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Des regards portés bien plus loin que la distance nous séparant encore – ( RC )

 

 

 

photo:  Dina Bova

photo:           Dina Bova

 

 

 

Attablés sur la terrasse
Le café développe ses volutes
entre nous.
Elle  développe ses phrases
sans ponctuation.
Hésite dans le récit de sa vie
Mélange les épisodes,
Superpose   images et émotions,
comme le fait sa chevelure
dont les boucles  s’ornent
de la lumière du contre-jour.

Nous nous tenons par la main,
échangeons les matins vécus
de notre  marche
A travers l’enfance.
La traversée des mers,
les vents contraires….
Ces matins  se prolongent jusqu’ici,
comme se prolongent aussi
nos regards portés bien plus loin
que la distance
nous séparant encore  .

RC – oct 2014

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Celui qui vole, détaché du monde – ( RC )

photo David Maisel

                         photo          David Maisel

 

Pour celui qui vole,

L’esprit détaché du monde,

La terre est un jardin,

Aux champs bien peignés,

Les rivières dessinent,

Des méandres sympathiques,

Les autoroutes, s’amusent

avec des échangeurs en boucles,

Les voitures sont des puces,

progressant péniblement…

On ne distingue plus les détails,

Ont-ils une importance,

Au regard de la distance ?

 

C’est peut-être aussi la brume,

Ou les fumées des usines,

Une carte se déroule,

Une vue du ciel aplanit tout  :

Le soleil pourchasse les reliefs,

Et pourtant souligne les formes,

Mais mélange les ombres,

Je ne vois plus très bien ….

C’est peut-être que la vue faiblit,

Je devrais commander une paire de lunettes,

Pour y voir davantage.

 

Mais là n’est pas ma passion,

Les satellites espionnent bien mieux que moi,

Je préfère m’occuper d’autres planètes,

Elles aiment me confier leurs secrets,

Leurs couleurs et leurs paysages,

Et guider mes pensées.

 

Un jour je débarquerai,

Sur une planète vierge

De la mémoire lourde des hommes ,

Où tout sera à construire.

Alors, je rangerai mes ailes …

Mais il me faudra un certain temps encore.

Les chemins de l’univers présentent

bien des détours

et des surprises,  encore.

RC-  fev 2015

 


Ombres confondues – ( RC )

projections lumières sur volume – Seoul

 

L’ombre de ton visage sur le mien,
Ne laisse pas de trace de nuit blanche
A mesure           qu’il se penche
Par-dessus mon destin.

Sa lueur ,           ne s’est pas éteinte;
Elle est quelque part,
Au-delà de mon regard,
Mais laisse son empreinte….

Qui saurait dire, le parcours de l’imagination ?
Il y a           toute ta présence,
pour franchir les distances
Conditionnant de toi, ma vision …

Nos voies étaient égarées….
Chacune ,      errant sur son chemin,
Depuis que je te tiens     la main,
>       Elles ne sont plus séparées,

A ceux qui doutent des anges,
Nous empruntons leur vol,
Et tu verras….          sur le sol,
Comme nos deux ombres se mélangent .

Après,     plus rien ne nous encombre…
Dans la traversée de l’air,
Les silhouettes sont légères,
Même pas               marquées de sombre…

On ne distingue plus ce qui t’appartient,
Adossés à la lumière qui s’élance…
Où est donc               la différence ?
–                        Ce qui est tien ou mien ?


RC – août 2014


Rebelle à la poussière – ( RC )

photo: Drozner

Rebelle à la lumière,
La poussière recouvre tout,
Elle laisse en gris, tout ce qui existe,
Même tes violences,
Même ma douceur,
De sa fadeur uniforme,
A en oublier la beauté.

Je n’ai même plus, idée de la distance,
Où portent mes pieds,
Où s’ouvre la porte d’un ciel,
Dont on peut douter de la présence.
Une pluie de particules,
S’empare même en tourbillons,
De la tendresse.

Mais si, dans la tourmente,
Lumière bue,
Le fade s’infiltre partout,
Il y aura toujours un vent,
Pour laisser passer un sourire,
Et que la graine,cachée sous la poussière,
Un jour, germe.

 
RC – 8 octobre 2013

( variation sur « Poussière » de Astrid Waliszek ).

