Textes poétiques et d'actualité -nulle part ailleurs !

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La pièce blanche – ( RC )

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C’est une pièce blanche ,
Dont je n’ai pas la clef.
Le lit chromé aux bords arrondis,
Le sol aux carreaux blancs,    aussi .

Je ne sais ce qu’on attend de moi.
Rien ne sort d’ici,
Même pas la vue,
Compressée           par de hauts murs .

Les fenêtres qu’on ne peut pas atteindre,
Trop hautes et closes d’opaque,
Fermées aussi sur la mémoire,
Sous des néons blafards .

Les jambes lourdes et fatiguées,
De cent pas                dans l’immobilité,
J’ai laissé des souvenirs se dissoudre,
Dans un placard à pharmacie .

Je pourrais compter,
Pour déjouer         un sommeil vain,
Comme on compte les moutons,
Les voitures qui circulent.

Attachées dans leur mouvement,
Au goudron d’une avenue proche,
Engluées         comme des oiseaux,
Dans la marée noire de leur nuit.

Je ne peux secouer la mienne,
Pour retrouver mon enveloppe,
Et réapprendre mon nom,

 Qu’avec des barreaux blancs.

RC – sept 2014

photo  transformation perso

photo transformation perso

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Ombres confondues – ( RC )

projections lumières sur volume – Seoul

 

L’ombre de ton visage sur le mien,
Ne laisse pas de trace de nuit blanche
A mesure           qu’il se penche
Par-dessus mon destin.

Sa lueur ,           ne s’est pas éteinte;
Elle est quelque part,
Au-delà de mon regard,
Mais laisse son empreinte….

Qui saurait dire, le parcours de l’imagination ?
Il y a           toute ta présence,
pour franchir les distances
Conditionnant de toi, ma vision …

Nos voies étaient égarées….
Chacune ,      errant sur son chemin,
Depuis que je te tiens     la main,
>       Elles ne sont plus séparées,

A ceux qui doutent des anges,
Nous empruntons leur vol,
Et tu verras….          sur le sol,
Comme nos deux ombres se mélangent .

Après,     plus rien ne nous encombre…
Dans la traversée de l’air,
Les silhouettes sont légères,
Même pas               marquées de sombre…

On ne distingue plus ce qui t’appartient,
Adossés à la lumière qui s’élance…
Où est donc               la différence ?
–                        Ce qui est tien ou mien ?


RC – août 2014


Tu as devancé le jour. . . – ( RC )

photo- montage  perso - mars 2014

–                                           photo- montage perso – mars 2014

 

 

 

 

 

 

 

 

Je collecte une à une            tes fleurs de page
Et même si je ne connais pas encore ton visage
En te lisant ,                 je vais l’imaginer….
Si tes phrases dansent ,   elles vont te dessiner.
 –
Ainsi se rassemblent les grains de soleil,
Il ne s’est pas encore lancé dans le ciel.
Il fait encore nuit…           Et je me lève…
Qui pourrait dire qu’elle était brève.  ?
 –
Se révèlent les nuances et couleurs des émaux
À parcourir                   les lignes de tes mots.
 –
Ils aident à repousser  quelque part le noir,
Coulent de source…         Je vais les boire.
Même,    peut-être les manger,   les digérer
Tes lettres s’alignent            en rangs serrés…
 –
Au cœur du silence,          je vais te lire.
Ta lettre à traversé la nuit,
Et s’est déposée                 sans bruit…
C’est comme si je t’entendais rire…
 –
Et peu importe si je suis sourd…
Pour voyager dans ce que tu écris
Cela repousse toujours          le gris…
…..        Tu as devancé le jour. . .
dédié à D M
RC – aout 2014

Un ciel couleur orangé, progresse à cheval sur le vent – ( RC )

 photo perso - Bages.  Aude
photo perso – Bages- Aude

Un ciel couleur orangé,

Progresse à cheval sur le vent.

Ce sont les premiers frissons d’octobre,

Les nuages s’effilochent,

Et déjouent le parcours des branches,

On les dirait emportés,

Echarpes légères,

Vers un matin qu’on ignore encore.

 

Celui d’un cœur que l’on sonde,

Et qui bondit , dans l’attente,

D’une sonnerie du téléphone …

Il me dirait ta voix chantante  .

