Textes poétiques et d'actualité -nulle part ailleurs !

peinture

Debout devant la fenêtre – ( RC )

 

 

centre G Pompidou  -  expo cubisme  P Mondrian.JPG

 

peinture:       Piet Mondrian

 

Je vais rester debout
devant la fenêtre,
scotché contre la vitre,
à attendre      je ne sais quoi,
regarder la rue terne,
striée d’obliques pluies .

Des copeaux de lumière
pénètrent encore dans la pièce ,
mais l’ombre gagne du terrain.
L’attente s’allonge de même.
Mon souffle a fait de la buée sur le verre
je pourrais tracer avec mon doigt

quelque chose:         un signe,
une formule magique ,
une jolie fleur ,    un coeur,       ou bien,
simplement,                        ton prénom,
pour que tu reviennes…
( on se sait jamais ) .

Mais le jour a fini par sombrer,
corps et biens,
il ne sert plus à rien
de regarder dehors:
l’horizon s’est bouché .
Tout est indistinct.

Indistinct aussi
ce qui se passe en moi,
–  autant il est difficile de trier
entre colère, tristesse et remords .
C’est pourquoi je reste debout,
à la fenêtre ,           condamné .

— jusqu’à ce que l’amour s’en suive …
( s’enfuie…)


RC – sept 2017


C’est l’aube, et je ne le sais pas – ( RC )

Résultat de recherche d'images pour "edvard munch death"

peinture : Edward Munch –  mort de la mère, et l’enfant    1898

 

Il y a comme les ailes lourdes du sommeil.
Elles s’abattent sur moi, même les yeux ouverts ,
L’océan gronde ses vagues naissantes.
L’obscurité palpite à mes pieds :
ce sont les doigts de la mort ,
battant comme le ressac.


C’est l’aube et je ne le sais pas .

Mon ombre se confond avec mon corps :

il y a de la nuit dans mon regard ,

qui contemple le soleil,

comme une ombre noire  .


RC – mars 2018

 

(  d’après un texte  de Al Pizarnik : « comme les doigts »  )


Des êtres qui mangent les étoiles – ( RC )

–     Yuri Gagarin 20858624620.jpg

Ce sont ces êtres

qui mangent les étoiles,

leurs dits de poètes,
sont comme des comètes,
qui voyagent dans l’univers,
et finissent par retomber
après avoir enfanté
des lucioles,
des rêves d’enfance,
et quelques graines de folie.

Il y en a qui
nous ramènent les pieds sur terre,
qui nous parlent de la guerre,
rappelant que les larmes
ne sont jamais très loin.
Ne leur en voulez pas,
s’ils font tourner les galaxies,
à l’envers.
Leur sang est de fleurs
et de soupirs.

Pourquoi sont-ils
toujours ailleurs,
dans l’échelle des valeurs
et si bon marché ?
C’est que les mots
appartiennent à chacun,
que tout le monde peut les prendre.
Ce sont des diamants accessibles
qui, malgré les apparences
ne sont pas à des années-lumière.

Pour voyager avec eux,
il n’y a pas besoin de fusées,
d’engins interplanétaires :
leur écriture est un mystère,
un voyage initiatique,
le jeu des images,
des métaphores et raccourcis,
nous emporte dans leurs écrits.
Pour voyager avec eux,
il suffit de les suivre .


RC


Faire de son image, le deuil – ( RC )

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Tout a un début, tout a une fin :
Je n’apprendrai à personne
Que, commençant par un beau matin
d’été, on se retrouve vite à l’automne…

Tu as beau tourner le miroir
dans tous les sens
Tu te vois entouré de noir :
c’est une présence

où le décor s’engloutit
dans un incendie sans flammes :
c’est peut-être ce qui embellit
une partie du drame ….

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Ce n’est pas ce que tu imagines :
Il ne suffit pas de déchirer les feuilles
du magazine,
pour faire de ton image, le deuil.

Dans cet incendie froid,
cette glace limpide,
que la glace soit à l’envers, à l’endroit,
ton visage reste le même, couvert de rides.

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Ce portrait trompeur
cette peau flasque ,
supportant son poids d’heurs :
c’est un masque

dont jamais tu ne te défais   :
tu ne peux le déchirer :
c’est un auto-portrait
qui ne fait qu’empirer .

Il n’y a pas de camouflage
dans les peintures de Rembrandt,
mais seules ,  les marques de l’âge
– quelque peu discordantes .

