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Une douceur attentive, au mouvement des pensées. – ( RC )

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Dans ma poche, une feuille de papier pliée en quatre ou peut-être davantage,
Je prévoyais d’envoyer un message, un pont dans le futur,
Que j’écrirai peut-être:        Je m’écrirai à moi-même.
Ce seraient des mots alignés, puis des remords, biffés,
des paragraphes reliés par des flèches, des expressions qui les supportent,
et qu’on déplace comme on le ferait d’une assiette posée sur une table.

Et si j’écris, même si celà ne prend pas la forme d’un poème,
il y aurait là la trace laissée par ma main, qui suit les méandres des idées .
Et , oubliée un temps insoupçonné dans la poche,
la feuille me remémorerait, fidèle, ce que je lui ai confié ,
conservant aussi les plis et la légère courbure de la poche.
C’est bien ça: un message adressé à moi-même :
Mais il faut que je lui « parle », d’abord.

La peau blanche du papier,
toujours d’une douceur attentive
au mouvement des pensées,
reste pour l’instant pliée dans la poche.
Elle a toutes les apparences d’un terrain favorable,
comme celui où il suffit de jeter des graines,
pourqu’il en sorte des pousses vigoureuses.


RC – dec 2015


Etoiles et éblouissements – ( RC )

oiseaux -  dcor  grec.jpg
Dessin perso, par rapport  à deux oiseaux  gravés  sur un vase grec

( exposition la femme  dans la Grèce Antique   – vieille Charité,  Marseille )  –

 


J’ai vu tant de choses
au long de mon voyage
que je garde en mémoire
l’éblouissement .

Ce sont les harmonies
d’une symphonie,
les sculptures torsadées
dans les chapiteaux romans .

Ce sont ces artistes
qui ont donné leur âme,
à l’humanité
et semé des étoiles.

Pourtant,en suivant leur route ,
beaucoup gardent la vue
rivée sur le sol,
et cherchent une voie qu’ils ne trouvent pas .

La route que choisit l’oiseau
s’appuie sur le ciel,
beaucoup moins entravée .
Son horizon est plus élargi.

Sans prétendre être un oiseau,
et dominer le monde,
on gagnerait sans doute,
pour guider son chemin

à mieux regarder les étoiles.

RC – dec 2016


Tirer un fil en travers du chemin – ( RC )

statuette  ss tête  au geste.jpg

dessin perso           d’après une  statuette de la Grèce Antique

J’ai tiré un fil
en travers du chemin .
Je l’ai attaché aux arbres  :
je comptais arrêter le ciel bas,
comme le font les araignées,

et, comme elles, j’aurais attendu,
        que la lumière
se dissolve dans les flaques,

       que l’écriture me propulse,
tel le vent dans les feuilles,
bien au-delà d’où portait mon esprit.

Et s’il faut attendre longtemps,
je la sentirai peut-être secouer mes cheveux,
– s’il en reste – et même,     qu’ils soient blancs.

Je ne compte pas suivre la foule des gens,
qui ne croient plus en la parole,
même la leur, et poussent leur valise,      le dos courbé,
à la façon du rocher de Sisyphe,                  obstinés,
mais pas étonnés de faire chaque fois le même parcours.

J’ai tiré un fil en travers du chemin,
et l’espace s’est dénoué .
Je l’ai saisi ,         ou bien quelque chose
a guidé ma main, pour traduire en mots
ce dont je n’avais aucune idée          l’instant d’avant :

une sorte de funambule          mesurant la distance
         entre les nuages,
et le fracas assourdissant du silence…


RC – mai 2016


Paroles ténues – ( RC )

Image associée

peinture: Mary Cassatt

 

J’ai tenu tes paroles ,

Comme l’on cueille

une eau précieuse ;

De peur qu’elle s’évapore .

J’ai refermé les doigts sur elles…,

C’était peu de chose

Ces quelques lignes dansantes

Et pourtant ouvrant grand

L’espace de douceur…

Je les ai tenues,

Entre le pouce et l’index .

Une feuille légère,

palpitant dans le vent,

Et à la promesse de l’aube.

RC – fev 2015


Des paroles que je n’ai peut-être même pas prononcées. – ( RC )

sables  l'Espencier01.JPG

Il est des temps
où la mémoire s’enfouit :
les pas sur le sable
s’effacent avec les vagues,
et c’est comme si,
de la parole des choses,
peu de traces demeurent.

Le pot de terre
à peine visible sous les herbes,
et la jungle végétale        ;
le temple bâti pour l’éternité,
dont les pierres sont englouties
par les racines,
et mes paroles, aussi
parties au gré du vent.

Qui sait s’il me les rendra.
Je ne les ai peut-être
même pas prononcées.
D’autres les recouvrent.

Le soleil est soluble
dans un verre d’eau,
et les années, bien peu de chose
en regard de l’éternité.
L’immobilité tourne les pages :
rien ne la trouble.
Rien n’a jamais existé.


