Peinture: Odilon Redon

Pastel   : Odilon Redon

 

Je revois  sur une  toile  , ce visage
Le regard  lointain, comme  détaché  du monde,
Essayant derrière  moi, de déchiffrer les ombres,
Les équilibres  instables  du vent, et la face ignorée des jours…

Ou peut-être simplement,
Un regard qui ne voit pas,
Mais qui en est , à reconstruire,
L’écheveau des rêves :
L’ailleurs porté sur la face claire des nuits,
Où on traverse des instants
Si loin ,   du poids  du corps ,

Qu’on pourrait apercevoir
Au milieu de la lumière noire,
Des éclats  de couleur ,
Engendrés par les effluves d’une terre
Qui se repose de la fatigue du jour,
Et laisse une mémoire ,
Libérée de son carcan .

C’est un envol vers d’autres  contrées ;
Les explorer se fait sans peine .
Il n’y a pas de limites,
Et aucune frontière ne la retient prisonnière.


I see on a canvas, this face
The distant look, as detached from the world,
Behind me ,trying to decipher shadows
The unstable condition of the wind, and the ignored face of the days …

Or maybe just,
A look that does not see,
But who is to rebuild,
The web of dreams:
Other places focused on the face of clear nights,
Where we cross moments
So far, of the body weight,

We could see
Amid the black light,
Color bursts,
Caused by the smell of an earth
That sits of the tiredness of the day,
And let a memory,
Freed from its shackles.

It is a flight to other countries;
Explore them ,is done easily.
There are no limits,
And no border holds it prisoner.


Celui qui vole, détaché du monde – ( RC )

photo David Maisel

                         photo          David Maisel

 

Pour celui qui vole,

L’esprit détaché du monde,

La terre est un jardin,

Aux champs bien peignés,

Les rivières dessinent,

Des méandres sympathiques,

Les autoroutes, s’amusent

avec des échangeurs en boucles,

Les voitures sont des puces,

progressant péniblement…

On ne distingue plus les détails,

Ont-ils une importance,

Au regard de la distance ?

 

C’est peut-être aussi la brume,

Ou les fumées des usines,

Une carte se déroule,

Une vue du ciel aplanit tout  :

Le soleil pourchasse les reliefs,

Et pourtant souligne les formes,

Mais mélange les ombres,

Je ne vois plus très bien ….

C’est peut-être que la vue faiblit,

Je devrais commander une paire de lunettes,

Pour y voir davantage.

 

Mais là n’est pas ma passion,

Les satellites espionnent bien mieux que moi,

Je préfère m’occuper d’autres planètes,

Elles aiment me confier leurs secrets,

Leurs couleurs et leurs paysages,

Et guider mes pensées.

 

Un jour je débarquerai,

Sur une planète vierge

De la mémoire lourde des hommes ,

Où tout sera à construire.

Alors, je rangerai mes ailes …

Mais il me faudra un certain temps encore.

Les chemins de l’univers présentent

bien des détours

et des surprises,  encore.

RC-  fev 2015

 


Traces de l’oiseau de passage – (RC )

sculpture: C Brancusi

                 sculpture:           C Brancusi

 

 

 

L’oiseau de passage

Flèche les pages

Données au vent.

Il ne laisse trace,

Que l’ombre fugace,

Courant sur le sol,

Et les ruisseaux, les forêts,

Oublient tout de l’image,

Car elle est sans mémoire.

Elle ne s’accroche , qu’au temps,

Celui de l’envol,

Celui de l’instant présent.

Qu’importe le nom des hommes,

S’ils font de leur vie un envol…

Ils s’accomplissent autrement,

Même sans graver leur nom dans l’histoire.

RC- août 2014


Des yeux vagues, une page vide – ( RC )

image: montage  perso 2013

                              image: montage perso 2013

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

C’est  d’une  autre année que je parle.
On y entendait           une musique;
On y voyait des accords de couleur.
Tout y composait un tableau,
Ses ambiances  et ses lumières.

Je ne pourrais  dire         s’il était beau.
Ce serait plutôt à toi       de le  décrire;
Mais      …  je ne suis pas dans tes yeux,
Dans ce que tu percevais    de l’orchestre,
Et des frémissements du coeur,

Avant que la brise
N’agite les rubans,
Et que s’envolent les chapeaux.
Tu descendais le vallon,
Parmi les herbes hautes  et les  fleurs.

C’était alors un printemps  avancé,
Et pourtant des nuages serrés pointaient à l’horizon.

Je te vois maintenant,
Immobile                 et indifférente,
Et il semble  que ta mémoire     se heurte,
Aux murs clos d’une chambre,
Les rideaux            fermés à la lumière.

De tes yeux vagues,   tu contemples,
Ce qui semble             une page vide,
Et les gestes sont  difficiles.
Ils ne se referment même pas
Sur ton passé.

La musique         y est inaudible ….
Ou alors ,           a-t-elle été aussi,
Emportée               par le vent  ?

RC –  sept  2014

 

 


Une terre gelée au sang des veines rompues – ( RC )

 

Une terre froide, souvent couverte de blanc,

Noire,           dessous.

Des femmes et des hommes emmitouflés,

Les habits sombres.

 

Forêts denses de pins serrés,     convoquant l’obscurité,

Les traits légers des bouleaux,                         bardés de blanc,

En contrastes accentués,                                 dessinent un arc,

Autour de la ville morte.

 

Elle a été.

Et de ses murs éclatés,            tombés sous les bombes,

Aux noires traces                                   de l’incendie,

La neige a tout recouvert.

 

On n’y distingue plus ,   avec ces monticules,

Défaisant son visage,

–                         Plongé dans le sol.

