Textes poétiques et d'actualité -nulle part ailleurs !

peinture

Une naissance en peinture – ( RC )

Diebenkorn Coffee

                             peinture:  Richard Diebenkorn

Vêtue d’inachevé,
ce n’est pas ton visage
qui émerge de l’eau,
et ton rire blessant la toile .
Ta peau est fluide,
et personne n’écope,
les éclaboussures
étoilant ta robe .

Tu émerges juste de la couleur :
Il suffirait de presque rien,
pour que tu retournes
dans l’anonymat
….      – te diluant dans les glacis,
      et les coulures ,
dissimulée par les larmes,
de la peinture:

Celle-ci n’est pas sèche ,
et colle encore aux doigts.
Il y a, sur eux
comme une saveur marine…
teintée d’essences :
C’est une apparition :
–       sous les pinceaux,
         j’assiste à ta naissance .

RC – avr 2016

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Les nouvelles du sel et du vent – ( RC )

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peinture:         Emil Nolde    effet de lumière  sur la mer  1901

L’horizon est lisse
       Aucune voile ne vient
       Aucun bateau ne glisse
>   Et je me souviens
Que tu t’embarquas, joyeuse
pour ce lointain pays
Où tu serais heureuse
d’après ce que l’on dit -.

Car je n’ai de nouvelles
que celles du sel
          et aussi du vent
qui arrivent,  dorénavant  .
Je guette l’immensité liquide,
tout au long du jour,
mais la mer reste vide ,
–        et l’absence est son contour.

RC – avr 2016


Un sol, que rien n’hérisse – ( RC )

peinture:       Anselm Kiefer

 

Comme  sous  le couteau  du peintre,
Un gris dense plombe  un ciel,
Juste  strié  d’ailes noires,
Envol furtif au coeur du froid ;

Les signes dessinés des branches,
Patientent, immobiles,
Attendant un frémissement  de la terre,

Elle  qui se cache
Sous une  couverture  blanche,
Mate comme sont les bruits,
Vite absorbés par le silence.

Même les voix ne semblent plus oser,
Franchir l’espace immaculé.
De connivence avec le gris ,

Les nuances  sont  de lumière;
Et à part les chemins,
Qui rayent , de lignes fines
Champs et collines

Il semble  que tout soit uni,
Sous la laine  de l’hiver,
Toutes différences  abolies,

Des nuages  diffus traversent
Monts  et vallées
Et sans effort,  glissent,
Au-dessus du sol, que rien n’hérisse.

Les barbelés, délimitant les surfaces,
Ont été  gommés, en une nouvelle  naissance,
Les pentes sont redevenues vierges.

Les couleurs  se sont englouties,
Les pays ne connaissent plus de frontières …
De la terre, la neige  s’est faite  complice
La saison tisse doucement, le manteau lisse.

peinture: Charles Daubigny Neige près de Valmondois


L’effet multiplicateur – ( RC )

 

peinture  A  Modigliani

peinture A Modigliani

 

 

 

 

 

Du côté espoir,

Il suffit d’un regard
Pour traverser le miroir.

Ainsi les rêves m’apportent
Ton sourire , en quelque sorte,
Ouvrant tout grand d’autres portes.

Je ne saurai dire si c’est le bonheur,
quand s’ouvre sur le cœur,
Son effet multiplicateur ;

Et du miroir, à facettes…
Une atmosphère de fête
se bouscule dans ma tête .


La matière des suppositions – ( RC )

peinture: Maurice Brianchon

peinture: Maurice Brianchon

 

Il est  si difficile  de te trouver,
de dire  où tu es,
quelque part,
et d’ailleurs , puisque  le temps,
nous pousse un peu plus loin,
et d’abord  hors  de nous-même,
as tu seulement encore  quelque  chose,
de commun, avec celle  que tu étais ?

une flamme  vacille,
est-ce  la mémoire  qui flanche ?
ou est-ce elle  qui  tourbillonne,
lente,  diffuse  :
des ombres  se sont  détachées
de la musique  du monde :
Tout un monde lointain,
qui avale les journées.

Et l’absence,        ingrate,
elle,     se déplace pourtant, toujours  .
–    la boucle  d’un retour,
–    le poids d’une pierre,
qui pèse  sur le lac,
condamné à l’horizontale.
Peut-être vis-tu entre deux eaux,
des pensées parallèles…

Les univers seraient  clos,
le principe des vases communicants
n’auraient plus cours.
Il faut se contenter des ombres,
et des suppositions  .

