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Sol immobile d’hiver – ( RC )

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dessin perso –  fev 2017

 

Au delà des bosquets,
De la mousse sur les murs,
des escargots réfugiés sous la bordure,
quelques pas sur les allées

et le sol immobile  d’hiver,
je crois te voir, à portée de mains,
–  même  s’il n’y a personne dans ce jardin.
Pousseras-tu un jour la grille  de fer  ?

Car dans mon esprit  tu vas  survivre,
Je patienterai, avec le retour des feuilles,
Tu mettras de nouvelles couleurs à mon deuil,

J’ouvrirai une  nouvelle page  du livre.
Un chapitre en sera le témoin :
le temps  d’une  saison,      je te rejoins .

 

 

RC – mars 2016

en écho à un texte  de Béatrice  Douvre  « le jardin »

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Dans les bras de Morphée – ( RC )

 

Sculpture muse endormie (- Susan McMahon )

 

 

 

Il n’est pas encore l’heure du baiser sonore,
Le jour est debout        et nous nous occupons
A tondre le gazon,      contourner les buissons,
C’est que personne encore, ou presque,  ne dort.

Nous portons       des habits pudiques,
Des robes et des costumes,
Vestons et        chapeaux de plumes,
Comme autrefois,  tuniques.

Chacun vaque à ses occupations,
S’affaire dans son bureau…
Il n’est jamais trop tôt,
Pour faire      ses commissions.

Qu’y a-t-il                derrière la porte du ciel ?
Quand les ouvriers d’en haut se rencontrent ,
Pour régler le monde,   et sa grande montre,
Et pousser tout le monde vers le sommeil…?

Je ne saurais vous dire,
Car ma vie connaît une trêve,
Je m’occupe alors            de mes rêves,
Ceux des autres,         je ne peux les lire.

Ils flottent         comme des bulles,
Et je m’accroche à elles,
Je suis alors             pourvu d’ailes,
Il y a tant d’oiseaux qui me croisent et me bousculent…

J’ai changé de tenue,
Et,                  comme c’est la coutume,
Laissé sur les cintres,        le costume.
Quand il fait chaud,      je suis tout nu.

Mais personne ne le remarque,
Chacun a           autre chose à faire,
A décoller de la terre,
Et de l’Eden,       à visiter son parc.

Il y a plein de choses qui nous traversent,
Les voyages que l’on fait, sans quitter le lit,
La plupart du temps,                     je les oublie,
Tout autant qu’ils me bercent.

Des parcours acrobatiques,
Où tous les possibles, et leurs contraires,
Côtoient, sans en faire mystère,
Les fantasmes érotiques.

Mais comment s’en souvenir,
Quand le matin les chasse,
Et que la plupart         trépassent
Si je m’efforce      de les décrire ?

Plutôt que d’en faire un livre,
Que le lendemain efface,
Il faut que je les suive         à la trace,
–                        Et surtout les vivre.

Le regard    toujours étonné,
Loin          en deçà de l’existence,
Enfin,        celle de la conscience,
Ce que l’on appelle s’abandonner.

Dans les bras de Morphée.

 

RC – avril 2014

 


D’étranges plumes à la fenêtre – ( RC )

dessin perso  -  croquis  à partir  de boutique d'antiquité parisienne.

dessin perso – croquis à partir de boutique d’antiquité parisienne.

On garde bien au creux de son esprit,

Les chants d’amour qu’on y fait naître

De somptueuses couleurs au fond du nid,

Et d’étranges plumes            à la fenêtre.

A ne pas oser les chanter,

Et les laisser dans la maison close,

L’absence d’air va les éventer,

Aussi longtemps     qu’ils reposent…

Comment ces oiseaux sont-ils nés ?

Nul pour l’instant, ne sait y répondre…

Ce serait une génération spontanée,

Apparue sans qu’on ait à pondre…

Alors plutôt que les décrire,

J’ouvre la fenêtre            sur l’été,

En laissant la chaleur envahir,

Et donner aux chants, leur liberté.

La chair et le sang se sont faits verbe,

Et s’envolent avec ferveur,

Parmi les arbres et les herbes,

Prenant                         de la hauteur.

Il faut aussi que tu me dises,

La mélodie de ton livre,

Des chapitres à gourmandises,

Qui te rendent aussi, un peu ivre.

Les oiseaux de l’écrire,

Sont en mouvement .

…   Ils quittent les figures de cire,

Pour rejoindre le firmament.

It keeps well in the crook of his mind,
Songs of love that gives birth
Sumptuous colors at the bottom of the nest,
And strange feathers to the window.

Not to dare them singing ,
And leave them in the closed house ,
The absence of air the fan will ,
As long as they rest …

How these birds are born?
Nobody for now, no one knows answer …
It would be a spontaneous generation ,
Appeared without having to lay …

So rather than describe ,
I open the window on summertime
Leaving the heat invade
And give the songs , their freedom.

Flesh and blood are made verb,
And fly away with fervor
Among the trees and grasses ,
Taking the pitch.

We also need you to tell me ,
The melody of your book
Chapters of delights ,
That  also makes you      a little drunk.

Birds of writing ,
Are in move.
…They leave  wax figures ,
To reach the firmament.

RC – February 2014

RC-   février 2014


Mots en partance, aussi – ( RC )

Caponigro27

 

             

Un jour, allongé de tout mon poids,

Sur la roche rude, je n’aurai d’idées poétiques,

Que celles , rebondissant sur le gravier .

Elles correspondront à mon champ de vision,

Rétréci,

Et mon corps me sera un poids..

Incapable de me relever,

Les chiens me flaireront,

Ils ont la pensée vierge,

Et ignorent les livres ,

Sauf à les rapporter à leur maître,

Comment ils le font avec les pantoufles.

J’aurais pu te confier mes secrets,

Partager encore des images,

Elles, qui se cristallisent,

En confidences et écriture,

J’aurais été redressé sur un banc,

Encore mouillé de ses embruns marins.

Traînant encore mes vers,

Balbutiant ma langue morte,

Habitant encore, despotique,

Ma bouche, ma blessure ouverte,

— Pour enrober de détails inutiles,

Mon corps mourant.

Il n’y a plus de secret,

Et tu peux rire de moi,

La conversation est finie,

Le dernier chapitre s’est clos,

Je ne suis qu’un vagabond,

Allongé sur le rocher.

Sous un manteau gris et froissé,

A  sentir le froid me saisir….,

Les mots m’ont abandonné ;

Et j’entends tes pas crisser sur le gravier,

Puis diminuer, ….. – tu t’en es allé.

Je peux fermer les yeux.

RC – 18 novembre 2013