Textes poétiques et d'actualité -nulle part ailleurs !

Archives de janvier, 2014

Sous la frise, la fraise au goût de groseille – ( RC )

photo: Emilio Sommariva. Nu féminin 1941-1942

Il y a une fraise , qui me regarde,

Qui me prend  dans l’étau
Sirupeux,.    —-  c’est un ciel d’été,
Il y fait toujours chaud,
Même si c’est sombre,
– M’aime  –  si je sombre,
Corps  et biens,
Petit soleil carmin,
Corps en étoile,
Joues  vermeilles,
Prolongent l’arche,
Là où te  te caches,
Monts et merveilles,
Dans une peau de velours,
Et sous la frise,
Fraise au goût de groseille,
A la source, je suis le roi,
Et bois
Tant que  je m’enivre,
De ta bouche  exquise,
Plongé dans l’oubli de moi,
Prêt à mourir heureux
Ayant quitté mes rives,
Sous ton regard en creux.
RC- décembre 2013

L’encre versée sur les amours – ( RC )

L’encre versée sur les amours, – on sait à quel point on s’attache….
Peu disent ,            des amants,         que cela fait tache…
Et puis de cette encre,          de ces plaisirs, et cris
On peut en retrouver la trace,              les écrits..

On dit bien que si les paroles s’envolent,  les écrits restent
Ils sont alors moins volatils           et impriment nos gestes
Aussi… à faire venir cette encre              par litres
Et à réécrire l’histoire, c’est              par chapitres

Qu’on la parcourt                                en toute saison
Et qu’on emménage                          en tous horizons
Au creux de son épaule,       à l’image de ton visage
Aux sensations de ses mains, c’est déjà un voyage

Qu’un printemps fait éclore par dessus les frontières
Aussi bien aujourd’hui , qu’on écrira l’hier
Du visible, en sensible, encres sympathiques
Je dessine, -mots et images- un portrait magnifique..

RC-
5 avril 2012

– petit commentaire perso:  — »  au creux  de ton épaule, pour ligne  d’horizon » ,  est extrait du texte  d’une  superbe chanson interprétée par Catherine leForestier   » au pays de ton corps »

Ce à quoi répondit Manouchka…

 Manouchka 
5 avril 2012 at 17 h 01 min

Une Larme versée,
Coule sur ton cou d’Ocre,
Comme une Huile parfumée,
Sur nos Vies médiocres…

Par delà la Lumière,…

…  suite visible  dans les  commentaires  à « Messager de l’art »

Accompagnement pictural:  Andrew Wyeth,  peintre américain au style réaliste très particulier,

qui est un des grands maîtres  de l’aquarelle,                             dont je montre  deux  exemplaires, extraits du

livre  « la Suite Helga »  (  toute une  série  étant consacrée à sa compagne, Helga ), au physique un peu « rude »

mais par rapport à laquelle, le peintre  arrive  vraiment  à nous transmettre une sensualité impressionnante..

d’autres  accompagnements  dans mes posts  précédents  montrant d’autres  oeuvres  de la suite Helga …., par exemple  trois  posts  avec des textes  de  l’écrivaine  Else Lasker-Schüler..., ou bienici 


Fruits noirs ( RC )

       photo:          Jussi Aalto

 

Sans qu’on y prenne garde,
Le ciel se tisse du grillage
Sombre des branches.
Elles  s’étendent  chaque année,
Et chaque année,
Grignotent un peu plus d’espace,

Au point de parfaire une voûte
Et d’arriver à se rejoindre,
En confisquant le peu de lumière,
Stagnante, sous les dernières
Feuilles de novembre,
La sève lentement rétractée.

Une pluie insistante, et froide,
Corrode la symphonie des ocres
En une bouillie sombre et gluante…
Les buissons moroses abritent
Aussi des fruits noirs,
A la densité lourde.

Ils pèsent de leur deuil,
Leur poids d’approche hivernale,
Et font oublier les envolées légères,
Des passereaux insouciants,
Qui se poursuivaient
Dans l’azur cristallin.

Ce sont des corbeaux    ;
Et leur noir luisant,
Semble une menace anthracite,
Barrant quelque part,
De branche  et branche
La lumière et la joie .