Une terre grasse,  mais gelée au sang des veines          rompues .

 

S’est ensevelie peut-être aussi       la mémoire,

Les fenêtres du jour couchées dans la brume,

Et celle des enfants morts…

Leurs chemins se dérobent en une incantation….

–    Ils n’auront        plus jamais de souvenirs.

 

Aux heures anciennes ,            demain sera encore hier.

Comment oublier ce qui n’a pas eu lieu ?

 

– RC- février 2014

( ce texte prend  pour base,  celui de Dominique Boudou, visible sur son site ) –


Fleurs d’histoires – ( RC )

 

 

C’est à lire tes histoires,

Que viennent les couleurs,

Elles habillent tes fleurs,

Et s’extraient du noir.

Des fleurs que l’on assassine,

Mais , elles restent vivantes,

Tant que l’esprit les hante,…

Je leur donne une autre racine,

Tu ne veux pas qu’elles meurent…

Alors je les emmène en voyage,

Les lis et partage,

Et leur dessine une odeur.

Elle s’accrochent dans les plis,

De la mémoire,

Les méandres de ton histoire,

Sans tomber dans l’oubli.

Tu sais comme elles résonnent,

Prêtes à tout envahir,

–    Tu crois qu’on les déchire

…une fois lues, n’intéressant  plus personne.

Alors comment se fait-il

Que leur chanson me suive,

Et que cela arrive

Jusque sur mon île    …   ?

RC  –  décembre  2013


Caché derrière la robe de la nuit – ( RC )

–                                photo :          National Geographic

Chaque soir je vois
Dans le rectangle
De la fenêtre,
Un pendule brillant,
Peut-être un miroir,
Qui lentement oscille …
Fort de ses secrets
Au-dessus des nuages.

Il se cache,
Derrière la robe de la nuit,
Et parcourt le monde,
Vers des destinations inconnues.
certains disent que c’est une princesse
Elle finit par disparaître,
Effacée , comme ma mémoire
Au bout de mon sommeil,

La face cachée d’un être,
Sombre dans l’inconscience …
Personne ne peut dire
Ce qui se passe dans son envers,
Et le pendule des songes
Apparaît lui aussi
A l’autre bout du monde,
Quelques heures après.

Je me demande qui le tient,
Où va celui
Qui se guide ainsi,
En prenant soin
De ne jamais toucher terre.
C’est peut-être
L’oeil unique
D’un cyclope attendri,

Auquel on a confié
D’abaisser et lever,
Chaque jour le rideau
De la nuit.
Il veille toujours
A son déroulementement
Et une fois le travail accompli,
S’efface discrètement.

Derrière le soleil.

RC  – janvier  2014


Pas de soleil ,ce matin ( RC )

exposition  rencontres  d'Arles 2012

exposition rencontres d’Arles 2012

Il n’y a pas de soleil ce matin,
Mais une brume                 qui s’étale,
Et occupe         la vallée de mon âme,
Où mes gestes se plient.

La lumière est ailleurs,
Elle t’accompagne, mais je ne te vois pas,
Derrière ce brouillard,
Où même                   tes paroles se heurtent,

Et les miennes s’enfoncent,
A en oublier la beauté,
La tendresse de tes gestes
Le dessin de tes yeux.

Il faut que derrière ce rideau,
Effaçant ton sourire,
Je refasse de mémoire,
Le contour de ton corps,

Que je découpe dans les nuées,
Avec obstination,         une porte secrète,
Combler de ta présence, la distance,
Pour te sentir auprès de moi, mon amie…

Et le soleil reviendra.

RC – 8 octobre 2013

 


Nous sommes des témoins ( RC )

 

 

 

Nous sommes  des témoins,
Pouvons  témoigner  de la réalité des choses,
L’écorce  du pin est rêche,  ses branches finissent en souplesse,
L’eau des torrents suit la  pente dictée par les montagnes,
Les galets  de granit, arrachés par les flots, ont la douceur polie de tes seins.
Le sable s’accumule dans les baies, mais peut aussi se dresser en nuage blond.
Le froid dicte son gel, rapidement contredit par les souffles tièdes  du lendemain,
Et nous pouvons parcourir tout ça, essayer de franchir les abîmes, nous griffer aux ronces.

Cela nous est naturel,  mais notre mémoire  n’a que celle de notre ressenti,
Elle a oublié, depuis que se dévide le fil du temps, que la force motrice nous échappe,
– comme  elle échappe  à l’histoire…
Les roches  sont sous nos pieds, engluées dans la terre,
mais leur origine dialogue avec le mystère des constellations et la caresse du soleil.
Nous sommes  des témoins  de  » l’état des choses « ,
D’une explosion qui semble  arrêtée,   – l’alternance inlassable du jour et de la nuit semblant une évidence,
Une île parcourue  d’éternités,

alors  que nous sommes livrés  à la nuit,     –>  à quelques dizaines de  kilomètres de là.

 

RC – 2 septembre 2013

 


Ecrits sur les collants ( RC )

photo TK Kim,  de son blog

le lien pour y accéder     :  

Un peu plus foncée, alors,
Tu peux bronzer à l’ombre,
Additionner les nombres,
Tout contre le corps. .

Inscris ta mémoire,
Sur  une seconde peau,
Des collants de soie,
De bronzage amovible, 

Où l'écriture du soir,
Se fait au stylo,
Les textes en émoi,
Sont toujours lisibles.

C'est un carnet de notes,
Rangé en haut des cuisses,
Où ma main glisse ; 
Au dessus des bottes...

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RC - Août 2013

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