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Et un jour la mort,
( qui jouait la patience ),
s’extrait soudain du décor…
– en toute innocence…

Elle, qui restait discrète, enfin
prend toute la place :
Du miroir sans tain,
ton image s’efface…

RC- avr 2016


Alchimie patiente des mots – ( RC )

-parapluie

Peinture en duo avec J Hemery 1998

 

Assis au bord de son âme,

C’est une plongée dans le pourpre,

L’ombre, le sang

L’ âpreté des non-retours   ;

 

S’il faut chercher dans la succession des saisons,

De quoi fondre le secret des paroles,

Celles qui            quelques instants avant,

étaient tues…

>        Alors, de quelques pierres lourdes,

Et papiers froissés :

Faire naître les ors…

Alchimie patiente des mots ;

Ils se tissent les uns aux autres,

Restituent comme une naissance du jour,

Doigts de lumière posés sur le monde.

RC – juill  2015


Une naissance en peinture – ( RC )

Diebenkorn Coffee

                             peinture:  Richard Diebenkorn

Vêtue d’inachevé,
ce n’est pas ton visage
qui émerge de l’eau,
et ton rire blessant la toile .
Ta peau est fluide,
et personne n’écope,
les éclaboussures
étoilant ta robe .

Tu émerges juste de la couleur :
Il suffirait de presque rien,
pour que tu retournes
dans l’anonymat
….      – te diluant dans les glacis,
      et les coulures ,
dissimulée par les larmes,
de la peinture:

Celle-ci n’est pas sèche ,
et colle encore aux doigts.
Il y a, sur eux
comme une saveur marine…
teintée d’essences :
C’est une apparition :
–       sous les pinceaux,
         j’assiste à ta naissance .

RC – avr 2016


Les nouvelles du sel et du vent – ( RC )

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peinture:         Emil Nolde    effet de lumière  sur la mer  1901

L’horizon est lisse
       Aucune voile ne vient
       Aucun bateau ne glisse
>   Et je me souviens
Que tu t’embarquas, joyeuse
pour ce lointain pays
Où tu serais heureuse
d’après ce que l’on dit -.

Car je n’ai de nouvelles
que celles du sel
          et aussi du vent
qui arrivent,  dorénavant  .
Je guette l’immensité liquide,
tout au long du jour,
mais la mer reste vide ,
–        et l’absence est son contour.

RC – avr 2016


Un sol, que rien n’hérisse – ( RC )

peinture:       Anselm Kiefer

 

Comme  sous  le couteau  du peintre,
Un gris dense plombe  un ciel,
Juste  strié  d’ailes noires,
Envol furtif au coeur du froid ;

Les signes dessinés des branches,
Patientent, immobiles,
Attendant un frémissement  de la terre,

Elle  qui se cache
Sous une  couverture  blanche,
Mate comme sont les bruits,
Vite absorbés par le silence.

Même les voix ne semblent plus oser,
Franchir l’espace immaculé.
De connivence avec le gris ,

Les nuances  sont  de lumière;
Et à part les chemins,
Qui rayent , de lignes fines
Champs et collines

Il semble  que tout soit uni,
Sous la laine  de l’hiver,
Toutes différences  abolies,

Des nuages  diffus traversent
Monts  et vallées
Et sans effort,  glissent,
Au-dessus du sol, que rien n’hérisse.

Les barbelés, délimitant les surfaces,
Ont été  gommés, en une nouvelle  naissance,
Les pentes sont redevenues vierges.

Les couleurs  se sont englouties,
Les pays ne connaissent plus de frontières …
De la terre, la neige  s’est faite  complice
La saison tisse doucement, le manteau lisse.

peinture: Charles Daubigny Neige près de Valmondois


L’effet multiplicateur – ( RC )

 

peinture  A  Modigliani

peinture A Modigliani

 

 

 

 

 

Du côté espoir,

Il suffit d’un regard
Pour traverser le miroir.

Ainsi les rêves m’apportent
Ton sourire , en quelque sorte,
Ouvrant tout grand d’autres portes.

Je ne saurai dire si c’est le bonheur,
quand s’ouvre sur le cœur,
Son effet multiplicateur ;

Et du miroir, à facettes…
Une atmosphère de fête
se bouscule dans ma tête .


