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La solitude du pin – ( RC )

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peinture :  Marc Pfund

 

Secoué de mistral

Sans remords.

Il l’avale 

Lourd de bruissements, 

Et du soleil d’ors

Se tait, sous serment,

Dressant juste ses épines

Aux senteurs de thym…

Je n’en connais pas l’origine  .

Tout tourne autour du ventre,

Certains diront          « le nombril du monde »

<          Mais où est donc le centre 

Que le vent  sonde ?

Dans la tradition congolaise

L’humanité commence par le nombril,

C’est peut-être, dans le création,     une île

Au milieu de l’océan, sa genèse …

Et le monde, … 

Commence-t-il par le temps…. ?

Une goutte  de sang ?

Qu’est-ce qui le fonde ?

L’horloge du soleil, 

Indique ,       opposée au ciel,

L’étendue des ombres …

Ou bien le regard, celui de l’enfant   …

Même le plus sombre

Que l’on porte ,

Comme  à nos premières années,

L’ouverture d’une porte

Avec la mère, présente

Dans l’humanité, …. nous en sommes  nés.

Elle en est Origine,

Comme le pin,              aussi

Gardien de la terre bienveillante,

Accroché  à ses racines.

Se tient toujours ici…

RC – août , sept 2014

( nouvelle  version  « retravaillée » )   de ce texte  de juin  2013

 
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Marquis de Sade – propos sur le droit de propriété

 

Max Ernst: illustration sur des poèmes d’Eluard

 

Dans un pamphlet de 1795, le marquis de Sade s’adresse aux représentants du peuple qui viennent d’inscrire le droit de propriété (articles 2 et 17) dans la déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen (1789)…

A Dieu ne plaise que je veuille attaquer ou détruire ici le serment du respect des propriétés, que vient de prononcer la nation : mais me permettra-t-on quelques idées sur l’injustice de ce serment ? Quel est l’esprit d’un serment prononcé par tous les individus d’une nation ? N’est-il pas de maintenir une parfaite égalité parmi les citoyens, de les soumettre tous également à la loi protectrice des propriétés de tous ?

Or, je vous demande maintenant si elle est bien juste, la loi qui ordonne à celui qui n’a rien de respecte celui qui a tout.

Quels sont les éléments du pacte social ? Ne consiste-t-il pas à céder un peu de sa liberté et de ses propriétés pour assurer et maintenir ce que l’on conserve de l’un et de l’autre ?

Toutes les lois sont assises sur ces bases ; elles sont les motifs des punitions
infligées à celui qui abuse de sa liberté. Elles autorisent de même les impositions ; ce qui fait qu’un citoyen ne se récrie pas lorsqu’on les exige de lui, c’est qu’il sait qu’au moyen de ce qu’il donne, on lui conserve ce qui lui reste ; mais, encore une fois, de quel droit celui qui n’a rien s’enchaînera-t-il sous un pacte qui ne protège que celui qui a tout ?
Si vous faites un acte d’équité en conservant, par votre serment, les propriétés du riche, ne faites-vous pas une injustice en exigeant ce serment du « conservateur » qui n’a rien ? Quel intérêt celui-ci a-t-il à votre serment ? Et pourquoi voulez-vous qu’il promette  une chose uniquement favorable à celui qui diffère autant de lui par ses richesses : un serment doit avoir un effet égal sur tous les individus qui le prononcent ; il est impossible qu’il puisse enchaîner celui qui n’a aucun intérêt à son maintien, parce qu’il ne serait plus alors le pacte d’un peuple libre : il serait l’arme du fort sur le faible, contre lequel celui-ci devrait se révolter sans cesse ; or c’est ce qui arrive dans le serment du respect des propriétés que vient d’exiger la nation ; le riche seul y enchaîne le pauvre, le riche seul a l’intérêt au serment que prononce le pauvre avec tant d’inconsidération qu’il ne voit pas qu’au moyen de ce serment, extorqué à sa bonne foi, il s’engage à faire une choses qu’on ne peut pas faire vis-à-vis de lui.

 

Max Ernst – Un portrait robot de Sade