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Porté sur la face claire des nuits – ( RC )

Peinture: Odilon Redon

Pastel   : Odilon Redon

 

Je revois  sur une  toile  , ce visage
Le regard  lointain, comme  détaché  du monde,
Essayant derrière  moi, de déchiffrer les ombres,
Les équilibres  instables  du vent, et la face ignorée des jours…

Ou peut-être simplement,
Un regard qui ne voit pas,
Mais qui en est , à reconstruire,
L’écheveau des rêves :
L’ailleurs porté sur la face claire des nuits,
Où on traverse des instants
Si loin ,   du poids  du corps ,

Qu’on pourrait apercevoir
Au milieu de la lumière noire,
Des éclats  de couleur ,
Engendrés par les effluves d’une terre
Qui se repose de la fatigue du jour,
Et laisse une mémoire ,
Libérée de son carcan .

C’est un envol vers d’autres  contrées ;
Les explorer se fait sans peine .
Il n’y a pas de limites,
Et aucune frontière ne la retient prisonnière.


I see on a canvas, this face
The distant look, as detached from the world,
Behind me ,trying to decipher shadows
The unstable condition of the wind, and the ignored face of the days …

Or maybe just,
A look that does not see,
But who is to rebuild,
The web of dreams:
Other places focused on the face of clear nights,
Where we cross moments
So far, of the body weight,

We could see
Amid the black light,
Color bursts,
Caused by the smell of an earth
That sits of the tiredness of the day,
And let a memory,
Freed from its shackles.

It is a flight to other countries;
Explore them ,is done easily.
There are no limits,
And no border holds it prisoner.

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De la coupe, le contenu – ( RC )

 

Savoir de la coupe,        le contenu
Tu le sauras         quand tu auras bu:

à moitié pleine,          à moitié vide,
à moitié blanche,         ou noire…
Comment savoir si le liquide,
porte les maux de la terre ou bien l’espoir ?
C’est bien un coup du sort …
Lire au fond du café le marc,
Et l’empreinte du hasard,
Si on ouvre ainsi la boîte de Pandore…

 

RC-  sept 2014


Un impromptu – (Rc )

photo: Miroslav Tichy

photo: Miroslav Tichy

 

Ah les parcours  framboisés
Et l’ombre rosée
Sous ma pupille,
Que ton ciel vrille

De caresses irisées,
Et baisers déposés  !
Terres retournées, et sols  rompus…
Je joue  sur  ta peau,… un impromptu  .

 

RC – nov  2014


Oiseaux sans entraves – ( RC )

peinture: Georges Braque  Oiseux  en vol

peinture:           Georges Braque              Oiseaux en vol

 

 

Les oiseaux migrateurs,
N’ont pas besoin d’ordinateur,
Ou de boussole, pour s’orienter.

Nous ne sommes pas des oiseaux,
Et vivons à demeure,
les pieds collés à la terre.

Les mouvements sont pesants,
Les paroles et langages
Ont du mal à franchir les frontières,

Traduire les dialectes,et les écrits
Reste une tâche difficile,
Où les erreurs sont fréquentes.

Pour se comprendre,
Les animaux sur la terre,
Ne se posent pas la question.

Bien sûr des machines
Viennent à notre secours,
Et les flux informatiques,

Parcourent la planète,
Dans tous les sens,
Calculent à notre place,

Nous informent sur la météo ,
Et des évènements aux antipodes,
Modèlent la forme des voitures

Analysent les habitudes des gens,
Et voudraient presque s’y substituer.
C’est un vaste filet,

Presque semblable à une nasse,
Se refermant sur un banc de poissons,
Dont on ne voit pas les mailles.

Une toile d’araignée,
Qui nous emprisonne,
Plutôt qu’elle ne nous libère.

Et le filet se resserre,
Chaque jour un peu plus,
Sur notre quotidien.

Déjà le ciel est rayé,
Parcouru de lignes noires
Des réseaux électriques.

Nous gesticulons dessous
Tandis que les oiseaux,
Libres, volent au-delà,

Sans entraves.

 
RC – avril 2014


Un nid – ( RC )

 

 

création: Nils Udo

 

Les  choses  ne sont plus

Ce qu’elles  étaient,

Comme cette  fois

Avec les  branches  des arbres,

Nouées  sur le ciel,

A la luminosité faiblissante.

 

Le sol mousseux  glissant,

Etirant le piège humide,

De racines  sournoises,

Se prolongeant peut-être,

Au-delà du visible,

Dans les  profondeurs  de la terre…

 

Maintenant, le retour sur les lieux,

Bien des années plus tard,

Rend la forêt moins  hostile.

Elle  est devenue  un abri,

Et si tu te loves,

Replié  sur  toi-même.

 

Au creux  de ces mêmes  racines

Une obscurité tendre,

T’enveloppe,

Avec son nid  de feuilles  sèches,

Où  tu pourrais  t’y cacher,

Au point de t’y fondre…

 

Un retour aux  sources,

quand  tu t’endors,

Sourd à tous les appels,

Parcourant la surface.

Loin au-dessus,

C’est un autre monde…

 

 

RC –  juin  2014


Le premier horizon – (RC )

photo: Lauren Reilly dans le style  de A Goldsworthy

photo: Lauren Reilly dans le style de A Goldsworthy

 

C’est sous la neige,
Que nous tissons la patience.
Une couverture épaisse,
Qui petit à petit s’affaisse,

Lorsque le corps,
Par sa chaleur,
Dessine son contour en creux,
Les graines de neige se confondent .

