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Un nid – ( RC )

 

 

création: Nils Udo

 

Les  choses  ne sont plus

Ce qu’elles  étaient,

Comme cette  fois

Avec les  branches  des arbres,

Nouées  sur le ciel,

A la luminosité faiblissante.

 

Le sol mousseux  glissant,

Etirant le piège humide,

De racines  sournoises,

Se prolongeant peut-être,

Au-delà du visible,

Dans les  profondeurs  de la terre…

 

Maintenant, le retour sur les lieux,

Bien des années plus tard,

Rend la forêt moins  hostile.

Elle  est devenue  un abri,

Et si tu te loves,

Replié  sur  toi-même.

 

Au creux  de ces mêmes  racines

Une obscurité tendre,

T’enveloppe,

Avec son nid  de feuilles  sèches,

Où  tu pourrais  t’y cacher,

Au point de t’y fondre…

 

Un retour aux  sources,

quand  tu t’endors,

Sourd à tous les appels,

Parcourant la surface.

Loin au-dessus,

C’est un autre monde…

 

 

RC –  juin  2014

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Juan Luis Panero – Miroir noir

peinture: Erich Heckel  1909

peinture: Erich Heckel 1909

Miroir noir
Deux corps qui s’approchent et grandissent
et pénètrent dans la nuit de leur peau et de leur sexe,
deux obscurités enlacées
qui inventent dans l’ombre leur origine et leurs dieux,
qui donnent un nom, un visage à la solitude,
défient la mort car ils se savent morts,
détruisent la vie car ils sont sa présence.
Face à la vie oui, face à la mort,
deux corps imposent de la réalité aux gestes,
aux bras, aux cuisses, à la terre humide,
au vent des flammes, au bassin des cendres.
Face à la vie oui, face à la mort,
deux corps ont conjuré le temps obstinément,
construisent l’éternité qui les nie,
rêvent pour toujours le rêve qui les rêve.
Leur nuit se répète dans un miroir noir.
              Juan Luis Panero

trad  Dominique Boudou

Espejo negro
Dos cuerpos que se acercan y crecen
y penetran en la noche de su piel y su sexo,
dos oscuridades enlazadas
que inventan en la sombra su origen y sus dioses,
que dan nombre, rostro a la soledad,
desafían a la muerte porque se saben muertos,
derrotan a la vida porque son su presencia.
Frente a la vida sí, frente a la muerte,
dos cuerpos imponen realidad a los gestos,
brazos, muslos, húmeda tierra,
viento de llamas, estanque de cenizas.
Frente a la vida sí, frente a la muerte,
dos cuerpos han conjurado tercamente al tiempo,
construyen la eternidad que se les niega,
suen᷉an para siempre el suen᷉o que les suen᷉a.
Su noche se repite en un espejo negro.