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Du silence à la mélodie du bonheur – ( RC )

photo: Joakim Eskildsen

photo: Joakim Eskildsen

 

Laisse  quelques mesures  s’avancer,
Une partition blanche,
Un peu de silence,
Puis, quand  tu rouvres les yeux,
Ce sont les trilles des violons,
L’envol des clarinettes,
Et l’éclat des trompettes.

Tu pensais ne plus vouloir, ne plus entendre,
Installant un barrage, en haute montagne,
Sourde à la vie permanente…

Mais l’eau a fini par déborder,
Et tu t’es faite emporter,
Par le flot de la musique,
Pour te mêler, à celle de la symphonie.
Et des instruments, leurs  couleurs,
Il y a bien quelque part,
La mélodie  du bonheur …

RC – déc 2014

 

( réponse à lavieilledame indigne)

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Le concert des fausses notes – ( RC )

retable d ‘Issenheim : tentation de St Antoine

Les cors essoufflés font avec, les violons langoureux
Un dialogue grisé,        qui éteint le décor.
La symphonie fantastique a mille retours

Gnomes et djinns me soufflent au visage
Une haleine soufrée, des cloches fêlées
Les héros politicards,        vite endormis

Aux matières sournoises, se drapent dans le pourpre
Et s’entourent de mains molles,
D’anciennes affiches pendantes, en clones plats

Le miroir                   n’a plus à raconter l’avenir,
L’humanité pleure, le concert des fausses notes
Les saxophones barbotent en faux airs enjoués,

Le fossoyeur,            jette une tasse brisée
Avec les fleurs passées du retable d’Issenheim,
Les tarots alignés,           montrent bâtons,

Les mères pleurent leurs fils partis
–            Combattre d’autres enfants,
…..L’au delà des frontières, appelle chimères.

Chaque coup marqué par les timbales
– cerne le présent , celui d’ ici –
Les hennissements des trompettes…

Après la “marche au supplice’
>                          Rendez-vous sous l’horloge…
… maintenant avec des chiffres,       elle égare ses aiguilles

Qui défilent, et le progrès qu’on emballe;
Cacophonie ouatée,             cuivres ternis
Les pères ont disparu –    On leur a menti

–                                   La fumée jaunasse des usines
Au dernier mouvement,        noie bientôt l’orchestre…
Et ses ressacs d’un matin.           – insolvables –

RC – 22 septembre 2012

( composé au souvenir d’un panneau du retable d’Issenheim, de Grünewald,             dont la
reproduction illustrait la “symphonie fantastiques ” de Berlioz )

Caricature d’Hector Berlioz          par Etienne Carjat, 1858

Edmond Hameau – L’Auditoire

peinture: Enrico Baj

peinture/ collage  :                             Enrico Baj

 
Combien sont hautainement tristes
Dans ce rouge lointain
Les navires pansus — dromadaires pensifs
Voici cachés par leurs crinières
Les lions valeureux
Aux gorges cloutées de fleurs
Une souris
Même la plus besogneuse
Ne grignote point le silence
Consciente de l’instant grave
Les renards la contemplent de leurs grands yeux bleus
Avec une malice de lumière dans leur œil

De fille rousse
Et voici une vache puissante

en posture de veuve fanée
Avec le même relâchement des bajoues
Ira faune sévère se lamentant
Dépasse en majesté
Le jugement des Ecclésiastes
Des Cyclopes
Et des trompettes
Qu’il est long
D’un insoutenable jaune
Dans sa tristesse souveraine
Cet auditoire vache-et-baleine
Planté de face
Bardé de couteaux
De ferrailles
Résonnant d’hystériques tambours
Lorsque vers l’abîme

Nous nous précipitons
Les jambes écartées

(Edmond Hameau)


La musique est la nourriture de l’amour – ( RC )

enluminure médiévale

enluminure médiévale

 

Si la musique se nourrit de l’amour,

Au sortir de la nuit,

Au corps, elle chante et rit,

Même pour les sourds…

Allons, sonnez trompettes,

Timbales , cors, violons

Orgue et accordéons,

L’amour est une fête !

Montrez les plaisirs divins,

Et ses plateaux de fruits,

Pétris d’harmonie,

Accompagnés des meilleurs vins !

Cupidon lance ses flèches,

Qu’habilement, il décoche…

Bouquets de triples croches,

Les yeux sont ses flammèches,

En battant la mesure

Pour jamais qu’il ne se dessèche,

Vivez d’amour et d’eau fraîche,

Et de musique , une nourriture,

Que l’on dit céleste,

.Du banquet, son partage

Porté par les accords, et davantage

Je vous le dis, des plus digestes,

Et la nourriture terrestre,

Quand le corps se cambre…

Une musique de chambre,

Qui n’attend pas l’orchestre…

Jouez nous encore ce refrain,

Parcouru avec entrain,et désir,

Au concerto des soupirs,

Laissez parler vos mains !

Et, comme l’écrit Shakespeare,

La musique est la nourriture de l’amour, *

De celle qui se goûte et se savoure.

Elle s’écoute toujours avec plaisirs .

 

* ( extrait de la « Nuit des Rois » :W Shakespeare.)

RC  novembre  2013