La matière des suppositions – ( RC )

peinture: Maurice Brianchon

peinture: Maurice Brianchon

 

Il est  si difficile  de te trouver,
de dire  où tu es,
quelque part,
et d’ailleurs , puisque  le temps,
nous pousse un peu plus loin,
et d’abord  hors  de nous-même,
as tu seulement encore  quelque  chose,
de commun, avec celle  que tu étais ?

une flamme  vacille,
est-ce  la mémoire  qui flanche ?
ou est-ce elle  qui  tourbillonne,
lente,  diffuse  :
des ombres  se sont  détachées
de la musique  du monde :
Tout un monde lointain,
qui avale les journées.

Et l’absence,        ingrate,
elle,     se déplace pourtant, toujours  .
–    la boucle  d’un retour,
–    le poids d’une pierre,
qui pèse  sur le lac,
condamné à l’horizontale.
Peut-être vis-tu entre deux eaux,
des pensées parallèles…

Les univers seraient  clos,
le principe des vases communicants
n’auraient plus cours.
Il faut se contenter des ombres,
et des suppositions  .

RC – juillet  2015


A travers la joie – ( RC )

peinture:  auteur  non identifié

                              peinture: auteur non identifié

 


 

D’abord, on se voit…
A travers la joie,

Ce sont des larmes qui coulent,
Les cheveux qui collent
Et la joie, qui  saoûle,
Plus besoin d’alcool…
Ton visage est humide…
Est-ce à cause des rires ?
Tu as comblé le vide,
Délires et désirs.
Comme on se love
Roulés en boule…
Ils ont la vie sauve,
Tout en découle…

Nous allons  noyer
Notre chagrin,
Sans nous apitoyer,
…Avec nos mains
On se voit,
L’un dans l’autre..
( Ces regards où on se noit,
Ce sont les nôtres ).

Nous sommes trop proches
Au plus près,
Les yeux dans les poches,
– Comme si c’était exprès,
On ne se voit plus -,
Nous ne faisons qu’un,
Sans être pourtant perdus…
>  Un transport en commun,

Celui des ailleurs…
Je penserai à demain,
Et ton visage rieur,

Nous nous tiendrons par la main.

RC – sept  2014


Porté sur la face claire des nuits – ( RC )

Peinture: Odilon Redon

Pastel   : Odilon Redon

 

Je revois  sur une  toile  , ce visage
Le regard  lointain, comme  détaché  du monde,
Essayant derrière  moi, de déchiffrer les ombres,
Les équilibres  instables  du vent, et la face ignorée des jours…

Ou peut-être simplement,
Un regard qui ne voit pas,
Mais qui en est , à reconstruire,
L’écheveau des rêves :
L’ailleurs porté sur la face claire des nuits,
Où on traverse des instants
Si loin ,   du poids  du corps ,

Qu’on pourrait apercevoir
Au milieu de la lumière noire,
Des éclats  de couleur ,
Engendrés par les effluves d’une terre
Qui se repose de la fatigue du jour,
Et laisse une mémoire ,
Libérée de son carcan .

C’est un envol vers d’autres  contrées ;
Les explorer se fait sans peine .
Il n’y a pas de limites,
Et aucune frontière ne la retient prisonnière.


I see on a canvas, this face
The distant look, as detached from the world,
Behind me ,trying to decipher shadows
The unstable condition of the wind, and the ignored face of the days …

Or maybe just,
A look that does not see,
But who is to rebuild,
The web of dreams:
Other places focused on the face of clear nights,
Where we cross moments
So far, of the body weight,

We could see
Amid the black light,
Color bursts,
Caused by the smell of an earth
That sits of the tiredness of the day,
And let a memory,
Freed from its shackles.

It is a flight to other countries;
Explore them ,is done easily.
There are no limits,
And no border holds it prisoner.


Au contre-jour des flammes – ( RC )

peinture: Jorge Castillo

peinture:   Jorge Castillo

 

Il y a une ombre.
Elle  danse,
Transcende
les formes,
selon le caprice du feu.

Des dents  s’en élancent,
illuminent l’âtre…
Une  coque ardente,
s’échappe des cendres.
On ne peut la saisir,
sans se brûler
les doigts.

Et aussi ton ombre,
insaisissable,
projetée sur les meubles,
agrandie  au mur,
mouvante.

Mais tu es là,
Au contre-jour
des flammes,
A portée de mains,
tiède, ondulante,
sculptée  de lumière
orange.

La joie y danse,
J’en suis les courbes,
les dessine avec mes mains,
sans me brûler …

…  quoi que   !

 

RC


La fleur insolente d’une résistance – ( RC )

peinture:  auteur  non identifié

peinture: auteur non identifié

 

 

Il y a un espace blanc   ;
Il semble  que plus  rien  ne l’habite,
Sauf cet arbre,
isolé au milieu.

