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Un cerf volant – ( RC )

Korean Kite Festival:

Tu tiens ton propre destin,
par un fil.
Relié à ta main,
un cerf volant que tu essaies
malgré la brise et les vents de toutes sortes,
de faire s’appuyer sur le ciel.

Un jour celui-ci pourrait t’ emporter,
tellement haut, si tu souhaitais
voyager dans les airs,
côtoyer les oiseaux,
et souhaiter être différent,
de ce que tu es sur terre .

Car le cerf volant serait à ton image ,
…. mais lui, – inversement ,
regarde vers la terre,
En fait… te perdre dans les airs,
si jamais la main lâchait la corde ,

te fait tellement peur,
( on ne sait jamais ):
non pas la crainte de la chute,
mais de s’élever dans la stratosphère,
saturé de lumière,
au point de ne pouvoir respirer.

Que tu restes semblable
à ce que tu es,
et laisse s’envoler les rêves :
un renoncement, à moindre risque,
somme toute – confortable.

RC – mars 2016


Porté sur la face claire des nuits – ( RC )

Peinture: Odilon Redon

Pastel   : Odilon Redon

 

Je revois  sur une  toile  , ce visage
Le regard  lointain, comme  détaché  du monde,
Essayant derrière  moi, de déchiffrer les ombres,
Les équilibres  instables  du vent, et la face ignorée des jours…

Ou peut-être simplement,
Un regard qui ne voit pas,
Mais qui en est , à reconstruire,
L’écheveau des rêves :
L’ailleurs porté sur la face claire des nuits,
Où on traverse des instants
Si loin ,   du poids  du corps ,

Qu’on pourrait apercevoir
Au milieu de la lumière noire,
Des éclats  de couleur ,
Engendrés par les effluves d’une terre
Qui se repose de la fatigue du jour,
Et laisse une mémoire ,
Libérée de son carcan .

C’est un envol vers d’autres  contrées ;
Les explorer se fait sans peine .
Il n’y a pas de limites,
Et aucune frontière ne la retient prisonnière.


I see on a canvas, this face
The distant look, as detached from the world,
Behind me ,trying to decipher shadows
The unstable condition of the wind, and the ignored face of the days …

Or maybe just,
A look that does not see,
But who is to rebuild,
The web of dreams:
Other places focused on the face of clear nights,
Where we cross moments
So far, of the body weight,

We could see
Amid the black light,
Color bursts,
Caused by the smell of an earth
That sits of the tiredness of the day,
And let a memory,
Freed from its shackles.

It is a flight to other countries;
Explore them ,is done easily.
There are no limits,
And no border holds it prisoner.


Une faible empreinte sur le sable – ( RC )

 –

 

 

A la vie, à la mort,
C’est le fruit du hasard,
Qui nous mène quelque part,
A bon port.

Qui a décidé de ma naissance,
A me savoir condamné,
A suivre ces années
Avec l’encre des sens ?

Je laisse sur le sable
Une faible empreinte,
Une trace peinte,
Si j’en suis capable…

Avant de m’effacer,
Je dépose à même le sol,
Juste quelques paroles,
Que le vent va chasser .

Si tu me croises un jour,
Lors d’une brise légère,
Toi, fleur primevère,
Tu verras mon contour,

Tracé de quelques mots,
Sur quelques pages,
Une sorte de camouflage ,
Derrière un rideau.

Et si tu le soulèves,
Tu liras peut-être
Quelques signes, une lettre,
Et la part de mes rêves.

Alors tu pourras décider,
D’une reconstruction,
Lancer des suppositions,
Avoir de moi une vague idée ,

Et partager bien sûr,
Une infime part de l’univers,
Cachée dans la lumière solaire ,
Et ses boucles d’écriture.

RC – avril 2014

 


Dans les bras de Morphée – ( RC )

 

Sculpture muse endormie (- Susan McMahon )

 

 

 

Il n’est pas encore l’heure du baiser sonore,
Le jour est debout        et nous nous occupons
A tondre le gazon,      contourner les buissons,
C’est que personne encore, ou presque,  ne dort.

Nous portons       des habits pudiques,
Des robes et des costumes,
Vestons et        chapeaux de plumes,
Comme autrefois,  tuniques.

Chacun vaque à ses occupations,
S’affaire dans son bureau…
Il n’est jamais trop tôt,
Pour faire      ses commissions.

Qu’y a-t-il                derrière la porte du ciel ?
Quand les ouvriers d’en haut se rencontrent ,
Pour régler le monde,   et sa grande montre,
Et pousser tout le monde vers le sommeil…?

Je ne saurais vous dire,
Car ma vie connaît une trêve,
Je m’occupe alors            de mes rêves,
Ceux des autres,         je ne peux les lire.

Ils flottent         comme des bulles,
Et je m’accroche à elles,
Je suis alors             pourvu d’ailes,
Il y a tant d’oiseaux qui me croisent et me bousculent…

J’ai changé de tenue,
Et,                  comme c’est la coutume,
Laissé sur les cintres,        le costume.
Quand il fait chaud,      je suis tout nu.

