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Archives de décembre, 2013

La neige a quitté l’hiver … – ( RC )

dessin perso: nu - Bordeaux  2012

dessin perso:            nu –                 Bordeaux 2012

Il faut laisser les rêves et les cauchemars s’en aller tout seuls,

Ou bien plonger au dedans

Le temps d’un oubli,

D’un désir d’oubli,

Ou d’un désir tout court,

Je vais recouvrir tes orteils,

La couverture a glissé,

Les petits monstres sont partis,

Ils ont eu peur de l ‘aube.

Je vais me lever préparer le café.

Puis je reviendrai arranger les coussins,

Finalement, je me glisse au chaud,

Au creux de tes mouvements lents,

Personne n’a coupé tes mains,

>                Tu t’aimes….

Et je caresse avec toi tes songes,

Ils ont une douceur de mousse

Blanche,

…. La neige a quitté l’hiver,

Pour t’habiller de tiède.

RC   –  décembre  2013

en réponse à un  texte  de Geneviève L’Heureux

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Le poids du ciel et des nuages – ( RC )

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La musique se répand,
C’est sur le sol comme une partition,
Une peinture où se multiplient les touches,
Les notes et les couleurs,

Où se mêlent la dentelle du hêtre,
Et les plumes blanches,
La chevelure de la neige,
Et les branches élevant leur chant,

Jusque vers les nuages,
Courbées d’air pur,
Ces nuées,dessinant , selon les vents,
De curieuses géographies, et

Au sol autant de tableaux,
Filtrés de lumière,
Doigts voyageurs à travers les stations,
Distribuées à l’en vie,

Une main ouverte
Aux quatre directions,
Où le regard se perdrait
A suivre la migration,

Vers un au-delà inconnu,
De générations d’oiseaux,
Interprétant à leur tour,
Le langage des saisons,

S’appuyant sur le ciel,
Dominant la terre,
De tout son poids d’air,
Traversé de la courbe solaire.

RC –  décembre 2013

( réponse à un texte écrit par Hélène Cassagnes ).


La neige nue n’est jamais venue – ( RC )

La neige nue

N’est jamais venue,

Je n’ai pu y retrouver,

L’empreinte de tes pas gravée,

Le givre dessine aux fenêtres ,

Ce que tu pourrais être,

Je pourrais toucher du doigt,

Cette fantaisie du froid,

Le coucher sur du papier,

Et le recopier,

D’un crayon qui crisse,

Avant qu’elle ne s’évanouisse.

Car mon imaginaire

Au milieu d’un désert,

Vide et lisse,

Dessinerait un oasis.

Je sais que tu es transparente,

Mais aussi que tu chantes,

Ou murmure à voix basse,

Toi qui passes

Des minutes trop brèves,

A travers les rêves,

De ceux qui dérivent,

Et puis me poursuivent…

J’ai rêvé de la neige nue,

Elle n’est jamais venue,

Faire quelque détour,

A ce carrefour

Entourer tes pas,

Vertige d’un au-delà …

C’aurait été la revanche

D’une silhouette blanche,

Se détachant en blanc,

Très délicatement, :

L’inaccessible amour,

Que peut-être un jour,

Je verrai passer,

Un blanc léger caressé,

Un rayon de soleil,

Au sortir du sommeil,

Qu’aucun songe n’encombre…

Juste une légère ombre,

Un contour des sens,

Marquant ta présence.

Je saurai me taire,

Sur le chemin solitaire,

Et garder le secret,

Quand je te reconnaîtrai

Lèvres ouvertes, tu te penches… :

Le baiser du silence,

Sur mon cœur réverbère…

Confident de ta lumière.

RC  – décembre  2013


Ben Magid Rabinovitch

Avec les belles photos à l’ancienne proposées par DantéBéa–

DantéBéa

 

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Mots en partance, aussi – ( RC )

Caponigro27

 

             

Un jour, allongé de tout mon poids,

Sur la roche rude, je n’aurai d’idées poétiques,

Que celles , rebondissant sur le gravier .

Elles correspondront à mon champ de vision,

Rétréci,

Et mon corps me sera un poids..

Incapable de me relever,

Les chiens me flaireront,

Ils ont la pensée vierge,

Et ignorent les livres ,

Sauf à les rapporter à leur maître,

Comment ils le font avec les pantoufles.

J’aurais pu te confier mes secrets,

Partager encore des images,

Elles, qui se cristallisent,

En confidences et écriture,

J’aurais été redressé sur un banc,

Encore mouillé de ses embruns marins.

