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Réminiscences de fleurs d’ailleurs – ( RC )

Badaire  Jean-Gilles   expo Marvejols   fl -  22

peinture Jean-Gilles Badaire – photo perso


C’est une coque vide,
Aux murs carrelés de blanc, jusqu’au plafond.

Les meuglements des animaux,
La vapeur  qui s’échappait  de leur  corps,
Tout à coup arrachés  à l’étable,
Aux pentes  douces, et leur pâture humide…

Leur chaleur, et l’odeur  animale
S’est perdue dans le silence ;
Leur masse suspendue à de solides crochets,
Se comptait en poids de viande.

Le lieu est devenu incongru, et froid.
Même les  aérateurs,
Les conduits immobilisés,
Rouillent  lentement sur place .

Le sol de ciment  bien sec, proprement  nettoyé,
Permet qu’on le traverse, sans qu’on y glisse,
Sur des excréments,
Ou une  flaque  de sang  :

L’abattoir municipal
est devenu un lieu  d’arts.

Des oeuvres sombres
Aux  fleurs  brunes  et violines,
Parfois  aux  accents métalliques,
Font comme de vénéneux  prolongements,

Aux plantes  privées de lumières  ;
Elles s’étalent  sur les  toiles noires,
Engluées de pourpre mat,
Et de vermillon terne.

Comme les animaux  de jadis,
Extraites de leur terre,
Le souffle coupé,

Suspendues à un reste  de couleur .
Ce qui a existé, des réminiscences…

Quelque part , d’ailleurs…

On sait que les  fleurs mortes,
Diffusent encore un peu de parfum .

RC – avril 2015

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Le moulin – ( RC )

peinture:       Pierre Mondrian

Au grand frottis du ciel,
S’égarent des écharpes grises,
Courant, sous la poussée du monde,
Soulever les écumes.

Mais en attendant qu’il se dénude,
Aux grands vents du mistral,
Ce sont les bras des moulins;
Ils offrent de grands cercles,

Et leurs ombres s’affolent,
Sur le sol, alors que se tendent,
Comme de grands papillons blancs,
Leurs toiles, sous la brise nue.

Le mouvement circulaire,
Se donne en moyeux et engrenages,
Il poursuit sa ronde à l’intérieur,
En poussant sa meule lisse.

Les jointures de bois, gémissent,
La récolte blonde
Se disperse en pluie d’ors,
Sous le parcours de la pierre,

Les sacs bruns se remplissent,
D’une farine si fine,
Qu’une partie s’en échappe,
Matière impalpable

Jouant dans les rais du soleil,
Et se déposant lentement ,
Sur tous les reliefs,
De la muraille de pierres.

Même le meunier et son assistant,
Ont la tête de l’emploi,
Recouverts de blanc,
Comme tout l’intérieur du moulin.

Ces sentinelles du vent,
S’ouvrent alors aux convois des ânes,
Revenant, lourdement chargés,
De la nourriture des hommes.

Pour la livrer de village, en village,
De fournil en fournil,
Où l’on suivra son sillage,
Rien qu’au parfum du pain cuit .

 

RC 16 novembre 2013

photo:                 moulins à vent plateau de Lassithi – Crète