Au milieu d’un néant stérile,
Surgi des goudrons  et graisses,
Hérissé de son tronc,
Comme au milieu  de la haine.

Une haine qui a tout calciné,
réduit en cendres,
le passé trompé,
Là où vivre encore ne semble plus possible.

L’amour, pourtant, s’est fait geste  ,
et a tiré de la zone indistincte  ,
De quoi fleurir encore une fois  :
Une plante vivace au milieu d’un désert    .

Elle  s’offre  sous l’aride   ,
Un mirage sous le réel    ,
Un rêve oublié qui s’affirme ,
Avec la fleur insolente de la  résistance .

RC- avril 2015


Nuit de pluie, pluie de joie – ( RC )

peinture: Jorge Castillo

peinture: Jorge Castillo

Pluie de joie,

Rêves au dessus de la brume,

Collines qu’un soir allume,

Lisière des bois

 –

En bordure d’océans,

Matin blotti dans les voiles,

A la belle étoile,

Pluie de rêve blanc

 

RC-  sept  2013


Long est encore le chemin du calvaire – ( RC )

 

,Adriaen Pietersz van de VENNE,          Danse de la mort ,      1630

 

Dans la rue je fixe les morts et me moque des vivants .

J’emprunte un masque, à mon corps défendant,

Et souris , derrière lui ,         pestiféré,

Aux mensonges maintes fois proférés.

Je ne pourrai plus rien faire,

Que creuser loin dans la terre,

Fuir la tourmente et les vents,

Les grains de sable, s’infiltrant entre les dents.

Ceux qui restent – des vivants encore debout

Sont pourtant       collés à la boue ;

Ils ne se savent pas encore condamnés,

Et             par l’air,  emprisonnés.

Plus que quelques minutes avant l’éclatement des cellules,

Déjà, le sang qui me reste,     coagule

C’est un arbre en moi,        qui se fige,

Me transperçant de ses tiges.

Long est encore le chemin du calvaire,

Sous mes pieds grouillent      les vers,

Avides de ma chair        en lambeaux,

Dans le festin d’un tombeau.

Je fais le tour du propriétaire,

Avant de sauter,     les pieds joints,      en enfer

De la bordure du Styx,         on en devine la rive

Et, comme  il se dit :…                     »  qui m’aime me suive  « .

 

RC  – août 2014

 

 


Chaque chapitre ouvert – ( RC )

peinture:  lectrice - Elisabeth Buschsel

peinture: lectrice –                                Elisabeth Büchsel

 

A marcher sous la pluie,
Et tracer hésitante,
Un chemin, qui contourne
Les buissons et les orties,
Tu laisses au passage,
La trace de tes mots,
Comme                imprimés,
Dans l’argile encore fraîche,
de ma conscience.

Tu vois,    malgré la pluie,
Maintes fois ressassée,
L’argile n’est pas retournée,
Informelle ,     à son indifférence.
Je vais en garder le souvenir,
Modelé,              comme un vase,
De l’ empreinte de tes doigts
J’apprenais à lire,
A goûter la saveur du poème.

C’est un héritage fragile ,
Mais marquant les années.
Ainsi, la marque de ton sillage ,
Ne s’est pas dissoute dans l’absence.
Je n’ai pas besoin
Du fardeau les livres,
Pour apprendre à déchiffrer le monde .
Chaque chapitre ouvert,
Me parle un peu de toi .

 

 

RC – avril  2014


Largeur d’air – ( RC )

 

peinture perso   1990

peinture perso 1990

 

La largeur de l’air

Compense le déficit des coeurs,

 

Et planter l’échelle,

En ce jardin,

L’appuyer sur les nuages,

Est-ce une vue de l’esprit,

Auquel répondent les courants d’air  ?

 

Et ce jardin fleurit toujours

Grâce à tes gestes…

 

… même les plus ténus.

 

 

RC – avril 2014


Une gerbe de fleurs à cueillir – ( RC )

aquarelle perso -  Bordeaux  2012

        aquarelle perso              –            Bordeaux 2012

 

 

 

Les songes basculent dans la nuit en devenir,

Nos yeux anéantis,                 délivrés du jour,

Sous la caresse des soupirs,

Ne contiennent plus        les parcours,

Aux creux des draps repoussés

Il n’y a même plus d’espace       entre nous,

Juste le temps des voeux exaucés

Et des rêves les plus fous.

