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Une salle d’attentes – ( RC )

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Comme  la trace  des mains  négatives,
où la couleur cerne la présence,
En creux , le sillon de la mort,
le vide ,tracé,      de l’absence,

Une chambre des échos,
où se perdent les pensées,
celles d’une immobilité
jamais voulue,

cartes postales jaunies,
buée opaque sur la vitre
où apparaissait ton visage,
sans même  songer aux pourquoi,

.. mais juste  ce froid… :
C’est une salle  d’attentes
aux fenêtres jamais ouvertes.
Aucun train ne s’arrête pour moi.


RC – nov 2015


Une rose sans automne – ( RC )

photo: Johann Tiberio

          photo: Johann Tiberio

Ce sont  comme les  feuilles,
Celles  emportées par l’automne,
Quant le vent  habille  de deuil,
Les troncs en rangées monotones…

Mais ici  c’est l’inverse ,
Le vent  n’y est pour rien ,
Je te prends, je te berce,
Au creux  de mes mains…

Y a-t-il du chagrin ?
Je vois plutôt un calice,
La courbe pleine de ses seins,
Lorsque les habits glissent ,

Le long de ses pentes ,
Comme une brume se dépose,
En nuées lentes  .
— voici naître ma rose …

Qui a parlé d’automne ?
C’est plutôt un printemps,
Dont  la vue friponne,
Encourage l’amant.

Si elle a le goût de la pomme,
Et sa saveur  sucrée,
Il faut que  je croque  la môme
( que j’en sache le secret ) .

C’est ainsi que je me penche,
Et  que je m’agenouille,
Ma tête sur ses hanches .
A sa forêt, se brouille,

Enfin, ma vue, obscurcie, tangue,
Comme  elle se presse,
L’ouverte mangue,
Souveraine caresse…

Sous les baisers,
L’ouverture de la plage,
De tous les étés ,
Il y fait chaud,  et j’y nage

Encore,         et si loin,
Que  dans son corps nu,
Je la rejoins…
Et n’en suis pas  revenu…


RC – nov 2014

 


Filigranes d’un dessein – ( RC )

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Les chuchotements du soir, épèlent avec peine,
Les résonnances du corps.
Le jet fatigué de la fontaine,
Se donne encore sans conviction .
Le sang s’élève avec irrégularité,
Puis retourne tel qu’il est,
A sa tâche monotone .

Il a parcouru tant de fois ma vie,
Qu’il me connaît, tel un croquis,
Toujours recommencé à chaque jour,
Et effacé chaque nuit,
A force de gommures,
Il s’est inscrit en creux ,
Dans ma peau parcheminée .

S’il en est comme l’automne,
Dont les feuilles de rouille ,
Viennent obturer les circuits,
L’existence porte son hiver,
Inscrite en filigrane,
D’une silhouette aux mains tremblantes,
Traversée de ses rides .

Bien sûr , porté par la force de l’âge,
J’ai suivi la voie qui m’était confiée ,
Parsemée de conquètes
Et de défaites,
De joies et puis de peines,
Comme tout un chacun.
…Faut-il en conter l’épopée ?

Une diseuse de bonne aventure,
Aurait lu dans mes mains,
Les lignes du coeur et du destin,
Quelques pièces pour un à- venir,
Sans doute, hors du commun .
Mais aujourd’hui encore,
J’en ignore encore le dessein .

RC- avril 2014


La neige a quitté l’hiver … – ( RC )

dessin perso: nu - Bordeaux  2012

dessin perso:            nu –                 Bordeaux 2012

Il faut laisser les rêves et les cauchemars s’en aller tout seuls,

Ou bien plonger au dedans

Le temps d’un oubli,

D’un désir d’oubli,

Ou d’un désir tout court,

Je vais recouvrir tes orteils,

La couverture a glissé,

Les petits monstres sont partis,

Ils ont eu peur de l ‘aube.

Je vais me lever préparer le café.

Puis je reviendrai arranger les coussins,

Finalement, je me glisse au chaud,

Au creux de tes mouvements lents,

Personne n’a coupé tes mains,

>                Tu t’aimes….

Et je caresse avec toi tes songes,

Ils ont une douceur de mousse

Blanche,

…. La neige a quitté l’hiver,

Pour t’habiller de tiède.