Les nuits rechignant à céder
Aux matins,
Ceux-ci sont froids
Parcourus de frissons,
Et l’écho triste
De leur coassement.

RC   – janvier 2014

en écho à un texte  de Nérée Beauchemin, qui justement  a pour  titre :  « corbeaux »


Oiseau-pêcheur – ( RC ) – haïku

–                                    Photo – Guy Lestievent

Les cercles s’agrandissent

La tête en dedans , oiseau-pêcheur ,

Froissement de l’eau .

Janvier 2014


Le concert des fausses notes – ( RC )

retable d ‘Issenheim : tentation de St Antoine

Les cors essoufflés font avec, les violons langoureux
Un dialogue grisé,        qui éteint le décor.
La symphonie fantastique a mille retours

Gnomes et djinns me soufflent au visage
Une haleine soufrée, des cloches fêlées
Les héros politicards,        vite endormis

Aux matières sournoises, se drapent dans le pourpre
Et s’entourent de mains molles,
D’anciennes affiches pendantes, en clones plats

Le miroir                   n’a plus à raconter l’avenir,
L’humanité pleure, le concert des fausses notes
Les saxophones barbotent en faux airs enjoués,

Le fossoyeur,            jette une tasse brisée
Avec les fleurs passées du retable d’Issenheim,
Les tarots alignés,           montrent bâtons,

Les mères pleurent leurs fils partis
–            Combattre d’autres enfants,
…..L’au delà des frontières, appelle chimères.

Chaque coup marqué par les timbales
– cerne le présent , celui d’ ici –
Les hennissements des trompettes…

Après la “marche au supplice’
>                          Rendez-vous sous l’horloge…
… maintenant avec des chiffres,       elle égare ses aiguilles

Qui défilent, et le progrès qu’on emballe;
Cacophonie ouatée,             cuivres ternis
Les pères ont disparu –    On leur a menti

–                                   La fumée jaunasse des usines
Au dernier mouvement,        noie bientôt l’orchestre…
Et ses ressacs d’un matin.           – insolvables –

RC – 22 septembre 2012

( composé au souvenir d’un panneau du retable d’Issenheim, de Grünewald,             dont la
reproduction illustrait la “symphonie fantastiques ” de Berlioz )

Caricature d’Hector Berlioz          par Etienne Carjat, 1858

S’arracher au sol – ( RC )

art: boîte de Joseph Cornell

art:         boîte de    Joseph Cornell


La tête à l’envers,
Montée sur l’échelle,
Quelque part sur la terre,
Au delà du ciel,

Crevant les nuages
Après l’ascension lente,
Que rien ne décourage,
Même pas les pentes,

D’abruptes avancées,
Et de rochers branlants
Aux horizons fermés
Et leurs glaciers luisants.

Comme des mâts de cocagne,
Plantés comme un défi,
Au milieu de la campagne,
– caprices de topographie…

Alors , il est bien tentant,
De s’arracher au sol
Combattre la pesanteur en la bravant
Pour prendre son envol.

Il est tombé, le soir,
Sur le Mont Aigoual,
Tu vas mieux pouvoir
Observer les étoiles,

Que depuis son observatoire
Et croiser les satellites
Dans la nuit noire,
D’un espace sans limites …

Les cheveux de couleur
Des aurores boréales,
Feront ton bonheur,
D’un vol sans escale

En chevauchant Pégase,
Et ses ailes ,   sur l’air,  appuyées ,
Ignorant les cases,
Des jeux de société.

Tu iras bercer les lunes
Dans tes bras blancs
Survoler les dunes,
Et les soleils aveuglants.

Et les pays lointains,
Dont tu rêvais,
Seront à portée de main,
Et même si près,

Que la planète te semble
Bien petite , ma foi,
Même si elle tremble,
Encore, et aussi de froid

Pour les habitants de la terre,
Il serait aussi passé de mode,
De se faire la guerre,
Même aux antipodes….

Fini le temps des nations,
Des bains de sang,
Et de la désunion,
Tu auras bien le temps

De faire un petit tour et revenir,
Accrochée à une étincelle
Le temps d’un soupir,
Et d’un coup d’aile….