 

 

Au coeur en liesse,           sa danse,

Tu prends toute la place,

Et rythmes                   ta cadence,

Occupant tout l’espace,

Prêté à la beauté,

Dont tu es le royaume,

Même invisible,        dans l’obscurité,

Et de mes blessures,        le beaume.

 

 

Je n’ai pas besoin d’ouvrir les yeux,

Ni d’échanger un regard ;

Nous sommes              bien, tous deux,

Avides,               en nos gestes hagards. >

S’il y a des fleurs à cueillir,

Je t’en offre                 une gerbe, …

Vois le printemps jaillir,

Accordé       à ton corps superbe.

 

 

 

RC –  février   2014

 

une  réponse  « décalée », au texte  d’Arthemisia ,  de 2007… »Rêve et réalité »


Un temps encore frileux, où nos rêves s’essuient – de bleu – ( RC )

 

peinture:           S Hantaï : Mariale   1962

 


Sur terre, il y a des arbres bleus,
Qui se penchent,
Comme les pensées des vieux,
Jouant dans leurs têtes blanches.

Il y a dans leurs folles branches,
Suffisamment d’espace ,
Pour que les oiseaux passent,
Se posent et puis s’élancent.

Sur la colline,     il y a une maison
Habitée de bleu,
Assez,       pour y vivre heureux,
Comme dit la chanson.

C’est sous un bol d’azur,
Une bulle d’air recyclé,
Qui n’a plus besoin de clé,
Ni de serrures.

Ses portes restent ouvertes,
En signe de bienvenue,
Ceux qui naviguent à vue,
De là-bas, voient la mer verte.

Elle s’étend                 si loin,
Que les plus gros navires,
Partis       dans un soupir,
Ne sont plus que points…

Ceux qui naviguent à vue ,
Ont leurs yeux                bus,
Jusqu’à la dentelle de leurs cils ,
Contournant les îles,

Ils saisissent dans leurs mains,
Des mouettes, les plumes
Et des rubans de brume,
Dont ils habilleront demain…

Et,                     au futur étanche
Au balcon des dieux,
Des anges gracieux
Se cachent        en robes blanches,

Des corbeilles de fruits ,
Ces champs aux arbres bleus,
D’un temps      encore frileux,
…           Où nos rêves s’essuient.

RC-  mars 2014


Grande couverture blanche – ( RC )

peinture: Claude Monet                        peinture:            Claude Monet

Arrivée en silence
Au milieu de la nuit,
La grande couverture blanche,
Absorbe tous les bruits.

Douce et moelleuse,
De tendresse,    comme s’ enlace,
Habille,                 en amoureuse,
Tout ce qui dépasse

Elle recouvre les noeuds les plus obscurs,
Les plis de la terre
Les carcasses de voitures,
Ainsi, les cimetières.

Coeur de la nuit phosphore,
Arbres verticaux d’immobilité,
Accrochés au bord,
Pointés dans l’obscurité,

Leur crinière de branches,
Bardée de neige,      qu’on distingue à peine
Sous la nocturne étendue blanche,
Flocons-papillons,  de multitude incertaine,

Se pressent                 dans leur chute lente,
Gommant toutes les limites,
Lointains        et attentes,
Déversés,          en silencieux rite…

Par centaines de milliers,
De cornes d’abondance ……
Modelé ,               le paysage familier,
Redessiné             en confidences.

Monts et montagnes dévalent,
Et , oublient leurs failles
Que la grande couverture avale,
En négligeant les détails.

Des haillons     et des fringues,
Des hêtres,     des pins et ormes,
Bientôt plus rien ne se distingue,
Sous             le nouvel uniforme.

Les pauvres      et les riches,
Recouverts du même manteau,
Les vignobles et les friches,
Voyagent incognito,

Lorsque         le blanc s’invite,
Et gomme les différences….
En métamorphose gratuite,

Quand l’hiver s’avance.


RC- février 2014


L’encre versée sur les amours – ( RC )

L’encre versée sur les amours, – on sait à quel point on s’attache….
Peu disent ,            des amants,         que cela fait tache…
Et puis de cette encre,          de ces plaisirs, et cris
On peut en retrouver la trace,              les écrits..

