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La lumière en reddition – ( RC )

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                     photo:  Moreaki Boulders – New Zealand –  photographe  non identifié

J’étais allongé,
j’ai senti ton ombre.
Une ombre qui se mettait
en travers du soleil,
et son visage de bronze.

J’avais le corps posé sur le sol,
pas loin du rivage,
et tu as commencé à déposer
sur ma peau
des poignées de sable ,
par petits tas blonds et secs
qui dévalaient les reliefs.

Petit à petit tu m’as recouvert,
et c’est à peine
si on voyait encore
dépasser mes orteils,
mes genoux, puis ma poitrine,
le tout petit à petit
fondu avec le décor.

Ma respiration un peu plus lourde,
mes oreilles percevant des cris lointains,
des enfants, des mouettes,
et des paroles incompréhensibles,
emportées par le vent ,
mon regard pointé vers l’azur
et les formes incertaines
des nuages .

Je n’ai plus pu bouger,
sous le couvercle de matière
d’une modeste indifférence.
Finalement il y a eu mon livre
posé sur mon visage.

Puis la lumière a décliné,
encore perceptible sous les pages.

Tu n’étais plus là,
et c’est comme si
je m’étais fondu dans le sol,

plus à même de penser,

plus à même de bouger,
minéralisé,
voisin de coquilles vides,
d’où la vie
s’était retirée.

Alors, gardant les dents serrées,
et du même coup mes paroles idiotes,
j’ai attendu sans impatience
que la marée monte
et me recouvre.

La lumière portant aussi
sa reddition.


RC – juin 2016

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Chaque chapitre ouvert – ( RC )

peinture:  lectrice - Elisabeth Buschsel

peinture: lectrice –                                Elisabeth Büchsel

 

A marcher sous la pluie,
Et tracer hésitante,
Un chemin, qui contourne
Les buissons et les orties,
Tu laisses au passage,
La trace de tes mots,
Comme                imprimés,
Dans l’argile encore fraîche,
de ma conscience.

Tu vois,    malgré la pluie,
Maintes fois ressassée,
L’argile n’est pas retournée,
Informelle ,     à son indifférence.
Je vais en garder le souvenir,
Modelé,              comme un vase,
De l’ empreinte de tes doigts
J’apprenais à lire,
A goûter la saveur du poème.

C’est un héritage fragile ,
Mais marquant les années.
Ainsi, la marque de ton sillage ,
Ne s’est pas dissoute dans l’absence.
Je n’ai pas besoin
Du fardeau les livres,
Pour apprendre à déchiffrer le monde .
Chaque chapitre ouvert,
Me parle un peu de toi .

 

 

RC – avril  2014