RC   –  décembre  2013

en réponse à un  texte  de Geneviève L’Heureux


L’horizon est celui de ta peau – (écho à un texte de Bernard Noël) – ( RC )

photos  Man Ray

photos Man Ray

 

C’est une houle douce, ou mer démontée,
Je ne sais plus des vagues,
Que leur poids d’écume,

La beauté est sous mes mains,
Et frissonne,
Sous l’indulgence des étoiles,

Je ne sais si mes mains sont aveugles,
Et toi sirène, venue m’emporter
Au creux d’une mer émeraude,

Mais cette nuit,  d’aplomb
Brille de mille yeux,
Dans mes mains,

De ta tiédeur. je voyage au creux
>    Et ne regarde plus ainsi,
Que par le toucher,

L’horizon est celui de ta peau.

—-

voyante et refermée
sirène en songe
offerte à quelle mer

l’étoile est d’aplomb
le hasard flotte

sirène à nulle fin vouée
ta beauté gèle dans mes yeux
et mes mains
toutes mes mains de maintenant
sont aussi aveugles que des mots

( B Noël:  extrait de  « l’oiseau de craie » )


La musique est la nourriture de l’amour – ( RC )

enluminure médiévale

enluminure médiévale

 

Si la musique se nourrit de l’amour,

Au sortir de la nuit,

Au corps, elle chante et rit,

Même pour les sourds…

Allons, sonnez trompettes,

Timbales , cors, violons

Orgue et accordéons,

L’amour est une fête !

Montrez les plaisirs divins,

Et ses plateaux de fruits,

Pétris d’harmonie,

Accompagnés des meilleurs vins !

Cupidon lance ses flèches,

Qu’habilement, il décoche…

Bouquets de triples croches,

Les yeux sont ses flammèches,

En battant la mesure

Pour jamais qu’il ne se dessèche,

Vivez d’amour et d’eau fraîche,

Et de musique , une nourriture,

Que l’on dit céleste,

.Du banquet, son partage

Porté par les accords, et davantage

Je vous le dis, des plus digestes,

Et la nourriture terrestre,

Quand le corps se cambre…

Une musique de chambre,

Qui n’attend pas l’orchestre…

Jouez nous encore ce refrain,

Parcouru avec entrain,et désir,

Au concerto des soupirs,

Laissez parler vos mains !

Et, comme l’écrit Shakespeare,

La musique est la nourriture de l’amour, *

De celle qui se goûte et se savoure.

Elle s’écoute toujours avec plaisirs .

 

* ( extrait de la « Nuit des Rois » :W Shakespeare.)

RC  novembre  2013


Else Laske-Schüler – écoute — suivi de ma variation « l’origine du monde »

 

 

 

 

ÉCOUTE

 

 

Je vole dans la nuit

Les roses de ta bouche,

Pour qu’aucune femme n’y trouve à boire.

 

Celle que j’embrasse

M’enlève mes frissons,

Que j’ai peints autour de tes membres.

 

Je suis ton bord de chemin.

Celle qui te frôle,

Bascule.

 

Sens-tu ma soif de vivre

Partout

Comme une lisière lointaine ?

 

Else Lasker-Schüler

Traduction de Catherine RÉAULT-CROSNIER     ( Else L S, est une grande poétesse allemande, contemporaine  et amie  de R Maria Rilke )

 

____

L’origine du monde

 

 

Il n’y a pas de contours lointains

Mais, juste, imprimés au matin

Sans les draps, le creux de tes seins

Dans la coupe ouverte de mes mains

 

J’étreins une chaleur tiède, et lisse

L’ambre de ta peau, qui tisse

L’ocre de la carnation

Décorée du picotis des frissons.

 

Je suis au bord de ton chemin,

Celui qui m’emmène au loin,

Empruntant aux anges, leurs ailes

Et le corps offert de mon modèle.

 

Des bois profonds, ta prière

M’en fait quitter la lisière

Pour les torrents qui grondent

….A l’origine du monde

 

RC – 3 octobre 2012

 

(  l’origine du monde         , renvoit,          bien sûr ,  au tableau de Courbet , du même nom)