On dit bien que si les paroles s’envolent,  les écrits restent
Ils sont alors moins volatils           et impriment nos gestes
Aussi… à faire venir cette encre              par litres
Et à réécrire l’histoire, c’est              par chapitres

Qu’on la parcourt                                en toute saison
Et qu’on emménage                          en tous horizons
Au creux de son épaule,       à l’image de ton visage
Aux sensations de ses mains, c’est déjà un voyage

Qu’un printemps fait éclore par dessus les frontières
Aussi bien aujourd’hui , qu’on écrira l’hier
Du visible, en sensible, encres sympathiques
Je dessine, -mots et images- un portrait magnifique..

RC-
5 avril 2012

– petit commentaire perso:  — »  au creux  de ton épaule, pour ligne  d’horizon » ,  est extrait du texte  d’une  superbe chanson interprétée par Catherine leForestier   » au pays de ton corps »

Ce à quoi répondit Manouchka…

 Manouchka 
5 avril 2012 at 17 h 01 min

Une Larme versée,
Coule sur ton cou d’Ocre,
Comme une Huile parfumée,
Sur nos Vies médiocres…

Par delà la Lumière,…

…  suite visible  dans les  commentaires  à « Messager de l’art »

Accompagnement pictural:  Andrew Wyeth,  peintre américain au style réaliste très particulier,

qui est un des grands maîtres  de l’aquarelle,                             dont je montre  deux  exemplaires, extraits du

livre  « la Suite Helga »  (  toute une  série  étant consacrée à sa compagne, Helga ), au physique un peu « rude »

mais par rapport à laquelle, le peintre  arrive  vraiment  à nous transmettre une sensualité impressionnante..

d’autres  accompagnements  dans mes posts  précédents  montrant d’autres  oeuvres  de la suite Helga …., par exemple  trois  posts  avec des textes  de  l’écrivaine  Else Lasker-Schüler..., ou bienici 


Le concert des fausses notes – ( RC )

retable d ‘Issenheim : tentation de St Antoine

Les cors essoufflés font avec, les violons langoureux
Un dialogue grisé,        qui éteint le décor.
La symphonie fantastique a mille retours

Gnomes et djinns me soufflent au visage
Une haleine soufrée, des cloches fêlées
Les héros politicards,        vite endormis

Aux matières sournoises, se drapent dans le pourpre
Et s’entourent de mains molles,
D’anciennes affiches pendantes, en clones plats

Le miroir                   n’a plus à raconter l’avenir,
L’humanité pleure, le concert des fausses notes
Les saxophones barbotent en faux airs enjoués,

Le fossoyeur,            jette une tasse brisée
Avec les fleurs passées du retable d’Issenheim,
Les tarots alignés,           montrent bâtons,

Les mères pleurent leurs fils partis
–            Combattre d’autres enfants,
…..L’au delà des frontières, appelle chimères.

Chaque coup marqué par les timbales
– cerne le présent , celui d’ ici –
Les hennissements des trompettes…

Après la “marche au supplice’
>                          Rendez-vous sous l’horloge…
… maintenant avec des chiffres,       elle égare ses aiguilles

Qui défilent, et le progrès qu’on emballe;
Cacophonie ouatée,             cuivres ternis
Les pères ont disparu –    On leur a menti

–                                   La fumée jaunasse des usines
Au dernier mouvement,        noie bientôt l’orchestre…
Et ses ressacs d’un matin.           – insolvables –

RC – 22 septembre 2012

( composé au souvenir d’un panneau du retable d’Issenheim, de Grünewald,             dont la
reproduction illustrait la “symphonie fantastiques ” de Berlioz )

Caricature d’Hector Berlioz          par Etienne Carjat, 1858

Edmond Hameau – L’Auditoire

peinture: Enrico Baj

peinture/ collage  :                             Enrico Baj

 
Combien sont hautainement tristes
Dans ce rouge lointain
Les navires pansus — dromadaires pensifs
Voici cachés par leurs crinières
Les lions valeureux
Aux gorges cloutées de fleurs
Une souris
Même la plus besogneuse
Ne grignote point le silence
Consciente de l’instant grave
Les renards la contemplent de leurs grands yeux bleus
Avec une malice de lumière dans leur œil

De fille rousse
Et voici une vache puissante

en posture de veuve fanée
Avec le même relâchement des bajoues
Ira faune sévère se lamentant
Dépasse en majesté
Le jugement des Ecclésiastes
Des Cyclopes
Et des trompettes
Qu’il est long
D’un insoutenable jaune
Dans sa tristesse souveraine
Cet auditoire vache-et-baleine
Planté de face
Bardé de couteaux
De ferrailles
Résonnant d’hystériques tambours
Lorsque vers l’abîme

Nous nous précipitons
Les jambes écartées

(Edmond Hameau)