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Michaël Dickman – où nous vivons.

illustration de livre  d'enfant

illustration de livre d’enfant

Michaël Dickman-

Où nous vivons

* J’avais l’habitude de vivre dans une mère maintenant je vis dans un tournesol

Aveuglé par l’argenterie

Aveuglé par le réfrigérateur

Je suis assis sur un trottoir dans le tournesol et  son averse jaune.

La lumière du monde perle sur une feuille verte parfaite

Elle griffonne son nom sur chaque chose vivante

il l’efface ensuite

et ce qui reste n’est plus d’un murmure d’une mère

Ici c’est le printemps

Maintes et maintes et maintes fois

J’avais l’habitude de vivre dans un nuage

maintenant je vis dans un corbeau

Il est minuscule et perclus de là,

mais je ne peux trouver mon chemin

pour la salle de bains dans le noir

quand je dois y aller

Toutes les fenêtres du corbeau sont restées ouvertes

et laissent entrer les nuages .

De retour Ils flottent ,passé mon lit et je n’ai rien à dire

Bonjour , ravi de vous rencontrer!

À partir d’un poteau de téléphone

les langues glissent en chantant bienvenue dans la maison

Bienvenue dans la maison , chantent-ils

-J’avais l’habitude de vivre

dans un arbre

maintenant je vis dans un roi

Il agite ses bras devant lui

et les migrations sans fin d’oiseaux

disparaissent dans son manteau

J’aime m’asseoir à l’intérieur de sa couronne ,

manger des sandwichs et regarder la télévision

Les collines se serrent dans la distance

quand il se mélange les pieds

les inondations quand il claque des doigts

Je m’incline à l’intérieur de son front

et l’après-midi s’étire.

Commandant encore plus de sandwiches

Et vendant des esclaves

et rendant les esclaves libres

et vendant des esclaves.

( Trad  RC ) ———

—– Where we live. I used to live in a mother now I live in a sunflower Blinded by the silverware Blinded by the refrigerator I sit on a sidewalk in the sunflower and its yellow downpour The light of  the world beads up on one perfect green leaf It scribbles its name on every living thing then erases it so what’s left is more of a whisper than a mother Here it’s spring Over and over and over again I used to live in a cloud now I live in a crow It’s tiny and crippled in there but I can find my way to the bathroom in the dark if   I need to All the windows in the crow are left open and let the clouds in Back in They float past my bed and have nothing to say Hello it’s nice to meet you! From a telephone pole tongues slide out singing welcome home Welcome home they sing I used to live in a tree now I live in a king He waves his arms in front of   him and endless migrations of   birds disappear into his coat I like to sit up inside his crown eating sandwiches and watching tv Hills shake in the distance when he shuffles his feet Floods when he snaps his fingers I bow inside his brow and the afternoon stretches out Orders more sandwiches And sells the slaves and sets the slaves free and sells the slave


Nous sommes des témoins ( RC )

 

 

 

Nous sommes  des témoins,
Pouvons  témoigner  de la réalité des choses,
L’écorce  du pin est rêche,  ses branches finissent en souplesse,
L’eau des torrents suit la  pente dictée par les montagnes,
Les galets  de granit, arrachés par les flots, ont la douceur polie de tes seins.
Le sable s’accumule dans les baies, mais peut aussi se dresser en nuage blond.
Le froid dicte son gel, rapidement contredit par les souffles tièdes  du lendemain,
Et nous pouvons parcourir tout ça, essayer de franchir les abîmes, nous griffer aux ronces.

Cela nous est naturel,  mais notre mémoire  n’a que celle de notre ressenti,
Elle a oublié, depuis que se dévide le fil du temps, que la force motrice nous échappe,
– comme  elle échappe  à l’histoire…
Les roches  sont sous nos pieds, engluées dans la terre,
mais leur origine dialogue avec le mystère des constellations et la caresse du soleil.
Nous sommes  des témoins  de  » l’état des choses « ,
D’une explosion qui semble  arrêtée,   – l’alternance inlassable du jour et de la nuit semblant une évidence,
Une île parcourue  d’éternités,

alors  que nous sommes livrés  à la nuit,     –>  à quelques dizaines de  kilomètres de là.

 

RC – 2 septembre 2013