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Rouille et poussière – ( RC )

Dust filled the air behind Amagansett's Main Street on Friday.

La lumière a ce quelque chose d’épais ;
cette matière laiteuse,
chargée de poussière..
Les rues s’enfoncent dans le lointain,
dans un flou incertain,
ce sont des portes vers le passé,
comme une prison indéfinie,
que les sons même,
ne peuvent pas franchir.

C’est comme le temps trépassé,
aux lignes brisées,
aux cris étouffés,
craignant le grand jour,
sur lequel on ne peut revenir.
Ce sont des sensations diffuses,
avec une alternance
de zones sombres et claires,
( et puis toujours cette poussière )…

C’est ainsi que tes pas se sont effacés,
car elle a tout recouvert
de son drap feutré.
Les pierres sur le chemin
ne sont plus visibles,
et je me heurte à elles à chaque instant
sur le boulevard déserté.
Les lampadaires sont des silhouettes fantômes,
et n’éclairent plus rien.

Si je me regarde,      de même,
avec cette âme silencieuse,
je vois ma peau rêche,
tendue sur les os,
eux-même, friables,
comme si,      d’un métal fatigué,
la rouille progressait inexorablement,
et ne me reconnais pas,
mes yeux envahis de poudre grise…

          Il faudrait un vent violent,
que le soleil déchire soudain
cette chape qui pèse
sur le paysage,
et que mon appel te parvienne.
Tu serais loin ,
mais en te voyant,    au bord de l’horizon,
je resterais dans l’espoir
que tu te retournes,  et reviennes à moi.


RC – nov 2019


Filigranes d’un dessein – ( RC )

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Les chuchotements du soir, épèlent avec peine,
Les résonnances du corps.
Le jet fatigué de la fontaine,
Se donne encore sans conviction .
Le sang s’élève avec irrégularité,
Puis retourne tel qu’il est,
A sa tâche monotone .

Il a parcouru tant de fois ma vie,
Qu’il me connaît, tel un croquis,
Toujours recommencé à chaque jour,
Et effacé chaque nuit,
A force de gommures,
Il s’est inscrit en creux ,
Dans ma peau parcheminée .

S’il en est comme l’automne,
Dont les feuilles de rouille ,
Viennent obturer les circuits,
L’existence porte son hiver,
Inscrite en filigrane,
D’une silhouette aux mains tremblantes,
Traversée de ses rides .

Bien sûr , porté par la force de l’âge,
J’ai suivi la voie qui m’était confiée ,
Parsemée de conquètes
Et de défaites,
De joies et puis de peines,
Comme tout un chacun.
…Faut-il en conter l’épopée ?

Une diseuse de bonne aventure,
Aurait lu dans mes mains,
Les lignes du coeur et du destin,
Quelques pièces pour un à- venir,
Sans doute, hors du commun .
Mais aujourd’hui encore,
J’en ignore encore le dessein .

RC- avril 2014


Je ne te reconnais pas – ( RC )

photo perso: port de Roja -

photo perso:       port de Roja –

Il y a tant de distance, jusqu’au phare du port…
Je compte les pas qui m’y emportent,
Je sais, pendant ce temps,
Que se déplace lentement,
La grande aiguille sur les chiffres de l’horloge,
Avec son « clong » rythmant les minutes.

Et je rêve d’émotions partagées ;
Je me rappelle le bar de la gare,
Il y avait dans ma poche un vieux carnet ridé,
Quelques vers attendaient qu’on s’occupe d’eux,
Ton visage débordait à peine d’une écharpe,
Et tu avais froid.

Et maintenant, à pas mesurés,
Je dessine un chemin sur la jetée,
Presque une longue marelle,       – et au bout
>              Ce serait l’enfer ou le paradis ?
J’évite avec précaution les trous,
Où achèvent de pourrir les fers rouillés.

Dans les flaques salées, vertes,
Comme, je me souviens, étaient tes yeux…..
….Tant d’années ont passé,
Sur les pierres et ton rire enfumé,
Qu’en voyant ta silhouette,
Et ta robe sombre fouettée par le vent.

Je ne te reconnais pas.


RC – 21 novembre 2013