Textes poétiques et d'actualité -nulle part ailleurs !

Archives de novembre, 2013

Azurs des ciels infusés ( RC )

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Aux azurs des ciels infusés,
L’horizon se déplace,
Et, ce que les silences amassent,
Le temps lourd, les années usées,

Les cris que tu fais tiens,
La marque des cicatrices,
Qui toujours te hérissent,
A tes tourments anciens…

Le souffle retenu,
Vois donc , de nouveaux matins,
Basculer vers demain,
Pour la joie,        revenue…

RC 11-oct 2013   variation sur….

Une histoire  simple  ( Carine Delsol )

 

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Aigle d’Atlas – ( RC )

 

photo Mike Heller

 

 

Oiseau au-dessus de l’Atlas,

Vois sa découpe…  Elle se prélasse

Et franchit sans ponts, ni viaducs, les vallées,

Puis se précipite dans les creux  – avalée…

Les pentes se bousculent en étendues brunes,

A cette distance, on dirait que se succèdent des dunes…

Avec peine, progresse le fil d’argent d’une rivière

Au milieu de terres altières….

Elles retiennent leur souffle,    agacées,

Et concèdent à regret un peu d’eau, lâchée,

Courant dans le pays, marqué ,

Comme  du papier froissé,

Cette eau précieuse, dont le soleil crée sa perte,

Miroite par endroit de  petites zones vertes…

 

—- Sois cet oiseau aux ailes de vent,

Appuyé sur l’air,  en s’élevant

A distance de son ombre,

Suivi par la lumière, avant qu’elle ne sombre,

Et passe derrière le couvercle,

Obstacle au jour perdu dans un cercle…

Il porte ailleurs sa cible,

Bien au-delà du visible,

Se confondent alors les blés et les seigles,

Saut à l’oeil aiguisé de l’aigle,

Et ses ailes ouvertes  tout grand,

En larges volutes  s’enivrant,

De larges espaces parcourus,

A nos propres sensations     celles de l’inconnu.

Bordant les infinis du désert,

Et l’Atlas, support de la terre…

RC – 22 et 31 octobre 2013


Possédant la lumière ( RC )

 

photo perso -  Lyon fête des lumières  - parc de la tête d'or

photo perso –         Lyon          fête des lumières –        parc de la tête d’or

 

 

Je te vois de loin,
Tu te déplaces, ouvres des portes,
Rebondis, fugitive,
Aux irrégularités de la pierre,
Aux perles d’eau suspendues aux murs,
T’échappes par les fenêtres,
Te glisses, des fentes des persiennes,
Dévale la rampe usée,
– marches de l’escalier en vis –
Creusées de tant de passages,
Empruntes le long corridor,
Et le parquet qui gémit
Débouches dans le salon,
T’accroches aux moulures,
Et aux boucles d’angelots baroques,
Aux joues  fond de teint.
Caresses les housses blanches des fauteuils,
Eclabousses – cristaux et candélabres –
Et fais danser les ombres,
Se pressant derrière les objets…
…Unique visiteuse,
Qu’attendait l’aurore…

Tu es repartie avec la lumière.

 

RC  – 9 octobre 2013

 


Echo circulaire – ( RC )

photo perso - Chanac -  10 novembre 2013

photo perso – Chanac – 10 novembre 2013

Sous les draps de gris
Combattant la pluie,
Qui va,
En semailles passagères

Occuper quelques heures monotones,
De mémoire oublieuse,
Les ondées d’automne
Nourrissent les herbes grasses.

Cette vallée scellée d’une chape sévère,
De sombres tapis de pins,
Fermant le regard,
Aux détours d’un chemin,

Alors que s’échappe,
Du basculement des nuées,
L’or d’un pinceau,
Bondissant sur les sommets.

Il court à la vitesse du vent
Quand l’horizon se rebelle,
Dénudant ses roches,
D’abrupte lumière .