Traînant encore mes vers,

Balbutiant ma langue morte,

Habitant encore, despotique,

Ma bouche, ma blessure ouverte,

— Pour enrober de détails inutiles,

Mon corps mourant.

Il n’y a plus de secret,

Et tu peux rire de moi,

La conversation est finie,

Le dernier chapitre s’est clos,

Je ne suis qu’un vagabond,

Allongé sur le rocher.

Sous un manteau gris et froissé,

A  sentir le froid me saisir….,

Les mots m’ont abandonné ;

Et j’entends tes pas crisser sur le gravier,

Puis diminuer, ….. – tu t’en es allé.

Je peux fermer les yeux.

RC – 18 novembre 2013


Traces du futur en plans lointains – (RC)

 

photo: le viaduc de Garabit ( Cantal )Si la forêt semble s’épaissir, le sentier s’étrécir
Au détour du trajet, les lieux semblent s’évanouir
La certitude tremble, et fait place  aux suppositions
Les repères ,effacés par les ans, autant de questions

Qui émergent, et traquent,           ce pas et le suivant
Au point de nous laisser ,                  refrain obsédant
Une saveur trépassée,    d’un mouvement sur place
Que                              des rubans  de brume, enlacent

A la mesure du temps,     aux promesses du futur
La suite des collines,    semble nous offrir un mur
De perspectives basculées en escalades indécises
Qu’il faudrait                qu’un grand-œuvre précise

Et nous guide, comme Ariane, sur l’étroit chemin
Ou le petit Poucet,              des cailloux de sa main
Pour accomplir le destin,    encore à concevoir
Qu’en partant,                 on n’a fait qu’entre-voir.

En parvenant malgré tout au premier sommet
Le paysage  s’étale en tapis d’autres forêts
Espaces,      lacs,  dunes,     et précipices
Se faisant suite,                sans artifices

Le sommet,           une  colline bien basse
Au regard des horizons  qu’on embrasse
Portant sur des distances insoupçonnées
Montagnes       et plateaux moutonnés

Seront les futures étapes    à franchir
Et peut-être laisser,        pour l’avenir
Au delà d’autres monts,          l’espace
Garder, provisoirement une légère trace.

RC 14- 01-2012

 

( variation  sur   « un homme  sachant omettre »   )    voir le blog de « les idées heureuses »

texte de R. L. Stevenson à Will H.Low…

R. L. Stevenson étant l’auteur, justement  dans le contexte  du voyage, de Voyage avec un âne dans les Cévennes

—–

A titre  d’information   » Ce pas  et le suivant »  est le titre d’un roman superbe, ne serait-ce que par sa science des mots  et des phrases,  de Pierre Bergounioux,  cité  deux  fois  dans mes  publications précédentes.  Livre  au souffle fort,  édité  chez Gallimard.

—-

photo vue de Turquie – Capadocce,  sous la neige ,         photo Picasa


Juste avant la falaise – ( RC )

peinture  Claude Monet…  falaise dans le pays de Caux (  Dieppe )

Ce sont toujours les mêmes,

Ou bien les semblables,

Ces vagues qui viennent

Au pied de la falaise, insaisissables.

 

Ces vagues dont le choc palpite,

Résonnent au pied de la maison,

Celle que nous avons construite,

Ouverte sur l’horizon.

 

Te souviens -tu , amie

De la couleur, des murs

Que nous avions choisie,

Azur , comme celle d’un temps pur ?

 

De celle de la côte anglaise

Et le pré suspendu avant de chuter,

Juste avant la falaise,

Sous laquelle nous aimions nous promener ?

 

Mais le sourire s’en est allé,

Les couleurs ont perdu leur fard,

Avec l’arrivée de nuages, blafards ;

Et le gris s’est installé.

 

En couvrant de tristesse,

La maison où je vis seul,

Aux fenêtres, les rideaux linceul,

Que les vents pressent.

 

Cette maison au regard livide,

Vit maintenant sans tes caresses,

Quand, à l’envol des promesses,

Répondent les pièces vides…

 

Les volets battent sur la façade,

Les herbes se courbent sous un vent rude,

Les arbres, – d’abandon et de solitude,

Toutes les teintes sont devenues fades.

 

Face à la mer immense,

C’est comme un défi inutile,

Notre maison est comme une île,

Livrée à l’assaut des flots, sans défense.

 

Chacune des vagues pèse,

Ainsi, la côte recule,

Ainsi, mon cœur . Il bascule,

Et sera emporté aussi, au pied de la falaise.

