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Les oiseaux glissent, sans comprendre -(RC )

peinture: Esther Margraf

image:          Esther Margraf


Ce sont des oiseaux,
dont on perçoit le vol,
Grâce à leurs ombres
On ne les voit pas, même s’ils sont enfermés,
Sous le couvercle duveteux des nuées  .

Une lumière tourne, et clignote.
Ou plutôt plusieurs,
Ce seraient des projecteurs artificiels
Projetant les ombres,
Comme déchirant le silence  .

Ou des objets bizarres  aux éclats métalliques,
Car même les fleurs ont des couleurs,
Ne semblant pas à leur place :
…Même si on les coupait,
Elles ne faneraient plus,

Ainsi le monde, prisonnier d’un boule de verre,
De celles que l’on remue,
Pour faire  tomber la neige.
Les oiseaux glissent, sans comprendre,

Ou parfois  s’écrasent
Sur ses parois lisses .
Tous les jours on ramasse des boules de plume,
Le bec figé dans un cri.


RC-  oct  2014

photo :  Arthur Tress         Flying Dream, Queens, NY, 1971


L’ange au détour d’une rue – ( RC )

 

Si tu rencontres l’Ange,
Au détour d’une rue,
Le bar du commerce,
Fera très bien l’affaire,

C’est autre chose que ceux en plâtre,
Qui sont toujours pâles,
Ou bien dont la peinture s’écaille.
Mais c’est une Ange,

Il n’ y a pas besoin d’en douter,
– d’ailleurs à quoi bon relancer le débat,
sur le sexe des anges ? –
Elle a donc choisi.

De fréquenter un peu la terre,
De voir de plus près
De quoi il retourne.
( On ne peut parler que ce qu’on connaît. )

Est-elle en service actif ,
Sa mission consiste-t-elle,
A repeupler les églises,
Pleines de courant d’air ?

Elle convaincrait facilement,
Les gens pour être convertis ,
Elle est mignonne et bien remplie,
De quoi me donner le tournis .

Elle semble m’avoir à la bonne,
Le regard brillant,
Et toutes ses dents,
Ya pourtant quelque chose qui m’chiffonne

C’est la question des ailes,
Ca change évidemment d’allure,
– Maintenant ils en font des miniatures,
Qui se replient sous l’aisselle.

J’aurais bien vu ses dessous,
Je suis toujours curieux,
Des nouvelles — des cieux….
( A portée de main, les rêves les plus fous )

Regardant la courbe de son cou,
La chute de ses hanches,
Ca vaut bien quelques plumes blanches,
Allez, ….on va discuter le coup,

Entre un déca,              et un demi,
Faut y aller doucement,           car
C’est la première fois qu’elle s’égare,
Dans ce genre d’endroit, paraît-il,

Y a pas de buvette au paradis,
–        Voilà c’qu’elle me dit,
De toute façon pour me saoûler,
C’est pas là que j’comptais aller.

–                          A la tienne !
Elle me sort son contrat,
T’as plus qu’à signer là,
Et je serai ton ange gardienne.

Et bien comme çà,  ça l’fait,
Et cochon qui s’en dédit !
Bon,   le service n’est pas gratuit,
On peut t’accorder un délai.

C’est pas tous les jours que tu décroches la lune,
Que t’as une option pour le ciel, comme on dit,
Il faut juste les numéros de ta carte de crédit,
Qu’aurais tu fait, sinon, de ta petite fortune ?

Maintenant que t’as signé,
C’est un supplément d’âme …
Ne t’inquiète pas pour ma lame,
Je vais juste un peu te saigner…

Je vais aller        te bercer,
Dans me bras          pâles…
L’amour vaut bien un râle,
Je ferai attention de ne rien renverser.

 

 

RC – mai 2014

 

 

 

 

 


Stature d’oppresseur – ( RC )

 

homme tete de fumée

 

 
Debout encore, le visage mangé
Par un rideau de fumée,
Où vas-tu te dissimuler,
Sans qu’on ait à te chercher ?

Au fond des failles, les creux
De ceux qu’on allume,
Même au sein de la brume,
… Pas de fumée sans feu…

Celui-ci, lentement se consume,
Même si dehors, il gèle,
Que des oiseaux, des ailes,
Volètent encore des plumes,

Ou que le feu morde,
Serpente et s’insinue,
Le long des fibres ténues,
Que plus rien ne raccorde.

Es-tu encore quelque part,
Ou rongé du dedans ?
– détruit ou renaissant,
A l’intérieur de tes remparts …

Un corps assiégé et putride,
Vaine stature d’oppresseur,
N’ayant plus d’épaisseur,
Et n’entourant que du vide.

RC – mars 2014

 

image Euronews