Son écho circulaire vibre.
Il traverse aussi vallons et prés,
Et jette sur la pénombre,
L’échantillon complet des couleurs.

Avant qu’elles ne se perdent,
Epuisées de leur audace,
Dans la courbe descendante
Du jour qui s’efface à regret.

RC – 11 novembre 2013

photo perso - Chanac -  10 novembre 2013

photo perso –   Chanac – 10 novembre 2013    -(garanti sans manipulation  postérieure d’image)


Poursuite de rêves – ( RC )

photographe  non identifié

photographe non identifié

Les rêves s’extraient du sommeil,

Et quand peu à peu tu te réveilles,

Tu cherches leur clef dans le noir,

Comme celle cachée, de l’armoire,

Mais le jour et ses rites,

Marche au cours des heures,

Et affadit leur lueur,

Autant qu’il les délite.

Et pour ne pas les trahir,

Suivre ces étoiles sans nombre,

Il te faudra le sombre,

Pour les faire revenir.

Et si ceux-ci t’envahissent,

Se multiplient et abondent,

Puis se reflètent dans l’onde,

Un seul choc les plisse.

Que cherches tu avec  eux?

Ces songes qui s’effilochent,

Et auxquels tu t’accroches ?

Te rendront-ils heureux ?

Hors de la nuit livide,

Tu n’as plus peur du noir,

Il a cessé de pleuvoir,

Le sol n’en est qu’humide.

Rien ne sert de les pousuivre,

Que vas-tu faire avec ?

Tu vois, le sol est déjà sec,

Pour vivre, tu t’en délivres ;

Oublie tous ces fantômes,

Le jour apporte sa lumière,

Et les chasse de la terre,

D’un grand coup de gomme.

De ces masques qui grimacent,

Se déforment et crient,

Laisse les à la nuit,

Au détour de l’angoisse.

Tu as la tête à l’envers,

Le jour est bien revenu ici,

Malgré les nuages, aussi

Retourne avec nous sur la terre.

RC   novembre  2013


Génie du verre ( RC )

Photo Anders Petersen:  tomorrow  started
Photo            Anders Petersen:           tomorrow started

Génie du verre

Il est un génie,
Qui surgit ,
Au fond  du verre de whisky,

Lorsque le froid descend,
Comme une  chape,
Sur la ville et le portrait de Marylin,

Se dopant aux amphétamines,
….Et la musique  titube,
Avec elle, se déchire,

La voix de Joplin,
( Janis pour les intimes )
Les cheveux sales au matin livide,

Les pavés retiennent encore la nuit,
Aux façades, les traînées de suie,
Les fils électriques, et leur calligraphie,

Une journée  va encore  brûler,
Les vêtements tremblants commencent à puer,
Et la bouteille est vide…

RC – 4 septembre  2013

voir  sur même thème cet article…

ainsi que le texte  d’Edith,  dont je suis parti pour  en faire  « l’écho »…

et mon auto-traduction…

Here is a genius,
That arises,
In the glass of scotch

When the cold descends
As a lead blanket,
On the city and the Marilyn’s portrait,

Doping with amphetamines,
And the music …. staggers,
With her, tears away,

The voice of Joplin,
( Janis for short )
Dirty hair in  livid morning,

The cobblestones still catches the night
Soot trails , on the facades,
Electrical cables, and their calligraphy,

A day will still burn,
Trembling clothes start to stink,
And the bottle is empty …

————–

photo de Janis Joplin –


La musique est la nourriture de l’amour – ( RC )

enluminure médiévale

enluminure médiévale

 

Si la musique se nourrit de l’amour,

Au sortir de la nuit,

Au corps, elle chante et rit,

Même pour les sourds…

Allons, sonnez trompettes,

Timbales , cors, violons

Orgue et accordéons,

L’amour est une fête !

Montrez les plaisirs divins,

Et ses plateaux de fruits,

Pétris d’harmonie,

Accompagnés des meilleurs vins !

