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La lumière en reddition – ( RC )

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                     photo:  Moreaki Boulders – New Zealand –  photographe  non identifié

J’étais allongé,
j’ai senti ton ombre.
Une ombre qui se mettait
en travers du soleil,
et son visage de bronze.

J’avais le corps posé sur le sol,
pas loin du rivage,
et tu as commencé à déposer
sur ma peau
des poignées de sable ,
par petits tas blonds et secs
qui dévalaient les reliefs.

Petit à petit tu m’as recouvert,
et c’est à peine
si on voyait encore
dépasser mes orteils,
mes genoux, puis ma poitrine,
le tout petit à petit
fondu avec le décor.

Ma respiration un peu plus lourde,
mes oreilles percevant des cris lointains,
des enfants, des mouettes,
et des paroles incompréhensibles,
emportées par le vent ,
mon regard pointé vers l’azur
et les formes incertaines
des nuages .

Je n’ai plus pu bouger,
sous le couvercle de matière
d’une modeste indifférence.
Finalement il y a eu mon livre
posé sur mon visage.

Puis la lumière a décliné,
encore perceptible sous les pages.

Tu n’étais plus là,
et c’est comme si
je m’étais fondu dans le sol,

plus à même de penser,

plus à même de bouger,
minéralisé,
voisin de coquilles vides,
d’où la vie
s’était retirée.

Alors, gardant les dents serrées,
et du même coup mes paroles idiotes,
j’ai attendu sans impatience
que la marée monte
et me recouvre.

La lumière portant aussi
sa reddition.


RC – juin 2016

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Emportée, ma dame blanche – ( RC )

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Il ne pleut pas le soir,
 (  Celui qui rime avec espoir… )
— Ce ciel n’est pas  étanche,

Et sombre,       en vagues blanches…
La bien-aimée voguant dans les  draps,
Blancs,         comme le sont mes bras….

Le jardin d’amour  m’attend,
Et ,         tout au fond,   le banc,
Où nous nous reposions,

Maintenant ,    sous l’épais coton.
Quand, sous la neige, tout  s’efface,
Et que le vent , lentement, l’amasse.

Je t’ai portée ainsi, contre ma poitrine,
En robe  diamantine
Parée de frissons…

…           Tombent les flocons .
Il ne peuvent  traduire,
Dans ce poème,     ton sourire.

Qui lentement,          s’éteint
Alors que je  t’étreins
Juste aux portes   du vertige .

Puis,       quand il se fige ,
Je sais  que  tu vas t’enfuir
Dans  des souvenirs

…     qui n’ont pas de  fin,
Le long des matins   ,
Où tu ne sentiras plus le froid…

Il est un sentier  étroit,
Qui mène        au pied du grand arbre  …
La neige a recouvert aussi la dalle de marbre.


RC  – nov  2014


Courbes et brasier blanc ( RC )

Photo:   Saelon Renkes

Tu es venue inculquer à ce champ
Etendu dans la plaine
Après qu’il eût sacrifié ses épis…
–   Toute l’étendue de tes bras,
Ils s’appuyent sur le ciel.

Lui,  regarde,  imperturbable
Le soleil   de tes hanches
Et ta poitrine blanche.

Du champ, tu as saisi les courbes,
Déplacé le brasier blanc,
De lumière de Provence,
Dévoyé  le chêne,
Et le tapis des vignes.

Elles donneront leur meilleur millésime,
Et le champ de blé,
Aura marié son doré à ta peau…

RC- 25 août  2013