Pour toi, il en va de même …
..Nous étions dormants,
Sous un grand lit blanc,
Cachés au regard des gens.

Bientôt nous nous réveillerons,
Accompagnés de gestes mouillés,
Nous nous découvrirons,
Roulant dans nos mains un peu de sable,

Et nous serons,
Tels que nous nous étions imaginés,
Issus de la terre tiède,
Le regard posé sur l’autre,

Comme premier horizon .

RC – février 2014


Malgré le tumulte – ( RC )

art aborigène

art aborigène

Le coeur en trombone,
S’étire sous les aurores,
Et ulule en coulisses,

Au soleil enfui,
Dérobé par ceux,
Qui font commerce

Des mirages, au profit,
Des étincelles,
Des heurts des planètes,

Egarant quelque part,
Dans les aurores boréales,
Leur limaille de sève,

Leur vapeur d’océans,
Quand l’horizon ondule,
Et la terre se liquéfie.

Alors, protégeant de tes mains,
Ce qui peut échapper à la tempête,
Tu t’abrites ,

Sous les feuilles de bananier,
Avec ce qu’il reste de feu,
Le don de Prométhée,

Pour transmettre à ton tour,
Un peu de lumière,
En gardant ta foi,

Malgré le tumulte.


Le poids du ciel et des nuages – ( RC )

019

 

La musique se répand,
C’est sur le sol comme une partition,
Une peinture où se multiplient les touches,
Les notes et les couleurs,

Où se mêlent la dentelle du hêtre,
Et les plumes blanches,
La chevelure de la neige,
Et les branches élevant leur chant,

Jusque vers les nuages,
Courbées d’air pur,
Ces nuées,dessinant , selon les vents,
De curieuses géographies, et

Au sol autant de tableaux,
Filtrés de lumière,
Doigts voyageurs à travers les stations,
Distribuées à l’en vie,

Une main ouverte
Aux quatre directions,
Où le regard se perdrait
A suivre la migration,

Vers un au-delà inconnu,
De générations d’oiseaux,
Interprétant à leur tour,
Le langage des saisons,

S’appuyant sur le ciel,
Dominant la terre,
De tout son poids d’air,
Traversé de la courbe solaire.

RC –  décembre 2013

( réponse à un texte écrit par Hélène Cassagnes ).


Il y a , il y aura ( RC )

Il y a , il y aura…


Il y a ,  il y aura

Sur cette butte
Proche de chez toi
Les jumeaux
Qui attendent.
Ces deux ombres vertes,
Ces deux arbres qui     ,    ensemble
Avec leurs racines
Partagent leur terre,
Partagent la terre entière.

Philémon et Baucis,
selon la légende,
Changés en arbres,
Grandissent depuis longtemps,
Disputant les éléments contraires,
S’aimant    se repoussant,
Et mêlant leurs bras,
Leur espace diminuant avec
La croissance des branches.

Il ne seront plus qu’un,
Bientôt peut-être loin,
Ne mourant encore ensemble
Qu’en saveur d’éternité.
Il y a, il y aura
Ces amants végétaux
Gardiens du silence
Et de l’amour

Près de chez  toi.

———–

Here It is, here it will  be

There  is, there will be,
Up on this hillock
Near your home,
The  twins, which
Are waiting.
These  two green shadows,
These two trees, which, together,
With their roots,
Share their  earth,
Share  the  entire earth.

Philemon and Baucis,
so , the legend says
Changed  in trees,
Are growing from a long time
Stand up agains  adverse elements
Loving and repulsing
Mixing their  arms,
Their space growing shorter with
Branche’s growth

They will  be  just one,
Soon, perhaps far away,
Dying together
Just with eternity flavour

There is, there  will be,
These plant lovers,
Silence and love keepers

Close from  your home

—-
Es gibt sie,
es wird sie immer geben
Auf dieser Anhöhe
Nah bei dir
Die wartenden Zwillinge
zwei grüne Schatten
diese Bäume
die mit ihrem Wurzelwerk
ihre Erde Teilen
sich die ganze Erde teilen.

Philemon und Baucis
verwandelt
nach der Legende
in zwei Bäume
gedeihen seit langer Zeit
sich streitend über die
Gegensätzlichkeit der Elemente.

Philemon und Baucis
sich liebend , sich zrückweisend,
die Ranken sich untermischend,
umgrenzen sie mit dem
Wachstum ihrer Äste
den Raum

Ganz eins werdend
Früher oder später
nicht zusammen sterbend
ohne den Geschmack der Ewigkeit

Es gibt sie
es wird sie immer geben
diese pflanzlichen  Liebhaber
Wächter der Stille und der Liebe
nah bei dir.

 

 


Monique Atoch – poème à l’étranger

texte  extrait  du recueil   « dans tous le sens « .

Poèmes à l’étranger

Plus de pain

plus de miel

terre promise arrachée

collines crochues

qui lacèrent les serments

maison qui se reruse

terrasses arides

plats ébréchés

qui n’offrent rien

ouragan d’acide

vitriol au visage.

Le verdict est vomi :

pas d’étrangère ici.Image