A W  est l’auteur, entre autre du roman « Topolina »  paru chez Grasset


Traces du futur en plans lointains – ( RC )

 

photo: le viaduc de Garabit ( Cantal )

Si la forêt semble s’épaissir, le sentier s’étrécir
Au détour du trajet, les lieux semblent s’évanouir
La certitude tremble, et fait place  aux suppositions
Les repères ,effacés par les ans, autant de questions

Qui émergent, et traquent,           ce pas et le suivant
Au point de nous laisser ,                  refrain obsédant
Une saveur trépassée,    d’un mouvement sur place
Que                              des rubans  de brume, enlacent

A la mesure du temps,     aux promesses du futur
La suite des collines,    semble nous offrir un mur
De perspectives basculées en escalades indécises
Qu’il faudrait                qu’un grand-œuvre précise

Et nous guide, comme Ariane, sur l’étroit chemin
Ou le petit Poucet,              des cailloux de sa main
Pour accomplir le destin,    encore à concevoir
Qu’en partant,                 on n’a fait qu’entre-voir.

En parvenant malgré tout au premier sommet
Le paysage  s’étale en tapis d’autres forêts
Espaces,      lacs,  dunes,     et précipices
Se faisant suite,                sans artifices

Le sommet,           une  colline bien basse
Au regard des horizons  qu’on embrasse
Portant sur des distances insoupçonnées
Montagnes       et plateaux moutonnés

Seront les futures étapes    à franchir
Et peut-être laisser,        pour l’avenir
Au delà d’autres monts,          l’espace
Garder, provisoirement une légère trace.

RC 14- 01-2012

 

 

texte de R. L. Stevenson à Will H.Low…

R. L. Stevenson étant l’auteur, justement  dans le contexte  du voyage, de Voyage avec un âne dans les Cévennes

—–

A titre  d’information   » Ce pas  et le suivant »  est le titre d’un roman superbe, ne serait-ce que par sa science des mots  et des phrases,  de Pierre Bergounioux,  cité  deux  fois  dans mes  publications précédentes.  Livre  au souffle fort,  édité  chez Gallimard.

—-

photo:  vue de Turquie – Capadocce,  sous la neige ,         photo Picasa

Je ne te reconnais pas – ( RC )

photo perso: port de Roja -

photo perso:       port de Roja –

Il y a tant de distance, jusqu’au phare du port…
Je compte les pas qui m’y emportent,
Je sais, pendant ce temps,
Que se déplace lentement,
La grande aiguille sur les chiffres de l’horloge,
Avec son « clong » rythmant les minutes.

Et je rêve d’émotions partagées ;
Je me rappelle le bar de la gare,
Il y avait dans ma poche un vieux carnet ridé,
Quelques vers attendaient qu’on s’occupe d’eux,
Ton visage débordait à peine d’une écharpe,
Et tu avais froid.

Et maintenant, à pas mesurés,
Je dessine un chemin sur la jetée,
Presque une longue marelle,       – et au bout
>              Ce serait l’enfer ou le paradis ?
J’évite avec précaution les trous,
Où achèvent de pourrir les fers rouillés.

Dans les flaques salées, vertes,
Comme, je me souviens, étaient tes yeux…..
….Tant d’années ont passé,
Sur les pierres et ton rire enfumé,
Qu’en voyant ta silhouette,
Et ta robe sombre fouettée par le vent.

Je ne te reconnais pas.


RC – 21 novembre 2013


Pas de soleil ,ce matin ( RC )

exposition  rencontres  d'Arles 2012

exposition rencontres d’Arles 2012

Il n’y a pas de soleil ce matin,
Mais une brume                 qui s’étale,
Et occupe         la vallée de mon âme,
Où mes gestes se plient.

La lumière est ailleurs,
Elle t’accompagne, mais je ne te vois pas,
Derrière ce brouillard,
Où même                   tes paroles se heurtent,

Et les miennes s’enfoncent,
A en oublier la beauté,
La tendresse de tes gestes
Le dessin de tes yeux.

Il faut que derrière ce rideau,
Effaçant ton sourire,
Je refasse de mémoire,
Le contour de ton corps,

Que je découpe dans les nuées,
Avec obstination,         une porte secrète,
Combler de ta présence, la distance,
Pour te sentir auprès de moi, mon amie…

Et le soleil reviendra.

RC – 8 octobre 2013