Mais personne ne le remarque,
Chacun a           autre chose à faire,
A décoller de la terre,
Et de l’Eden,       à visiter son parc.

Il y a plein de choses qui nous traversent,
Les voyages que l’on fait, sans quitter le lit,
La plupart du temps,                     je les oublie,
Tout autant qu’ils me bercent.

Des parcours acrobatiques,
Où tous les possibles, et leurs contraires,
Côtoient, sans en faire mystère,
Les fantasmes érotiques.

Mais comment s’en souvenir,
Quand le matin les chasse,
Et que la plupart         trépassent
Si je m’efforce      de les décrire ?

Plutôt que d’en faire un livre,
Que le lendemain efface,
Il faut que je les suive         à la trace,
–                        Et surtout les vivre.

Le regard    toujours étonné,
Loin          en deçà de l’existence,
Enfin,        celle de la conscience,
Ce que l’on appelle s’abandonner.

Dans les bras de Morphée.

 

RC – avril 2014

 


Un temps encore frileux, où nos rêves s’essuient – de bleu – ( RC )

 

peinture:           S Hantaï : Mariale   1962

 


Sur terre, il y a des arbres bleus,
Qui se penchent,
Comme les pensées des vieux,
Jouant dans leurs têtes blanches.

Il y a dans leurs folles branches,
Suffisamment d’espace ,
Pour que les oiseaux passent,
Se posent et puis s’élancent.

Sur la colline,     il y a une maison
Habitée de bleu,
Assez,       pour y vivre heureux,
Comme dit la chanson.

C’est sous un bol d’azur,
Une bulle d’air recyclé,
Qui n’a plus besoin de clé,
Ni de serrures.

Ses portes restent ouvertes,
En signe de bienvenue,
Ceux qui naviguent à vue,
De là-bas, voient la mer verte.

Elle s’étend                 si loin,
Que les plus gros navires,
Partis       dans un soupir,
Ne sont plus que points…

Ceux qui naviguent à vue ,
Ont leurs yeux                bus,
Jusqu’à la dentelle de leurs cils ,
Contournant les îles,

Ils saisissent dans leurs mains,
Des mouettes, les plumes
Et des rubans de brume,
Dont ils habilleront demain…

Et,                     au futur étanche
Au balcon des dieux,
Des anges gracieux
Se cachent        en robes blanches,

Des corbeilles de fruits ,
Ces champs aux arbres bleus,
D’un temps      encore frileux,
…           Où nos rêves s’essuient.

RC-  mars 2014


La neige a quitté l’hiver … – ( RC )

dessin perso: nu - Bordeaux  2012

dessin perso:            nu –                 Bordeaux 2012

Il faut laisser les rêves et les cauchemars s’en aller tout seuls,

Ou bien plonger au dedans

Le temps d’un oubli,

D’un désir d’oubli,

Ou d’un désir tout court,

Je vais recouvrir tes orteils,

La couverture a glissé,

Les petits monstres sont partis,

Ils ont eu peur de l ‘aube.

Je vais me lever préparer le café.

Puis je reviendrai arranger les coussins,

Finalement, je me glisse au chaud,

Au creux de tes mouvements lents,

Personne n’a coupé tes mains,

>                Tu t’aimes….

Et je caresse avec toi tes songes,

Ils ont une douceur de mousse

Blanche,

…. La neige a quitté l’hiver,

Pour t’habiller de tiède.

RC   –  décembre  2013

en réponse à un  texte  de Geneviève L’Heureux


Poursuite de rêves – ( RC )

photographe  non identifié

photographe non identifié

Les rêves s’extraient du sommeil,

Et quand peu à peu tu te réveilles,

Tu cherches leur clef dans le noir,

Comme celle cachée, de l’armoire,

Mais le jour et ses rites,

Marche au cours des heures,

Et affadit leur lueur,

Autant qu’il les délite.

Et pour ne pas les trahir,

Suivre ces étoiles sans nombre,

Il te faudra le sombre,

Pour les faire revenir.

Et si ceux-ci t’envahissent,

Se multiplient et abondent,

Puis se reflètent dans l’onde,

Un seul choc les plisse.

Que cherches tu avec  eux?

Ces songes qui s’effilochent,

Et auxquels tu t’accroches ?

Te rendront-ils heureux ?

Hors de la nuit livide,

Tu n’as plus peur du noir,

Il a cessé de pleuvoir,

Le sol n’en est qu’humide.

Rien ne sert de les pousuivre,

Que vas-tu faire avec ?

Tu vois, le sol est déjà sec,

Pour vivre, tu t’en délivres ;

Oublie tous ces fantômes,

Le jour apporte sa lumière,

Et les chasse de la terre,

D’un grand coup de gomme.

De ces masques qui grimacent,

Se déforment et crient,

Laisse les à la nuit,

Au détour de l’angoisse.

Tu as la tête à l’envers,

Le jour est bien revenu ici,

Malgré les nuages, aussi

Retourne avec nous sur la terre.

RC   novembre  2013