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Je ne perçois plus rien du passé – ( RC )

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photo perso    juill  2016             Aubrac-  Lozère

Si je ne perçois plus rien du passé,
Je ne sais plus la distance
qui me sépare de ma conscience.

Une période fixée – trépassée

J’ai oublié le langage.
Aucun écho ne revient en partage.

Car les lèvres sont scellées,
Et la parole s’est gelée.

Le sable ne s’écoule plus,

Le temps a entamé son reflux,
En repliant ses ailes .

Si tu étais immortelle,
Il se peut que le coeur désespère,
Dans la traversée du désert,

A former des mots ou des lettres,
Si je ne peux te reconnaître …

J’ai oublié d’où je viens,
Egaré tous mes biens,
Quelque part dans le noir :

L’ombre de la mémoire,
Ponctué d’éclairs
Désincarne même la chair ;

Je me tiens droit,
Entre les silhouettes, un jour livide,
Mais rien entre les doigts

Le présent décharné, et l’esprit vide .


RC – oct 2014

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Se cogner dans le soleil – ( RC )

photo : Li Hui

photo : Li Hui

Si tu te cognes  ,
A ton réveil,
Sur coin de soleil,
Si celui-ci t’éborgne

Il te reste  un creux ,
Laissé dans  l’ombre,
Celui des yeux ,
Dans lequel je sombre  ;

Une bouche ouverte,
A la parole  brève,
Qui mène à sa perte,
Le matin, et ses lèvres.

… Profite du baiser
De la lumière  :
–  Il va falloir oser,
L’affronter,  et se taire.

Il n’est pas  besoin de paroles,
Pour embrasser le jour  …
Les  doigts autour des aréoles,

A faire  danser l’amour.

RC


Figure des Cyclades ( RC )

art cycladique: British Museum  London

art cycladique:         British Museum                 London

 

La muse des mystères,

N’a pas de visage,

Ou alors,        seulement indiquée,

 

L’arête du nez,

Dépassant du lisse,

mais juste la substance des choses,

 

>             L’essentiel est dit ,

L’expression ne s’accroche

Ni aux lèvres absentes, ni au regard…

 

idole cycladique – Met – Art Mus ( NYC)

Nous laissons le nôtre,

Parcourir l’espace,

 

La pierre debout,

A la stature humaine,

 

Et cette énigme,

Blanche et dure,

 

La courbe même, en tension ,

Fuit,           dans l’harmonie,

 

Les récits parasites,

Venant perturber l’aube de la nuit.

 

La nuit des temps, – dit-on,

Pourtant, ne se fond pas dans l’obscur,

 

Si simplicité fait aussi l’épure,

Polie des mémoires de chair,

Des peuples cycladiques,

Nous sommes, en présence,

De l’infini.

RC – 19 septembre  2013

– en relation avec l’article de Michèle  Dujardin  » Cyclades »