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Le ballet des convenus – ( RC )

collage - Elsa von Freytag-Loringhoven - Portrait "dada" de Berenice Abbott

collage – Elsa von Freytag-Loringhoven – Portrait « dada » de Berenice Abbott

 

Nos soleils meurent dans la brume,
Comme plongés dans la mine ;
La servilité se répand et enfume
La conscience se fige et s’abîme,
Agenouillée  sur l’autel de l’ officiel:
L’expression , sur tout  sujet  ,reste muette,
et se contente d’ouvrir son missel
( – « Restez en rang, je ne  veux voir  qu’une  tête  !  » – )

On se demande s’il existe encore une pensée
Avec le convenu, les convenances
progressant  – si on peut dire ! – au pas cadencé,
Si le conforme est l’évidence…
A aller tous dans la même  direction,
Saluons la putain respectueuse…
L’inverse est un délit  d’opinion…
Alors,  Vive les pensées  creuses  !

Secouons l’encensoir
des paroles vertueuses…
L’anti-conformisme mène à l’abattoir.
La société  y conduit ses brebis  galeuses  .
Pour celles  qui ont eu le malheur
de s’écarter  de la raison,
et du règlement intérieur,
On leur indique la prison ;
L’échantillon des peines
mis à leur  disposition,
L’épaisseur  des chaînes,
la mise en condition  :
Les joies des goulags ou bien celles de l’exil…
En commençant à faire un tri
Avec les hautes murs  de l’asile,
Et un verdict de psychiatrie…

Qui parle  de révolution ?
( séparer le bon grain de l’ivraie:
Il n’y a que ça  de vrai ):
C’est toujours la solution,
Pour corriger nos erreurs,
A coups de trique   :
Nos chers dictateurs,
Préparent  notre auto-critique…

RC – avril 2015


Filigranes d’un dessein – ( RC )

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Les chuchotements du soir, épèlent avec peine,
Les résonnances du corps.
Le jet fatigué de la fontaine,
Se donne encore sans conviction .
Le sang s’élève avec irrégularité,
Puis retourne tel qu’il est,
A sa tâche monotone .

Il a parcouru tant de fois ma vie,
Qu’il me connaît, tel un croquis,
Toujours recommencé à chaque jour,
Et effacé chaque nuit,
A force de gommures,
Il s’est inscrit en creux ,
Dans ma peau parcheminée .

S’il en est comme l’automne,
Dont les feuilles de rouille ,
Viennent obturer les circuits,
L’existence porte son hiver,
Inscrite en filigrane,
D’une silhouette aux mains tremblantes,
Traversée de ses rides .

Bien sûr , porté par la force de l’âge,
J’ai suivi la voie qui m’était confiée ,
Parsemée de conquètes
Et de défaites,
De joies et puis de peines,
Comme tout un chacun.
…Faut-il en conter l’épopée ?

Une diseuse de bonne aventure,
Aurait lu dans mes mains,
Les lignes du coeur et du destin,
Quelques pièces pour un à- venir,
Sans doute, hors du commun .
Mais aujourd’hui encore,
J’en ignore encore le dessein .

RC- avril 2014