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Sculpteur d’un sourire – ( RC )

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Art:  Sculpture IFE  ( Nigeria )

 

Si tu dors encore,
je caresse le dessin de tes lèvres,
elles me chuchotent un sourire .
        Il est venu des profondeurs    :
de celles du sommeil et de la terre.
Je pétris l’argile humide,  à ton image.

Je peux te toucher:
il y manque  juste  ton souffle,
et mes yeux  sont une caresse :
     bientôt,    tu vas m’offrir  ton ombre .
Je vais l’enserrer et m’y fondre,
et    devenir glaise à mon tour .

RC  – nov 2016

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Traduire la douceur – ( RC )

 

 

 

 

photo: Severine C

photo: Severine C

Comment  dire  la douceur , juste au bord de soi,
qu’on enjambe ( comme un grand pont, la rivière).

C’est un rai de lumière, qui traverse la table  du jardin,
c’est la brise agitant les premières feuilles  tombées,

ce sont les petites  rides  autour de ton sourire,
la verticale  d’une chair  pâle échappée d’un secret,

et tes doigts  serrés  sur les miens…,
qui la traduisent mieux  que la chanson des mots .

RC – sept 2015


L’effet multiplicateur – ( RC )

 

peinture  A  Modigliani

peinture A Modigliani

 

 

 

 

 

Du côté espoir,

Il suffit d’un regard
Pour traverser le miroir.

Ainsi les rêves m’apportent
Ton sourire , en quelque sorte,
Ouvrant tout grand d’autres portes.

Je ne saurai dire si c’est le bonheur,
quand s’ouvre sur le cœur,
Son effet multiplicateur ;

Et du miroir, à facettes…
Une atmosphère de fête
se bouscule dans ma tête .


Emportée, ma dame blanche – ( RC )

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Il ne pleut pas le soir,
 (  Celui qui rime avec espoir… )
— Ce ciel n’est pas  étanche,

Et sombre,       en vagues blanches…
La bien-aimée voguant dans les  draps,
Blancs,         comme le sont mes bras….

Le jardin d’amour  m’attend,
Et ,         tout au fond,   le banc,
Où nous nous reposions,

Maintenant ,    sous l’épais coton.
Quand, sous la neige, tout  s’efface,
Et que le vent , lentement, l’amasse.

Je t’ai portée ainsi, contre ma poitrine,
En robe  diamantine
Parée de frissons…

…           Tombent les flocons .
Il ne peuvent  traduire,
Dans ce poème,     ton sourire.

Qui lentement,          s’éteint
Alors que je  t’étreins
Juste aux portes   du vertige .

Puis,       quand il se fige ,
Je sais  que  tu vas t’enfuir
Dans  des souvenirs

…     qui n’ont pas de  fin,
Le long des matins   ,
Où tu ne sentiras plus le froid…

Il est un sentier  étroit,
Qui mène        au pied du grand arbre  …
La neige a recouvert aussi la dalle de marbre.


RC  – nov  2014


Passer à travers la muraille – ( RC )

photo Glbert Garcin: la continuité

photo Gilbert Garcin: la continuité

 

Si c’est un jour  où, là-devant,
S’étend un  grand mur blanc,
Qui fige tout devenir,
Et celui du sourire,
Toi, toute lasse  et de glace,
Donne-moi la main, …que l’on passe,
Tous deux à travers la muraille !
Nous  trouverons bien la faille,
En dessinant sur le mur,
Une  fenêtre  sur  le futur,
Dont le contour,
Aura la forme  de l’amour.
On y verrait un pont,
Permettant de mieux  sauter,
De l’autre  côté,
Quand la glace fond
Et que le coeur  s’élance:
Le mur s’est le premier  lassé,
Et s’est soudain  effacé,
Quand tu t’extrais, de ton silence.

 

RC – juin 2015

 

ceci est une variation « réponse », sur une publication de Alice Gauguin.

J’ai pensé  aussi  au livret de la « Bohême » de Puccini  ( que cette main est froide… laissez-moi la  réchauffer )…


Habillés d’ocelles – ( RC )

photo perso. Fête des lumières  - Lyon 2014

photo perso.               Fête des lumières – Lyon 2014

 

Les  tilleuls  se sont parés de jupes,
Virevoltent en musique,
Et, comme le font les fleurs  de lumière,
Unissent les  formes,

Du mobile  au statique,
Traversent ces méduses  fines
Ballottées de  courants  d’air.

