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Un autre acte à la pièce qui se joue – ( RC )

Arpad  Szenes    le  grand  dialogue    1956.jpg

peinture: Arpad  Szenes

 

Tout est remis en cause:

Ainsi les bruits , d’ordinaire secs et tranchants,
tombent d’eux-même, plats,
et ne sachant pas quelle direction prendre.

Un rideau a été tiré, de même, sur la vision :
l’arrière-plan de montagnes s’est tout à coup envolé,
et le ciel touche terre.

C’est sans doute un autre acte
à la pièce qui se joue,
venant de commencer :

l’éblouissement s’est retranché dans sa tanière,
attendant que se déploient des ailes froides,
ou bien il est parti ailleurs,          c’est difficile à dire .

Les jours souffrent autant du retard, :
leurs serres sont ternes ,      n’accueillent plus
la germination des graines, et la prolifération potagère .

Sous la toison de brume
la nature des choses s’absente,
et à l’identique,                mes pensées s’effacent .

On en vient à douter de leur existence .


RC – nov 2017

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la pièce vide – ( RC )

Je suis revenu dans la maison vide.
J’y ai vécu il y a longtemps,
et mes chaussures , dans la grande pièce,
poussent des graviers venus d’on ne sait où,
des corps d’insectes morts s’effritent sous mes pas .

Je suis peut-être à la recherche de quelque chose,
une atmosphère, perdue, ou dissoute,
et que j’essaie de restituer,
– question de couleurs ,
où le grain des murs s’est fané – ,
( sans doute des yeux dissimulés derrière,
attendent mon retour ),

comme ceux de portraits d’ancêtres,
enlevés, partis vers d’autres univers,
mais dont les cadres ont laissé
leur empreinte pâle.

Leurs fantômes ont fui le soleil,
et ont saturé l’atmosphère ,
dispersés à la manière de bulles de savon,
invisibles, légeres,
Ils essaient de me dire quelque chose,

mais n’ont plus la parole,

juste un souffle qui dévie la lumière.


RC – avr 2017


L’antre, l’exil, et puis, ne former qu’un seul voeu – ( RC )

 

photographe non identifié

L’antre, l’exil, et puis, ne former qu’un seul voeu .

On lance en l’air une pièce,

Et la mémoire s’abaisse

Convertissant le destin en un jeu …

Jouer de sa vie le détour ,

Ouvrir grand ses yeux dans la nuit,

Distinguer le plomb , des soieries,

Et savoir reconnaître l’amour …

Découpé de ciels d’hivers,

Et de longues semaines d’absence ,

D’un parfum diffus, s’extrait l’essence ,

Ma vie était une pierre,

Lourde à porter,

J’ai maintenant une idée de l’été.

 

RC  – nov   2014