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Alchimie patiente des mots – ( RC )

-parapluie

Peinture en duo avec J Hemery 1998

 

Assis au bord de son âme,

C’est une plongée dans le pourpre,

L’ombre, le sang

L’ âpreté des non-retours   ;

 

S’il faut chercher dans la succession des saisons,

De quoi fondre le secret des paroles,

Celles qui            quelques instants avant,

étaient tues…

>        Alors, de quelques pierres lourdes,

Et papiers froissés :

Faire naître les ors…

Alchimie patiente des mots ;

Ils se tissent les uns aux autres,

Restituent comme une naissance du jour,

Doigts de lumière posés sur le monde.

RC – juill  2015

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Nous étions les mêmes, mais le jour et la nuit – ( RC )

Image associée

J’ai aimé les jours,                    j’ai aimé la nuit.
J’ai brassé la matière, je me suis nourri du vent .

J’ai découpé l’ombre avec le couteau de lumière,
Celui-ci m’a perforé les paupières.

Et de leur fente,                   l’or dépensé
D’une nuée ardente,     alors je t’ai vue.

Tu embrassais la nuit, tu étais l’âme des jours .
Tu as pénétré la mienne,    suspendu le temps.

Nous avons chevauché       la peine et le sang
Et aussi les rayons du soleil.

Nous étions les mêmes,  mais le jour    et la nuit,
Ceux que tout oppose           mais se répondent,

Comme l’ombre à la lumière ,
justement .

RC – fev 2016


une sorte  de   » réponse », au texte de   Sophie Brassart     De peine et de sang

Un seul rayon de soleil /étrange sur les paupières
Sur le goudron fondu on marchait
On cherchait les fruits sur la mousse fine et
Tout l’or des pensées
Nuée ardente elle chantait
Elle hante
Feu sur la matière et feu sur le temps
apidaire
Elle goutte/ une phrase visqueuse de peine et de sang.


La solitude du pin – ( RC )

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peinture :  Marc Pfund

 

Secoué de mistral

Sans remords.

Il l’avale 

Lourd de bruissements, 

Et du soleil d’ors

Se tait, sous serment,

Dressant juste ses épines

Aux senteurs de thym…

Je n’en connais pas l’origine  .

Tout tourne autour du ventre,

Certains diront          « le nombril du monde »

<          Mais où est donc le centre 

Que le vent  sonde ?

Dans la tradition congolaise

L’humanité commence par le nombril,

C’est peut-être, dans le création,     une île

Au milieu de l’océan, sa genèse …

Et le monde, … 

Commence-t-il par le temps…. ?

Une goutte  de sang ?

Qu’est-ce qui le fonde ?

L’horloge du soleil, 

Indique ,       opposée au ciel,

L’étendue des ombres …

Ou bien le regard, celui de l’enfant   …

Même le plus sombre

Que l’on porte ,

Comme  à nos premières années,

L’ouverture d’une porte

Avec la mère, présente

Dans l’humanité, …. nous en sommes  nés.

Elle en est Origine,

Comme le pin,              aussi

Gardien de la terre bienveillante,

Accroché  à ses racines.

Se tient toujours ici…

RC – août , sept 2014

( nouvelle  version  « retravaillée » )   de ce texte  de juin  2013

 

Je ne perçois plus rien du passé – ( RC )

IMGP0040.JPG

photo perso    juill  2016             Aubrac-  Lozère

Si je ne perçois plus rien du passé,
Je ne sais plus la distance
qui me sépare de ma conscience.

Une période fixée – trépassée

J’ai oublié le langage.
Aucun écho ne revient en partage.

Car les lèvres sont scellées,
Et la parole s’est gelée.

Le sable ne s’écoule plus,

Le temps a entamé son reflux,
En repliant ses ailes .

Si tu étais immortelle,
Il se peut que le coeur désespère,
Dans la traversée du désert,

A former des mots ou des lettres,
Si je ne peux te reconnaître …

J’ai oublié d’où je viens,
Egaré tous mes biens,
Quelque part dans le noir :

L’ombre de la mémoire,
Ponctué d’éclairs
Désincarne même la chair ;

Je me tiens droit,
Entre les silhouettes, un jour livide,
Mais rien entre les doigts

Le présent décharné, et l’esprit vide .


RC – oct 2014


le dessin blanc – texte 1 – Je ne peux plus rien dire – ( RC )



Il n’y a plus de veines  bleues,
Le sang  s’est échappé: il a figé
Tout autour de mes  cheveux, et sur le sol,
Et sur les brindilles …le tout mêlé..

