Textes poétiques et d'actualité -nulle part ailleurs !

Articles tagués “lettres

Une voix, la mienne, la tienne…- ( RC )

after modern art-010.jpg

Une voix, la mienne, la tienne…

le tout enfermé dans des mots .

Ceux qu’on peut lire, parlent tous seuls
( je ne sais pas avec quel accent ).

Une voix, la tienne, la mienne

le tout enfermé dans des lettres qu’on ne lira pas :
peut-on dire malgré tout qu’ils parlent en silence ?

RC – nov 2017

Publicités

C’est un drôle de truc – ( RC )

 

 

5-Sure-Ways-for-a-Freelance-Writer-to-Stand-Out.jpg

 

Je suis là,          et je n’y suis pas.
Il y a de la vie, passant par ma main,
mais elle est ailleurs aussi .
Il y a ce que je dis
et ce que je ne dis pas.
Les traces de mes pas,
et ceux de bêtes imaginaires,
qui se croisent
et se superposent.
C’est un drôle de truc ( l’écriture ),
disait Duras,
( autant dans les romans-photo ,
que dans les lettres
que je ne t’ai pas encore écrites )


RC – mars 2018


Le grand sac noir – ( RC )


En compagnie de vieilles publicités,
C’est au panier que finissent toujours,
Les plus belles lettres  d’amour,
Quand la passion les a quittés.

En désertant la maison commune,
Tu as vidé tes  tiroirs,
Mis dans un grand sac noir,
Ces objets  dont la présence importune.

Dans ce sac oublié dans un coin,
Il y avait dedans, – plein à ras bord,
Les courriers que je t’envoyais alors.

Peut-être m’as-tu laissé le soin ,
De vider par moi-même,
Ce qui restait du passé, et des je t’aime…

RC – août 2015


Tout s’efface dans le blanc – ( RC )

nuage cone sur cone enneigé Jap cloud exped Helene.

 

 

 

 

Le blanc, est quelque part,       une  absence
Et si dans  ses possibles ,     je me lance…

Je sors de ma coquille, et, le pourrais-je
En  ne salissant pas         sa neige,

Le pied le plus discret la blesse,
Même celui , léger,        d’un déesse,

Une trace, une simple éraflure,
Dessine sa signature.

Elle fait vibrer la page blanche,
Quand l’écriture se penche  .

Les mots s’y impriment         et s’attachent,
Mettent du sens   – plutôt qu’ils ne gâchent.

On pourrait dire  que le blanc  n’est plus,
Qu’il disparaît dans de pauvres  résidus

Et qu’aussi,          il s’enfuit,
Il s’agace  aussi, de trop de bruit.

Mais         il suffit  d’un autre dimanche,
Pour que le blanc tienne  sa revanche  .

Il utilise les voies aériennes,
Pour  que la blancheur  revienne

Que  des flocons  s’amassent,
Partout où la plume s’enlace,

Les pensées recouvertes,        se cachent.
Au coeur même du blanc – plus de taches.

Tout est tu,             tout  s’efface,
Qu’y a-t-il, à la place ?

Quand  plus  rien n’émerge,
Du paysage  , retourné à l’état vierge.

Te souviens-tu  d’avant,
Avant que ne souffle le vent ?

Que la neige     ne se couche,
Et recouvre aussi ta bouche

–         Sur la vallée immense,
Règne maintenant le silence…

Ai-je  écrit en vain,
Espérant d’autres lendemains ?

Ceux qui , laissés-pour-compte,
Attendent, des glaces,  la fonte.

La neige  est un vaste manteau,
Qui  garde  pourtant au chaud,

Sous son blanc velours,
Toutes mes lettres  d’amour.


Tu as devancé le jour. . . – ( RC )

photo- montage  perso - mars 2014

–                                           photo- montage perso – mars 2014

 

 

 

 

 

 

 

 

Je collecte une à une            tes fleurs de page
Et même si je ne connais pas encore ton visage
En te lisant ,                 je vais l’imaginer….
Si tes phrases dansent ,   elles vont te dessiner.
 –
Ainsi se rassemblent les grains de soleil,
Il ne s’est pas encore lancé dans le ciel.
Il fait encore nuit…           Et je me lève…
Qui pourrait dire qu’elle était brève.  ?
 –
Se révèlent les nuances et couleurs des émaux
À parcourir                   les lignes de tes mots.
 –
Ils aident à repousser  quelque part le noir,
Coulent de source…         Je vais les boire.
Même,    peut-être les manger,   les digérer
Tes lettres s’alignent            en rangs serrés…
 –
Au cœur du silence,          je vais te lire.
Ta lettre à traversé la nuit,
Et s’est déposée                 sans bruit…
C’est comme si je t’entendais rire…
 –
Et peu importe si je suis sourd…
Pour voyager dans ce que tu écris
Cela repousse toujours          le gris…
…..        Tu as devancé le jour. . .
dédié à D M
RC – aout 2014

Lettres flottantes ( RC )

photo:       Anne Addie, inspirée par  Andy Goldsworthy

Je laisse s’écouler, ces étendues sauvages du coeur,
Dont je ne vois pas les tourbillons,
Sous sa surface , étale.

A cette accalmie de l’eau épousant chaque recoin
Qu’on lui offre  ,            Ces bribes de mémoire,
Sont comme des feuilles roussies.

Elles dérivent lentement, marquées d’or
Et posées, comme des lettres d’alphabet,
> Suivant leur destin d’automne,

A former des phrases,
Que je ne pourrai lire,
Seulement avec des yeux qui ne sont pas les miens.

Un message d’un éventail de couleurs,
Retenues, comme ton souffle,
Un instant par un bois bloqué sous une pierre.

–      Mais elles s’enfuient lentement,
Sous la voûte des branches,
Et se bercent de remous, plus loin,vers le pont,

Ecrivant peut-être,
Dans un rai de soleil et de brume,
Une lettre qui me serait adressée…

Je ne sais…
….Un signe de ta part,
Porté par la ronde des saisons.


RC – 12 octobre 2013

Art:           objet « incidental »      Andy Goldsworthy