 

Il suffit d’un jour de tempête,

D’un ouragan de rage,

Emportant tout sur son passage,

Et même les peines secrètes.

 

Je vis en terrain instable,

La mer peut bien venir,

Et tout recouvrir,

Comme un fragile château de sable.

 

RC – 8 décembre 2013


Au commencement est le geste, à la fin, la douleur ( RC )

Sculpture  Michel-Ange - Pièta  1498

Sculpture Michel-Ange – Pièta 1498

Il y a toujours un commencement, mais nous n’en avons plus mémoire,

Ou c’est celle, animale, de l’embryon que nous fûmes…

Aussi on nous dit la Genèse, le premier jour, la lumière, ( les contes fleuris de la création du monde ),

 ornent les missels, ou occupent les cadres dorés des musées.

 

…Le geste se prolonge à travers tous les corps      ( Bernard  Noël ),

,       et c’est de l’espèce commune,       oui,          de cerner, attentif à notre fonds commun.

 

Le sang circule donc dans les veines, et l’existence tutoie différences et préjugés,

C’est l’intérieur qui parle, ( le flux sanguin, se trouvant de la même couleur chez tout le monde)

Le geste est originel… Pêchant dans l’inconscient collectif.

Il se traduit en images,  parfois elles nous envahissent, car construites à notre semblance…

La Vierge est à ma portée, portant dans ses bras son fils mort, et affaissé.

Son immobilité et sa blancheur ,           sa dureté de marbre, quelle que soit l’habileté de l’artiste,                    lui ôtent sa chaleur.

Juchée sur son piédestal, et faussement accessible, le monde ne recommence pas avec elle,

au contraire, elle se substitue en mythe, aux mères des pays de famine, où toute mère, hurle à la vie enfuie, et qui s’est, au sens propre, arrachée d’elle.

S’il y a une genèse, il y a aussi celle de la douleur…. Il est des Pièta vivantes, ne prêchant pour aucune religion.

RC – 14 octobre  2013

Pogordski

Parodie de Pièta: ( une  de la série photographique  de G PODGORSKY )


Le moulin – ( RC )

peinture:       Pierre Mondrian

Au grand frottis du ciel,
S’égarent des écharpes grises,
Courant, sous la poussée du monde,
Soulever les écumes.

Mais en attendant qu’il se dénude,
Aux grands vents du mistral,
Ce sont les bras des moulins;
Ils offrent de grands cercles,

Et leurs ombres s’affolent,
Sur le sol, alors que se tendent,
Comme de grands papillons blancs,
Leurs toiles, sous la brise nue.

Le mouvement circulaire,
Se donne en moyeux et engrenages,
Il poursuit sa ronde à l’intérieur,
En poussant sa meule lisse.

Les jointures de bois, gémissent,
La récolte blonde
Se disperse en pluie d’ors,
Sous le parcours de la pierre,

Les sacs bruns se remplissent,
D’une farine si fine,
Qu’une partie s’en échappe,
Matière impalpable

Jouant dans les rais du soleil,
Et se déposant lentement ,
Sur tous les reliefs,
De la muraille de pierres.

Même le meunier et son assistant,
Ont la tête de l’emploi,
Recouverts de blanc,
Comme tout l’intérieur du moulin.

Ces sentinelles du vent,
S’ouvrent alors aux convois des ânes,
Revenant, lourdement chargés,
De la nourriture des hommes.

Pour la livrer de village, en village,
De fournil en fournil,
Où l’on suivra son sillage,
Rien qu’au parfum du pain cuit .

 

RC 16 novembre 2013

photo:                 moulins à vent plateau de Lassithi – Crète


Accords des souffles – ( RC )

photo:    Yusef Lateef, Cannonball Adderley

 

 

In a mellow tone,
Et la lune se pose,
Elle en est projecteur,
Sur le crâne luisant
Du trompettiste chauve.

In a sentimental mood,
Porte des espaces infinis,
Et peut-être la porte ouverte
Aux illusions,
Comme est la brillance du sax au noir.

Les bras  du bassiste,
Enserrent la silhouette de bois de
 » la grand-mère  »
Glissant sur les rails tendus,
Des cordes épaisses.

Il y a des rencontres,
Qui effacent en musique,
Le tangage des paroles,
Les rancoeurs des langages
Mal traduits.

Ici, les sons parlent
Aux silences,
Et le jazz se presse,
– pulsations cardiaques –
Sur notre coeur même.

La couleur des musiciens,
Importe peu.
Un miracle permanent,
Leur permet d’accorder
Leurs souffles.

Même dans le désespoir.

RC – 3 décembre 2013