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Panne de photocopieuse – ( RC )

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Voilà ce que c’est,

Tu fais trop confiance à ces choses,

Et un jour elles se refusent,

Bien sûr ,  quand y a plein d’trucs à faire

J’étais avec mes feuilles à la main,

Regardant l’temps qui m’restait,

Alors j’ai essayé d’lui parler,

D’l’amadouer,

Cte fichue phocopieuse,

Lui parler, la palper,

Même  rebranchée, rien n’y fait

Y qu’la s’crétaire qui s’y connaît

Qui sait où mettre les doigts,

Qui tripote les manivelles,

Qui sent sous les aisselles,

Qui tire sur le papier,

Coincé dans les tambours,

…Elle a dû confondre,

M’a coincé sous les tiroirs,

La machine est r’partie,

En gigotant ses néons,

Pendant qu’la s’crétaire

Gigotait tout autant sur moi,

( elle sait faire avec les doigts)

Y avait un lit d’papier froissé,

Et ses lèvres un goût d’poudre d’encre,

Et l’téléphone là-bas

Qu’arrêtait pas d’sonner…

Y avait qu’à mettre la pancarte,

Ne pas déranger !

RC – nov 2015

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La pièce blanche – ( RC )

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C’est une pièce blanche ,
Dont je n’ai pas la clef.
Le lit chromé aux bords arrondis,
Le sol aux carreaux blancs,    aussi .

Je ne sais ce qu’on attend de moi.
Rien ne sort d’ici,
Même pas la vue,
Compressée           par de hauts murs .

Les fenêtres qu’on ne peut pas atteindre,
Trop hautes et closes d’opaque,
Fermées aussi sur la mémoire,
Sous des néons blafards .

Les jambes lourdes et fatiguées,
De cent pas                dans l’immobilité,
J’ai laissé des souvenirs se dissoudre,
Dans un placard à pharmacie .

Je pourrais compter,
Pour déjouer         un sommeil vain,
Comme on compte les moutons,
Les voitures qui circulent.

Attachées dans leur mouvement,
Au goudron d’une avenue proche,
Engluées         comme des oiseaux,
Dans la marée noire de leur nuit.

Je ne peux secouer la mienne,
Pour retrouver mon enveloppe,
Et réapprendre mon nom,

 Qu’avec des barreaux blancs.

RC – sept 2014

photo  transformation perso

photo transformation perso


Des pensées vers une absence jamais comblée ( RC )

photo perso, port de Roja, Lituanie 2011

photo perso,        port de Roja,      Lituanie       2011

Une vague qui n’est pas d’eau,

Se dilate et se resserre,

Au-dessus du filet des villes,

Câbles et forêt d’antennes…ballet des grues.

Et tu vas, promeneuse,

Tisseuse de rêves,

Flotter au-dessus des flux,

Canalisés d’alignements de béton,

Tu t’échappes des feux de la circulation,

Et lis dans les volutes des oiseaux,

Peut-être le destin du jour,

Hors du fond de tasses, au marc de café .

Hors de l’écheveau des avenues,

Des panneaux de sens interdits,

Des tags et des néons clignotants,

Vers où confier tes pensées…

Si celles -ci s’envolent,

Avec les nuages d’étourneaux,

Pour les rejoindre,

Dans une absence jamais comblée.

 –

RC- 5 octobre 2013

Texte en rapport  avec ce qu’écrit Dominique Collin, dans « La ville participe aux rêves exploratoires des espaces cachés », visible dans la revue  « échange »:

« La phrase est une énigme. Tracée par un dormeur qui cartographie sa mémoire. Voyageur sur les plans superposées des villes d’ombres et des cités parcourues, le rêveur interprète dans la nuit ce que les villes lui révèlent dans les images du jour. Par apparitions successives…. »