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Archives de septembre, 2014

Fleurs noires d’écriture, sur papiers translucides.

 

photo:                Bernard Faucon

 

Les pages des recueils se détachent de mon esprit,
emportées par une brise ….         Elle s’est glissée

Par les fenêtres ouvertes de mes yeux
Même sans lumière, posés à l’intérieur.

Si tu veux les lire, comme du papier translucide,
Il faut d’abord les saisir au vol        ,

Leurs     fleurs noires d’écriture,
dansent devant les regards    qui s’approchent.

Elles s’enroulent doucement,
Chuchotant leur parole,

A celui qui les lit,      les consomme
Sans pour autant les consumer.

Ce sont des oiseaux blancs
Echappés           de l’ombre du coeur….

Si tu veux les suivre,
Les pieds décollés du sol,

Et parfois                la tête à l’envers          .
>         C’est s’immerger dans un tourbillon,

Où les repères basculent,
Comme quand tu te donnes,

Au silence d’un baiser,
Oubliant la pesanteur .


RC- août 2014

 

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Des instants, enrobés de l’épaisseur inconnue de la nuit – ( RC )

sculpture perso:  "le petit dormi"...  relief  inclus  dans un façade. (pierre)

–         sculpture perso:           « le petit dormi »… relief inclus dans un façade. (pierre)

 
Il y a des cloches qui tintent à la volée,
Elles résonnent en silence,
Répondent aux instants,
Enrobés de l’épaisseur inconnue de la nuit,
Quand nous marchons tous deux
Dans la voie mystérieuse du sommeil .

Ce qu’il reste d’une fête qu’on ignore …
Des regards plongés dans une profondeur,
Dont on ne sait plus rien,
Tournés à l’intérieur de notre être,
Fenêtre discrète du coeur.

Nous portons l’oubli dans notre esprit,
Et la beauté de la neige immaculée,
Que l’on découvre au matin,
Accordée à la musique de ta voix,
Quand je me réveille,
A tes côtés.


RC – sept 2014


Soleils artificiels – ( RC )

La ville jongle de soleils artificiels,
Tout s’agite et reluit,
On voudrait effacer du ciel,
Sa présence de nuit.

Les vitrines aux modèles sympathiques,
Reflètent le pinceau des phares,
Et la vieille qui erre,         l’air hagard,
Clignotée de néons,         épileptiques.

La fée électricité,
Se prostitue, à chaque carrefour,
Elle vante les accessoires de l’amour,
A grand renfort de publicités.

Lèvres peintes, fausse carnation…
Les avenues se prolongent et s’égarent,
Les clients titubent à la sortie du bar,
— Oubli de l’humaine condition

Qu’avalent bientôt      la circulation,
Les relents lourds,      et la crasse,
Hamburgers aux frites lasses,
Répondent à la situation .

Les trottoirs ne savent plus leur couleur,
Les hommes ne sont que silhouettes qui bougent,
Alternativement vertes, puis rouges.
Deux putains fardées, promettent le bonheur,

Peut-être une part de rêve,
De ceux auxquels on ne croit pas,
Echappés un quart d’heure au froid,
Une part de mort brève.

Entre les immeubles, c’est orange et miel
Tout s’agite                      et s’enfuit,
Cela sent la poussière et le trop cuit
…               la ville aux paradis artificiels .

RC – août 2014

 


Fumées de l’enfance – (RC )

Photo: Ryan McGinnis

 

J’ai mangé la couleur  des rires

C’était,           je me rappelle,

Celle  des  feuilles  de platane,

Qu’on brûlait,

Dans un coin de la cour,

 

Et la fumée  acre,

Des douleurs  de l’enfance

Lorsque qu’on se retrouve

Tout à coup,  déporté de soi,

Et de l’été insouciant,

 

Derrière de hauts murs,

Où le vent même,

Semble  s’arrêter,  debout …

 

La vie au-delà,

N’en est plus que l’image.

On la conserve pour soi,

Au long de la matinée,

Qui, lentement s’étire.

 

La circulation lointaine,

Les vendeurs  hélant les  chalands,

Sur la place  du marché,

Sont des échos  d’un monde,

Où l’on ne prend plus part        .

 

 

RC – juin 2014