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L’autre côté de l’ombre – ( RC )

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Il y a le  feu  .
Peu à peu ,    il s’essouffle,
Et le creux de l’âtre  palpite,
D’ oranges  aux  bruns et rouges .

J’ai écrit  sur la lumière,
Et là, je vais le faire ,
Sur les ombres …
–   Petit à petit,
Elles vont  s’allonger  au plafond,
Les meubles s’y confondre  .

Les couleurs  s’épuisent  .
>  C’est une  chambre noire,
Comme celle  au fond
D’un appareil photo,

Et mes pupilles  dilatées,
Perçoivent le peu,
Les lueurs fugitives,
Parcourant l’âge de la nuit,
Ou,   une nuit sans  âge ;
Où tout s’immobilise  .

Tout,          sauf la pensée,
Restée  éveillée…
Quelque temps encore  …
L’occasion d’apercevoir,

Lové dans le creux  du lit ,
Le corps          de l’aimée,
Emergeant à peine du gris .
Un petit pinceau,
Dessine ,         en lisière de lumière ,
La colline        de son épaule ,

Découverte à la tiédeur,
Parallèle au souffle     de ses rêves .
Je lui tiens sa main ,
Et celle-ci me conduit sans peine,

De l’autre côté.

RC-  nov  2014


Nuit de pluie, pluie de joie – ( RC )

peinture: Jorge Castillo

peinture: Jorge Castillo

Pluie de joie,

Rêves au dessus de la brume,

Collines qu’un soir allume,

Lisière des bois

 –

En bordure d’océans,

Matin blotti dans les voiles,

A la belle étoile,

Pluie de rêve blanc

 

RC-  sept  2013


Else Laske-Schüler – écoute — suivi de ma variation « l’origine du monde »

 

 

 

 

ÉCOUTE

 

 

Je vole dans la nuit

Les roses de ta bouche,

Pour qu’aucune femme n’y trouve à boire.

 

Celle que j’embrasse

M’enlève mes frissons,

Que j’ai peints autour de tes membres.

 

Je suis ton bord de chemin.

Celle qui te frôle,

Bascule.

 

Sens-tu ma soif de vivre

Partout

Comme une lisière lointaine ?

 

Else Lasker-Schüler

Traduction de Catherine RÉAULT-CROSNIER     ( Else L S, est une grande poétesse allemande, contemporaine  et amie  de R Maria Rilke )

 

____

L’origine du monde

 

 

Il n’y a pas de contours lointains

Mais, juste, imprimés au matin

Sans les draps, le creux de tes seins

Dans la coupe ouverte de mes mains

 

J’étreins une chaleur tiède, et lisse

L’ambre de ta peau, qui tisse

L’ocre de la carnation

Décorée du picotis des frissons.

 

Je suis au bord de ton chemin,

Celui qui m’emmène au loin,

Empruntant aux anges, leurs ailes

Et le corps offert de mon modèle.

 

Des bois profonds, ta prière

M’en fait quitter la lisière

Pour les torrents qui grondent

….A l’origine du monde

 

RC – 3 octobre 2012

 

(  l’origine du monde         , renvoit,          bien sûr ,  au tableau de Courbet , du même nom)