RC-  janvier 2014


Edmond Hameau – L’Auditoire

peinture: Enrico Baj

peinture/ collage  :                             Enrico Baj

 
Combien sont hautainement tristes
Dans ce rouge lointain
Les navires pansus — dromadaires pensifs
Voici cachés par leurs crinières
Les lions valeureux
Aux gorges cloutées de fleurs
Une souris
Même la plus besogneuse
Ne grignote point le silence
Consciente de l’instant grave
Les renards la contemplent de leurs grands yeux bleus
Avec une malice de lumière dans leur œil

De fille rousse
Et voici une vache puissante

en posture de veuve fanée
Avec le même relâchement des bajoues
Ira faune sévère se lamentant
Dépasse en majesté
Le jugement des Ecclésiastes
Des Cyclopes
Et des trompettes
Qu’il est long
D’un insoutenable jaune
Dans sa tristesse souveraine
Cet auditoire vache-et-baleine
Planté de face
Bardé de couteaux
De ferrailles
Résonnant d’hystériques tambours
Lorsque vers l’abîme

Nous nous précipitons
Les jambes écartées

(Edmond Hameau)


Masque – ( RC )

masque  Baoulé de     Côte d’Ivoire

La magie du masque,
Ne dit rien que son visage noir,
Le bois creusé, que l’on dirait
Moulé sur un corps,

Un abri, derrière lequel
Il se réfugie,           –
–    … Je suis en compagnie,
D’un esprit.

L’ombre d’une face,
L’épreuve du silence,
Laissant sa trace,
Au-delà des gestes  ;

Ceux de la danse,
Le lien vers un peut-être,
Sévère et magnifique,
De traduction magique

C’est une patine offerte,
Repoussant la lumière,
Happée vers l’intérieur,
Vers des mots d’une autre langue

Et qu’on protège  des regards,
Du commun des humains.
Les lignes de ses formes fondent sa force,
Son action saluée , bénéfique,

Quand le masque  est de sortie,
Chassant en conviction,
Les mauvais esprits,
Les mauvaises récoltes

Viens demain,
Sans lui, en habit de paille,
Remise-le dans l’ombre,
Les yeux fermés

La bouche ouverte,  …
Le masque sacré
Veille même sur la nuit
Et aussi notre destin.

RC – décembre 2013

masque africain- Afrique centrale

masque africain- Afrique centrale


Malgré le tumulte – ( RC )

art aborigène

art aborigène

Le coeur en trombone,
S’étire sous les aurores,
Et ulule en coulisses,

Au soleil enfui,
Dérobé par ceux,
Qui font commerce

Des mirages, au profit,
Des étincelles,
Des heurts des planètes,

Egarant quelque part,
Dans les aurores boréales,
Leur limaille de sève,

Leur vapeur d’océans,
Quand l’horizon ondule,
Et la terre se liquéfie.

Alors, protégeant de tes mains,
Ce qui peut échapper à la tempête,
Tu t’abrites ,

Sous les feuilles de bananier,
Avec ce qu’il reste de feu,
Le don de Prométhée,

Pour transmettre à ton tour,
Un peu de lumière,
En gardant ta foi,

Malgré le tumulte.


Toi qui négliges, repousses, le froid qui épuise – ( RC )

montage  perso

montage perso

Ignores-tu les lendemains qui dessaoûlent ?

Ainsi, n’amasse pas mousse, la pierre qui roule..

Tu fonces, droit,

_

Ajustant des pas – maladroits,

Mais enveloppée de lumière,

Tu passes légère,

_

Toi qui négliges

Et repousses le froid qui épuise,

Et , les dents qui crissent.

_

Ton fruit est lisse,

Contre les petites pommes rétrécies,

Que l’on trouve aussi,

_

Oubliées dans les paniers,

Des jardiniers

Où se dilapide,

_

Les autres en rides.

Ignorant , tout autant,

Les traverses du temps.

_

Ainsi, à tire d’ailes,

Tu voles, éternelle,

Et planes sans bruit.

_

C’est peut-être une vue de l’esprit,

Des rayons que tu projettes,

– A l’intérieur de ma tête,

_

Mais toujours cet attrait,

Précédé de ton portrait,

Où tu traverses , indifférente,

_

Les obstacles et les pentes.

On dira , que tu te promènes,

En habits de reine,

__

RC – 25 novembre 2013

_