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cacher quelque part ,la chair pâle, l’habit sombre – ( RC )

photo: Ekaterina Grigorieva

Vois-tu à travers les  feuilles ?
Comme dans un verre grossissant ?
Une envolée de l’être,
Qui se dresse au milieu des fougères,
Au point de se                       confondre,
Avec la végétation.
Dans les sous-bois humides.

La salsepareille progresse,
Et ses larges coupelles,
Sont autant d’occasions,
Pour cacher       quelque part,
La chair pâle,
L’habit sombre,
Et peut-être            les abandonner      …

Comme  si l’humain s’enracinait,     de même
Dans le limon du sol,
A rester  debout,
Attentif au mouvement des saisons,
Aussi discrètement         que le peuvent,
Les plantes,
Allant  chercher  la lumière.


RC- avr  2015

 

(texte  directement créé à partir de la photo jointe )

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Pour ouvrir le soleil – ( RC )

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Je ne sais pas
quel signe
il faut faire
pour ouvrir le soleil:
une part,
même petite :
une tranche lumineuse,
comme si j’ouvrais ton coeur,
et je sais bien,
que cela ne passe pas
par des mots.
Mais si les étoiles se croisent
au-dessus de mon destin,
et que les nuages laissent passer
les rayons du bonheur :
c’est peut-être
que tu m’auras entendu,
et je les laisserai m’inonder
de ta lumière.

 

RC – fev 2016


Un sol, que rien n’hérisse – ( RC )

peinture:       Anselm Kiefer

 

Comme  sous  le couteau  du peintre,
Un gris dense plombe  un ciel,
Juste  strié  d’ailes noires,
Envol furtif au coeur du froid ;

Les signes dessinés des branches,
Patientent, immobiles,
Attendant un frémissement  de la terre,

Elle  qui se cache
Sous une  couverture  blanche,
Mate comme sont les bruits,
Vite absorbés par le silence.

Même les voix ne semblent plus oser,
Franchir l’espace immaculé.
De connivence avec le gris ,

Les nuances  sont  de lumière;
Et à part les chemins,
Qui rayent , de lignes fines
Champs et collines

Il semble  que tout soit uni,
Sous la laine  de l’hiver,
Toutes différences  abolies,

Des nuages  diffus traversent
Monts  et vallées
Et sans effort,  glissent,
Au-dessus du sol, que rien n’hérisse.

Les barbelés, délimitant les surfaces,
Ont été  gommés, en une nouvelle  naissance,
Les pentes sont redevenues vierges.

Les couleurs  se sont englouties,
Les pays ne connaissent plus de frontières …
De la terre, la neige  s’est faite  complice
La saison tisse doucement, le manteau lisse.

peinture: Charles Daubigny Neige près de Valmondois


Traduire la douceur – ( RC )

 

 

 

 

photo: Severine C

photo: Severine C

Comment  dire  la douceur , juste au bord de soi,
qu’on enjambe ( comme un grand pont, la rivière).

C’est un rai de lumière, qui traverse la table  du jardin,
c’est la brise agitant les premières feuilles  tombées,

ce sont les petites  rides  autour de ton sourire,
la verticale  d’une chair  pâle échappée d’un secret,

et tes doigts  serrés  sur les miens…,
qui la traduisent mieux  que la chanson des mots .

RC – sept 2015


Ombres confondues – ( RC )

projections lumières sur volume – Seoul

 

L’ombre de ton visage sur le mien,
Ne laisse pas de trace de nuit blanche
A mesure           qu’il se penche
Par-dessus mon destin.

Sa lueur ,           ne s’est pas éteinte;
Elle est quelque part,
Au-delà de mon regard,
Mais laisse son empreinte….

Qui saurait dire, le parcours de l’imagination ?
Il y a           toute ta présence,
pour franchir les distances
Conditionnant de toi, ma vision …

Nos voies étaient égarées….
Chacune ,      errant sur son chemin,
Depuis que je te tiens     la main,
>       Elles ne sont plus séparées,

A ceux qui doutent des anges,
Nous empruntons leur vol,
Et tu verras….          sur le sol,
Comme nos deux ombres se mélangent .

Après,     plus rien ne nous encombre…
Dans la traversée de l’air,
Les silhouettes sont légères,
Même pas               marquées de sombre…

On ne distingue plus ce qui t’appartient,
Adossés à la lumière qui s’élance…
Où est donc               la différence ?
–                        Ce qui est tien ou mien ?


RC – août 2014


Des yeux vagues, une page vide – ( RC )

image: montage  perso 2013

                              image: montage perso 2013

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

C’est  d’une  autre année que je parle.
On y entendait           une musique;
On y voyait des accords de couleur.
Tout y composait un tableau,
Ses ambiances  et ses lumières.

Je ne pourrais  dire         s’il était beau.
Ce serait plutôt à toi       de le  décrire;
Mais      …  je ne suis pas dans tes yeux,
Dans ce que tu percevais    de l’orchestre,
Et des frémissements du coeur,

Avant que la brise
N’agite les rubans,
Et que s’envolent les chapeaux.
Tu descendais le vallon,
Parmi les herbes hautes  et les  fleurs.

C’était alors un printemps  avancé,
Et pourtant des nuages serrés pointaient à l’horizon.

Je te vois maintenant,
Immobile                 et indifférente,
Et il semble  que ta mémoire     se heurte,
Aux murs clos d’une chambre,
Les rideaux            fermés à la lumière.