C’est un tableau qui en principe,
Ne s’encadre pas.
Le rouge virant au brun,
puis au presque noir

Ou si on le fait, on pourra ajouter
La trace de mon corps,
quand il s’est  écroulé,
Souligné  d’un épais  trait blanc .

Il y a juste sa trace en négatif.
On ne pouvait le laisser tel quel,
Ou le punaiser
comme un papillon,

Sur les murs du musée :
On n’a pas encore prévu de dispositif
Assez performant pour le conserver
Sous les lumières des projecteurs .

A l’emplacement  du visage,
Une mauvaise photo d’identité
Pourra  faire l’affaire,
Et pour rappeler le contexte

Ou l’inventer,  –   selon .
Ce sera quelques  feuilles,
de la mousse,
Ou un mégot  écrasé.

Pour faire un peu plus vrai,
On n’oubliera pas quelques indices,
Des photos explicatives
( si possible : des gros plans )

Assortis de flèches,
et entourées de rouge ;
Les rapports de police,
Et ceux de l’autopsie seront fournis.

Le jeu consiste
A deviner l’arme du crime.
On ne l’a pas encore retrouvée.
Peut-être un des visiteurs l’aura-t-il sur lui…

Je suis  désolé ;
Je ne peux pas vous aider.
Ç’aurait été avec plaisir,
Mais vous avez compris…

Je ne peux plus rien dire.


RC- mars  2015

pour rappel, un autre  texte  avec le titre  « le dessin blanc » existe  sur le site, mais  dans un tout autre contexte


Réminiscences de fleurs d’ailleurs – ( RC )

Badaire  Jean-Gilles   expo Marvejols   fl -  22

peinture Jean-Gilles Badaire – photo perso


C’est une coque vide,
Aux murs carrelés de blanc, jusqu’au plafond.

Les meuglements des animaux,
La vapeur  qui s’échappait  de leur  corps,
Tout à coup arrachés  à l’étable,
Aux pentes  douces, et leur pâture humide…

Leur chaleur, et l’odeur  animale
S’est perdue dans le silence ;
Leur masse suspendue à de solides crochets,
Se comptait en poids de viande.

Le lieu est devenu incongru, et froid.
Même les  aérateurs,
Les conduits immobilisés,
Rouillent  lentement sur place .

Le sol de ciment  bien sec, proprement  nettoyé,
Permet qu’on le traverse, sans qu’on y glisse,
Sur des excréments,
Ou une  flaque  de sang  :

L’abattoir municipal
est devenu un lieu  d’arts.

Des oeuvres sombres
Aux  fleurs  brunes  et violines,
Parfois  aux  accents métalliques,
Font comme de vénéneux  prolongements,

Aux plantes  privées de lumières  ;
Elles s’étalent  sur les  toiles noires,
Engluées de pourpre mat,
Et de vermillon terne.

Comme les animaux  de jadis,
Extraites de leur terre,
Le souffle coupé,

Suspendues à un reste  de couleur .
Ce qui a existé, des réminiscences…

Quelque part , d’ailleurs…

On sait que les  fleurs mortes,
Diffusent encore un peu de parfum .

RC – avril 2015


Long est encore le chemin du calvaire – ( RC )

 

,Adriaen Pietersz van de VENNE,          Danse de la mort ,      1630

 

Dans la rue je fixe les morts et me moque des vivants .

J’emprunte un masque, à mon corps défendant,

Et souris , derrière lui ,         pestiféré,

Aux mensonges maintes fois proférés.

Je ne pourrai plus rien faire,

Que creuser loin dans la terre,

Fuir la tourmente et les vents,

Les grains de sable, s’infiltrant entre les dents.

Ceux qui restent – des vivants encore debout

Sont pourtant       collés à la boue ;

Ils ne se savent pas encore condamnés,

Et             par l’air,  emprisonnés.

Plus que quelques minutes avant l’éclatement des cellules,

Déjà, le sang qui me reste,     coagule

C’est un arbre en moi,        qui se fige,

Me transperçant de ses tiges.

Long est encore le chemin du calvaire,

Sous mes pieds grouillent      les vers,

Avides de ma chair        en lambeaux,

Dans le festin d’un tombeau.

