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C’est l’aube, et je ne le sais pas – ( RC )

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peinture : Edward Munch –  mort de la mère, et l’enfant    1898

 

Il y a comme les ailes lourdes du sommeil.
Elles s’abattent sur moi, même les yeux ouverts ,
L’océan gronde ses vagues naissantes.
L’obscurité palpite à mes pieds :
ce sont les doigts de la mort ,
battant comme le ressac.


C’est l’aube et je ne le sais pas .

Mon ombre se confond avec mon corps :

il y a de la nuit dans mon regard ,

qui contemple le soleil,

comme une ombre noire  .


RC – mars 2018

 

(  d’après un texte  de Al Pizarnik : « comme les doigts »  )

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Où dorment les saisons – ( RC )

C’est un voyage immobile,
où les saisons dorment.
Les matins tournent sur eux-même,
et remontent l’obscurité,

mais le temps ne parle pas aux plantes,
les fenêtres restent ouvertes,
sur un horizon où les montagnes
ne changent pas de couleur .

J’attends que les choses se bousculent.
Il faut juste un mouvement du poignet,
et forcer parfois sur les crayons,
pour que l’aube se change en jour,
         que l’univers se mette en mouvement.


RC – avr 2017


Un nid – ( RC )

 

 

création: Nils Udo

 

Les  choses  ne sont plus

Ce qu’elles  étaient,

Comme cette  fois

Avec les  branches  des arbres,

Nouées  sur le ciel,

A la luminosité faiblissante.

 

Le sol mousseux  glissant,

Etirant le piège humide,

De racines  sournoises,

Se prolongeant peut-être,

Au-delà du visible,

Dans les  profondeurs  de la terre…

 

Maintenant, le retour sur les lieux,

Bien des années plus tard,

Rend la forêt moins  hostile.

Elle  est devenue  un abri,

Et si tu te loves,

Replié  sur  toi-même.

 

Au creux  de ces mêmes  racines

Une obscurité tendre,

T’enveloppe,

Avec son nid  de feuilles  sèches,

Où  tu pourrais  t’y cacher,

Au point de t’y fondre…

 

Un retour aux  sources,

quand  tu t’endors,

Sourd à tous les appels,

Parcourant la surface.

Loin au-dessus,

C’est un autre monde…

 

 

RC –  juin  2014


Juan Luis Panero – Miroir noir

peinture: Erich Heckel  1909

peinture: Erich Heckel 1909

Miroir noir
Deux corps qui s’approchent et grandissent
et pénètrent dans la nuit de leur peau et de leur sexe,
deux obscurités enlacées
qui inventent dans l’ombre leur origine et leurs dieux,
qui donnent un nom, un visage à la solitude,
défient la mort car ils se savent morts,
détruisent la vie car ils sont sa présence.
Face à la vie oui, face à la mort,
deux corps imposent de la réalité aux gestes,
aux bras, aux cuisses, à la terre humide,
au vent des flammes, au bassin des cendres.
Face à la vie oui, face à la mort,
deux corps ont conjuré le temps obstinément,
construisent l’éternité qui les nie,
rêvent pour toujours le rêve qui les rêve.
Leur nuit se répète dans un miroir noir.
              Juan Luis Panero

trad  Dominique Boudou

Espejo negro
Dos cuerpos que se acercan y crecen
y penetran en la noche de su piel y su sexo,
dos oscuridades enlazadas
que inventan en la sombra su origen y sus dioses,
que dan nombre, rostro a la soledad,
desafían a la muerte porque se saben muertos,
derrotan a la vida porque son su presencia.
Frente a la vida sí, frente a la muerte,
dos cuerpos imponen realidad a los gestos,
brazos, muslos, húmeda tierra,
viento de llamas, estanque de cenizas.
Frente a la vida sí, frente a la muerte,
dos cuerpos han conjurado tercamente al tiempo,
construyen la eternidad que se les niega,
suen᷉an para siempre el suen᷉o que les suen᷉a.
Su noche se repite en un espejo negro.