Quand elle me parvient,

Je me sens rassuré,

C’est une  étoffe douce,

Qui m’enveloppe.

 

Oui, je regarde le nouveau jour,

Et , une tasse de café à la main,

La nuit finit par disparaître,

A mesure que je la bois .

Je te verrai demain,

Est-il possible que le bonheur,

Me rejoigne enfin ?

Comme il t’enveloppera …

 

Un nouveau matin,

Encore, et tu seras là,

Baignée de lumière orangée

De la tête aux pieds.

RC – sept  2014


Des instants, enrobés de l’épaisseur inconnue de la nuit – ( RC )

sculpture perso:  "le petit dormi"...  relief  inclus  dans un façade. (pierre)

–         sculpture perso:           « le petit dormi »… relief inclus dans un façade. (pierre)

 
Il y a des cloches qui tintent à la volée,
Elles résonnent en silence,
Répondent aux instants,
Enrobés de l’épaisseur inconnue de la nuit,
Quand nous marchons tous deux
Dans la voie mystérieuse du sommeil .

Ce qu’il reste d’une fête qu’on ignore …
Des regards plongés dans une profondeur,
Dont on ne sait plus rien,
Tournés à l’intérieur de notre être,
Fenêtre discrète du coeur.

Nous portons l’oubli dans notre esprit,
Et la beauté de la neige immaculée,
Que l’on découvre au matin,
Accordée à la musique de ta voix,
Quand je me réveille,
A tes côtés.


RC – sept 2014


Ne cherche pas l’extinction du soleil derrière ton regard – (RC )

jardin+zen1

Comme, malgré toi,
Tes paupières se ferment,
Pour ouvrir, les portes de la nuit,
Ne lutte pas contre les éléments

Ne cherche pas l’extinction du soleil
Derrière ton regard,
Désormais séparé
De la courbe de la terre

Ecoute plutôt les voix,
L’envers d’un épiderme
Se fondant sans bruit,
Au coeur du firmament.

Voyageant dans le sommeil,
Les oiseaux traversant la mare,
Ne se sont pas égarés ,
Au jardin des pierres .

RC-  février  2014

( inspiré par un court texte  de Sylvaine Diet )

fiction du jardin zen en "nocturne"

fiction du jardin zen en « nocturne »


Masque – ( RC )

masque  Baoulé de     Côte d’Ivoire

La magie du masque,
Ne dit rien que son visage noir,
Le bois creusé, que l’on dirait
Moulé sur un corps,

Un abri, derrière lequel
Il se réfugie,           –
–    … Je suis en compagnie,
D’un esprit.

L’ombre d’une face,
L’épreuve du silence,
Laissant sa trace,
Au-delà des gestes  ;

Ceux de la danse,
Le lien vers un peut-être,
Sévère et magnifique,
De traduction magique

C’est une patine offerte,
Repoussant la lumière,
Happée vers l’intérieur,
Vers des mots d’une autre langue

Et qu’on protège  des regards,
Du commun des humains.
Les lignes de ses formes fondent sa force,
Son action saluée , bénéfique,

Quand le masque  est de sortie,
Chassant en conviction,
Les mauvais esprits,
Les mauvaises récoltes

Viens demain,
Sans lui, en habit de paille,
Remise-le dans l’ombre,
Les yeux fermés

La bouche ouverte,  …
Le masque sacré
Veille même sur la nuit
Et aussi notre destin.

RC – décembre 2013

masque africain- Afrique centrale

masque africain- Afrique centrale


L’horizon est celui de ta peau – (écho à un texte de Bernard Noël) – ( RC )

photos  Man Ray

photos Man Ray

 

C’est une houle douce, ou mer démontée,
Je ne sais plus des vagues,
Que leur poids d’écume,

La beauté est sous mes mains,
Et frissonne,
Sous l’indulgence des étoiles,

Je ne sais si mes mains sont aveugles,
Et toi sirène, venue m’emporter
Au creux d’une mer émeraude,

Mais cette nuit,  d’aplomb
Brille de mille yeux,
Dans mes mains,

De ta tiédeur. je voyage au creux
>    Et ne regarde plus ainsi,
Que par le toucher,

L’horizon est celui de ta peau.