Je fais le tour du propriétaire,

Avant de sauter,     les pieds joints,      en enfer

De la bordure du Styx,         on en devine la rive

Et, comme  il se dit :…                     »  qui m’aime me suive  « .

 

RC  – août 2014

 

 


Filigranes d’un dessein – ( RC )

59516209_e6c826bf3a Autumn Leaves_L

 

 

Les chuchotements du soir, épèlent avec peine,
Les résonnances du corps.
Le jet fatigué de la fontaine,
Se donne encore sans conviction .
Le sang s’élève avec irrégularité,
Puis retourne tel qu’il est,
A sa tâche monotone .

Il a parcouru tant de fois ma vie,
Qu’il me connaît, tel un croquis,
Toujours recommencé à chaque jour,
Et effacé chaque nuit,
A force de gommures,
Il s’est inscrit en creux ,
Dans ma peau parcheminée .

S’il en est comme l’automne,
Dont les feuilles de rouille ,
Viennent obturer les circuits,
L’existence porte son hiver,
Inscrite en filigrane,
D’une silhouette aux mains tremblantes,
Traversée de ses rides .

Bien sûr , porté par la force de l’âge,
J’ai suivi la voie qui m’était confiée ,
Parsemée de conquètes
Et de défaites,
De joies et puis de peines,
Comme tout un chacun.
…Faut-il en conter l’épopée ?

Une diseuse de bonne aventure,
Aurait lu dans mes mains,
Les lignes du coeur et du destin,
Quelques pièces pour un à- venir,
Sans doute, hors du commun .
Mais aujourd’hui encore,
J’en ignore encore le dessein .

RC- avril 2014


Au commencement est le geste, à la fin, la douleur ( RC )

Sculpture  Michel-Ange - Pièta  1498

Sculpture Michel-Ange – Pièta 1498

Il y a toujours un commencement, mais nous n’en avons plus mémoire,

Ou c’est celle, animale, de l’embryon que nous fûmes…

Aussi on nous dit la Genèse, le premier jour, la lumière, ( les contes fleuris de la création du monde ),

 ornent les missels, ou occupent les cadres dorés des musées.

 

…Le geste se prolonge à travers tous les corps      ( Bernard  Noël ),

,       et c’est de l’espèce commune,       oui,          de cerner, attentif à notre fonds commun.

 

Le sang circule donc dans les veines, et l’existence tutoie différences et préjugés,

C’est l’intérieur qui parle, ( le flux sanguin, se trouvant de la même couleur chez tout le monde)

Le geste est originel… Pêchant dans l’inconscient collectif.

Il se traduit en images,  parfois elles nous envahissent, car construites à notre semblance…

La Vierge est à ma portée, portant dans ses bras son fils mort, et affaissé.

Son immobilité et sa blancheur ,           sa dureté de marbre, quelle que soit l’habileté de l’artiste,                    lui ôtent sa chaleur.

Juchée sur son piédestal, et faussement accessible, le monde ne recommence pas avec elle,

au contraire, elle se substitue en mythe, aux mères des pays de famine, où toute mère, hurle à la vie enfuie, et qui s’est, au sens propre, arrachée d’elle.

S’il y a une genèse, il y a aussi celle de la douleur…. Il est des Pièta vivantes, ne prêchant pour aucune religion.

RC – 14 octobre  2013

Pogordski

Parodie de Pièta: ( une  de la série photographique  de G PODGORSKY )


Le reflet de tous les dons – ( RC )

  • peinture P Picasso  - portrait de femme 1936

    peinture P          Picasso – portrait de femme           1936

  •  

     

    Il y a incrusté dans la chair,

    Les paroles de la mère

    Emmêlées et secrètes,

    Comprimées dans la tête

     

    Portant les fleurs laineuses,

    Tricotant, soucieuse,

    Les mailles du coeur,

    Construisant de chaleur,

     

    Le cocon d’avenir,

    Et, des échos, le souvenir,

    Sans avoir à l’exprimer,

    — Celui du verbe aimer

     

    A conjuguer son sang,

    A tous les temps ;

    Les temps que le vent emporte,

    Et ouvrent grand les portes,

     

    Au dehors, et au dedans,

    En se penchant un peu, … sur l’avant,

    Si les oiseaux chantaient pour toi,

    Le coeur y serait à l’étroit,

     

    Pour évoquer l’hier,

    Et la mère entière,

    Portant sur l’infini horizon,

    Le reflet de tous les dons.

    RC – 29 octobre 2013