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Le moulin – ( RC )

peinture:       Pierre Mondrian

Au grand frottis du ciel,
S’égarent des écharpes grises,
Courant, sous la poussée du monde,
Soulever les écumes.

Mais en attendant qu’il se dénude,
Aux grands vents du mistral,
Ce sont les bras des moulins;
Ils offrent de grands cercles,

Et leurs ombres s’affolent,
Sur le sol, alors que se tendent,
Comme de grands papillons blancs,
Leurs toiles, sous la brise nue.

Le mouvement circulaire,
Se donne en moyeux et engrenages,
Il poursuit sa ronde à l’intérieur,
En poussant sa meule lisse.

Les jointures de bois, gémissent,
La récolte blonde
Se disperse en pluie d’ors,
Sous le parcours de la pierre,

Les sacs bruns se remplissent,
D’une farine si fine,
Qu’une partie s’en échappe,
Matière impalpable

Jouant dans les rais du soleil,
Et se déposant lentement ,
Sur tous les reliefs,
De la muraille de pierres.

Même le meunier et son assistant,
Ont la tête de l’emploi,
Recouverts de blanc,
Comme tout l’intérieur du moulin.

Ces sentinelles du vent,
S’ouvrent alors aux convois des ânes,
Revenant, lourdement chargés,
De la nourriture des hommes.

Pour la livrer de village, en village,
De fournil en fournil,
Où l’on suivra son sillage,
Rien qu’au parfum du pain cuit .

 

RC 16 novembre 2013

photo:                 moulins à vent plateau de Lassithi – Crète

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Jackson Pollock – l’alternative verticale – horizontale

le film de « Pollock » donne bien justement ce lien qui manque lorsqu’on ne voit que ses peintures éparpillées dans les grands musées… ou alors il faut voir une exposition qui lui est consacrée qui réunit beaucoup de ses oeuvres…

de fait l’essentiel de la pratique du peintre est en relation avec un impératif technique: une peinture fluide, jetée, qui ne peut être « immobilisée », que parce qu’elle est confrontée à un support « inerte », à savoir une surface horizontale qui, de par sa position, n’entraîne pas par la pesanteur la peinture « ailleurs », comme ce serait le cas dans une toile disposée verticalement (coulures).

Jackson Pollock : Mural 1943

Et de cette pratique, s’ensuit tout une autre conception de la peinture;
Mondrian c’est la verticale et l’horizontale, donc selon ses propres écrits toujours une représentation figurative ( la verticale de l’homme debout, et le sol ),

Pollock, c’est la toile posée au sol, donc tourner autour, et donc, plus du tout ce rapport au tableau dressé ( donc plus d’horizontale et par conséquent beaucoup moins de relations à un espace figuratif sous-jacent )

ce qui est un changement complet de « point de vue » (celui du peintre, et celui de l’observateur…

Déjà Kandinsky avec ses formes flottantes se rapprochait de ça.– et ce qui déstabilise le spectateur, souvent, avec la peinture non figurative, est le fait de ne plus avoir de repères tels que la verticale et l’horizontale.

Jackson Pollock, Full Fathom Five (1947)

Cet « abandon » étant propice pour les artistes , à beaucoup plus de liberté, par exemple celle que conquiert Miro ou Klee dans leurs oeuvres aux formes flottantes

The film « Pollock »just give a very fine link ,which is missing when wa look after his paintings scattered across the great museums … or we need to see an exhibition devoted to him,  that brings many of his works …

in fact most of the painter’s practice is in relation with  a technical imperative: a painting medium, liquid, which can not be « immobilized », because she is confronted with a support « inert », I mean, an horizontal surface ,;

by its position, does not  brings the gravity of painting « elsewhere », as would be the case with an arranged vertically canvas (streaks).

And this practice, follows a definitive different conception of painting;
Mondrian is vertically and horizontally, practice… so in his own writings still a figurative representation (the vertical upright man, and soil),

Pollock is the canvas  on the ground, then he turns around, and therefore, nothing to compare with a vertical canvas painted ( no more vertical & horizontal references, and therefore much less  relationships to the underlying representational space)

This is a complete change of « perspective » (the painter, and that of the observer …  (complete  change of mind)

Already Kandinsky with its floating forms approached it. – And destabilizing the viewer, often with non-figurative painting, is the fact of not having  marks anymore, such as the vertical and horizontal.

This « abandonment » is beneficial for artists, with much more freedom, for example Miro or Klee with their works , with floating forms.

Joan Miro - The Beautiful Bird Revealing the Unknown to a Pair of Lovers

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