On joue le « casse-noisette »,
Et il y a dans l’atmosphère,
Malgré le froid  qui pique, le ciel vert
D’une ambiance légère,

Les maisons changent de teinte,
Les fenêtres s’efforcent de sourire,
Les arbres évoluent sur les pointes .

Sur la piste tanguent les couples,
Comme ces papillons des îles,
Traversant la place, habillés d’ocelles,
Qui les quittent  aussitôt pour d’autres

J’ai perçu,          sur le visage de mon ange  du sud,
Changé par la traversée des couleurs  ,
Le fil ténu  du bonheur,   porté par ses yeux rieurs.


RC  déc 2014

 

papillon à ocelles: Diaethria neglecta


Rebelle à la poussière – ( RC )

photo: Drozner

Rebelle à la lumière,
La poussière recouvre tout,
Elle laisse en gris, tout ce qui existe,
Même tes violences,
Même ma douceur,
De sa fadeur uniforme,
A en oublier la beauté.

Je n’ai même plus, idée de la distance,
Où portent mes pieds,
Où s’ouvre la porte d’un ciel,
Dont on peut douter de la présence.
Une pluie de particules,
S’empare même en tourbillons,
De la tendresse.

Mais si, dans la tourmente,
Lumière bue,
Le fade s’infiltre partout,
Il y aura toujours un vent,
Pour laisser passer un sourire,
Et que la graine,cachée sous la poussière,
Un jour, germe.

 
RC – 8 octobre 2013

( variation sur « Poussière » de Astrid Waliszek ).

A W  est l’auteur, entre autre du roman « Topolina »  paru chez Grasset


Juste avant la falaise – ( RC )

peinture  Claude Monet…  falaise dans le pays de Caux (  Dieppe )

Ce sont toujours les mêmes,

Ou bien les semblables,

Ces vagues qui viennent

Au pied de la falaise, insaisissables.

 

Ces vagues dont le choc palpite,

Résonnent au pied de la maison,

Celle que nous avons construite,

Ouverte sur l’horizon.

 

Te souviens -tu , amie

De la couleur, des murs

Que nous avions choisie,

Azur , comme celle d’un temps pur ?

 

De celle de la côte anglaise

Et le pré suspendu avant de chuter,

Juste avant la falaise,

Sous laquelle nous aimions nous promener ?

 

Mais le sourire s’en est allé,

Les couleurs ont perdu leur fard,

Avec l’arrivée de nuages, blafards ;

Et le gris s’est installé.

 

En couvrant de tristesse,

La maison où je vis seul,

Aux fenêtres, les rideaux linceul,

Que les vents pressent.

 

Cette maison au regard livide,

Vit maintenant sans tes caresses,

Quand, à l’envol des promesses,

Répondent les pièces vides…

 

Les volets battent sur la façade,

Les herbes se courbent sous un vent rude,

Les arbres, – d’abandon et de solitude,

Toutes les teintes sont devenues fades.

 

Face à la mer immense,

C’est comme un défi inutile,

Notre maison est comme une île,

Livrée à l’assaut des flots, sans défense.

 

Chacune des vagues pèse,

Ainsi, la côte recule,

Ainsi, mon cœur . Il bascule,

Et sera emporté aussi, au pied de la falaise.

 

Il suffit d’un jour de tempête,

D’un ouragan de rage,

Emportant tout sur son passage,

Et même les peines secrètes.

 

Je vis en terrain instable,

La mer peut bien venir,

Et tout recouvrir,

Comme un fragile château de sable.

 

RC – 8 décembre 2013


Soumis à métamorphose – (RC )

Art: Scupture de C Brancusi : colonne sans fin

Art:          Sculpture de C Brancusi :                colonne sans fin               ( et l’oiseau)

Nuit, tu m’as portée dans tes mains,

Et provoqué ma faim.

Bercé du sourire vertical,

Allant chercher les  étoiles,

Ou leur reflet au fond du puits,

Aussi loin ….   je te suis.

Sous des pressions  d’atmosphères,

Nous sommes secoués d’éclairs,

–  A parcourir ces feux,

La nuit,  le regard en creux,

Construit son festin,

D’une colonne sans fin.

Un pont jeté dans l’existence,

S’ effacent les distances,…

M’entourant de ses bras,

La nuit a étendu ses draps.

Une faille dans le temps,

Qui me laisse en suspens…

( Une parenthèse, une trève,

M’aspirant dans tes rêves) ,

Nuit de coton,

Chrysalide dans son cocon,

Vois, comme je repose,

Soumis à métamorphose.

 

 

RC- 16 octobre 2013

 

 

peinture: Egon Schiele

peinture: Egon Schiele-        couple             1913