RC – juillet  2015


A travers la joie – ( RC )

peinture:  auteur  non identifié

                              peinture: auteur non identifié

 


 

D’abord, on se voit…
A travers la joie,

Ce sont des larmes qui coulent,
Les cheveux qui collent
Et la joie, qui  saoûle,
Plus besoin d’alcool…
Ton visage est humide…
Est-ce à cause des rires ?
Tu as comblé le vide,
Délires et désirs.
Comme on se love
Roulés en boule…
Ils ont la vie sauve,
Tout en découle…

Nous allons  noyer
Notre chagrin,
Sans nous apitoyer,
…Avec nos mains
On se voit,
L’un dans l’autre..
( Ces regards où on se noit,
Ce sont les nôtres ).

Nous sommes trop proches
Au plus près,
Les yeux dans les poches,
– Comme si c’était exprès,
On ne se voit plus -,
Nous ne faisons qu’un,
Sans être pourtant perdus…
>  Un transport en commun,

Celui des ailleurs…
Je penserai à demain,
Et ton visage rieur,

Nous nous tiendrons par la main.

RC – sept  2014


Porté sur la face claire des nuits – ( RC )

Peinture: Odilon Redon

Pastel   : Odilon Redon

 

Je revois  sur une  toile  , ce visage
Le regard  lointain, comme  détaché  du monde,
Essayant derrière  moi, de déchiffrer les ombres,
Les équilibres  instables  du vent, et la face ignorée des jours…

Ou peut-être simplement,
Un regard qui ne voit pas,
Mais qui en est , à reconstruire,
L’écheveau des rêves :
L’ailleurs porté sur la face claire des nuits,
Où on traverse des instants
Si loin ,   du poids  du corps ,

Qu’on pourrait apercevoir
Au milieu de la lumière noire,
Des éclats  de couleur ,
Engendrés par les effluves d’une terre
Qui se repose de la fatigue du jour,
Et laisse une mémoire ,
Libérée de son carcan .

C’est un envol vers d’autres  contrées ;
Les explorer se fait sans peine .
Il n’y a pas de limites,
Et aucune frontière ne la retient prisonnière.


I see on a canvas, this face
The distant look, as detached from the world,
Behind me ,trying to decipher shadows
The unstable condition of the wind, and the ignored face of the days …

Or maybe just,
A look that does not see,
But who is to rebuild,
The web of dreams:
Other places focused on the face of clear nights,
Where we cross moments
So far, of the body weight,

We could see
Amid the black light,
Color bursts,
Caused by the smell of an earth
That sits of the tiredness of the day,
And let a memory,
Freed from its shackles.

It is a flight to other countries;
Explore them ,is done easily.
There are no limits,
And no border holds it prisoner.


Au contre-jour des flammes – ( RC )

peinture: Jorge Castillo

peinture:   Jorge Castillo

 

Il y a une ombre.
Elle  danse,
Transcende
les formes,
selon le caprice du feu.

Des dents  s’en élancent,
illuminent l’âtre…
Une  coque ardente,
s’échappe des cendres.
On ne peut la saisir,
sans se brûler
les doigts.

Et aussi ton ombre,
insaisissable,
projetée sur les meubles,
agrandie  au mur,
mouvante.

Mais tu es là,
Au contre-jour
des flammes,
A portée de mains,
tiède, ondulante,
sculptée  de lumière
orange.

La joie y danse,
J’en suis les courbes,
les dessine avec mes mains,
sans me brûler …

…  quoi que   !

 

RC


La fleur insolente d’une résistance – ( RC )

peinture:  auteur  non identifié

peinture: auteur non identifié

 

 

Il y a un espace blanc   ;
Il semble  que plus  rien  ne l’habite,
Sauf cet arbre,
isolé au milieu.

Au milieu d’un néant stérile,
Surgi des goudrons  et graisses,
Hérissé de son tronc,
Comme au milieu  de la haine.

Une haine qui a tout calciné,
réduit en cendres,
le passé trompé,
Là où vivre encore ne semble plus possible.

L’amour, pourtant, s’est fait geste  ,
et a tiré de la zone indistincte  ,
De quoi fleurir encore une fois  :
Une plante vivace au milieu d’un désert    .

Elle  s’offre  sous l’aride   ,
Un mirage sous le réel    ,
Un rêve oublié qui s’affirme ,
Avec la fleur insolente de la  résistance .

RC- avril 2015


Nuit de pluie, pluie de joie – ( RC )

peinture: Jorge Castillo

peinture: Jorge Castillo

Pluie de joie,

Rêves au dessus de la brume,

Collines qu’un soir allume,

Lisière des bois

 –

En bordure d’océans,

Matin blotti dans les voiles,

A la belle étoile,

Pluie de rêve blanc

 

RC-  sept  2013