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Avril aura les doigts agiles – ( RC )

 

Tout ce qu’il faut pour façonner,

L’ambre de ta peau frissonnée…,

Si tu te découvres  d’un fil,

Avril aura les doigts agiles…

 

Je ne vois plus ton regard qui brille,

Mais juste tes bas résille,

Qui forment un dessin,

Jusqu’à la pointe de tes seins.

 

Si de l’ombre  tu es prisonnière,

Je vais défaire tes lanières,

Et te donner toute entière,

A la grâce de la lumière ….

 

 

mars 2014  –

 

 

(  variation sur une  photo de TKKim )

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Une rose sans automne – ( RC )

photo: Johann Tiberio

          photo: Johann Tiberio

Ce sont  comme les  feuilles,
Celles  emportées par l’automne,
Quant le vent  habille  de deuil,
Les troncs en rangées monotones…

Mais ici  c’est l’inverse ,
Le vent  n’y est pour rien ,
Je te prends, je te berce,
Au creux  de mes mains…

Y a-t-il du chagrin ?
Je vois plutôt un calice,
La courbe pleine de ses seins,
Lorsque les habits glissent ,

Le long de ses pentes ,
Comme une brume se dépose,
En nuées lentes  .
— voici naître ma rose …

Qui a parlé d’automne ?
C’est plutôt un printemps,
Dont  la vue friponne,
Encourage l’amant.

Si elle a le goût de la pomme,
Et sa saveur  sucrée,
Il faut que  je croque  la môme
( que j’en sache le secret ) .

C’est ainsi que je me penche,
Et  que je m’agenouille,
Ma tête sur ses hanches .
A sa forêt, se brouille,

Enfin, ma vue, obscurcie, tangue,
Comme  elle se presse,
L’ouverte mangue,
Souveraine caresse…

Sous les baisers,
L’ouverture de la plage,
De tous les étés ,
Il y fait chaud,  et j’y nage

Encore,         et si loin,
Que  dans son corps nu,
Je la rejoins…
Et n’en suis pas  revenu…


RC – nov 2014

 


Le jour naissant esquive la nuit ( RC )

 

 

 

Les livres ne disaient plus rien,

Cette rose entre tes seins

Un rien l’éteint,

…Mon souffle la ravive


Personne ne t’étreint,

J’étends mes mains
Eteignant la nuit, pour demain,

.Le jour naissant l’esquive.

Le livre me dit enfin,
Que la mort reste au loin ,

Et la pente de tes reins,

Se fait réactive,

La vie, comme la couleur, revient,

S’ouvrent ses pétales, satin

Cette rose, tu la tiens,

La senteur,contre toi, lascive.

L’à-venir est tien,

Juste à portée de mains,

La fleur te montre le chemin,

que ceux qui t’aiment te suivent…!!

RC – 5 octobre 2013


Else Laske-Schüler – écoute — suivi de ma variation « l’origine du monde »

 

 

 

 

ÉCOUTE

 

 

Je vole dans la nuit

Les roses de ta bouche,

Pour qu’aucune femme n’y trouve à boire.

 

Celle que j’embrasse

M’enlève mes frissons,

Que j’ai peints autour de tes membres.

 

Je suis ton bord de chemin.

Celle qui te frôle,

Bascule.

 

Sens-tu ma soif de vivre

Partout

Comme une lisière lointaine ?

 

Else Lasker-Schüler

Traduction de Catherine RÉAULT-CROSNIER     ( Else L S, est une grande poétesse allemande, contemporaine  et amie  de R Maria Rilke )

 

____

L’origine du monde

 

 

Il n’y a pas de contours lointains

Mais, juste, imprimés au matin

Sans les draps, le creux de tes seins

Dans la coupe ouverte de mes mains

 

J’étreins une chaleur tiède, et lisse

L’ambre de ta peau, qui tisse

L’ocre de la carnation

Décorée du picotis des frissons.

 

Je suis au bord de ton chemin,

Celui qui m’emmène au loin,

Empruntant aux anges, leurs ailes

Et le corps offert de mon modèle.

 

Des bois profonds, ta prière

M’en fait quitter la lisière

Pour les torrents qui grondent

….A l’origine du monde

 

RC – 3 octobre 2012

 

(  l’origine du monde         , renvoit,          bien sûr ,  au tableau de Courbet , du même nom)