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Etoiles et éblouissements – ( RC )

oiseaux -  dcor  grec.jpg
Dessin perso, par rapport  à deux oiseaux  gravés  sur un vase grec

( exposition la femme  dans la Grèce Antique   – vieille Charité,  Marseille )  –

 


J’ai vu tant de choses
au long de mon voyage
que je garde en mémoire
l’éblouissement .

Ce sont les harmonies
d’une symphonie,
les sculptures torsadées
dans les chapiteaux romans .

Ce sont ces artistes
qui ont donné leur âme,
à l’humanité
et semé des étoiles.

Pourtant,en suivant leur route ,
beaucoup gardent la vue
rivée sur le sol,
et cherchent une voie qu’ils ne trouvent pas .

La route que choisit l’oiseau
s’appuie sur le ciel,
beaucoup moins entravée .
Son horizon est plus élargi.

Sans prétendre être un oiseau,
et dominer le monde,
on gagnerait sans doute,
pour guider son chemin

à mieux regarder les étoiles.

RC – dec 2016

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Boire à l’horizontale, à l’angle du jour ( RC )

sculpture  Maurire Ferrary: Leda  et le cygne

sculpture Maurire Ferrary:           Leda et le cygne

 

 

Boire à l’horizontale,

A l’angle du jour,

Comment défaire

Les plis des étoffes

 

Lorsque le matin

Heurte à la fenêtre

Chaque minute commencée

Et ce qu’il faut qu’on danse

 

Et qu’on dense,

Un concentré de vie

Promis aux soupirs

A prendre pour modèle

 

Le centre du monde,

Celui où on entre,

Et qui nous enchante

Les moments at-tendus

 

Ceux-ci s’accélèrent;

Se conjuguent et désaltèrent

Par tous les temps,

Juste ce qu’il faut de sang

 

Le calice jusqu’à la vie

Si on n’y boit goutte

A tracer la route

Au sein même des cris ….

 

C’est un coeur qui gronde,

Qu’on partage à deux,

Rouge et bleu est le feu,

Qu’enfin il s’inonde

 

Nouvelle naissance

Retour, au vin du silence,

Nous sommes loin en partance,

….En oubli d’impatiences,

 

 

RC  –    6 mars 2013

 

inspiré par  » le bleu – je bois  »        de  Nath ….sur ses  « tentatives  de lumière »

 

 


Else Laske-Schüler – écoute — suivi de ma variation « l’origine du monde »

 

 

 

 

ÉCOUTE

 

 

Je vole dans la nuit

Les roses de ta bouche,

Pour qu’aucune femme n’y trouve à boire.

 

Celle que j’embrasse

M’enlève mes frissons,

Que j’ai peints autour de tes membres.

 

Je suis ton bord de chemin.

Celle qui te frôle,

Bascule.

 

Sens-tu ma soif de vivre

Partout

Comme une lisière lointaine ?

 

Else Lasker-Schüler

Traduction de Catherine RÉAULT-CROSNIER     ( Else L S, est une grande poétesse allemande, contemporaine  et amie  de R Maria Rilke )

 

____

L’origine du monde

 

 

Il n’y a pas de contours lointains

Mais, juste, imprimés au matin

Sans les draps, le creux de tes seins

Dans la coupe ouverte de mes mains

 

J’étreins une chaleur tiède, et lisse

L’ambre de ta peau, qui tisse

L’ocre de la carnation

Décorée du picotis des frissons.

 

Je suis au bord de ton chemin,

Celui qui m’emmène au loin,

Empruntant aux anges, leurs ailes

Et le corps offert de mon modèle.

 

Des bois profonds, ta prière

M’en fait quitter la lisière

Pour les torrents qui grondent

….A l’origine du monde

 

RC – 3 octobre 2012

 

(  l’origine du monde         , renvoit,          bien sûr ,  au tableau de Courbet , du même nom)

 

 


Robert Walser – Les bonnes gens

 

peinture: Paul Klee petite pièce, à Venise 1933

 

Les bonnes gens

Ainsi les bonnes gens sont déjà mortes ?
Non, non, ils vivent encore, je le sais
fort bien, mon petit doigt me l’a dit ;
toutefois ils me semblent bien disséminés
comme les fleurs que le vent emporte
et disperse tout alentour
comme des vagues.- Est-ce ainsi ? Je peux bien
me tromper, et comme j’aimerais bien
me tromper. L’un ici, l’autre
là-bas, et chacun solitaire, tous
abandonnés, parce qu’il ne reste plus
aucun lien ? Quel tableau
je peins là qui ne peut me réjouir ni
te revigorer ? Allons ce n’est
certainement pas ainsi, et tous habitent
ensemble, sont unis le plus
amicalement du monde, se donnent la main
et se regardent, et au-dessus d’eux
il y a d’adorables nuages blancs
et flotte un bleu clair et frais,
et les vents les poussent tout autour
des étoiles qui sont conçues et voulues
si magnifiquement, et leurs cœurs
sont calmes, et les âmes nobles
emplies d’une patience
toujours égale, et verte est la contrée, et
sainte l’étoile. Jours et nuits
sont comme frères et sœurs, soleil et lune
comme des amants, et tout, tout
est amitié. Les plantes ont des yeux,
parlent avec les hommes, et ces derniers
sont comparables aux fleurs par la profondeur et
la sereine prospérité. Mais où cela se trouve ?
Comment s’appelle ce pays ? Comment peut-on
le trouver ? Regarde juste devant toi
et tu le vois, car les bonnes gens vivent en fait
partout encore, et celui-là connaît la beauté
qui la porte en lui-même.

 

 

Robert W