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Il n’y a plus rien à lire – ( RC )

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C’est peut-être encore le vent,
qui arrache les feuilles du carnet,
et la pluie efface aussi
consciencieusement
ce qui est écrit.

Il n’y a plus rien à lire,
et le bonheur s’en envolé,     aussi .
Les éléments se sont donné le mot,
et préfèrent porter les oiseaux
dans leur vol au long cours.

Peut-être ouvrirais-je un jour,
ma fenêtre à un pigeon voyageur ,
avec un message
qui me viendrait de toi
depuis que tu ne réponds plus à mes lettres.

RC – janv 2019


Une douceur attentive, au mouvement des pensées. – ( RC )

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Dans ma poche, une feuille de papier pliée en quatre ou peut-être davantage,
Je prévoyais d’envoyer un message, un pont dans le futur,
Que j’écrirai peut-être:        Je m’écrirai à moi-même.
Ce seraient des mots alignés, puis des remords, biffés,
des paragraphes reliés par des flèches, des expressions qui les supportent,
et qu’on déplace comme on le ferait d’une assiette posée sur une table.

Et si j’écris, même si celà ne prend pas la forme d’un poème,
il y aurait là la trace laissée par ma main, qui suit les méandres des idées .
Et , oubliée un temps insoupçonné dans la poche,
la feuille me remémorerait, fidèle, ce que je lui ai confié ,
conservant aussi les plis et la légère courbure de la poche.
C’est bien ça: un message adressé à moi-même :
Mais il faut que je lui « parle », d’abord.

La peau blanche du papier,
toujours d’une douceur attentive
au mouvement des pensées,
reste pour l’instant pliée dans la poche.
Elle a toutes les apparences d’un terrain favorable,
comme celui où il suffit de jeter des graines,
pourqu’il en sorte des pousses vigoureuses.


RC – dec 2015


Lettres flottantes ( RC )

photo:       Anne Addie, inspirée par  Andy Goldsworthy

Je laisse s’écouler, ces étendues sauvages du coeur,
Dont je ne vois pas les tourbillons,
Sous sa surface , étale.

A cette accalmie de l’eau épousant chaque recoin
Qu’on lui offre  ,            Ces bribes de mémoire,
Sont comme des feuilles roussies.

Elles dérivent lentement, marquées d’or
Et posées, comme des lettres d’alphabet,
> Suivant leur destin d’automne,

A former des phrases,
Que je ne pourrai lire,
Seulement avec des yeux qui ne sont pas les miens.

Un message d’un éventail de couleurs,
Retenues, comme ton souffle,
Un instant par un bois bloqué sous une pierre.

–      Mais elles s’enfuient lentement,
Sous la voûte des branches,
Et se bercent de remous, plus loin,vers le pont,

Ecrivant peut-être,
Dans un rai de soleil et de brume,
Une lettre qui me serait adressée…

Je ne sais…
….Un signe de ta part,
Porté par la ronde des saisons.


RC – 12 octobre 2013

Art:           objet « incidental »      Andy Goldsworthy