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Tout s’efface dans le blanc – ( RC )

nuage cone sur cone enneigé Jap cloud exped Helene.

 

 

 

 

Le blanc, est quelque part,       une  absence
Et si dans  ses possibles ,     je me lance…

Je sors de ma coquille, et, le pourrais-je
En  ne salissant pas         sa neige,

Le pied le plus discret la blesse,
Même celui , léger,        d’un déesse,

Une trace, une simple éraflure,
Dessine sa signature.

Elle fait vibrer la page blanche,
Quand l’écriture se penche  .

Les mots s’y impriment         et s’attachent,
Mettent du sens   – plutôt qu’ils ne gâchent.

On pourrait dire  que le blanc  n’est plus,
Qu’il disparaît dans de pauvres  résidus

Et qu’aussi,          il s’enfuit,
Il s’agace  aussi, de trop de bruit.

Mais         il suffit  d’un autre dimanche,
Pour que le blanc tienne  sa revanche  .

Il utilise les voies aériennes,
Pour  que la blancheur  revienne

Que  des flocons  s’amassent,
Partout où la plume s’enlace,

Les pensées recouvertes,        se cachent.
Au coeur même du blanc – plus de taches.

Tout est tu,             tout  s’efface,
Qu’y a-t-il, à la place ?

Quand  plus  rien n’émerge,
Du paysage  , retourné à l’état vierge.

Te souviens-tu  d’avant,
Avant que ne souffle le vent ?

Que la neige     ne se couche,
Et recouvre aussi ta bouche

–         Sur la vallée immense,
Règne maintenant le silence…

Ai-je  écrit en vain,
Espérant d’autres lendemains ?

Ceux qui , laissés-pour-compte,
Attendent, des glaces,  la fonte.

La neige  est un vaste manteau,
Qui  garde  pourtant au chaud,

Sous son blanc velours,
Toutes mes lettres  d’amour.

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Sur la musique au tempo arrêté – ( RC )

photo:              Dersascha

 

Passant             à travers le toit ouvert,
Les chauves-souris,
Agitent leurs parapluies      d’ombres,
Sur la musique                au tempo arrêté .
Le matin s’est posé sur les instruments
Immobilisés
Du concert déserté.

Les chaises             habillées de velours ,
Ecarlates                      face aux pupitres,
Encore au garde-à-vous…
Et les partitions en désordre de feuilles,
A même le sol,
Répandues,         telles ailes de papillons,
Arrachées à leur destin.

Inutiles désormais,
Les portées       froissées,
Grouillant encore       de notes,
Répondaient       aux courants d’air,
Soulevant       les rideaux       aux fenêtres,
Restées ouvertes,
Cravachées par la pluie.

Les cuivres entassés,
Empilés à la hâte,
–        S’ essayant encore à rire
De leurs éclats jaunes,
Certains,              cabossés –     estropiés,
Voisins de formes             sombres,
Pouvant être des housses.

Déjà voilées de poussière,
Servant de repaire,
A une famille de rongeurs,
Qu’on voyait ,          très occupée,
A fureter            dans le vestiaire ;
Des habits en lambeaux,
Oscillant encore aux cintres.

Leur           cliquetis,
Seul,                      répond,
Aux           longues plaintes du vent,
Et de temps à autres,
Aux frissons                 du piano noir,
Lorsque se détachent de la voûte,
Quelques morceaux de plâtre.

RC – février 2014

photo: Emily Hill – sans doute accumulation de Arman, musée de Nice


Sous la frise, la fraise au goût de groseille – ( RC )

photo: Emilio Sommariva. Nu féminin 1941-1942

Il y a une fraise , qui me regarde,

Qui me prend  dans l’étau
Sirupeux,.    —-  c’est un ciel d’été,
Il y fait toujours chaud,
Même si c’est sombre,
– M’aime  –  si je sombre,
Corps  et biens,
Petit soleil carmin,
Corps en étoile,
Joues  vermeilles,
Prolongent l’arche,
Là où te  te caches,
Monts et merveilles,
Dans une peau de velours,
Et sous la frise,
Fraise au goût de groseille,
A la source, je suis le roi,
Et bois
Tant que  je m’enivre,
De ta bouche  exquise,
Plongé dans l’oubli de moi,
Prêt à mourir heureux
Ayant quitté mes rives,
Sous ton regard en creux.
RC- décembre 2013