—-

voyante et refermée
sirène en songe
offerte à quelle mer

l’étoile est d’aplomb
le hasard flotte

sirène à nulle fin vouée
ta beauté gèle dans mes yeux
et mes mains
toutes mes mains de maintenant
sont aussi aveugles que des mots

( B Noël:  extrait de  « l’oiseau de craie » )


Dessous, dérivent les idées – ( RC )

–                   image geowiki:  Glacier Briksdal, Norvège

Oui, dessous dérivent les idées,
Elles se déplacent                      lentement,
Emportées         par les courants du temps,
Frottant sur les aspérités,


…Elles finissent par réapparaître, neuves,
D’une cascade,            une cataracte,
On les voit sortir                 intactes
A l’issue de l’épreuve.

Ce sont les mêmes  ,    mais sans faire du sur-place,
Sous une concentration de langages,
(         sous l’empilement des étages                )
Et                      des tonnes de glace.


….Si l’on creuse sous l’antarctique,
Et l’entassement      des neiges,
On trouve          sous ce cortège,
Des broderies fantastiques,

De petites bulles d’air de l’époque,
On peut compter les millénaires,
– à tourner le film à l’envers –
Celui que cotoyaient d’autres phoques.


….Et prisonnier d’éternels hivers,
Au défilé du temps , s’y lit,
Le visage du fils,           qui pâlit
S’il retrouve ainsi          son père.

Comme s’il était à sa place
Mais conservé               plus jeune que lui,
Dans            une longue et blanche nuit,
Lui qui disparut dans une crevasse…


Le piolet à la main…
Quand s’inversent les dimensions,
Et que l’autre génération,
Contemple dans la glace,      son destin.

Ainsi             le carnaval des idées,
Dont les couleurs      sont un défi,
–   Le retour de la philosophie,
>           Ces sagesses vont nous guider,


Celles qu’on n’aurait pas dû quitter,
Et dont les théorèmes,
Côtoient la vie contemporaine,
L’actualité,                      l’antiquité.

RC – novembre 2013

(et voir cette citation de Raymond Abelio, qui va dans le même sens  ):

il m’arrive de penser que la terre où je marche, plus sensible que nous mais voilée à nos yeux par notre poussière, s’est imprégnée dans ses profondeurs, des siècles durant, de ces images ignorées de nous, et qu’un jour peut-être des hommes au regard rénové ou munis d’instruments étranges sauront les lire et se pencheront, pensifs, sur elles. A quelques dizaines de mètres à peine de l’avenue à grand trafic, ces lieux sont tranquilles, presque déserts. Rien n’y bouge, on y respire un air immobile, le même, semble-t-il, depuis des siècles. Mais nos yeux ne savent pas reconnaître les signes enfouis.

  • Ma dernière mémoire, Raymond Abellio, éd. Gallimard, 1971, t. I, partie Un faubourg de Toulouse, 1907-1927, p. 131

Demande à la nuit – ( RC )

-Demande à la nuit, ce que tu voudras,

Elle cache dans ses bras longs,

Jusqu’à l’aurore

Le langage des couleurs,

Qui s’éteignent, fatiguées du jour,

De la chaleur et du bruit,

En cherchant un peu de fraîcheur,

Dans la face cachée de la planète.

Demande à la nuit, ce qu’il te plaira,

Le ciel nocturne, au-dessus des nuages,

Ne cache rien, de la pluie de lumières,

Qui scintillent dans le noir,

Et envoient des messages,

Que le jour ne peut voir,

Tournant le dos aux astres,

Et aux galaxies.

Demande à la nuit ses secrets ;

Elle garde le silence,

Sur sa naissance,

Et celle des planètes.

Les étoiles s’y tutoient,

A coups d’années lumière,

Elles, qui chuchotent,

A travers l’infini.

Demande à la nuit, où va le monde,

Dans sa course folle,

Il semble              immobile,

Sur son orbite,

Accrochée à son astre

Une poussière du temps.

>   Si le soleil s’éteignait,           il se nourrirait,

Justement,                                     de cette nuit.

 

RC – 11 octobre 2013

(une réponse à Marianghjula Antonetti-Orsoni ( nuit obscure)