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le dessin blanc – texte 1 – Je ne peux plus rien dire – ( RC )



Il n’y a plus de veines  bleues,
Le sang  s’est échappé: il a figé
Tout autour de mes  cheveux, et sur le sol,
Et sur les brindilles …le tout mêlé..

C’est un tableau qui en principe,
Ne s’encadre pas.
Le rouge virant au brun,
puis au presque noir

Ou si on le fait, on pourra ajouter
La trace de mon corps,
quand il s’est  écroulé,
Souligné  d’un épais  trait blanc .

Il y a juste sa trace en négatif.
On ne pouvait le laisser tel quel,
Ou le punaiser
comme un papillon,

Sur les murs du musée :
On n’a pas encore prévu de dispositif
Assez performant pour le conserver
Sous les lumières des projecteurs .

A l’emplacement  du visage,
Une mauvaise photo d’identité
Pourra  faire l’affaire,
Et pour rappeler le contexte

Ou l’inventer,  –   selon .
Ce sera quelques  feuilles,
de la mousse,
Ou un mégot  écrasé.

Pour faire un peu plus vrai,
On n’oubliera pas quelques indices,
Des photos explicatives
( si possible : des gros plans )

Assortis de flèches,
et entourées de rouge ;
Les rapports de police,
Et ceux de l’autopsie seront fournis.

Le jeu consiste
A deviner l’arme du crime.
On ne l’a pas encore retrouvée.
Peut-être un des visiteurs l’aura-t-il sur lui…

Je suis  désolé ;
Je ne peux pas vous aider.
Ç’aurait été avec plaisir,
Mais vous avez compris…

Je ne peux plus rien dire.


RC- mars  2015

pour rappel, un autre  texte  avec le titre  « le dessin blanc » existe  sur le site, mais  dans un tout autre contexte

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Une terre gelée au sang des veines rompues – ( RC )

 

Une terre froide, souvent couverte de blanc,

Noire,           dessous.

Des femmes et des hommes emmitouflés,

Les habits sombres.

 

Forêts denses de pins serrés,     convoquant l’obscurité,

Les traits légers des bouleaux,                         bardés de blanc,

En contrastes accentués,                                 dessinent un arc,

Autour de la ville morte.

 

Elle a été.

Et de ses murs éclatés,            tombés sous les bombes,

Aux noires traces                                   de l’incendie,

La neige a tout recouvert.

 

On n’y distingue plus ,   avec ces monticules,

Défaisant son visage,

–                         Plongé dans le sol.

Une terre grasse,  mais gelée au sang des veines          rompues .

 

S’est ensevelie peut-être aussi       la mémoire,

Les fenêtres du jour couchées dans la brume,

Et celle des enfants morts…

Leurs chemins se dérobent en une incantation….

–    Ils n’auront        plus jamais de souvenirs.

 

Aux heures anciennes ,            demain sera encore hier.

Comment oublier ce qui n’a pas eu lieu ?

 

– RC- février 2014

( ce texte prend  pour base,  celui de Dominique Boudou, visible sur son site ) –


Au commencement est le geste, à la fin, la douleur ( RC )

Sculpture  Michel-Ange - Pièta  1498

Sculpture Michel-Ange – Pièta 1498

Il y a toujours un commencement, mais nous n’en avons plus mémoire,

Ou c’est celle, animale, de l’embryon que nous fûmes…

Aussi on nous dit la Genèse, le premier jour, la lumière, ( les contes fleuris de la création du monde ),

 ornent les missels, ou occupent les cadres dorés des musées.

 

…Le geste se prolonge à travers tous les corps      ( Bernard  Noël ),

,       et c’est de l’espèce commune,       oui,          de cerner, attentif à notre fonds commun.

 

Le sang circule donc dans les veines, et l’existence tutoie différences et préjugés,

C’est l’intérieur qui parle, ( le flux sanguin, se trouvant de la même couleur chez tout le monde)

Le geste est originel… Pêchant dans l’inconscient collectif.

Il se traduit en images,  parfois elles nous envahissent, car construites à notre semblance…

La Vierge est à ma portée, portant dans ses bras son fils mort, et affaissé.

Son immobilité et sa blancheur ,           sa dureté de marbre, quelle que soit l’habileté de l’artiste,                    lui ôtent sa chaleur.

Juchée sur son piédestal, et faussement accessible, le monde ne recommence pas avec elle,

au contraire, elle se substitue en mythe, aux mères des pays de famine, où toute mère, hurle à la vie enfuie, et qui s’est, au sens propre, arrachée d’elle.

S’il y a une genèse, il y a aussi celle de la douleur…. Il est des Pièta vivantes, ne prêchant pour aucune religion.

RC – 14 octobre  2013

Pogordski

Parodie de Pièta: ( une  de la série photographique  de G PODGORSKY )


Installé sur ton arbre (RC)

art:       Pierre Alechinsky

Comme  je  voletais  de ci de là
J’ai trouvé l’espace libre et je m’y suis mis
Installé  sur ton arbre, la branche amie
Elle  était douce, moelleuse comme matelas

L’automne  avait déserté le deuil
Les couleurs  étaient en tapis de peinture
Autour de ton tronc, belle garniture
Le vieux  chêne  gardait quand même quelques feuilles

J’irai prendre un verre de whisky,
Et pour qu’un peu, je me penche,
Sur les veines de tes branches,
–     Les encres d’Alechinsky   –

Adossé à la baie  vers le port
Au mystère  d’écriture je te lirai
Et d’un grand orage je m’enivrerai
Aux pages feuilletées, j’en ferai bonheur.

 

RC-     29 novembre 2011,         modifié septembre 2013

 

En réponse à  « cette nuit… »,  le poème d’Adeline  que l’on peut  lire ici…