Textes poétiques et d'actualité -nulle part ailleurs !

Articles tagués “lune

Sous les fruits d’un printemps amoureux – ( RC )

photo  Hélèna  (  St Petersburg)

photo Hélèna ( St Petersburg)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 
Sous les fruits d’un printemps amoureux.
Vois comme les branches ploient,
Et comme la vigne vierge luit,
Sous les graines de pluie.

Viens suivre la lune argentée,
Elle attire les marées, et répand son sel,
Brillante traînée  d’étincelles,
A la surface des eaux…

Bercés d’infinis , la tiède candeur
Des jours d’étés, nous entraîne,
Dans les jeux de la passion,
Où l’âme et la chair se confondent.

Nous avons oublié ,
La nappe improvisée et les gobelets renversés,
Pour emprunter une comète,
A peine dissimulés dans l’herbe haute.

Viens, mon amour,
Nous ferons d’autres voyages,
Sous toutes saisons,
Nous oublierons la terre.

….Pour contempler dans nos yeux les étoiles.

RC –  août  2014

Publicités

L’ange au détour d’une rue – ( RC )

 

Si tu rencontres l’Ange,
Au détour d’une rue,
Le bar du commerce,
Fera très bien l’affaire,

C’est autre chose que ceux en plâtre,
Qui sont toujours pâles,
Ou bien dont la peinture s’écaille.
Mais c’est une Ange,

Il n’ y a pas besoin d’en douter,
– d’ailleurs à quoi bon relancer le débat,
sur le sexe des anges ? –
Elle a donc choisi.

De fréquenter un peu la terre,
De voir de plus près
De quoi il retourne.
( On ne peut parler que ce qu’on connaît. )

Est-elle en service actif ,
Sa mission consiste-t-elle,
A repeupler les églises,
Pleines de courant d’air ?

Elle convaincrait facilement,
Les gens pour être convertis ,
Elle est mignonne et bien remplie,
De quoi me donner le tournis .

Elle semble m’avoir à la bonne,
Le regard brillant,
Et toutes ses dents,
Ya pourtant quelque chose qui m’chiffonne

C’est la question des ailes,
Ca change évidemment d’allure,
– Maintenant ils en font des miniatures,
Qui se replient sous l’aisselle.

J’aurais bien vu ses dessous,
Je suis toujours curieux,
Des nouvelles — des cieux….
( A portée de main, les rêves les plus fous )

Regardant la courbe de son cou,
La chute de ses hanches,
Ca vaut bien quelques plumes blanches,
Allez, ….on va discuter le coup,

Entre un déca,              et un demi,
Faut y aller doucement,           car
C’est la première fois qu’elle s’égare,
Dans ce genre d’endroit, paraît-il,

Y a pas de buvette au paradis,
–        Voilà c’qu’elle me dit,
De toute façon pour me saoûler,
C’est pas là que j’comptais aller.

–                          A la tienne !
Elle me sort son contrat,
T’as plus qu’à signer là,
Et je serai ton ange gardienne.

Et bien comme çà,  ça l’fait,
Et cochon qui s’en dédit !
Bon,   le service n’est pas gratuit,
On peut t’accorder un délai.

C’est pas tous les jours que tu décroches la lune,
Que t’as une option pour le ciel, comme on dit,
Il faut juste les numéros de ta carte de crédit,
Qu’aurais tu fait, sinon, de ta petite fortune ?

Maintenant que t’as signé,
C’est un supplément d’âme …
Ne t’inquiète pas pour ma lame,
Je vais juste un peu te saigner…

Je vais aller        te bercer,
Dans me bras          pâles…
L’amour vaut bien un râle,
Je ferai attention de ne rien renverser.

 

 

RC – mai 2014

 

 

 

 

 


Juste un fil – ( RC )

photographe non identifié

photographe non identifié

Comme des crépuscules

comme en plein jour,

Juste un fil,

Clair dessine un contour,

Je te vois à contre-jour

Et tu éclipses,

Le poids de la lune

Dans le corps mis à la blancheur,

Mais à sa face cachée…

Et les courbes se croisent,

Je ne les vois,

Qu’avec les doigts,

Et la peau tendue en est l’écho,

Jusqu’à la soie brune,

Juste devinée…

Au-dessus, se penchent les arbres,

En dentelle, dans l’indigo,

Le silence, juste parcouru,

Par ton souffle.

RC  –   janvier 2014

en liaison avec le texte  de Lambert Savigneux dans  « le regard d’Orion » 


Vétu de gris et de bleu – ( RC )

photo perso dec  2013

          photo perso dec 2013

 

J’attends l’aube,

Vétu de gris et de bleu,

En voyage d’insomnie,

Je pense au monde,

Qui poursuit sa course,

Et attend que se lève le jour,

A l’oraison des amours,

Le clairon du matin,

Les fleurs éteintes à la main,

Et plein de choses minuscules,

Qui s’ouvrent et dansent,

Chuchotent et se ferment

Si le ciel trépide,

Sous un couvercle lisse,

Sans une ride,

Et que l’on peut suivre,

Même un matin de givre,

En posant ses pas,

Sur les herbes cassantes,

Et la boue des chemins,

Rendue solide,

L’espace d’une nuit,

Qui se resserre,

Sous un œil fixe.

Il luit,

C’est la lune attentive,

Alors que tout autour,

Les limites et contours

Se confondent

Suspendus dans l’incertain ,

  • Fantômes du demain.

– RC – décembre 2013

photo perso dec  2013

photo perso dec 2013


Accords des souffles – ( RC )

photo:    Yusef Lateef, Cannonball Adderley

 

 

In a mellow tone,
Et la lune se pose,
Elle en est projecteur,
Sur le crâne luisant
Du trompettiste chauve.

In a sentimental mood,
Porte des espaces infinis,
Et peut-être la porte ouverte
Aux illusions,
Comme est la brillance du sax au noir.

Les bras  du bassiste,
Enserrent la silhouette de bois de
 » la grand-mère  »
Glissant sur les rails tendus,
Des cordes épaisses.

Il y a des rencontres,
Qui effacent en musique,
Le tangage des paroles,
Les rancoeurs des langages
Mal traduits.

Ici, les sons parlent
Aux silences,
Et le jazz se presse,
– pulsations cardiaques –
Sur notre coeur même.

La couleur des musiciens,
Importe peu.
Un miracle permanent,
Leur permet d’accorder
Leurs souffles.

Même dans le désespoir.

RC – 3 décembre 2013

 


Lucien Rainier – Nocturne

 

 

peinture:             Max Ernst

 

 

 

 

 

Ce soir, par cette lune éteinte, à voix couverte,
le vent léger, qui rôde au milieu des roseaux,
endort, en la frôlant, l’immobilité verte
des larges nénuphars qui sont au bord des eaux ;

qui sont au bord des eaux calmes de l’étang tiède,
pleins de charme attentif et d’ennui caressant ;
où mon coeur douloureux s’attarde, guérissant
son ancienne amertume à cet ancien remède.

L’ombre est dans le silence. Un oiseau fuit. La nuit
sur tout mal lentement descend consolatrice ;
Toi qui n’as pas sommeil dans le sommeil du bruit,
pourquoi te souvenir et gémir ?… L’heure glisse.

Mais, un astre paraît dans le stagnant miroir,
lointain comme un appel, imprécis comme un rêve,
et qui naît et grandit, comme naît et s’élève,
le beau scintillement, dans l’âme, de l’Espoir !