Cupidon lance ses flèches,

Qu’habilement, il décoche…

Bouquets de triples croches,

Les yeux sont ses flammèches,

En battant la mesure

Pour jamais qu’il ne se dessèche,

Vivez d’amour et d’eau fraîche,

Et de musique , une nourriture,

Que l’on dit céleste,

.Du banquet, son partage

Porté par les accords, et davantage

Je vous le dis, des plus digestes,

Et la nourriture terrestre,

Quand le corps se cambre…

Une musique de chambre,

Qui n’attend pas l’orchestre…

Jouez nous encore ce refrain,

Parcouru avec entrain,et désir,

Au concerto des soupirs,

Laissez parler vos mains !

Et, comme l’écrit Shakespeare,

La musique est la nourriture de l’amour, *

De celle qui se goûte et se savoure.

Elle s’écoute toujours avec plaisirs .

 

* ( extrait de la « Nuit des Rois » :W Shakespeare.)

RC  novembre  2013


Le reflet de tous les dons – ( RC )

  • peinture P Picasso  - portrait de femme 1936

    peinture P          Picasso – portrait de femme           1936

  •  

     

    Il y a incrusté dans la chair,

    Les paroles de la mère

    Emmêlées et secrètes,

    Comprimées dans la tête

     

    Portant les fleurs laineuses,

    Tricotant, soucieuse,

    Les mailles du coeur,

    Construisant de chaleur,

     

    Le cocon d’avenir,

    Et, des échos, le souvenir,

    Sans avoir à l’exprimer,

    — Celui du verbe aimer

     

    A conjuguer son sang,

    A tous les temps ;

    Les temps que le vent emporte,

    Et ouvrent grand les portes,

     

    Au dehors, et au dedans,

    En se penchant un peu, … sur l’avant,

    Si les oiseaux chantaient pour toi,

    Le coeur y serait à l’étroit,

     

    Pour évoquer l’hier,

    Et la mère entière,

    Portant sur l’infini horizon,

    Le reflet de tous les dons.

    RC – 29 octobre 2013


Soumis à métamorphose – (RC )

Art: Scupture de C Brancusi : colonne sans fin

Art:          Sculpture de C Brancusi :                colonne sans fin               ( et l’oiseau)

Nuit, tu m’as portée dans tes mains,

Et provoqué ma faim.

Bercé du sourire vertical,

Allant chercher les  étoiles,

Ou leur reflet au fond du puits,

Aussi loin ….   je te suis.

Sous des pressions  d’atmosphères,

Nous sommes secoués d’éclairs,

–  A parcourir ces feux,

La nuit,  le regard en creux,

Construit son festin,

D’une colonne sans fin.

Un pont jeté dans l’existence,

S’ effacent les distances,…

M’entourant de ses bras,

La nuit a étendu ses draps.

Une faille dans le temps,

Qui me laisse en suspens…

( Une parenthèse, une trève,

M’aspirant dans tes rêves) ,

Nuit de coton,

Chrysalide dans son cocon,

Vois, comme je repose,

Soumis à métamorphose.

 

 

RC- 16 octobre 2013

 

 

peinture: Egon Schiele

peinture: Egon Schiele-        couple             1913


Le jour naissant esquive la nuit ( RC )

 

 

 

Les livres ne disaient plus rien,

Cette rose entre tes seins

Un rien l’éteint,

…Mon souffle la ravive


Personne ne t’étreint,

J’étends mes mains
Eteignant la nuit, pour demain,

.Le jour naissant l’esquive.

Le livre me dit enfin,
Que la mort reste au loin ,

Et la pente de tes reins,

Se fait réactive,

La vie, comme la couleur, revient,

S’ouvrent ses pétales, satin

Cette rose, tu la tiens,

La senteur,contre toi, lascive.

L’à-venir est tien,

Juste à portée de mains,

La fleur te montre le chemin,

que ceux qui t’aiment te suivent…!!

RC – 5 octobre 2013