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Archives de décembre, 2015

Si l’ombre n’existe, aux yeux de personne – ( RC )

Tanguy, Yves  (1900-1955) - Indefinite Divisibility 3234668306

                                                                        Peinture: Yves Tanguy  

Peut-être c’est le temps,

Ou bien la lumière est fausse,

Elle rentre à l’intérieur d’elle même .

 

Personne ne me dit où je me trouve,

C’est peut-être une salle aux miroirs,

Où ils sont si nombreux,

Qu’on ne sait plus ce qu’ils reflètent .

 

On ne sait plus où regarder,

On a d’autres chats à fouetter.

 

Que diront tes yeux ?

Rien peut-être

Si l’ombre n’existe,

Aux yeux de personne,

Alors je suis cette ombre.

RC – mai 2015

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La pièce blanche – ( RC )

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C’est une pièce blanche ,
Dont je n’ai pas la clef.
Le lit chromé aux bords arrondis,
Le sol aux carreaux blancs,    aussi .

Je ne sais ce qu’on attend de moi.
Rien ne sort d’ici,
Même pas la vue,
Compressée           par de hauts murs .

Les fenêtres qu’on ne peut pas atteindre,
Trop hautes et closes d’opaque,
Fermées aussi sur la mémoire,
Sous des néons blafards .

Les jambes lourdes et fatiguées,
De cent pas                dans l’immobilité,
J’ai laissé des souvenirs se dissoudre,
Dans un placard à pharmacie .

Je pourrais compter,
Pour déjouer         un sommeil vain,
Comme on compte les moutons,
Les voitures qui circulent.

Attachées dans leur mouvement,
Au goudron d’une avenue proche,
Engluées         comme des oiseaux,
Dans la marée noire de leur nuit.

Je ne peux secouer la mienne,
Pour retrouver mon enveloppe,
Et réapprendre mon nom,

 Qu’avec des barreaux blancs.

RC – sept 2014

photo  transformation perso

photo transformation perso


L’image est présente, le ciel est en pente – ( RC )

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L’image  est présente,
le ciel est en pente.
On ne sait pas  s’il monte
ou si c’est la terre qui bascule.
On y trouve des signaux de lumière,
Ils forment  l’énigme,  

et on cherche  à  les interpréter,
A la traduire, sur un air,
où les notes  hésitent,
se chercheraient  encore,
comme les premiers accords,
Sous les  doigts  du pianiste  …

Il n’y a pas de réponse,
que celle  que nous donnons.
En sommeil éveillé,
suivant ici la trace du grand  Chariot,
dont les roues  creusent  de larges  sillons,
bientôt perdus  de vue,  jusqu’à Orion, et au delà …

Mais si,  déplacés sur une autre hémisphère
on percevait d’autres  constellations…
Que sait-on de l’au-delà,
puisque  justement  on ne voit  rien  ?
( un regard  de courte portée ,
même  celui des plus puissants télescopes ) –

Le disque  de la nuit  se déplace,
et nous semblons rester immobiles,
comme si la musique  se répétait indéfiniment,
saupoudrée des même  refrains  et mêmes  figures .
On nous  rend  aux  chemins  familiers,
qui nous égarent dans l’aveuglement,

tellement  est large  la distance,
et qui nous emprisonnent,
dans une image.
>   Telle serait la fleur,
qui ignore  sa semblable,
seulement au-delà des collines.

RC- janv 2015