RC – juill 2016


Une enveloppe invisible au jour – ( RC )

maison  bois  mauvais état  _Peaceful.jpg

Imagine la chambre close sur ton sommeil:
Tu serais sous paroi épaisse
et une histoire sans fin
qui s’enroule avec ta mémoire
et agite les soubresauts du passé .
Les pensées en seraient prisonnières .
C’est comme un sac en plastique,.
Il aurait la couleur des nuits,
et même celle des nuits blanches.
Des cauchemars ne pouvant s’en échapper.

C’est une enveloppe étanche
et pourtant invisible au jour,
dans laquelle tu te démènes,
sans en trouver l’issue.
Seul, le rêve du présent
peut t’ouvrir les yeux.
C’est comme si celui-ci
de la fente des paupières,
pouvait pénétrer dans la conscience,
et chasser les ombres.

D’un rêve éveillé tu vivras au présent,
et ceux de la nuit, découpés en morceaux,
flasques témoins d’une parole emmurée,
que tu arrives à dépasser.

RC – août 2016

 

 

( réponse à un texte  de Marlène Tissot ):En attendant la fin de l’histoire sans fin )


Un cerf volant – ( RC )

Korean Kite Festival:

Tu tiens ton propre destin,
par un fil.
Relié à ta main,
un cerf volant que tu essaies
malgré la brise et les vents de toutes sortes,
de faire s’appuyer sur le ciel.

Un jour celui-ci pourrait t’ emporter,
tellement haut, si tu souhaitais
voyager dans les airs,
côtoyer les oiseaux,
et souhaiter être différent,
de ce que tu es sur terre .

Car le cerf volant serait à ton image ,
…. mais lui, – inversement ,
regarde vers la terre,
En fait… te perdre dans les airs,
si jamais la main lâchait la corde ,

te fait tellement peur,
( on ne sait jamais ):
non pas la crainte de la chute,
mais de s’élever dans la stratosphère,
saturé de lumière,
au point de ne pouvoir respirer.

Que tu restes semblable
à ce que tu es,
et laisse s’envoler les rêves :
un renoncement, à moindre risque,
somme toute – confortable.

RC – mars 2016


Sol immobile d’hiver – ( RC )

escarg 01.png

dessin perso –  fev 2017

 

Au delà des bosquets,
De la mousse sur les murs,
des escargots réfugiés sous la bordure,
quelques pas sur les allées

et le sol immobile  d’hiver,
je crois te voir, à portée de mains,
–  même  s’il n’y a personne dans ce jardin.
Pousseras-tu un jour la grille  de fer  ?

Car dans mon esprit  tu vas  survivre,
Je patienterai, avec le retour des feuilles,
Tu mettras de nouvelles couleurs à mon deuil,

J’ouvrirai une  nouvelle page  du livre.
Un chapitre en sera le témoin :
le temps  d’une  saison,      je te rejoins .

 

 

RC – mars 2016

en écho à un texte  de Béatrice  Douvre  « le jardin »


Une salle d’attentes – ( RC )

fo-tfglia .jpg

 

Comme  la trace  des mains  négatives,
où la couleur cerne la présence,
En creux , le sillon de la mort,
le vide ,tracé,      de l’absence,

Une chambre des échos,
où se perdent les pensées,
celles d’une immobilité
jamais voulue,

cartes postales jaunies,
buée opaque sur la vitre
où apparaissait ton visage,
sans même  songer aux pourquoi,

.. mais juste  ce froid… :
C’est une salle  d’attentes
aux fenêtres jamais ouvertes.
Aucun train ne s’arrête pour moi.


RC – nov 2015


Fragments de marbre de Gortyne – ( RC )

734k5 Gortyne, olivier âgé de 1600 ans et colonne

photo  Thierry Jamart photo  Thierry Jamart  ( Gortyne –  Crète )

Je suis encore trop loin
pour entendre le fracas des étoiles .

D’autres, par delà les siècles l’ont-il perçu ?
Des volcans se sont réveillés,
ont tout balayé sur leur passage.

Des gestes sont restés suspendus,
Des temples se sont écroulés.

On se dit que les temps sont morts,
la vie ayant déserté les villes.

On trouve encore fréquemment
des tronçons de colonnes dans les champs.

Les oliviers, eux, se souviennent,
des tragédies grecques , du voyage d’Ulysse.

Certains sont millénaires.
Ils tiennent dans leurs racines
des morceaux de statues de marbre.

Les regards sereins, enfouis sous la terre
ont tout le temps de capter les récits des héros,
et de surprendre l’éternité :

celle qui reste sous l’empliement des strates.

L’aubier de la jeunesse de ces arbres,
contient peut-être encore
la trace de l’incendie,

se nourrit aussi des cendres
et les vénèrent ainsi.


RC – juin 2016

 

( Gortyne est un site très ancien au centre-sud de la Crète, célèbre notamment  par  son « code de Gortyne », grande inscription encore visible…

voir  aussi  l’extrait  du texte  de Lambert Savigneux,  visible ici:

 » le regard et sourire amasse le fracas des étoiles que je sens dans tes gestes quand tu t’actives dans nul autre but que de prendre le temps de vitesse et surprendre la mort enfermée dans les troncs que tu dessines »