De tes yeux vagues,   tu contemples,
Ce qui semble             une page vide,
Et les gestes sont  difficiles.
Ils ne se referment même pas
Sur ton passé.

La musique         y est inaudible ….
Ou alors ,           a-t-elle été aussi,
Emportée               par le vent  ?

RC –  sept  2014

 

 


« Vois-tu », Cécile ?

Illustration d’un article de Antonello Anedda, visible sur  « terres de femmes »

 

 » Vois-tu »,  Cécile,

Ce sont les yeux  d’une  autre,
Dont la vue  s’immisce….
Mais  n’atteint pas  l’iris

– D’une distribution réussie,
Tu partages avec Lucie…
La légende et le martyre

Comme se transmettent les dires  .

Si, même en pleine lumière
Des dieux dont tu parles,
Nous ne voyons que pierres,

Au toucher, et selon toute nécessité

Nourris ta vue,   de tes caresses,
Certains disent  qu’elle baisse
Mais      l’éclat de la sagesse

Remporte le combat, et se nourrit de cécité….

Il n’y a plus de place,
Sur la Sainte Figure…
L’absence  d’expression, sur ce visage pur

Jamais, ne laisse de trace .

Creuses, les orbites
Vides de leur vue…
Pour celle, sans limite

Empruntant un chemin imprévu…

Un court-circuit des sens,
Dans l’assise du jour.
Le supplice de la nuit,

Au fond de la tête,  s’élance.

Les yeux  sont livrés  sur un plateau.
Celui-ci est d’étain,
Leur  trajectoire nous étreint ,

Dépourvus de cils…

Vois-tu bien,   Cécile,
Sur le plat de  métal,       ces îles  ?
Le sang  remplit la coupe…

( Incision et découpe )

Il n’est pas trop tard,
Pour laisser vivre      ce regard  :

Aucun bandeau          ne dissimule
le visage  anonyme.

Les portes fermées à la lumière,
Empruntent les chemins d’un désert.

Ce sont  des oeillères,
Allant par paires.

La vue, malgré l’absence,
S’invite en voyance,…
C’est peut-être une chance

De voir  sans les yeux.

Sur la face,       seulement des creux,
Enfoncent la surface,
Les as-tu eus seulement, un jour,      bleus ?

>     Puisque  tu franchis les ciels,

Comme autant de paupières,
Ouvertes à la lumière
Et son aveuglement de mille feux…

La ferveur supplante la couleur,

Malgré la douleur,     tu ne vois,
Qu’avec les doigts
Et le trajet du coeur…

—  Désormais, aucun obscur
N’efface du réel
Sa distance immatérielle.

L’infini        se traverse comme le futur.

RC – sept 2014

 

Peinture:      F de Zurbaràn:  détail de  « Sainte Lucie »

 

 

 


Fleurs noires d’écriture, sur papiers translucides.

 

photo:                Bernard Faucon

 

Les pages des recueils se détachent de mon esprit,
emportées par une brise ….         Elle s’est glissée

Par les fenêtres ouvertes de mes yeux
Même sans lumière, posés à l’intérieur.

Si tu veux les lire, comme du papier translucide,
Il faut d’abord les saisir au vol        ,

Leurs     fleurs noires d’écriture,
dansent devant les regards    qui s’approchent.

Elles s’enroulent doucement,
Chuchotant leur parole,

A celui qui les lit,      les consomme
Sans pour autant les consumer.

Ce sont des oiseaux blancs
Echappés           de l’ombre du coeur….

Si tu veux les suivre,
Les pieds décollés du sol,

Et parfois                la tête à l’envers          .
>         C’est s’immerger dans un tourbillon,

Où les repères basculent,
Comme quand tu te donnes,

Au silence d’un baiser,
Oubliant la pesanteur .


RC- août 2014

 


Au delà d’une saison repliée – (RC )

photographe non -identifié

photographe   non -identifié    ( printemps de Prague ? )

 

 


Stationnant,                          figé de verticales,
En aspérités sombres,            dressé au ciel,

S’offre                  aux vides d’une saison repliée,
Celle donnée aux froids et à la pluie lancinante,

Comme,         des arbres,           les racines,
Cherchant à s’agripper       à la lumière,

L’écrivain debout,
Contre l’hiver des censeurs,

Sait que                       la vie est ailleurs,
Au-delà des vents noirs,

Poursuivant           sa route longue,
A l’intérieur        de lui-même .

D’autres sont debout,     à proximité,
Et savent,      du retour du printemps,

L’éclosion des fleurs,
Le retour des sourires.

Il n’est plus loin,                     ce temps,
D’où l’oppression             vaincue,

Renaîtront les écrits,
Sans entrave,

Et le retour de la sève,
Portant               de futurs fruits.


RC- février 2014

 


Malgré le tumulte – ( RC )

art aborigène

art aborigène

Le coeur en trombone,
S’étire sous les aurores,
Et ulule en coulisses,

Au soleil enfui,
Dérobé par ceux,
Qui font commerce

Des mirages, au profit,
Des étincelles,
Des heurts des planètes,

Egarant quelque part,
Dans les aurores boréales,
Leur limaille de sève,

Leur vapeur d’océans,
Quand l’horizon ondule,
Et la terre se liquéfie.

Alors, protégeant de tes mains,
Ce qui peut échapper à la tempête,
Tu t’abrites ,

Sous les feuilles de bananier,
Avec ce qu’il reste de feu,
Le don de Prométhée,

Pour transmettre à ton tour,
Un peu de lumière,
En gardant ta foi,

Malgré le tumulte.